Ecclésiaste Deudjui

Couvre-feu

À la veille de la gigantesque manifestation populaire programmée par le MRC, le Gouvernement camerounais a pris toutes les dispositions pour tenter de contrarier la moindre velléité insurrectionnelle. Et ce n’est que le commencement…

journal MUTATIONS du 21 septembre 2020
Le journal MUTATIONS présente les acteurs de cet affrontement. Source: Facebook /CC

Une révolution ou bien une insurrection ?

Ce n’est pas seulement un problème de sémantique. Car comme l’a si bien dit le ministre Jean de Dieu Momo (ça me fait bizarre de le citer), « une insurrection est un mouvement populaire spontané et improvisé, tandis qu’une révolution est une action savamment organisée et planifiée, et dont l’objectif ultime est tout simplement le renversement des institutions au pouvoir…« 
Nous sommes dans une révolution insurrectionnelle. Ou alors dans une insurrection révolutionnaire. En tous cas nous sommes dans un mouvement populaire et tout le monde sait parfaitement que les mouvements populaires sont généralement incontrôlables. Maurice Kamto a eu beau répéter que toutes ses manifestations seront pacifistes et pacifiques, mais qui parmi vous a déjà rencontré une foule qui prend systématiquement de bonnes décisions ?


Une menace extrêmement sérieuse

Certains Camerounais prennent cette menace à la légère. D’aucuns se pavanent encore sur les plateaux de télévision en se bombant le torse, et en répétant à l’envi que « Il n’y aura rien dis-donc ! Kamto peut faire quoi qu’on n’a jamais vu dans ce pays ? Vous n’étiez pas là en 1992 pendant les années de braise ? »
Ils ont à peine raison. Car au début des années 1990 nous avons connu les villes mortes, les « Ça gâte, ça gâte », les « Me voici donc à Douala », les « Un cadavre va mourir ici aujourd’hui » et surtout la « victoire » interminablement contestée de Paul Biya face à John Fru Ndi.
Mais les années passent et les choses changent. Les méthodes aussi. Le Pr Maurice Kamto tient derrière lui une meute de militants extrêmement déterminés, sans parler de ceux qui sont surexcités sur les réseaux sociaux et dont on veut réveiller les rancœurs enfouies, les frustrations, les colères latentes, les ressentiments farouches envers ce régime quadragénaire qui leur aurait manifestement tout refusé. Le MRC est soutenu par une horde de milliardaires tapis dans l’ombre au sein de la diaspora, et personne ne peut définir avec exactitude quels sont effectivement leurs réels desseins pour la République du Cameroun : le changement ou alors le chaos ?

Véhicules de police dans les rues de Yaoundé
Les véhicules de police sillonnent les rues de Yaoundé. Source: Facebook /CC

Le Gouvernement a pris toutes les dispositions

Mais dans tous les cas, le Gouvernement de Paul Biya ne vous a pas attendus. L’Etat a déjà pris toutes les dispositions qui s’imposent, notamment en matière de sécurité et de maintien de l’ordre. En matière d’intimidation aussi, puisque les conseillers en communication de la DGSN lui ont très certainement recommandé d’effrayer les potentiels manifestants à travers l’image. Et c’est ainsi que tous nos carrefours sont bondés de policiers et de gendarmes, et que ceux-ci patrouillent à longueur de journée sur les mêmes artères. C’est ainsi que les gros véhicules anti-émeutes de notre police nationale sont désormais ostensibles à chaque coin de rue. Les ministres de l’Administration territoriale et de la communication (sans oublier le ministron Jean de Dieu Momo) ne font que multiplier les communications intempestives, aux fins de dissuader les éventuels futurs marcheurs. Les correspondances généralement internes de la Gendarmerie nationale se retrouvent déjà sur les réseaux sociaux et sur la voie publique. La Grande Muette camerounaise ne tardera pas à s’exprimer elle aussi dans les jours à venir, si jamais les choses venaient à s’envenimer. Nous sommes dans une sorte de couvre-feu permanent qui dure vingt-quatre heures par jour et qui risque de se durcir si la situation dégénère. Les préfets et les gouverneurs ont déjà interdit toutes les manifestations publiques qui seront effectuées ces jours-ci, et les contrevenants seront sévèrement punis par les forces de l’ordre et ensuite par toutes les dispositions législatives en vigueur…


L’Armée va entrer dans la danse

Comme je vous ai dit, la Grande Muette ne tardera pas elle aussi à s’exprimer dans les jours à venir. Et je suis même très certain qu’elle est déjà en train de fourbir ses armes, et qu’elle interviendra en dernier ressort. Je suis persuadé que le BIR sera indiscutablement appelé au secours si la Police et la Gendarmerie se retrouvent débordées. Je suis à peu près certain qu’il ne faut surtout pas que ça dégénère, sinon nous nous retrouverons avec des militaires et des kalachnikovs dans les rues. J’ai suffisamment peur que notre Cameroun se transforme en champ de guerre. Je ne sais pas si les manifestations de Maurice Kamto seront effectivement pacifistes comme il le projette, mais nul doute que si elles ne le sont pas alors c’est le peuple camerounais qui devra payer l’addition salée et boire la tasse en même temps…

Maurice Kamto avec un ballon
Maurice Kamto a l’air déterminé à renverser le régime de Yaoundé. Source: Facebook /CC

Couvre-feux

Donc à la veille de la gigantesque manifestation programmée par le MRC ce 22 septembre, le Gouvernement camerounais a pris toutes les mesures pour essayer d’enrayer la moindre velléité insurrectionnelle.
Et je vous jure que ce n’est que le commencement…

Couvre-feu ! On se croirait à l’époque du totalitarisme, car toutes les rues de Yaoundé sont bondées de caméras de surveillance, de policiers, de gendarmes, et c’est également la même chose à Douala et dans les autres grandes villes du Cameroun.
Couvre-feu ! Il est strictement interdit aux citoyens camerounais de participer à cette marche qui s’annonce, sinon ils seront passibles d’un emprisonnement à vie selon les dispositions de la loi en vigueur.
Le couvre-feu que nous vivons n’est pas seulement fait pour la sécurité des petits Camerounais comme Pierre La Paix Ndamè, mais il est surtout là pour pérenniser la longévité de tout un système !

Et pour cela ils ont donc sortis les gros moyens, ainsi que l’artillerie lourde. Ils sont persuadés que la situation se résorbera par la violence. Ils n’ont pas tenté le moindre apaisement ou dialogue avec le leader « insurrectionnel ». Ils sont englués dans une logique de brutalité légitime, de répression systématique et de condamnations expéditives.
Pour couvrir un feu qui tôt ou tard finira bien par nous exploser tous à la figure…


Ecclésiaste DEUDJUI, je suis sous couvre-feu
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La révolution des abeilles

À l’heure où je vous parle, la température est en train de monter au Cameroun et les semaines qui arrivent s’annoncent trépidantes, bouillantes et même dangereusement piquantes. On les a même déjà baptisées « La révolution des abeilles »…

visuel de la révolution des abeilles au Cameroun
Ces marches publiques ont été baptisées Révolution des abeilles. Image: Facebook /CC

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’une énième révolution comme d’habitude. Sauf que cette fois-ci les choses s’annoncent plus sérieuses, puisque Maurice Kamto et ses affidés ne font que répéter que « Lorsque l’heure est arrivée, alors elle est arrivée ! »
Et donc depuis le 24 août et son ultimatum à l’endroit du chef de l’État, il y a eu la convocation du collège électoral pour les élections régionales qui sont fixées au 6 décembre. Et dès lors le MRC s’est retiré de tous les médias, et ses militants ont appelé à la mobilisation générale. Ils ont commencé à mener une campagne tapageuse sur les réseaux sociaux afin de rassembler toute la diaspora le 19 septembre, et puis tout le peuple camerounais trois jours plus tard.
Mais ce qui m’étonne c’est qu’ils n’y vont pas par quatre chemins hein, puisque leur leitmotiv est invariable et formel : chasser Paul Biya du pouvoir !


Comment ça a commencé ?

Ça avait commencé depuis les élections présidentielles du 7 octobre 2018. À l’issue desquelles, dès le lendemain, Maurice Kamto s’était déclaré vainqueur. Il avait même admonesté notre président de la République en lui « accordant » le droit de grâce, et en lui promettant l’asile politique et une retraite imperturbable.
Et ensuite il y a eu les marches du 26 janvier 2019. Il y a eu la cuisse de Célestin Djamen qui a été charcutée par une balle réelle ou irréelle, et dans la foulée on avait embastillé tous les leaders du MRC qu’étaient Maurice Kamto, Albert Dzongang, Paul-Éric Kinguè (il a démissionné du parti depuis sa sortie de prison) ou encore Christian Penda Ekoka.
Ce « petit parti politique » comme le qualifie Paul Biya, avait poursuivi en boycottant les élections législatives et municipales de février 2020, et en exigeant la résolution de la crise au NoSo. Il s’était aussi distingué en multipliant les mouvements contestataires, en défiant le gouvernement dans sa gestion de la pandémie du coronavirus, et en continuant à proférer que Maurice Kamto demeurait le seul président « élu » et légitime de la République du Cameroun…

Valsero et Wilfried Ekanga
Les activistes Valsero (à gauche) et Wilfried Ekanga font partie de ceux qui allument la mèche sur les réseaux sociaux. Source: lebledparle.com /CC

Que prévoit la riposte ?

Il s’agit d’une riposte musclée comme d’habitude. Sauf que cette fois-ci la Gendarmerie est déjà positionnée dans les carrefours, puisque le ministre de l’administration territoriale (il s’appelle Paul Atanga Nji) était rapidement monté au créneau pour donner des avertissements : « En tapant sur une ruche d’abeilles, vous savez ce qui vous attend lorsque vous ne pouvez pas fuir. »
Quel sacré proverbeur !
Bref, la riposte est déjà en place. Les policiers et les gendarmes ont déjà commencé à fourbir leurs munitions, et nul doute que leur réaction sera disproportionnée adaptée à la menace. Les militaires sont probablement au garde-à-vous eux aussi, et après « Clean Bamenda » ils vont certainement procéder à « Clean Yaoundé » et surtout « Clean Douala ». Les gouverneurs des régions du Centre et du Littoral ont d’ailleurs pondu un arrêté dans lequel ils interdisent toute manifestation publique non autorisée, mais est-ce que ces manifestations-là avaient jamais été autorisées auparavant ?
La température est en train de monter comme je vous ai dit tout à l’heure, et cela dans les deux camps. Les ravitaillements en gaz lacrymogènes et en canons à eau ont déjà été indiscutablement faits, et la police anti-émeute révise tranquillement ses gammes.
Il y avait eu les villes mortes de 1992, la contestation contre la modification de la Constitution en 2008, et j’ai bien peur que nous abordions là la troisième grande révolution sous l’ère Biya le mardi 22 septembre 2020…


Sommes-nous vraiment à l’aube d’un changement ?

Nous voulons tous le changement ! Mais à quel prix ? Au prix de la mort ? Au prix du sang ? Au prix de l’indigence populaire et de l’enrichissement personnel de certains manipulateurs ?
Nous voulons tous le changement, qui que nous sommes ! Ça fait partie de la nature humaine dans laquelle la seule chose qui ne change pas, c’est l’envie de changement. Mais est-ce que nous devons changer pour changer ? Est-ce que nous devons casser notre pays pour le changer ? Est-ce que nous devons remplacer Ahmadou Ahidjo par Paul Biya, et puis regretter notre premier président pendant plus de trente-huit années aujourd’hui ?
Je pense que non. Je crois que nous devons demander une nouvelle page dans l’histoire du Cameroun, et que ceux qui tiennent les manettes doivent nous permettre de réclamer paisiblement ce changement. Je pense que c’est une histoire de dialogue. Je pense que nous sommes déjà proches de la rupture. Je suis du même avis que mon ami Pierre « La Paix » Ndamè qui sollicite aussi le changement l’alternance, mais comme son nom l’indique il est d’abord –et surtout– un partisan de la non-violence.
Nous n’avons qu’un seul pays qui s’appelle le Cameroun. Il nous appartient à nous tous. Nous avons cette nationalité et ce patriotisme qui nous sont si chers. Nous avons l’avenir et la destinée de tous nos enfants. Nous demandons l’amélioration de notre vie quotidienne et le respect de tout le peuple camerounais. C’est tout !

Paul Atanga Nji en conférence de presse
Le ministre Paul Atanga Nji mène un bras de fer acharné avec les militants du MRC. Source_ YouTube Crédit: Rediff TVNet /Image reprise sous autorisation

La révolution des Camerounais

Donc à l’heure où je vous parle, la température est en train de s’incrémenter au Cameroun et les journées qui arrivent s’annoncent trépidantes, tumultueuses et même dangereusement venimeuses.
C’est pour ça qu’on les baptisées « La révolution des abeilles »…

La révolution du MRC ! C’est une énième contestation populaire de la part de ce têtu parti politique qui se prépare, et elle a déjà reçu le soutien de certains opposants véhéments tels que Kah Wallah ou encore Mboua Massock.
La révolution de Maurice Kamto ! Après avoir tenté de prendre le pouvoir le 8 octobre 2018, ce professeur spécialisé en Droit constitutionnel projette de renverser le régime de Yaoundé par des manifestations géantes.
La révolution des abeilles rencontrera une réaction répressive, puisque Paul Atanga Nji vous avait déjà prévenus : « Celui qui vend les œufs ne doit pas provoquer la bagarre ».

Alors c’est tout le Cameroun qui est pris en otage, puisque nous ne savons pas encore concrètement ce qui va réellement se passer le 22 septembre. Mais quelque chose me dit qu’on se souviendra longtemps de la révolution qui est en train de se préparer…


Ecclésiaste DEUDJUI, je ne suis pas une abeille
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La « colle » de l’utérus

J’ai été alerté jeudi dernier par le président Jean-Marc Ngoss qui m’a interpellé sur un sujet, et qui m’a fait mesurer la dangerosité de la campagne qui se prépare.
Il s’agissait du vaccin-test contre le cancer du col de l’utérus

des Camerounais qui disent Non au vaccin-test contre le cancer du col de l'utérus
De nombreux anonymes sont mobilisés contre cette campagne. Source: Twitter Crédit: Didier Ndengue /Images reprises sous autorisation

Le contexte

Le contexte est très simple. Puisque la circulaire du Ministère de l’Éducation de base est datée du 22 juin 2020, et qu’elle prévoit un programme élargi de vaccination sur l’ensemble du territoire camerounais. Le projet est censé résorber le cancer du col de l’utérus auprès de nos jeunes fillettes, ainsi que d’autres infections génitales liées aux papillomavirus (HPV). Le gouvernement biyamerounais prévoit ainsi d’inoculer le Gardasil à nos petites progénitures, et cela par l’intermédiaire du mastodonte pharmaceutique Sanofi. Voilà donc ce qui met en colère la société civile et d’autres personnalités comme mon ami Pierre La Paix Ndamè, parce que l’innocuité et la non-dangerosité de ce vaccin qu’on veut tester sur nos rejetons n’ont pas encore été scientifiquement démontrées…


C’est quoi le cancer du col de l’utérus ?

Revenons aux fondamentaux : le cancer du col de l’utérus est une tumeur qui peut apparaître au niveau de la partie basse de l’utérus féminin, celle qui donne sur le vagin. Cette tumeur cancéreuse est souvent très maligne, c’est-à-dire qu’elle a des effets asymptomatiques et c’est pourquoi cette maladie est généralement détectée de manière assez tardive.
Le traitement contre cette infection peut comporter la chirurgie, la radiothérapie ou encore la chimiothérapie. Le vaccin reste officiellement la seule mesure préventive homologuée par l’OMS, mais il doit être réalisé avant les premiers rapports sexuels de la jeune fille. Car les papillomavirus sont plus contagieux que les virus ordinaires, et ils sont si minuscules qu’ils peuvent même s’infiltrer à travers les pores apparemment hermétiques du préservatif.
On estime que 90 % des malades peuvent obtenir la guérison si le dépistage est effectué de façon précoce.

stades du cancer du col de l'utérus
Graphique montrant les différents stades du cancer du col de l’utérus. Source: crtv.cm /CC

Existe-t-il un moyen de prévention ?

On peut dire oui. Car à partir de 25 ans, il est recommandé à toutes les femmes de pratiquer le frottis de dépistage à un rythme régulier (environ tous les trois ans). Il s’agit d’un prélèvement qui permet d’analyser les cellules qui se trouvent au niveau du col de l’utérus, et de détecter si elles sont normales ou alors si elles présentent des lésions évoquant un cancer du col de l’utérus débutant.
Outre cette technique, il existe quelques vaccins qui ont été mis sur le marché durant les années 2000. À savoir le Gardasil, le Gardasil 9 et le Cervarix qui doivent obligatoirement être administrés dès l’âge de la pré-adolescence, c’est-à-dire – normalement – avant le début de l’activité sexuelle. Sauf que ces vaccins-là sont très controversés dans tous les pays où ils ont été appliqués jusqu’ici, puisqu’on leur supposerait de provoquer des effets secondaires gravissimes voire invalidants et même incapacitants.
Ces vaccins contre le cancer du col de l’utérus ne protègent pas systématiquement contre le cancer du col de l’utérus, puisque leur efficacité est estimée à environ 90 %. Ils ne protègent pas non plus contre toutes les infections du col de l’utérus, même s’ils sont très utiles pour lutter contre les verrues génitales. Il faut enfin dire que plusieurs études internationales ont été réalisées sur ce sujet, et que toutes sont unanimes pour admettre que ces inoculations peuvent augmenter le risque de sclérose en plaques et la survenue de certaines maladies auto-immunes. Même si elles concluent en disant que le rapport bénéfice/risque est largement en faveur de l’administration de ces vaccins.


Pourquoi autant de polémique autour de cette campagne ?

D’abord, parce que ça vient de l’Occident. Puisque les Africains se sentent davantage panafricanistes lorsqu’ils défendent une cause commune, et lorsqu’ils rejettent tout ce qu’on leur propose comme solution de l’extérieur (et pourtant eux-mêmes ils ne proposent rien hein).
Ce vaccin fait des polémiques parce qu’il s’agirait d’un vaccin-test, et que cela paraît légitimement insultant voire provocateur de faire des expérimentations sur l’ensemble d’une population humaine (est-ce que nous sommes des cobayes ?). Et puis si on combine cette frustration avec les paroles de Sarkozy et Cie qui disent se plaignent que les Africains accouchent de trop d’enfants, qu’allez-vous y entendre ? Ne sont-ce pas là les prémices d’un plan machiavélique qui vise à rendre stériles les masses de notre continent noir, ou alors à les aliéner biologiquement et pourquoi pas à les exterminer définitivement ?
Ce n’est pas moi qui le dis hein, mais je pose tout simplement la question.

Jean-Marc Ngoss
Le président Jean-Marc Ngoss est très attaché à la protection du peuple camerounais. Source: camer.be /Image reproduite sous autorisation

La question du col de l’utérus

Donc j’avais été alerté jeudi dernier par le Mpodol, le président Jean-Marc Ngoss qui m’a interpellé sur ce sujet que je considère depuis lors comme crucial.
Puisqu’il m’a fait mesurer la dangerosité et la malveillance de la campagne qui se prépare…

La « colle » de l’utérus ! Est-ce que vous saviez que cette campagne est déjà programmée pour ce 23 septembre, et qu’elle envisage la vaccination d’environ 339 908 pauvres jeunes fillettes (de 9 à 11 ans) camerounaises ?
Le col de l’utérus ! Il ne s’agit pas du col de Batié hein, car nous parlons là d’une maladie qui touche des millions de jeunes filles à travers le monde, mais que nous pouvons éradiquer en effectuant simplement des dépistages réguliers et systématiques.

Alors je suis partagé entre le désir de voir nos enfants épargnés par ce malicieux virus cancérogène, et la peur de les voir traumatisés –à vie !– par les effets secondaires imprévisibles de ces vaccins expérimentaux. Je suis frustré de voir que nous allons davantage enrichir les grosses multinationales pharmaceutiques, en sacrifiant notre jeunesse et en mettant en péril notre démographie exponentielle qui les dérange. Je suis à la fois choqué et considérablement ulcéré, parce que je considère que cette affaire-ci est une véritable colle.
Puisque je ne pouvais pas imaginer que les Camerounais pouvaient devenir un jour des rats de laboratoire…


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Combien gagne un blogueur au Cameroun ?

Aujourd’hui c’est la journée internationale du blogging à travers le monde. Mais chaque fois que je rencontre un Camerounais, il me demande plutôt que « Ton salaire c’est même combien ? »
Il faut donc que je vous dise comment un blogueur peut faire pour s’en sortir ici au Cameroun…

31 août journée mondiale du blog
Le 31 août c’est la journée mondiale du blog. Source: graceminlibe.wordpress.com /CC-BY

La réputation

Avant toute chose, un blogueur doit posséder une bonne réputation. Et la réputation est une qualité qu’il devra cultiver avec le temps, avec la patience, avec le talent, avec la régularité, etc.
On ne peut pas gagner de l’argent sans une bonne réputation ! Puisque la réputation c’est ce qui permettra à vos lecteurs de pouvoir vous identifier différencier. La réputation c’est votre style. Votre culot. Votre perspicacité. Votre personnalité. Votre photo (vous devez être identifiable). Votre audience. Votre ligne éditoriale. Car à force de parler d’un même sujet ou alors de plusieurs sujets différents mais dans un langage identique, vous en deviendrez inéluctablement un expert. Et c’est à partir de cette « expertise » que vous construirez petit-à-petit votre réputation.


Les articles sponsorisés

Un blogueur qui est spécialisé dans un domaine et qui a une bonne réputation, les gens viendront vers lui pour lui dire que « Gars, s’il te plaît j’ai besoin que tu écrives un article sur mon entreprise et sur mes produits. Tu auras besoin de combien ? »
Parfois même ce sont tes simples publications sur Facebook qui sont sponsorisées. Ou encore tes partages et tes retweets. Mais dans tous les cas hein, les gens commanderont les articles sponsorisés parce qu’ils veulent surtout profiter de votre réputation, de votre nom, de votre qualité d’écriture mais également aussi de votre niveau d’audience.
Mais ça ne veut pas dire que vous allez raconter du n’importe quoi parce qu’on vous aura donné de l’argent hein…

René Jackson Nkowa et la représentante du bureau des Nations-unies au Cameroun
L’association des blogueurs du Cameroun (ABC) peut nouer des contrats avec des structures importantes, comme ici avec la représentation des Nations-unies au Cameroun. Source: Twitter /CC-BY

La publicité

Là, ça dépend. Il y a des puristes parmi les blogueurs qui n’accepteront jamais de faire monétiser leur blog ! Mais pour la grande l’immense majorité, cela consiste à positionner une bannière publicitaire (ou bien plusieurs) sur son site web afin de recommander subliminalement les produits ou les marchandises d’un annonceur…
Et là ça dépend encore de l’audience du blogueur, de son influence, de sa réputation. Parce que dites-vous bien que si une entreprise vous téléphone et qu’elle vous demande de positionner sa publicité sur votre blog, c’est parce qu’elle souhaite utiliser celui-ci comme une vitrine. Et en plus il y a des blogueurs qu’on peut aussi utiliser pour des spots publicitaires, pour des propagandes politiques et voire même pour des campagnes d’évangélisation.
Et c’est donc à vous de bien négocier lorsque ces requins-là essaieront de se servir de votre blog.


Les projets et les voyages

Moi personnellement, tous les voyages que j’ai effectués hors du Cameroun m’ont tous été offerts par le blogging (je n’ai même pas dépensé 5 francs CFA !). Parce que quand vous avez bien construit votre réputation et surtout votre crédibilité, des gens viendront vous solliciter pour de multiples séminaires. Ils peuvent aussi vous consulter pour la communication d’une marque prestigieuse à travers les réseaux sociaux. On peut vous engager pour le lancement d’un événement ou le sondage sur un produit. On peut aussi vous proposer un poste de conseiller spécial ou bien de directeur dans une grande structure. On pourra même vous proposer des centaines de possibilités pour que vous choisissiez vous-mêmes ce qui pourrait réellement vous intéresser, parce qu’on saura déjà que vous n’êtes pas un ignare. On peut aussi me commander des reportages vidéo à réaliser, on peut me demander de devenir un community manager ou bien un correspondant à l’étranger comme je le suis contractuellement, ou bien on peut tout simplement vous recruter pour faire de vous un formateur.
Je ne sais pas, je suis un peu submergé. Il y a tellement d’opportunités qui viennent à vous lorsque vous êtes un bon blogueur, et je suis même déjà certain que vous aurez régulièrement l’embarras du choix.

Aurèle Simo a lancé Toovendi
Aurèle Simo est un blogueur qui s’est lancé dans l’entrepreneuriat, comme beaucoup d’autres. Source: lebledparle.com /CC

Combien d’argent gagne un blogueur ici au Cameroun ?

Donc ce lundi 31 août c’est la journée mondiale du blog comme tous les ans. Mais chaque fois que je croise une Camerounaise, elle me demande surtout que « Ton salaire c’est même combien au juste ? »
Il fallait donc que je vous explique comment un blogueur peut faire pour s’en sortir ici au Cameroun…

Combien gagne un blogueur débutant ? Rien du tout ! Car au lieu de commencer en pensant à l’argent, concentrez-vous d’abord sur votre blog et c’est par là que vous pourrez peut-être vous bâtir une solide réputation.
Combien gagne un blogueur gombiste ? Rien du tout ! Car quand vos lecteurs comprendront que vous n’êtes qu’un blogueur-mercenaire, ils ne vous feront plus confiance et vous perdrez immédiatement en crédibilité.
Combien gagne un blogueur qui est très régulier et qui n’a jamais modifié sa ligne éditoriale ? Eh bien laissez-moi vous dire qu’il gagne de l’argent et en plus il remporte aussi le cœur de ses innombrables followers.

Parce que si vous entrez dans le blogging exclusivement pour devenir une personnalité ou bien une célébrité, alors vous faites fausse route ! Si vous créez votre blog spécialement pour devenir un influenceur, eh bien vous n’influencerez que votre nièce ! Si vous souhaitez devenir un blogueur uniquement parce que vous cherchez à devenir un multimilliardaire, eh bien vous deviendrez certainement plus prolétaire qu’auparavant.
Parce que les meilleurs blogueurs ne cherchent même pas à savoir combien d’argent ils ont déjà glané ici au Cameroun…


Ecclésiaste DEUDJUI, moi j’ai gagné Pierre La Paix Ndamè
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Il y a eu inondation à Douala

Dans la nuit de jeudi à vendredi derniers, nous avons subi de fortes pluies qui ont causé des dégâts matériels et d’autres préjudices inestimables.
Bref, il y a eu une inondation ici à Douala !

inondation à ABK radio
Plusieurs bâtiments ont été assiégés par les eaux, à l’image de la radio ABK à Bonamoussadi. Source: Facebook /CC

Nous avons tout perdu !

Je ne parle pas forcément de moi ni de mon entourage, mais les inondations de vendredi dernier nous ont causé des dégâts matériels inestimables.
Déjà, beaucoup de citoyens camerounais y ont failli laisser leur vie. Puisque la pluie de cette nuit-là était diluvienne, et qu’elle ne faisait même pas semblant de vouloir un peu s’arrêter. Et c’est ainsi que les eaux sont montées dans les vallées, puis se sont maintenues dans les zones stagnantes. Les mares d’eau sont venues nous retrouver dans nos habitations de fortune, et elles ont dévasté tous nos documents importants. Certains habitants ont été extirpés de leur domicile et sauvés in extremis grâce à des planches flottantes, voire même à l’aide de vieux réfrigérateurs. Mais le fait est que beaucoup de Camerounais ont perdu dans ces inondations leur téléviseur, leurs fauteuils, leurs matelas, leurs assiettes, leurs vêtements, leurs armoires, leurs divers appareils électroniques et aussi leur argent en liquide pour ceux d’ici qui ne feront plus jamais confiance à nos microfinances…


C’est de la faute du Gouvernement

Je sais, c’est la vieille rengaine. Toujours accuser le Gouvernement pour un oui ou pour un non. Toujours dire que c’est de la faute de monsieur Paul Biya, si une fille vous a barré ou alors si vous ne parvenez même pas à décrocher un petit emploi ici dans notre Cameroun…
Mais pour le cas de l’espèce, nos dirigeants ne sont pas exempts de toutes critiques. Puisque les inondations nous les connaissons déjà parfaitement ici à Douala, et que cela fait plusieurs années que nos autorités avaient déclaré saisir le taureau torrent par les cornes. Elles avaient même commencé à nous construire des drains et à récurer les caniveaux, mais elles n’avaient pas accéléré ni surveillé l’état d’avancement de tous ces travaux. Elles continuent de distribuer des titres fonciers qui concernent des domaines qui sont en réalité non habitables, puisque tout simplement dangereux. Nos élites gouvernantes ne prennent pas la mesure de la dangerosité des phénomènes climatiques qui menacent la ville de Douala, et d’ailleurs elles n’exploitent pas bien les données météorologiques afin de les trianguler avec les plans d’urbanisation, les mouvements de populations, les relevés géographiques cartographiés ou encore la constitution de notre nappe phréatique ainsi que de notre sous-sol…

scènes d'inondation à Douala
Ces inondations ont concerné tous les quartiers de Douala. Source: Facebook /CC

C’est aussi de la faute des populations

Surtout, à vrai dire. Parce que même si c’est Paul Biya qui est en charge de la sécurité et de l’épanouissement moral de tous les Camerounais, chacun d’entre-nous devrait commencer par se prendre en charge tout seul comme le fait déjà mon ami Pierre La Paix Ndamè.
Parce que ce n’est pas Paul Biya qui sera victime si vous subissez un éboulement. Ce n’est pas le Premier ministre qui se plaindra si vous vous installez en zone marécageuse. Ce n’est pas le président de l’Assemblée nationale et encore moins le super-maire de votre localité, qui subira les multiples conséquences que vous endosserez en cas d’inondation…
Prenez soin de votre vie ! Soyez responsables, et un peu plus précautionneux. Évitez les zones d’habitation qui vous paraissent moins chères, et pourtant elles sont insécures. Renseignez-vous sur la fréquence des dangers naturels qui menacent vos zones d’aménagement régulières, et installez-vous-y en connaissance de cause. Évitez aussi de boucher les caniveaux qu’il y a dans votre commune, car c’est là un facteur non négligeable de la montée des eaux et de la survenue de ce type de catastrophe hydraulique. Cessez de balancer vos ordures dans la nature. Soyez responsables, tout simplement. Et pensez d’abord à votre sécurité et à celle de vos enfants avant de commencer à multiplier les récitations, les louanges et les prières…


Chaque année c’est la même histoire…

Et comme je disais, chaque année c’est la même histoire. Chaque année il y a des inondations ici à Douala : Akwa-Nord, Sable, Bépanda, Bonamoussadi, Cité des Palmiers, Makèpè, Missokè, Bonabéri, Village, etc.
Chaque année c’est la même rengaine. On dirait que la saison des pluies nous surprend toujours et pourtant on sait précisément qu’elle reviendra l’année prochaine au mois de mai-juin, et quelle se terminera vers août-septembre. Chaque année ce marronnier fait la Une de tous les journaux et de nos réseaux sociaux. Les images circulent dans tous les smartphones. On y voit des Doualais qui tentent de sauver leur porcelet ou alors leur ordinateur portable face à la menace des eaux, et qui se lamentent devant les caméras de nos journalistes-voyeurs. On se partage les photographies surréalistes de ces habitants qui sont montés sur la toiture de leur maison, pour échapper ainsi à la noyade. On se subjugue de voir ces superbes villas qui sont inondées, et pourtant elles ont coûté à leur propriétaire toute une fortune !
On sait pertinemment que l’année prochaine ce sera la même rengaine, la même histoire, mais qu’est-ce que nous faisons véritablement afin de nous éviter cette pareille situation ?

sauvetage dans les inondations
Certains habitants ont été secourus grâce aux sapeurs pompiers. Source: Facebook /CC

Il y a eu des inondations ici à Douala

Donc dans la nuit de jeudi 20 au vendredi 21 août 2020, nous avons subi de fortes pluies qui ont causé des dégâts matériels et d’autres préjudices vraiment inestimables.
Bref, il y a eu une sérieuse inondation ici à Douala…

Il y a eu inondation à Logpom ! Ce sont mes voisins qui m’ont tiré la main pour m’emmener sur les lieux de la catastrophe, et j’ai vu des habitants hébétés qui étaient carrément désespérés parce qu’ils avaient réellement tout perdu.
Il y a eu inondation à Akwa ! Je parle du centre commercial de la ville de Douala qui était complètement sous les eaux, et c’est pour ça que la circulation et les activités professionnelles ont été complètement perturbées.
Il y a eu une inondation à Makèpè-Missokè comme je vous ai dit tout à l’heure, et c’était pire là-bas parce que tous ces gens-là habitent généralement dans les marécages !

Mais puisque ce phénomène est un événement qui revient chaque année, nous allons rapidement le passer dans les oubliettes. Nous allons compter les morts qu’il y aura cette année et nous allons les classer dans la catégorie des faits divers. Nous allons oublier qu’il y a eu des familles qui ont perdu tout ce qu’elles possédaient, et qu’il y a aussi des Camerounaises qui dorénavant dormiront à la belle étoile.
Et tout ceci c’est parce qu’il y a eu une inondation ici à Douala.


Ecclésiaste DEUDJUI, toutes mes pensées pour les victimes
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Mesdemoiselles, remettez-vous à l’allaitement maternel !

Il y a quelques jours on célébrait la semaine mondiale de l’allaitement maternel ici au Cameroun. L’occasion pour moi de rappeler aux femmes qu’il s’agit là d’une question vraiment très-très-très importante.

Symbole allaitement maternel
Symbole des Nations-Unies pour l’allaitement maternel. Source: cosmosskamouraska.com /CC

Vos seins ne vont pas finir

C’est vrai que beaucoup de filles –et même des femmes– se sont désolidarisées de l’allaitement maternel pour cette raison futile, parce qu’elles pensent que cela va diminuer la résistivité et la ductilité de leur jolie poitrine.
En gros, que leurs seins vont devenir flasques comme une vieille paire de babouches ! Et pourtant ce n’est totalement correct de le penser, puisque tôt ou tard les mamelles d’un mammifère finiront irrémédiablement par se faner, et ensuite par s’affaisser. Avec ou sans allaitement maternel ! Surtout que de nos jours ce sont plutôt les hommes adultes qui suçotent les tétons de nos pauvres jeunes mères, et Dieu seul sait qu’un Camerounais ne peut pas quitter d’une poitrine féminine à moins d’y avoir passé au minimum une cinquantaine de minutes…


Le lait maternel est très nourrissant

Au-delà de ces considérations esthétiques, il faut déjà savoir que le lait maternel constitue une alimentation très nourrissante et très enrichissante pour le nouveau-né. Il est même complet à vrai dire. Car non seulement il renferme tous les nutriments nécessaires à la croissance et au développement physique et cognitif du bébé, mais en plus il contient tous les anticorps qui permettront à ce dernier de résister aux attaques virales, aux bactéries, aux bacilles, aux champignons indésirés et aux autres microbes, etc.
L’allaitement maternel permet donc de préserver son enfant contre plusieurs maladies opportunistes. Il peut constituer la seule alimentation qu’on fournit à son bébé jusqu’à l’âge de six mois, puisque sa digestion est très facile et il est surtout riche en apport énergétique. Le lait maternel diminue les risques de maladie mentale dégénérative pour les enfants qui iront à l’adolescence. Il a été prévu par Dame Nature, puisque sa formation se fait durant la période de la grossesse. C’est aussi pour ça que les nourrissons disposent d’un réflexe de succion et de déglution instinctif, ce qui leur permet de téter facilement et puis d’avaler naturellement le lait de leur maman…

Infographie d'une femme qui allaite son bébé
L’Unicef recommande la pratique systématique de l’allaitement maternel. Source: issu.com /CC

Le lait artificiel n’est pas le lait maternel

Une fois que j’ai dit ceci, je rappelle que le mésusage (la mauvaise utilisation) du lait artificiel peut causer, s’il est répété, le décès du nouveau-né notamment pour cause de diarrhée sévère. Ce qui signifie que si vous avez choisi le biberon pour alimenter votre enfant, il faut bien faire la différence entre le lait 1er âge, le lait 2ème âge, etc. Et il faudra aussi s’assurer que votre composition comprenne bien des protéines, des lipides, des glucides, des vitamines, des oligo-éléments ainsi que divers types de sels minéraux.
Le lait artificiel est fabriqué généralement à partir du lait de vache, lequel est plutôt adapté pour les veaux et non pour les humains. Ce lait-là contient naturellement une teneur en sodium qui est d’une toxicité démontrée pour les nouveau-nés. Enfin, les laits industriels ne se conservent pas longtemps lorsqu’ils sont déjà préparés ; alors qu’on peut extraire le lait maternel de la poitrine d’une maman et puis le conserver dans un réfrigérateur pendant environ quatre-vingt-dix jours !


L’allaitement maternel est un acte d’amour

Et finalement, que dire de l’allaitement maternel qui est en réalité un acte d’amour ? Que dire de cette communication fusionnelle entre la mère et son bébé, et de cette transmission de chaleur ? Que dire de cette reconnaissance physique intuitive qui se crée entre ces deux êtres, et qui fabrique ce lien indéfectible qui perdurera entre cette génitrice et son rejeton ?
Il faut pratiquer l’allaitement maternel, parce que c’est cela qui démontre que vous êtes une bonne mère. Pas forcément tout le temps si vous êtes très occupée, mais préférablement régulièrement. Il ne faut pas donner votre enfant à téter à une autre femme en dehors de vous, parce que cela ne signifierait plus la même chose. Car si on vous conseille de pratiquer l’allaitement maternel avec assiduité et avec rigueur, c’est d’abord parce qu’on souhaite que vous transmettiez toute votre affection et votre tendresse à votre propre nouveau-né.

tire-lait
Il est possible d’utiliser un tire-lait et puis de conserver le lait recueilli dans des bocaux. Source: miamallaitement.fr /CC-BY

Mesdemoiselles et mesdames, remettez-nous à l’allaitement maternel !

Donc du samedi 1er au vendredi 7 août, nous célébrions la semaine mondiale de l’allaitement maternel ici au Cameroun. Une bonne occasion pour moi de rappeler à nos filles qu’il s’agit là d’une question vraiment très-très-très importante…

Remettez-vous à l’allaitement maternel ! Si vous avez des difficultés à extraire votre lait, il existe des instruments tels que le tire-lait qui sont très faciles à utiliser, et qui sont disponibles dans tous les marchés.
Remettez-vous à l’allaitement maternel ! Car c’est le seul aliment pour le nourrisson qui renforcera à la fois son système immunitaire, son cerveau, ses hormones de croissance ou encore ses prébiotiques qui sont très importants pour son système digestif.
Remettez nos bébés à votre allaitement maternel, s’il vous plaît mesdemoiselles, puisque c’est gratuit et puis d’ailleurs vos mamelles finiront irrémédiablement par s’affaisser de toute façon…

Parce que l’alimentation au sein peut sauver des vies, et elle rééquilibrera des millions d’individus. Cette alimentation a construit des hommes super-intelligents comme mon ami Pierre La Paix Ndamè. Cette alimentation est une pure nourriture de la nature, et vous savez très bien que le meilleur nutritionniste du monde c’est votre propre corps humain.
Alors remettez-nous à l’allaitement maternel, je vous en supplie.


Ecclésiaste DEUDJUI, moi j’ai grandi au lait maternel
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Le roman de ma mère

J’ai des sœurs qui sont extraordinaires. J’ai aussi des amies qui sont fantastiques. Je connais beaucoup de Camerounaises qui sont merveilleuses. Mais la meilleure femme que j’aie jamais rencontrée dans ma vie, c’est ma mère !

Pauline Magne, Ecclésiaste Deudjui et Monica
Avec ma mère et la petite Monica en 2011

Le roman de ma naissance

C’est vrai que j’adore ma maman parce que c’est d’abord elle qui m’avait fait venir au monde. Puisqu’elle aurait très bien m’avorter, me renier, m’abandonner ou encore me déposer dans un bac à ordures comme le font souvent certaines femmes irresponsables.
Ma mère m’a accouché très précisément un jeudi soir. Et d’après ce que mes oncles m’ont raconté, j’étais d’abord sorti la tête la première. Je lui avais causé une parturition quelque peu douloureuse, surtout que c’était son tout premier accouchement. Elle avait été enceintée par mon paternel alors qu’elle était seulement en classe de Première, et voilà comment elle s’était retrouvée dans cet hôpital de Njissé (c’est à Foumban) et que finalement elle avait décidé de laisser tomber ses études…


Ma mère, cette orpheline

Ma mère n’a pas connu la chance que j’ai aujourd’hui d’avoir eu un papa extraordinaire.
Le sien, c’est-à-dire mon grand-père, il est parti très tôt : 1973 ! Elle n’avait même pas encore atteint sa puberté, et voilà qu’il fallait déjà jouer les secondes mamans aux côtés de sa sœur aînée et de ma grand-mère…
Ma mère était le deuxième enfant de mon grand-père qui s’appelait Kouagang. Avant elle, il y avait eu sa grande sœur qui s’appelait Sita Thérèse, mais que nous avons malheureusement perdue le dimanche 8 juin 2014. Puis ensuite elle a eu des frères cadets et des sœurs cadettes qui ont grandi dans la débrouillardise, dans les travaux champêtres, dans les petits commerces, etc.
C’est peut-être pour cette raison que j’avais passé ma première année à Foumban, puisque ma grand-mère ne voulait décidément pas nous perdre. Elle avait répondu à mon paternel qu’elle n’approuvait pas ce mariage, et elle m’avait même déjà baptisé Kouagang Salvador Patou. Mais ma mère venait d’avoir vingt ans à peine, et elle n’avait jamais vraiment connu l’amour auparavant. Donc voilà pourquoi Maman Gisèle avait bien dû finir par nous laisser partir.

Tchuendem Thérèse
Ma mère a perdu sa soeur aînée (Sita Thérère) le 8 juin 2014

L’éducation de ma mère

Je suis devenu ce que je suis aujourd’hui pratiquement grâce à ma mère ! Parce que ma mère ne ment pas, ma mère ne vole pas, ma mère n’est pas du tout hypocrite comme la plupart des autres Camerounaises, et surtout ma maman aime toujours faire confiance aux gens puisque généralement elle n’agit qu’avec un seul cœur.
C’est elle qui m’avait dit que « Il faut manger pour vivre, et non vivre pour manger ». C’est elle qui m’avait appris la modestie et la sobriété dans la vie de tous les jours. C’est elle qui m’avait encouragé à écrire, à rechercher ma liberté coûte-que-coûte, et jusqu’aujourd’hui c’est encore elle qui me prodigue ses conseils grâce auxquels je suis finalement devenu un Camerounais épanoui.
Ce que j’ai surtout retenu de ma maman, c’est qu’il faut que je reste un homme honnête. Que, même si les gens autour de moi considèrent ma simplicité et ma docilité comme de la naïveté, il faudrait quand même que je continue de rester honnête. Parce que ma maman a reçu une éducation de probité morale qui provient certainement de ma grand-mère, et je pense que c’est ça le meilleur héritage que nous puissions un jour léguer à tous nos enfants.


Un cœur pur

Et donc, elle a un très bon cœur. Je n’ai jamais vu une femme aussi généreuse. Je n’ai jamais connu une femme aussi accueillante. Je n’ai jamais rencontrée une Camerounaise qui n’attire que de la sympathie, de l’empathie, de l’amour, de la convivialité, etc.
Parce que ma maman est véritablement quelqu’un de formidable, et je ne mesure même pas encore la chance que nous avons de l’avoir ! Je ne mérite pas d’avoir une maman qui ne sait même pas se fâcher, et qui ne saura jamais punir. Je ne mérite pas d’avoir une génitrice qui considère tous les enfants du monde entier comme ses propres enfants. Je ne mérite pas d’avoir une amie comme elle, une alliée aussi indéfectible plus que mon ami Pierre La Paix Ndamè, et enfin une maman éternellement inquiète et qui restera toujours présente.
D’ailleurs les mots me manquent pour vous expliquer de quoi est réellement fait le cœur de ma maman.

Pauline Magne, Ecclésiaste Deudjui, Michael Pagop et Eric Bertrand Deudjui
En 1987 avec ma mère, en compagnie de mes frères Eric (à droite) et Michael (le bébé)

Le livre de ma mère

Donc j’ai des sœurs qui sont extraordinaires. J’ai aussi une nourrice qui est fantastique. Je connais personnellement beaucoup de Camerounaises qui sont bienveillantes. Mais la meilleure femme que j’aie jamais rencontrée depuis ma naissance, ça reste ma maman !

Le roman de ma mère ! Parce que je me rappelle de tous les cadeaux qu’elle m’avait faits durant mon adolescence, et le plus beau c’était ce maillot de David Beckham qu’elle m’avait acheté en septembre 1997.
Le roman de ma mère ! Je n’aurai jamais assez de temps sur cette Terre pour lui témoigner ma reconnaissance, mais grâce à elle je considère que ma vie est déjà réussie.
Ce roman de ma maman n’est pas réellement un roman à vrai dire, mais c’est le journal d’un fils qui remercie le Ciel de lui avoir donné une maman aussi extraordinaire.

Puisqu’elle aurait très bien pu me déposer dans un orphelinat par exemple, puisqu’elle n’avait que dix-neuf ans ! Puisqu’elle n’avait pas bien connu son père car il était déjà décédé lorsqu’elle avait rencontré mon paternel. Puisque ma grand-mère n’avait même pas voulu de ce mariage dès le départ, puisqu’elle m’avait déjà baptisé avec le patronyme de mon feu grand-père.
Mais les meilleurs romans sont souvent ceux qui sont écrits de la manière la plus imprévisible…


Ecclésiaste DEUDJUI, joyeux anniversaire maman !
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