Ecclésiaste Deudjui

Ce que l’assassinat de Martinez Zogo m’a appris sur les Camerounais…

Huit jours après la découverte de son cadavre, Martinez Zogo occupe toujours le centre des attentions sur le plan médiatique. Et son assassinat m’a révélé beaucoup-beaucoup de choses sur la situation du peuple camerounais…


Les journalistes ont peur !

Depuis la découverte de son cadavre, les confrères de Martinez Zogo vivent désormais dans la terreur ! Les journalistes camerounais sont devenus de plus en plus circonspects, et certains étudiants de journalisme ont abandonné le chemin qui les menait tout droit vers les enquêtes et les investigations…
Plus que ce meurtre, c’est surtout l’abomination de cet assassinat qui fait froid dans le dos ! La manière avec laquelle l’animateur de « Embouteillage » a été torturé, puis tué, est tout simplement inacceptable. Et l’exposition de sa dépouille était une volonté de ses exécuteurs de faire passer un message, et de dire aux journalistes curieux qu’ils subiront le même sort s’ils continuent à s’aventurer sur certains dossiers sensibles.
Par ailleurs, une liste d’hommes de médias a circulé via les réseaux sociaux, comme quoi ils seraient les prochains à être assassinés. Le Cameroun vient de basculer dans une époque moyenâgeuse ou hitlérienne, et cet enlèvement nous rappelle la mafia sicilienne et les cartels de drogue au Mexique ou encore au Venezuela.
La liberté de la presse vient de subir un très grand coup pour le Cameroun, mais ce qui me fait mal c’est davantage l’impunité judiciaire et la réaction nonchalante de nos autorités sécuritaires. Sans oublier l’indifférence généralisée de nos artistes, de nos sportifs, de nos humoristes, de nos soi-disant influenceurs, etc.


La guerre de succession sera terrible

L’autre message subliminal que nous renvoie cet assassinat odieux, c’est que la succession de Paul Biya sera une bataille féroce. Les gens qui ont commandité ce meurtre abject s’adressent aussi à leurs ennemis d’en face qui rêvent également de conquérir le pouvoir suprême, et les informent qu’ils sont déjà préparés à tous les sacrifices.
En assassinant Martinez Zogo, ils démontrent ainsi leur détermination et réaffirment leur démonstration de puissance. Et nul doute que si cette bataille s’embrase, les dégâts collatéraux s’élargiront sur l’ensemble de la population camerounaise, et alors là nous plongerons inévitablement dans un chaos quasi-irréversible.
C’est la conséquence des régimes qui ont été trop longtemps au pouvoir, et qui n’ont pas préparé de succession légitime. Chacun des héritiers se sent représentatif des ambitions de sa communauté et de son clan, mais je n’imaginais pas qu’ils étaient prêts à de telles cruautés tout simplement pour assouvir leurs objectifs de vengeance…


Martinez Zogo est devenu le sujet de plusieurs articles de presse
L’assassinat du journaliste Martinez Zogo a fait la Une de plusieurs journaux à travers le monde. Photo: euronews.com /Image reproduite sous autorisation

Paul Biya ne dirige plus le Cameroun

Enfin, il ne le laisse plus transparaître. Même s’il reste encore officiellement aux commandes, et même si ses ouailles font semblant d’avoir encore un peu peur de lui, nous, les pauvres petits Camerounais, avons littéralement l’impression d’être devenus des orphelins abandonnés…
Car dans un pays normal, et avec un véritable chef, les commanditaires —et les exécutants— du meurtre de Martinez Zogo seraient déjà recherchés et appréhendés, et la justice aurait immédiatement fait son travail. Un procureur assermenté se serait rapidement saisi du dossier, et il nous aurait systématiquement rendu compte minute by minute.
Paul Biya ne dirige plus le Cameroun ! Les gens pillent des milliards et ils restent toujours en poste (aux fonctions les plus décisives), les scandales financiers se succèdent à d’autres scandales moraux ou meurtriers, et le Cameroun continue de fonctionner comme si de rien n’était. Les Camerounais se sentent en insécurité dans leur chair, et nous avons la sensation palpable de résider dorénavant dans un inexpugnable enfer. Et finalement, nous souhaitons même que Paul Biya s’éternise au pouvoir malgré son âge très avancé, car ceux qui viendront après lui seront certainement plus violents, plus répressifs, plus rancuniers et plus dictateurs que l’homme du Renouveau…


Martinez Zogo est entré dans l’histoire

Mais en fait, Martinez Zogo est entré dans l’Histoire ! Certes après d’inénarrables souffrances, mais son nom continuera à résonner dans le grand almanach de l’Histoire de notre Cameroun, comme un véritable martyr de la liberté d’expression dans notre pays.
Et au milieu de ce climat de terreur, naîtront d’autres Martinez Zogo. Des journalistes courageux qui n’auront plus jamais peur d’enquêter, et qui produiront des résultats pour sortir le peuple camerounais de cette situation d’obscurantisme.
Martinez Zogo est mort, mais son héritage continuera de survivre. Sa mort a ému toute la planète entière ! De Berlin à Paris en passant par Washington et Tel-Aviv, le petit journaliste d’Amplitude FM a désormais son nom gravé dans la postérité. Il y aura certainement un Prix à son nom —en tous cas je milite pour ça—, que ce soit pour la défense des droits humains ou alors comme un symbolisme de la liberté de la presse qui ne doit absolument pas s’évanouir.
Bref, Martinez Zogo est un martyr !


Ce que l’assassinat de Martinez Zogo m’a appris sur le Cameroun…

Donc huit jours après la découverte de son cadavre, Martinez Zogo occupe toujours l’esprit de mon ami Pierre La Paix Ndamè. Mais son assassinat m’a révélé beaucoup-beaucoup de choses sur la situation du peuple camerounais…

Ce que l’assassinat de Martinez Zogo m’a appris ! Nous vivons dans un territoire incroyablement violent, et nous sommes gouvernés par une élite sanguinaire et impitoyablement meurtrière.
Ce que la mort de Martinez Zogo m’a montré ! Les Camerounais sont des lâches, en réalité, mais je ne leur en veux pas ; puisqu’ils ont été expressément plongés dans un environnement de paupérisation et d’abrutissement.
Ce que l’assassinat de Martinez Zogo m’a dévoilé sur les Camerounais, c’est qu’ils doivent s’apprêter à vivre des jours qui seront beaucoup plus difficiles encore…

Parce que la nuit des longs couteaux se peaufine déjà dans chacun des camps, et que le « grand soir » nous révèlera publiquement le vrai visage ces postulants. Parce que la vie est devenue extrêmement chère et insupportable, tandis qu’une poignée d’individus s’enrichissent illicitement sur le dos du minuscule petit contribuable camerounais. Et si nous devons être assassinés parce que nous avons simplement osé révéler la vérité, eh bien cela signifiera que nous ne vivons plus dans une vraie République.
Puisque chacun d’entre nous doit en réalité devenir un Martinez Zogo !


Ecclésiaste DEUDJUI, Martinez Zogo est un héros !
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Ils ont tué Martinez Zogo !

Je suis encore sous le choc de la disparition de Martinez Zogo. Et avec cet assassinat, le Cameroun vient de basculer définitivement dans la guerre de l’après Paul Biya…


Qui était Martinez Zogo ?

Martinez Zogo était un animateur radio. Personnellement, je ne l’ai jamais rencontré. Mais j’ai suivi ses échos depuis les années 2004-2005 à Yaoundé, lorsque j’étais encore étudiant du côté de l’institut Siantou au quartier Mvog-Mbi.

Martinez Zogo était réputé pour son « franc-parler », sa grande gueule, ses enquêtes irrévérencieuses et ses déclarations provocatrices. De son vrai nom Arsène Salomon Mbani Zogo, il était âgé de 51 ans (il est né le 29 septembre 1972). Il a travaillé dans les radios Siantou, Magic FM et enfin Amplitude FM où il occupait dernièrement le poste de chef de chaîne. Son émission quotidienne « Embouteillages » était devenue une référence dans la ville de Yaoundé, où il mélangeait à la fois animation musicale, journalisme d’investigation et interpellation des personnalités publiques et des autorités administratives…


Que s’est-il passé exactement ?

Tout ceci s’est passé comme dans un film d’action. Le mardi 17 janvier dernier, Martinez Zogo sort de son émission et il prend la route de son domicile. Aux environs de 19 h 30, il est kidnappé par des hommes en noir qui le sortent de son véhicule et qui le capturent à l’entrée de la gendarmerie de Nkolkondi. Quelques instants plus tard, l’opinion publique est informée de sa disparition…

Après plusieurs jours d’interrogations, le public camerounais qui demande des éclaircissements sur cet enlèvement est finalement servi par un communiqué soporifique du ministère de la communication. Et ce dimanche 22 janvier au petit matin, l’horreur ! Le corps du célèbre journaliste est retrouvé dans une bourgade située à 15 km de Yaoundé, à Ebogo par Soa. Il s’agit bien de Martinez Zogo qui est identifié par son épouse, et dont la dépouille mutilée est en état de décomposition avancée. Les premiers résultats de l’autopsie font état de sodomie, d’électrocution et de plusieurs autres formes de torture […] Le cadavre a été transporté à la morgue de l’hôpital central de Yaoundé, et c’est tout le peuple camerounais qui est plongé dans un état de consternation générale.


Martinez Zogo (à droite) sur un plateau télé
Martinez Zogo était réputé pour sa virulence lorsqu’il était dans les médias. Source: mediatudecmr.com /CC-BY

Que lui reprochait-on ?

À Martinez Zogo, beaucoup de choses ! Disons que sa disparition va apaiser plusieurs pontes de notre régime répressif, ceux-là mêmes qui aiguisent leurs armes pour la succession du président actuel M. Paul Biya.

Martinez Zogo était un investigateur irrévérencieux. Il s’attaquait surtout aux personnalités publiques et à leur entourage, en « dévoilant » certains de leurs dossiers noirs. Ces dernières semaines, il avait mis l’accent sur les scandales des lignes 65 et 94, des lignes qui auraient permis d’enrichir illicitement certaines personnalités du monde des affaires, ainsi que certains ministres qu’il citait nommément et régulièrement.
Martinez Zogo avait été plusieurs fois suspendu d’antenne par le CNC, le Conseil national de la communication. Il a été interpellé à plusieurs reprises par des personnalités citées dans son émission. Il a même fait la prison en janvier 2020, après avoir été poursuivi pour diffamation criminelle. C’était un journaliste courageux et téméraire, qui soutenait les institutions républicaines mais qui dénonçait ouvertement ceux qui s’adonnent à la prévarication de notre fortune publique…


Et la liberté de la presse alors ?

Et le plus grave dans tout ça, c’est la liberté de la presse ! Quel message renvoie-t-on ainsi à nos jeunes journalistes qui sortent tout droit des écoles de formation ? Hein ? Quel signal renvoie-t-on de notre environnement soi-disant démocratique, où un journaliste bien connu peut être enlevé en pleine ville, puis kidnappé, puis torturé, puis assassiné ? Que se passe-t-il avec ce sombre crépuscule de la fin du long règne de monsieur Paul Biya ?

Avec l’assassinat macabre de Martinez Zogo, c’est toute la démocratie qui est en deuil ! C’est la liberté d’expression qui est complètement battue en brèche, et c’est l’ensemble de la profession journalistique qui est menacée de sclérose.

En plein 21ème siècle, dans quelle République vit-on ? N’y avait-il pas moyen de l’interpeller judiciairement comme on l’a fait par le passé, pour qu’il réponde de ses déclarations devant un procureur assermenté ? Ce crime abject — qui jusqu’à présent reste encore impuni — est une atteinte à la sécurité individuelle des citoyens, c’est un attentat à la liberté d’aller et venir et c’est un empoisonnement des droits de l’homme. Le Cameroun est retourné en plein Moyen-Âge avec ce règlement de comptes satanique, et la guerre de succession se révèle de plus en plus effrayante et apocalyptique…


Ils ont osé tuer Martinez Zogo !

Donc je suis encore dans l’émoi après la disparition de Martinez Zogo. Car à cause de cet assassinat, le Cameroun va définitivement basculer dans une guerre de clans après le départ du président Paul Biya…

Ils ont tué Martinez Zogo ! Ils ont laissé ses enfants orphelins, et ils ont également tenté de tuer son épouse en sabotant son véhicule et en essayant de lui tendre elle aussi un guet-apens.

Ils ont tué Martinez ! Ils ont éteint une voix, certes, mais ils ont suscité de la rancœur, de la colère et de l’indignation dans le cœur de ceux qui vont continuer à pratiquer ce journalisme de dénonciation.

Ils ont voulu assassiner la liberté de la presse, mais croyez-moi, Martinez Zogo restera et demeurera un martyr pour des gens comme mon ami Pierre La Paix Ndamè

Parce que son nom commence déjà à raisonner dans toutes les conversations. Son combat commence déjà à devenir une cause nationale. Son courage commence aussi à se disséminer auprès de ses nombreux confrères, et son enlèvement a été condamné par la totalité des Camerounais.

D’ailleurs nous connaissons parfaitement les gens qui ont commandité l’assassinat de Martinez Zogo…


Ecclésiaste DEUDJUI, repose en paix, Martinez !
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J’ai assisté à un deuil chez les Bassa’a

J’ai un ami qui a perdu sa grand-mère la semaine surpassée. Et donc ce week-end, je me suis rendu dans son village pour l’accompagner durant son deuil. C’était d’ailleurs la première fois que j’assistais à un enterrement organisé là-bas chez les Bassa’a…


La levée de corps

La levée de corps était prévue vendredi à 8h30, mais c’est vers 10h15 que nous sommes arrivés dans la ville d’Edéa ! Et naturellement, la cérémonie venait juste de commencer. Il y avait quelques femmes en noir qui écoutaient religieusement les incantations du curé devant la dépouille, et il y avait des hommes en noir qui se plaignaient de l’insupportable chaleur du soleil.
Aux environs de 10h45, les gros bras ont chargé le cercueil sur l’un des cars qui devaient se rendre au village. Moi j’ai commencé à avoir un peu faim, mais mon ami qui venait de perdre sa grand-mère était concentré dans des pourparlers avec les différents membres de sa famille. Nous avons ensuite pris la route vers 11h45 après avoir surchargé des casiers de bière dans la malle arrière de notre véhicule. J’ai quand même eu le temps de revisiter rapidement le lycée bilingue d’Edéa, un endroit où j’avais méticuleusement obtenu mon BEPC en 1997. J’ai aussi récupéré le numéro de téléphone d’une jolie fille que j’ai rencontrée à la sortie de la morgue, mais cette fois-ci la discussion n’avait absolument rien à voir avec mon itinéraire scolaire…


Le voyage pour le village

Il faut préciser que la destination finale était Ma’abé, un petit village situé à trois kilomètres de Ngambè-centre. Et même si tout le monde pense que Ngambè c’est le village maternel de Samuel Eto’o Fils, en réalité ce n’est pas exactement cela la vérité. Son origine réelle se trouve tout de même dans les environs, tout comme celui de Joseph-Antoine Bell dont j’ai pu apercevoir le domaine familial là-bas vers Som Mbenguè.
Bref, il était question de se rendre d’abord à Pouma à travers l’axe-lourd Douala-Yaoundé, ce qui nous a pris environ 45 minutes. Ensuite il fallait laisser Yaoundé et prendre un embranchement vers le village qui je vous ai cité tout à l’heure, à savoir Ma’abé chez les Babimbis. Mais auparavant nous avons traversé de petites bourgades comme Nkonga, Poutcka, Som Mem ou encore Som Mbenguè, mais j’ai surtout été traumatisé par la minuscule localité de Ngambè : c’était un endroit morne, terne, comme si le temps s’y était arrêté. J’avais l’impression que les gens de là-bas vivaient dans un film au ralenti, tellement tout été silencieux et inamovible. Et puisque nous avions abandonné le goudron qui s’arrête quelque part là-bas après deux heures de route de Pouma, nous avons fini les quarante-cinq dernières minutes du voyage dans une étonnante et aveuglante poussière.
Je n’oublie pas de dire que notre voiture est tombée en panne à deux reprises, et que certaines collines étaient si abruptes — et si raides — que j’ai même pensé à un moment que nous nous étions plutôt rendus dans la région de l’Ouest-Cameroun…


dejeunes garçons portent un cercueil dans un deuil chez les Bassa'a
La dernière étape du deuil c’est l’enterrement. Crédit photo : Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

La veillée mortuaire

Chez les Bassa’a, les deuils ne sont pas vraiment compliqués hein, puisque c’est comme partout au Cameroun !
Il y avait des villageois qui ne connaissaient même pas la défunte, mais ils étaient déjà installés sous la grande bâche. Il y avait des femmes qui vendaient la viande de brousse et d’autres gens qui vendaient des boissons alcoolisées non glacées (la bière là-bas coûte 800 FCFA !). Il y avait des gens qui avaient effectué le déplacement depuis Edéa, et d’autres personnes qui étaient venues de Yaoundé, de Pouma ou encore de Douala.
Vers 22 heures, on nous a distribué à manger. Il y avait l’okok des Bassa’a, le mbongo tchobi et le riz avec la sauce tomate au menu. Nous avons ensuite sifflé quelques bières évidemment. Et puis on a assisté à la messe du vicaire en langue bassa’a, devant le cercueil qui était préalablement installé à l’autel. On a été émerveillés par un groupe de jeunes danseurs d’assiko qui provenaient tous d’une même fratrie, et qui portaient également de lourds casiers remplis à l’aide de leurs mâchoires.
Vers 5h30, après une courte sieste, j’ai assisté à la cérémonie du yegha’mbott (« chercher la fondatrice ») qui est un rite traditionnel. C’est-à-dire que tous les enfants, fils et filles ainsi que tous les petits-enfants de l’illustre disparue, se sont mis à danser avec une couronne de rosiers sur la tête. Certains montaient sur la toiture de la maison, et ils balançaient des régimes de banane et des morceaux de viande sur leurs cousins et frères qui étaient restés danser au sol. On m’a expliqué que toute cette transe était une sorte de communion spirituelle, et que les enfants de la défunte étaient en train de rechercher la personne disparue. D’ailleurs cette large descendance était la preuve que la grand-mère de mon ami avait eu une vie bien remplie, puisqu’elle avait pris le soin de concevoir une très très nombreuse progéniture…


L’enterrement

Samedi matin, après une longue nuit sans vraiment dormir, les petits danseurs d’assiko sont revenus pour réveiller tout le monde. On a distribué du café chaud avec un peu de pain-viande, et quelques bonnes volontés ont rétabli le rangement après le passage très volcanique des chorégraphes du yegha’mbott.
Le prêtre est revenu avec un gros collège, et vers 11h30 il a recommencé ses prédications en langue locale. Plusieurs chorales ont effectué des chants liturgiques à tour de rôle, et il y avait un monsieur en veste beige qui était spécialement chargé de récupérer tous les farotages. On a ensuite donné la parole à certaines personnalités pour recueillir les témoignages, puis les hommes de Dieu ont béni le cercueil et ils ont demandé de procéder immédiatement à l’enterrement.
De jeunes gaillards ont alors mis ce cercueil dans la tombe, puis ils ont cassé son vitrail et déversé tout un sac de sel sur la robe du cadavre. Les membres de la famille pleurnichaient à chaudes larmes, et l’ecclésiastique continuait ses lamentations bibliques en langue bassa’a. Ils ont retiré le corps de son cercueil pour l’enfouir dans un sous-tiroir en terre creusé à cet effet, dans le but de protéger leur macchabée des éventuels profanateurs mystiques de tombeaux. On a enfin refermé toute la tombe comme il se doit, et tout le monde est retourné manger avec une nouvelle bouteille de bière sous sa main droite…


J’ai assisté à des obsèques chez les Bassa’a…

Donc j’ai un ami qui avait perdu sa grand-mère la semaine surpassée, à l’âge de 83 ans. Et ainsi ce week-end, je l’ai accompagné au village durant son deuil. C’était d’ailleurs la première fois de ma vie que j’assistais à un enterrement là-bas chez les Bassa’a…

J’ai assisté à un deuil près de Ngambè ! C’était dans un endroit perdu du monde, d’ailleurs le réseau téléphonique et la connexion internet n’existent même pas dans ce patelin qui jouit pourtant de l’électricité.
J’ai assisté à un deuil en passant par Pouma ! À l’aller nous y avons mangé de la viande de biche, et au retour nous avons fait escale pour y déguster de la bonne chair de pangolin.
J’ai assisté à un deuil organisé là-bas en pays bassa’a ; et comme j’ai dit tout à l’heure, ce n’était pas vraiment différent des deuils de Dibombari avec mon ami Pierre La Paix Ndamè

Car tout a commencé par la levée de corps comme d’habitude, ensuite le départ vers le village natal de la défunte, enfin nous avons passé une nuit interminable pour assister à l’inévitable veillée mortuaire. Et hormis quelques rites spécifiques ou l’utilisation de la langue vernaculaire locale, c’était presque pareil que les obsèques chez les peuples bamilékés.
Puisqu’il était surtout question d’honorer et de rendre hommage à la mémoire de la personne disparue…


Ecclésiaste DEUDJUI, mes condoléances, Jack !
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J’ai mon nouveau passeport !

Vous n’allez pas me croire, mais j’ai obtenu mon nouveau passeport en 24 heures ! Et c’est l’occasion pour moi de féliciter ici la police camerounaise…


Le pré-enrôlement

Mon précédent passeport avait expiré depuis le mois de mai 2020. Et quand j’ai demandé à m’en refaire un autre, on m’a expliqué que les nouveaux passeports sont dorénavant biométriques depuis juin 2021 ; et que toute sollicitation doit essentiellement passer par un pré-enrôlement qui s’effectue exclusivement en ligne.
Je suis donc allé sur le site portal.passcam.cm qui est la seule interface autorisée par notre DGSN, pour initier toute demande d’acquisition du nouveau passeport (ordinaire, de service ou même diplomatique). J’ai indiqué mon numéro de téléphone comme étant mon identifiant, et j’ai instantanément reçu mon mot de passe par SMS. J’ai suivi toutes les étapes en remplissant les différents formulaires qui m’étaient proposés par ce site qui est techniquement très dynamique, et j’ai procédé au paiement de 110 000 FCFA par le biais de mon compte électronique Orange money.
J’ai terminé la procédure en prenant un rendez-vous pour le mardi 27 décembre de l’année dernière, et j’ai téléchargé la fiche que la plateforme a générée et avec laquelle j’étais obligé de me présenter devant les services d’immigration…


La constitution du dossier

Contrairement à mon ami Pierre La Paix Ndamè, moi j’ai d’abord constitué mon dossier au préalable. C’est-à-dire que généralement les gens se pré-enrôlent et puis ils vont ensuite essayer de constituer leur dossier physique, mais moi j’avais d’abord constitué mon dossier physiquement avant d’aller effectuer les démarches du pré-enrôlement.
Je suis donc allé à la mairie de Douala 5ème pour faire légaliser mon acte de naissance, et ensuite au commissariat de Bonamoussadi pour faire certifier ma carte nationale d’identité.
Comme justificatif de profession, j’avais le choix entre blogueur (ça peut me créer des problèmes inutiles), informaticien (je ne suis pas prêt à aller m’agenouiller au MINESUP à Yaoundé) et chef d’entreprise (je suis quand même le Directeur général de DoualaTour). J’ai donc choisi la dernière option, en produisant évidemment mon certificat de non-redevance puisque je paye systématiquement mes impôts, ma carte de contribuable ainsi que mon registre de commerce. J’ai également photocopié mon ancien passeport et je me suis bien coiffé dans un institut de beauté, afin de paraître présentable le jour de mon enrôlement physique qui était programmé là-bas à Bonanjo…


centre d'enrôlement de passeport camerounais
Les centre d’établissement de passeport biométrique camerounais sont propres et le personnel est professionnel. Source: Twitter /CC-BY

L’enrôlement

Le mardi 27 décembre à 6 h 30, j’étais déjà sur la moto ! J’avais fixé mon rendez-vous à 9 h 15 à partir de la plateforme portal.passcam.cm, mais je ne voulais prendre aucun risque à cause des éventuels embouteillages. Je suis d’abord arrivé aux services d’immigration où j’avais constitué mon précédent passeport, mais on m’a expliqué qu’il y a un nouveau centre qui est exclusivement dédié à ce document dorénavant. J’ai donc pris un taxi à 100 FCFA, et on m’a laissé en face du Musée de la marine. J’ai découvert un bâtiment ultra moderne, des policiers correctement habillés et assez professionnels dans l’ensemble, et une officière a d’abord vérifié mes documents avant de m’autoriser à pouvoir intégrer l’intérieur de l’édifice.
Une fois dedans, un autre policier m’a checké. Il m’a ensuite remis un numéro automatique généré par un robot organisateur, et je me suis assis sur l’une des nombreuses chaises de la salle d’attente.
Il y avait au moins douze postes d’enregistrement. Et quand l’interphone a prononcé mon numéro, je me suis rendu devant un agent qui manipulait son ordinateur. Il a récupéré tous mes documents, il les a contrôlés puis scannés, puis il a numérisé toutes mes empreintes digitales et il m’a demandé d’enregistrer ma signature numériquement. Enfin, il m’a pris en photo sans bouger de son strapontin, et il m’a remis tous mes documents en intégralité. Il m’a également remis une fiche imprimée qui contenait l’ensemble de toutes les informations que j’avais fournies jusqu’ici, et il m’a demandé de rentrer chez moi et d’attendre le SMS de confirmation. Et voilà que j’étais déjà sur le chemin du retour à partir de 10 h 35 seulement…


Le retrait du passeport

Le mercredi 28 décembre 2022 vers midi, j’ai reçu un SMS de Passcam ! La plateforme m’informait que mon passeport était déjà disponible, et que je pouvais déjà passer le récupérer à partir de la fiche d’identification que je possédais.
Je suis donc passé là-bas vers 16 heures, toujours en face du Musée de la marine à Bonanjo. J’ai trouvé un monde fou dans la salle. Certains étaient là pour la procédure d’enrôlement, et d’autres y étaient venus pour le retrait. J’ai senti que les policiers étaient plus fatigués que la veille car nous étions déjà en fin de journée. Je me suis impatienté et je me suis même lassé à vrai dire, car j’y ai pratiquement passé une heure et demie sans rien faire. Il y avait des gens qui venaient établir le passeport de leurs enfants, de leurs épouses, de leur maman, de leur beau-père, etc. Mais malgré tout, tout cela se faisait sans aucun désordre et en toute tranquillité.
Quand on a enfin épelé mon numéro, je somnolais déjà. La policière qui m’a reçu en face d’elle était agréablement jolie et assez sexy, mais j’ai bien lu sur son écusson qu’elle était déjà mariée officiellement. Elle a toutefois enregistré ma signature en me souriant, mais moi je ne suis pas encore prêt à aller dormir derrière les barreaux à cause d’une femme. J’ai donc récupéré mon nouveau passeport biométrique et je suis sorti dans la salle, en étant satisfait d’avoir obtenu ce document qui va me procurer au moins cinq ans de navigabilité…


J’ai mon nouveau passeport biométrique !

Donc vous n’allez pas me croire hein, mais j’ai décroché mon nouveau passeport biométrique en 36 heures ! Et c’est l’occasion pour moi aujourd’hui de féliciter ici la police camerounaise…

J’ai mon nouveau passeport ! C’est vrai que cela coûte assez cher pour le Camerounais moyen, mais il y a moins de corruption, c’est plus sûr et c’est plus rapide que les précédentes méthodes que nous utilisions frauduleusement auparavant.
J’ai mon nouveau sésame ! Dorénavant je pourrai re-voyager à travers le monde entier, car le passeport est un document importantissime qui vous garantit une citoyenneté internationale.
J’ai obtenu mon nouveau passeport biométrique en une semaine de procédures, et pourtant de tels délais sont inenvisageables pour la carte nationale d’identité

Mais je tenais à féliciter ici la police camerounaise, parce que je considère cela comme un véritable exploit. Je suis satisfait de la qualité du service et de la sécurité de la plateforme informatique. Je suis impressionné qu’il n’y ait eu aucune poche de corruption durant toute la chaîne, d’ailleurs je n’ai même pas déboursé cinq francs CFA lors de tout mon processus d’enrôlement !
Et dire que le Cameroun serait un paradis si tout le monde pouvait travailler de la même manière…


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Pourvu que 2023 ne soit pas comme 2022 au Cameroun…

Pour vous dire vrai, 2023 sera une année très difficile ! Mais j’espère au moins qu’elle ne sera pas aussi catastrophique que 2022 ici au Cameroun…


Pourvu qu’il n’y ait plus de faits divers

Pour les distractions et les divertissements, les Camerounais auront été servis ! Nous qui aimons tellement voir le sang et commenter les affaires de sans caleçons entre des adultes, nous avons été comblés durant l’année 2022…
Il y a Noëlle Kenmoe qui s’est mise en relation avec Fingon Tralala. Il y a Coco Emilia qui a fait un enfant avec un Congolais qu’elle s’imaginait milliardaire, avant de venir pleurnicher devant les caméras. Il y a Gaëlle Enganamouït qui pratiquait une sexualité quelque peu différente, de même que Macaire Ouaffo qui a forniqué avec sa propre fillette adoptive. Il y a aussi Guy Alain Kamdem (alias Capello) qu’on accuse de pédophilie à Bafoussam, sans oublier Tenor Ebanflang qui a bagarré avec sa dulcinée Eunice Zunon, alors que la mémoire de Erika ne s’est même pas encore complètement dissipée…
Les empoisonnements ont encore fait fureur, et un ministre a d’ailleurs dû perdre sa fille de cette manière ! Un autre ministre a interdit l’utilisation commerciale du ndjansang (une pratique qui consiste à se dépigmenter), avant de se raviser presqu’immédiatement. Cynthia Fianga est devenue une star du porno avant de s’assagir par la case prison, et actuellement elle est en phase de réinsertion sociale. Les routes continuent de tuer des milliers de Camerounais chaque année. The Bachelor est en train de remplacer les novelas dans le cœur des ménagères camerounaises. Les jeunes filles s’injectent du cube dilué dans les fesses à l’aide de seringues déjà usagées, dans l’espoir d’avoir le même popotin que Blanche Bailly qui achète ses réfrigérateurs à la brocante. Valsero est devenu un influenceur qui commente l’actualité camerounaise à travers sa « clinique », mais depuis un moment il est concentré sur un même patient qui s’appelle Samuel Eto’o Fils !


Pourvu qu’on oublie un peu la Fécafoot

Moi le premier, je n’ai plus trop envie de parler de la Fécafoot. Car depuis l’élection de Samuel Eto’o en décembre 2021, on a l’impression que c’est la Fécafoot qui gère l’ensemble des affaires courantes de notre République…
En 2022, nous avons passé le temps à parler de One all sports, un équipementier que personne ne connaissait pourtant auparavant. On s’est mis à critiquer Yannick Noah parce qu’il s’était opposé au président de la fédération de Tsinga. Les fanatiques de Samuel Eto’o sont devenus comme des adeptes d’une secte évangéliste réveillée, tellement ils sont dorénavant méchants et sévères envers tous ceux qui leur opposent la moindre contradiction !
L’équipe des Lions indomptables a lamentablement échoué durant la Coupe du monde au Qatar ! Pire, elle a encore excellé dans les faits divers. L’exclusion d’Onana a entraîné son retrait définitif de la sélection camerounaise, et Samuel Eto’o Fils a perdu ses nerfs en dégoupillant violemment un Youtubeur algérien qui le perturbait au Qatar. Il nous avait pourtant promis qu’il ramènerait la Coupe du monde…
Bernard Tchoutang nous a bien fait rigoler avec son nouveau job de coach sportif. Rigobert Song est l’entraîneur parfait pour la Direction de la Fécafoot, car il n’a aucune personnalité et il exécute mécaniquement les instructions qui lui parviennent de son patron. J’ai aussi découvert que Mabouang Kessack a une personnalité très bagarreuse, et qu’il n’acceptera jamais qu’il a été renvoyé du Qatar. La CAN 2021 a été perdue en demi-finale, mais ce qui m’inquiète c’est que l’argent des stades est toujours en circulation dans les comptes bancaires de nos organisateurs-détourneurs. Djamel Belmadi a allumé un feu entre le Cameroun et l’Algérie, et heureusement que cette animosité ne s’est pas encore répercutée au niveau de nos relations bilatérales et diplomatiques…


Samuel Eto'o
Samuel Eto’o a été la personnalité la plus citée au Cameroun en 2022. Crédit : leral.net /Image reprise sous autorisation

Pourvu qu’on retrouve notre sécurité

Les Camerounais ne sont pas en sécurité, et c’est peu de le dire ! Les vols à l’arrachée se font en plein air dans la ville de Yaoundé, devant les yeux de tout le monde. Les viols sont de plus en plus légion, de même que les agressions, les cambriolages à main armée, les assassinats commandités, les braquages, etc.
En 2023, nous n’avons plus besoin de microbes ! J’ai encore en mémoire la ville de Douala complètement paralysée, le mardi 13 décembre 2022. Un vent de terreur s’est répandu dans toute la cité, causant pillages et débandades au sein de nos populations littéralement apeurées. Le gouverneur a bien tenté de prendre des mesures correctives mais nous voyons bien qu’il existe un véritable problème de sécurité publique ici au Littoral. Et pour combattre ce phénomène il faudra déjà améliorer l’éclairage public, l’éducation de base, la lutte contre le chômage, le combat contre la drogue, l’exode rural massif des populations, etc.


Pourvu que la vie ne soit plus trop chère

Je vais être honnête avec vous hein, 2023 sera terriblement difficile !
En 2022 nous avons assisté, impuissants, à la hausse vertigineuse des prix sur le marché. La bouteille d’huile qui coûtait 1 150 FCFA, oscille aujourd’hui entre 1 800 FCFA et 2 000 FCFA lorsque c’est votre jour de chance. Le prix du riz a augmenté également, ainsi que le pain et tous les autres produits de première nécessité.
Mais, curieusement, les Camerounais ne disent rien !
Nous avons également assisté à la raréfaction du gaz domestique auprès des revendeurs, créant une pénurie qui nous a emmenés vers la surenchère. On a beau nous expliquer que toutes ces difficultés proviennent de la guerre en Ukraine, mais c’est la même chose qu’on nous racontait sur le Covid pour justifier l’augmentation du prix du citron !
Enfin, le prix du carburant va exploser en 2023, ce qui conduira à une hausse considérable des prix de tous les produits sur le territoire. Même l’eau et l’électricité qui sont pourtant inaccessibles, coûteront encore plus cher comme en 2022. La Loi de finances entrera en application avec ses étranglements fiscaux : visite technique à la hausse, vignette automobile à la hausse, timbre fiscal à la hausse, timbre de voyage qui passe de 10 000 FCFA à 40 000 FCFA alors que les salaires n’ont même pas été incrémentés d’un iota…


Pourvu que 2023 ne soit surtout pas comme 2022 au Cameroun…

Donc pour vous dire la vérité, 2023 sera une année extrêmement difficile ! Mais je souhaite au moins qu’elle ne soit pas aussi catastrophique que 2022 ici au Cameroun…

Pourvu que 2023 ne soit pas comme 2022 ! Nous avons perdu Guy Parfait Songuè, Ekambi Brillant, la reine d’Angleterre et le Roi Pelé plus récemment, et nous espérons que leurs âmes iront irrémédiablement se reposer au Paradis.
Pour que 2023 soit différent de 2022 ! Car si c’est Franck Biya qui devient président de la République du Cameroun, j’ai bien peur que nous nous inscrivions là dans une logique de continuité qui me semble inopportune.
Pourvu que 2023 soit une année pleine d’espoir et de bonheur, car je reste persuadé que nous y rencontrerons quand même de bonnes nouvelles.

Parce que même si 2022 a été une année catastrophique, malgré tout nous avons réussi à rester debout ! Il y a eu le mariage de ma cousine et il y a eu des naissances dans plusieurs familles camerounaises, y compris chez mon meilleur ami Pierre La Paix Ndamè. La joie a continué d’illuminer nos visages malgré nos nombreuses périodes de souffrance, et les Camerounais sont demeurés davantage résilients mais surtout véritablement patriotiques.
D’ailleurs n’oublions pas que c’est en 2022 que le Cameroun est finalement devenu un continent…


Ecclésiaste DEUDJUI, bonne année 2023 !
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Mon hit-parade des journalistes camerounais en 2022

Comme chaque année, ceci est un classement purement subjectif. Voici les journalistes camerounais qui m’ont marqué durant l’année 2022…


Marc Chouamo

Il s’agit là d’un journaliste extrêmement rigoureux, que j’apprécie tout particulièrement. Marc Chouamo est un professionnel de la presse qui s’est notamment spécialisé dans le sport. Il est à la fois reporter, commentateur d’événements sportifs, animateur de plateaux télé et radio, rédacteur d’articles, etc. Il est d’ailleurs le coordonnateur de l’AJSC (association des journalistes sportifs du Cameroun) pour la région du Littoral.
Je l’ai surtout découvert à Canal 2 international où il officie actuellement. Je l’ai apprécié durant ses couvertures de la CAN 2021 et de la Coupe du monde au Qatar. Je le trouve assez courageux aussi, car malgré ses efforts pour partager ses informations en temps réel sur Facebook, ce jeune papa (il vient d’avoir une deuxième fille) ne fait que recevoir des provocations et des flèches souvent très empoisonnées.


Sam Sévérin Ango

Je ne saurai pas réellement expliquer pourquoi j’apprécie Sam Sévérin Ango, mais disons que j’adore sa verve. Je suis un fan inconditionnel de sa posture de résistant irréductible, et je le trouve hyper courageux car il a osé s’opposer à la machine administrative de tout un système !
Sam Sévérin Ango est aujourd’hui le leader d’un parti politique qui s’appelle La Nationale, parallèlement à ses occupations de journaliste sur ABK radio. Il y anime une matinale de lundi à vendredi sur la 89.9 FM, de 10h à 13h. Il a déjà travaillé dans presque tous les médias télé de la place camerounaise, principalement en tant que journaliste sportif.
En tant que politicien, il a collaboré avec Akéré Muna et ensuite Maurice Kamto lors de la dernière présidentielle de 2018. Il a aussi fait la Une des journaux suite à ses démêlés judiciaires avec son ancienne épouse. Bref, Sam Sévérin Ango n’est pas le meilleur ami de Samuel Eto’o ni de son Excellence Paul Biya, et laissez-moi vous assurer qu’il ne manque jamais la moindre occasion de le leur faire bien ressentir…


quelques brillants journalistes camerounais
Le Cameroun regorge de très bons journalistes. Source: YouTube /CC-BY

Bruno Bidjang

Bruno Bidjang est actuellement en pleine lune de miel quelque part, puisqu’il s’est légalement marié le 17 décembre 2022 avec la sublimissime Ivana Essomba.
Pour commencer, c’est un journaliste que je n’appréciais pas particulièrement auparavant. Je le trouvais parfois très agité, provocateur, présomptueux, pédant, incompétent… mais ça c’était avant !
Aujourd’hui, il fait partie des tout meilleurs journalistes de la sphère médiatique camerounaise. Il a repris le flambeau de son mentor Ernest Obama pour la présentation de Club d’Elites tous les dimanches, et il assure cette fonction avec maestria. Je le trouve beaucoup plus modeste, assez honnête et juste dans ses modérations, et je suis aussi sensible à son extraordinaire fidélité amoureuse…
Bruno Bidjang est le fils d’un autre journaliste bien connu qui s’appelle François Bikoro. Il a eu l’humilité et la délicatesse d’aller s’inscrire à nouveau sur les bancs de l’ESSTIC, malgré son poste de Directeur adjoint à la télévision Vision 4. Il ne consomme jamais d’alcool, il est papa de deux magnifiques enfants avec sa tendre épouse, et il demeure incroyablement loyal envers celui qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui : sa Majesté Jean-Pierre Amougou Belinga !


Georges Mbimbè

Je sais, vous ne le connaissez probablement pas. Mais je vous ai prévenu, il s’agit ici d’une nomenclature exclusivement subjective…
Georges Mbimbè est rédacteur en chef sur la chaîne RSI (radio sport info), l’ancienne radio de Martin Camus Mimb. Je l’ai découvert en tant que chroniqueur sportif sur LTM dans l’émission Sport Live. J’avais été bluffé par sa froideur, par sa rigueur analytique, par son éloquence, par sa cohérence mais davantage par son incorruptibilité.
Ce jeune homme fait partie des rares journalistes camerounais qui ne font pas des analyses pour se faire rémunérer. Il est capable de critiquer Samuel Eto’o lorsque ça ne va pas, même si cela lui vaudra des animosités et une ostracisation irréversible sur les réseaux sociaux. Il est aussi capable de féliciter lorsque les choses sont bien faites, et c’est cette objectivité qui fait de lui l’un des meilleurs journalistes sportifs sur l’année civile 2022…


Mon coup de cœur des journalistes camerounais en 2022

Donc comme tous les ans, ceci est un classement essentiellement subjectif. Voici quelques journalistes camerounais qui m’ont marqué durant l’année 2022…

Serge Alain Ottou ! Celui-là on ne le présente plus, c’est un professionnel qui anime Equinoxe Soir de lundi à vendredi à partir de 19 heures, et qui dirige les plateaux spéciaux lorsqu’il y a une exclusivité sur Equinoxe télévision.
Rodrigue Tonguè ! Il a eu l’insigne honneur de recevoir Samuel Eto’o en interview exclusive sur Canal 2, mais son émission dominicale L’Arène fait partie des plus regardées sur l’espace médiatique camerounais.
Lile Piedjou ! Pas parce qu’elle est une femme hein, mais c’est parce qu’elle présente magistralement Le Débrief Actu tous les soirs sur Canal 2.

On aurait aussi pu ajouter Pierre La Paix Ndamè, qui est chef de station à la radio Dibombari FM. On aurait pu adjoindre Aimée-Catherine Moukouri, une journaliste qui suit merveilleusement le football de notre championnat local. On aurait pu terminer par Pinon Omgba, qui —pour moi— est certainement le meilleur consultant sportif dont nous disposons dans notre République.
Mais, comme je vous ai dit au départ, il s’agit là de mes préférences individuelles et par conséquent elles seront essentiellement toutes subjectives…


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After Qatar

À l’issue d’une finale extraordinaire, l’Argentine de Lionel Messi est devenue championne du monde 2022. Pour ce qui restera comme l’une des plus belles Coupes du monde de toute l’histoire du football…


Les polémiques

L’avant compétition avait pourtant mal commencé. Car depuis l’attribution de ce Mondial en décembre 2010, plusieurs voix se sont levées pour contester cette décision de la FIFA. Certains ont crié à la corruption et au népotisme qatari, et d’autres ont dénoncé des violations criardes des droits de l’Homme dans ce minuscule pays du Moyen-Orient.
En effet, plusieurs organisations internationales ont même appelé au boycott, dénonçant des milliers de morts parmi les travailleurs étrangers qui ont participé à la construction des différents stades. Certaines sélections ont protesté ouvertement contre les restrictions de libertés au Qatar, notamment en ce qui concerne les droits des personnes LGBTIQ. On a aussi instrumentalisé l’interdiction de l’alcool dans fans zone ou encore l’utilisation des climatiseurs géants dans les stades. D’aucuns se sont même offusqués de cette organisation en plein mois de novembre-décembre, pendant la période des championnats occidentaux. Un vent de dénigrement s’est répandu au sein d’une certaine opinion publique, et plusieurs Européens avaient juré qu’ils ne regarderaient même pas un seul match de cette Coupe du monde en signe de désapprobation…


Les Lions indomptables du Cameroun

L’équipe nationale du Cameroun est rentrée au premier tour. Comme en 2014, en 2010, en 2002, en 1998, en 1994, bref, comme toujours ! Sauf que cette fois-ci il y a un certain Samuel Eto’o qui nous avait promis le miracle, et qui répétait à l’envi que « Le Cameroun va rentrer du Qatar le 18 décembre, après avoir disputé ses sept matchs. » Quelle humiliation !
Bref, nous avons fait mieux que lors des dernières Coupes du monde. Les Lions indomptables ont quand même battu le Brésil lors du dernier match de poule, après avoir perdu contre la Suisse (0-1) et fait nul contre la Serbie (3-3). On avait un sélectionneur qui était tatillon tout au long de la compétition, et qui visiblement ne maîtrisait pas véritablement les potentialités de son effectif. Il y a eu l’affaire André Onana qui nous a détournés des considérations sportives, et jusqu’aujourd’hui nous attendons toujours le compte-rendu de cette débâcle survenue au Qatar. Même si hein, pour dire vrai, nous ne nous faisons pas vraiment d’illusion puisque ces rapports ne nous seront jamais présentés…


Kylian Mbappè consolé par Emmanuel Macron et Emiliano Martinez
Kylian Mbappè était inconsolable après la défaite de la France en finale de la Coupe du monde, contre l’Argentine de Lionel Messi. Source: francetvinfo.fr /Image reprise sous autorisation

La compétition

En fait, la compétition a été magnifique ! Sur le plan du jeu, je veux dire. Mais pas seulement, puisque l’organisation était aussi fantastique, les stades étaient merveilleux, les transports étaient fluides, les hébergements étaient inimaginables, les infrastructures étaient pharaoniques, etc. Le Qatar a sorti le grand jeu !
Sur les terrains, on a eu droit à une compétition extrêmement fair-play (seulement quatre cartons rouges dans tout le tournoi). L’arbitrage a été exemplaire, et aucun match n’a fondamentalement été faussé par les hommes en noir. On a constaté que toutes les sélections ont pratiqué un football de très haut niveau, et on a eu quelques belles surprises comme l’Arabie saoudite qui personnellement a été mon coup de cœur.
En guise de satisfaction, on peut citer le Maroc. Les Lions de l’Atlas sont devenus le premier pays africain à accéder au stade des demies-finale d’une Coupe du monde, faisant à la fois la fierté de l’Afrique, du Maghreb et de tout le monde arabe. Cristiano Ronaldo a quitté la compétition en larmes. Le Brésil de Neymar a payé pour son arrogance et pour son irrévérence envers ses adversaires. L’Allemagne de Musiala est une nouvelle fois sortie au premier tour, après avoir perdu son premier match contre les modestes samouraïs du Japon. La Belgique a laissé passer sa belle génération. L’Espagne a démontré que le tiki-taka ne suffisait plus à lui faire gagner des matchs. On a apprécié le but spectaculaire de Richarlison, tout comme la louche improbable de Vincent Aboubakar. La Coupe du monde 2022 nous aura tenus en haleine jusqu’au bout du suspense, mais personne (même pas Pierre La Paix Ndamè) ne s’imaginait qu’on allait assister à une finale aussi extraordinaire…


La finale

Enfin, la finale ! Un affrontement d’une beauté légendaire, entre l’Argentine de Lionel Messi et l’Équipe de France de Kylian Mbappè. Le premier a frappé d’entrée sur un pénalty puis une passe lumineuse, avant que son adversaire lui réponde d’abord sur un pénalty, et ensuite sur une volée d’une soudaineté quasi-indéfinissable.
Nous sommes entrés dans les prolongations sur le score de 2-2, après des balles de match obtenues de chaque côté. L’Argentine a encore mené dans ce temps supplémentaire, avant de se faire rejoindre une nouvelle fois sur un pénalty de Kylian Mbappè. Kolo Muani a obtenu une dernière occasion qui signifiait indiscutablement le titre suprême, mais le portier Emiliano Martinez l’a brillamment écartée de justesse. Le match s’est donc acheminé vers les tirs aux buts après une rencontre épique, et c’est dans cette séance fatidique que l’Albiceleste a définitivement conquis sa troisième étoile…


After Coupe du monde au Qatar

Donc à l’issue d’un final extraordinaire, l’Argentine de Lionel Messi est finalement devenue championne du monde. Pour ce qui restera dans les mémoires, comme l’une des plus somptueuses Coupes du monde de toute l’histoire de notre football…

After Qatar ! Je tire un énorme coup de chapeau à Luka Modric, lui qui a disputé sa dernière Coupe du monde et qui a démontré pourquoi est-ce qu’il avait remporté le Ballon d’or en 2018.
After Qatar ! Les cinq équipes africaines ont remporté chacune au moins un match, ce qui n’était jamais arrivé auparavant. Le Sénégal est arrivé au deuxième tour et le Maroc de Houalid Regragui a même fini quatrième de la compétition.
After soft power ! Car le Qatar a littéralement réussi sa Coupe du monde, faisant de ce petit Etat du Golfe une plaque tournante sur l’échiquier du football international.

Parce que si on m’avait dit que cette 22ème Coupe du monde serait aussi extraordinaire, je ne l’aurai pas immédiatement imaginé. Si on m’avait dit que j’allais regarder l’intégralité des 64 matchs, je n’aurai pas été convaincu tout de suite. Si j’avais pensé que j’allais assister à la consécration du meilleur joueur de l’histoire de ce sport, un certain Lionel Messi, j’aurai demandé qu’on me pinçât pour vérifier que je ne m’étais pas endormi par hasard.
Parce que oui, cette Coupe du monde au Qatar est certainement l’une des plus belles éditions de l’histoire de notre football…


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