Ecclésiaste Deudjui

La quarantaine c’est déjà le commencement de la sagesse…

Ça y est, désormais j’ai quarante ans. Et je crois que je viens d’atteindre le commencement de la sagesse…

J’ai vu des enfants grandir

L’âge que j’ai aujourd’hui me permet d’avoir déjà vu beaucoup de bambins grandir. Et pas uniquement les miens ! Puisque j’ai eu à accueillir la naissance de mes petits-frères, de mes sœurs, de mes neveux et de mes nièces, mais aussi celle des nombreux autres bébés de ma famille ou encore l’accouchement des enfants de mes meilleurs amis…
J’ai déjà vu tellement de personnes grandir ! Il y a mon petit cousin Yvan qui était minuscule auparavant, mais qui est devenu aujourd’hui un grand gaillard de l’université. Il y a mon petit garçon Uriel Icare qui a poussé comme un champignon, et qui va bientôt obtenir son permis de conduire. Il y a la naissance de ma nièce Vannelle qu’on avait accouchée devant mes yeux, à Ndikiniméki, et qui est devenue aujourd’hui une vraie femme dans tous les sens du terme…
J’ai déjà vu de nombreux enfants grandir entre mes mains, puis devenir complètement autonomes : Bidou, Déesse, Alan, Joyce, Merveille, Joël, Chelsea, Samira, Cassandra, Monica. Des enfants qui ne parvenaient même pas à prononcer une seule syllabe, mais qui aujourd’hui sont devenus des footballeurs, des entrepreneurs, des responsables de famille, des ingénieurs, des mamans de plusieurs enfants, etc.

J’ai aussi vu des personnes mourir

Tellement ! Tellement que j’ai la chair de poule rien que d’y penser. Pourtant le premier cadavre que j’ai rencontré dans ma vie, c’était depuis 1994 à Edéa. J’avais vu comment on transportait la dépouille d’un macchabée devant le portail de notre Lycée bilingue, et cette image m’avait irrémédiablement traumatisé.
À l’heure actuelle, j’ai déjà vu des tas de personnes mourir ! Mon âge d’aujourd’hui me force à avoir pleuré dans de nombreux cimetières, et à avoir versé des larmes sur de très nombreux sarcophages. J’ai vu disparaître des personnalités célèbres, bien sûr, mais j’ai surtout vu partir des individus qui m’étaient personnellement précieux : mes grands-frères Zachée (2006) et James (2019), ma belle-sœur Pascaline (2018), mes cousins Dieudonné (2012) et Kouegni (2018), ou encore Deudjui Célestin qui était mon père ; et qui est décédé le jeudi 26 août 2021…
J’ai perdu tellement de connaissances durant mon parcours. Des camarades de classe comme Deuguen « Valdo » et Régis Talla Kamga. Des anciennes copines comme Sonia qui était morte dans sa salle de bain. Des amis d’enfance comme Ngan Yves et son complice Rambo. Des partenaires de foot comme Ndjebayi que j’affectionnais vraiment beaucoup. Mais j’ai aussi perdu mon beau-frère Solo en 2020, et son petit-frère Christian d’un accident de moto en 2016. J’ai vu partir certains enfants prématurément, et même certaines Camerounaises qui ont trépassé en accouchant.
Autant de malheurs qui font penser que mon anniversaire, c’était probablement là le vrai commencement de ma sagesse…

vieil homme devant un cimetière
Au fur et à mesure qu’on vieillit, on voit beaucoup de personnes mourir. Source: pixnio.com /Image gratuite, reproduite sous autorisation

J’ai vu des vies qui ont basculé

Ce qui est bien avec l’âge (en dehors des rhumatismes), c’est qu’on a l’occasion de voir la vie des gens se développer sous nos yeux. On peut voir comment un garçon qui était turbulent en 1998, peut devenir un infographiste international comme mon ami Limaleba Franck William. On peut voir que des filles qui étaient timides et naïves pendant leur enfance, sont devenues de véritables responsables d’entreprises. On peut s’émerveiller de l’enrichissement miraculeux de certains, ou alors de l’éclosion de certaines intelligences comme celle de mon meilleur ami Pierre La Paix Ndamè
Ce qui sera bien avec mon âge, c’est que j’aurai déjà connu des camarades de classe qui étaient des singletons auparavant, mais qui sont désormais des gestionnaires de familles nombreuses. Mais à contrario j’ai aussi rencontré des déchéances, dont je n’ai pas forcément plaisir à me souvenir. J’ai vu des gens qui étaient prospères devenir prolétaires. J’ai vu des gens qui étaient normaux devenir aliénés. J’ai vu des filles qui étaient prudes et chastes durant leur adolescence, devenir des bordelles de sous-quartier au point d’avoir aujourd’hui cinq rejetons avec cinq papas différents !
Et à travers tous ces destins, j’ai compris que notre destinée n’était pas forcément prédestinée à l’avance…

J’ai déjà une mémoire générationnelle

Je me sens déjà presque vieux. Ou en tous cas, j’ai commencé à accepter mon âge. Bref, j’accepte déjà mon corps. Je sais déjà que je ne suis plus capable de tout réaliser comme auparavant, parce que mon cerveau n’est plus aussi vif et mes fibres musculaires aussi alertes. J’ai accepté que je ne serai plus le premier de la classe, et que d’ailleurs je ne l’avais jamais réellement été. J’ai accepté que je ne serai plus un mignon beau gosse comme auparavant, puisque les filles que je séduisais préfèrent désormais les hommes qui sont plus jeunes que moi. Et puis, il faut bien le dire, je commence déjà à développer une mémoire générationnelle…
Je commence déjà à comparer l’époque d’aujourd’hui à l’époque d’auparavant. Je commence déjà à penser que les jeunes d’aujourd’hui ont perdu toutes leurs valeurs. Je commence déjà à critiquer la technologie, à maudire l’essor de l’internet, et puis je suis le premier à ratiociner pour dire que le monde moderne court inéluctablement vers sa perte ! Je sens que j’ai déjà presque peur de mourir, et je suis quelque part un peu jaloux de ceux qui vont rester après moi. Je regarde les enfants qui m’entourent et je suis contemplatif du temps qui leur reste à vivre, car la mienne était véritablement une belle aventure. Et j’espère qu’ils sauront profiter du temps présent car cela va s’écouler si rapidement…

La quarantaine c’est déjà le commencement de la vieillesse…

Donc ça y est, depuis vendredi j’ai quarante ans. Et je crois que je viens de franchir le commencement de la connaissance…

La quarantaine c’est le commencement de la prudence ! C’est un âge où on commence à prendre soin de son corps, de ses amours et de ses enfants, et c’est aussi une période où on évite de prendre des risques inutiles.
La quarantaine c’est le commencement de la richesse ! Parce que si vous n’êtes pas riche entre quarante et quarante-neuf ans, eh bien vous ne le serez jamais !
La quarantaine c’est aussi le commencement du Grand Amour, à vrai dire, parce que c’est un âge où on se sent émotionnellement épanoui.

Puisque si vous atteignez quarante ans, ça voudra dire que vous aurez au moins parcouru les deux tiers de votre vie. Surtout que vous aurez vu de nombreux enfants grandir puis mourir, et que certaines connaissances seront inexplicablement tombées dans la déchéance.
C’est donc cet ensemble d’expériences-là qui vous fera progresser vers la sagesse.


Ecclésiaste DEUDJUI, je suis déjà sage
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Demain j’aurai vingt ans

Vendredi prochain c’est mon anniversaire. Mais curieusement, cela me rappelle plutôt l’époque où je venais de célébrer mes vingt ans…

Demain j’irai à l’université

J’ai obtenu mon baccalauréat à l’âge de dix-neuf ans, lors de ma deuxième tentative. J’étais au lycée classique de Bafoussam. Mon père m’avait récompensé en me donnant 235 000 francs CFA en espèces, et il m’avait enregistré à l’université de Ngoa-Ekellé.
J’ai ensuite emménagé chez mon grand-frère qui vivait au quartier Ngousso, à Yaoundé. J’avais choisi de m’inscrire dans la filière Informatique, mais le recteur m’avait plutôt réorienté vers la filière Mathématiques. Nous étions dans un amphi de 500 places qui contenait plus de 3 500 étudiants ! Et pour assister à un cours qui devait débuter à midi, j’étais parfois obligé de me réveiller aux environs de 4 h 30…
J’ai abandonné l’université au bout de quelques mois seulement. J’ai quitté la maison de mon grand-frère parce que ses voisins commençaient déjà sérieusement à me casser le système. Je suis allé m’installer chez mes amis Florian et Fabrice qui vivaient vers la zone universitaire, et puis j’ai commencé à faire du porte-à-porte pour vendre des louches, des cuillères, des montres, des brosses à dent, des rallonges électriques, etc.

Demain je serai un footballeur

J’ai toujours rêvé de devenir un joueur de football. Encore plus quand j’avais vingt ans, puisqu’à cet âge-là j’étais en pleine possession de toutes mes potentialités.
J’ai d’ailleurs raté mon baccalauréat la première année quand j’étais encore au Lycée bilingue, parce que je m’entraînais avec l’équipe-réserve du Racing de Bafoussam. Avant ça j’avais évolué dans l’équipe première de Ndikiniméki, et j’ai aussi côtoyé les meilleurs athlètes lorsque je faisais la classe de Troisième au lycée bilingue d’Edéa
À Yaoundé, j’ai rencontré un ancien joueur qui s’appelait Oyono, et ensuite il est devenu mon manager. J’étais la « pépite » du championnat de vacances qui se déroulait à Obili, et les spectateurs se bousculaient pour venir me voir évoluer. J’ai ensuite intégré des formations comme Jeunesse Stars (de l’inoubliable Dave Obateba), Friendship ou encore le Canon sportif de Yaoundé, grâce au grand-frère Ndongo Mpessa qui était intervenu pour faciliter ce transfert. J’avais brisé le rêve de mon père qui voulait absolument que je devienne un fonctionnaire, et pourtant moi je m’entraînais sans relâche parce que mon seul objectif c’était de disputer la prochaine Coupe du monde.

Ecclésiaste Deudjui à Bafoussam avec Tchinda Guy Alain
Avec mes amis de Bafoussam, à l’approche de mes vingt ans. Source: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

Demain je tomberai amoureux

J’ai connu les femmes relativement tardivement. Pour preuve, j’étais encore un puceau invétéré lorsque je venais de célébrer mon vingtième anniversaire […]
J’avais pourtant connu beaucoup de femmes auparavant : Nadège, Albertine, Anne-Marie, Koumiss, Denise, Mouandjo, Hyacinthe, Sonia, etc. J’étais même tombé sous le charme d’une petite fille qui s’appelait Armelle, lorsque je fréquentais au cours préparatoire à l’école publique Saint-Martin de Nkongsamba…
Demain je serai marié ! Ou du moins, c’est ce que j’envisageais. J’étais à un âge où le romantisme était à son paroxysme. Je vivais à une époque où il n’y avait pas encore la frivolité des réseaux sociaux. Je ne possédais pas de téléphone portable quand j’avais vingt ans, et donc les seules armes —de séduction— que nous possédions c’étaient la parole, la ponctualité, l’assiduité, la politesse, le respect, l’amour vrai, la patience, la vertu, la responsabilité.
Nous lancions des cailloux sur les toitures pour faire sortir nos filles. Nous les emmenions dans les bals et dans les festivals. Tu pouvais flirter avec une demoiselle pendant des semestres et des semestres, sans jamais oser lui voler un simple petit baiser.
Je sais de quoi je parle ; j’étais éperdument amoureux d’une fille à Ndikiniméki qui s’appelait Donatella…

Demain je deviendrai un écrivain

Je suis devenu un écrivain parce que je voulais ressembler à un grand journaliste. Puisque comme j’aimais beaucoup le football, je lisais le magazine Onze Mondial et je regardais les émissions de sport tous les samedis et tous les dimanches.
J’étais fasciné par les grands reportages. J’étais subjugué par les beaux articles. J’étais interloqué par les manipulations de la langue française et de sa grammaire ; et je me disais que moi aussi, un jour, je finirais inéluctablement par devenir un bon journaliste.
J’ai ensuite découvert des écrivains comme Alain Mabanckou qui est aujourd’hui mon idole absolue. Mais j’étais aussi un lecteur de Charles Dickens, de Raymond Radiguet, de Victor Hugo, de Jean-Paul Dubois, de Cervantès, de Frédéric Beigbeder, d’Ahmadou Kourouma, de Francis Bebey, de Ferdinand Oyono, de Guillaume Oyono Mbia, de Sévérin Cécile Abega, etc.
J’ai été nourri par les mots lorsque je sortais de ma puberté, et c’est presque tout naturellement je suis devenu un blogueur. La langue me permet désormais de décrire mon environnement, de laisser un héritage intellectuel à la postérité camerounaise, de transporter mes émotions et mes maux lorsqu’ils me font souffrir, bref, de me positionner comme un véritable écrivain.

Le lendemain j’aurai vingt ans

Donc vendredi prochain c’est mon anniversaire. Mais paradoxalement, cela me rappelle surtout l’époque où je venais de célébrer mes vingt ans…

Demain j’irai à l’université ! J’ai finalement fait des études d’informaticien et de développeur web à l’institut Siantou supérieur (Yaoundé), même si c’est à ISMA (Douala) que j’ai obtenu l’essentiel de mes diplômes universitaires.
Demain je serai un footballeur ! J’étais un fan inconditionnel de David Beckham, d’ailleurs il y avait ses posters sur mes murs à côté de Roberto Carlos, Zinedine Zidane, Robert Pirès, Roberto Baggio, Diego Maradona, etc.
Demain je rencontrerai la femme de ma vie, puisque j’étais encore à un âge où le romantisme était vraiment à son paroxysme…

Et puis je deviendrai surtout un grand écrivain comme le poète Pierre La Paix Ndamè, même si au départ je voulais plutôt ressembler à un vrai journaliste. Je voulais à tout prix disputer la Coupe du monde 2006 qui aurait lieu en Allemagne, mais mon père voulait d’abord que je devienne un polytechnicien ou un ingénieur. Et quand je vous parle de ma biographie de cette manière, c’est pour vous montrer comment ce temps-là est passé rapidement et d’une façon quasi-insaisissable.
Parce que hier j’avais vingt ans, et demain j’en aurai le double. Pourtant la date est restée la même et le 27 mai restera toujours le jour de mon anniversaire…


Ecclésiaste DEUDJUI, demain j’aurai quarante ans
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Les nuits camerounaises sont les plus belles…

On critique beaucoup les Camerounais hein, mais il y a un domaine sur lequel nous sommes indiscutablement le champion du monde : les ambiances !

Les femmes camerounaises sont les plus belles

On nous critique pour tout hein, sauf pour nos filles ! Parce que les femmes camerounaises sont les plus sexys, les plus jolies, les plus affriolantes, les plus indépendantes, etc. Les femmes du Cameroun ne sont pas vraiment compliquées à aborder, et d’ailleurs elles t’orientent instantanément vers le chemin de la réjouissance.
Elles ne sont pas réellement très difficiles pour le sexe. Elles sont même parfois des consommatrices de boissons alcoolisées. Elles ont souvent une préférence pour la cigarette et pour la chicha. Elles avalent des bouteilles de whisky sans rechigner, elles se trémoussent sur la piste de danse avec des inconnus et elles te foudroient du regard, car elles sont tellement attirantes que tu auras envie de t’amuser avec elles jusqu’au bout du petit matin…

Les bars camerounais sont les plus nombreux

Je vous avais déjà expliqué la sociologie du bar. Mais est-ce que je vous ai même révélé que les bars sont les établissements professionnels les plus représentés ici au Cameroun ? Hein ?
Parce qu’il y en a plusieurs dans chaque coin de rue : devant les églises, devant les tribunaux, devant les morgues, devant les bureaux administratifs, devant les cimetières. Devant les universités et les écoles primaires également. Et c’est ainsi qu’ils sont ouvert dès les aurores, qu’ils augmentent le volume de la musique dès le début de l’après-midi, et que les soûlards commencent à se renverser dans les caniveaux à partir de quatorze heures !
Les bars camerounais sont tellement innombrables, et pourtant ils ne ferment que très tardivement dans la nuit. Ce sont des lieux de grandes ambiances, de charters, de premiers rendez-vous galants et même des pistes de danse improvisées. Le bar est le premier endroit où on commence à siffler ses bières pour se mettre en condition, avant d’aller éventuellement poursuivre la soirée dans un endroit plus climatisé…

des camerounais dans un snack-bar
Les ambianceurs sont mélangés dans une salle envahie par les fumigènes. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

Les porteurs camerounais sont les plus forts

Les porteurs, ce ne sont pas des porteurs de sacs hein. Ce sont plutôt des gens qui ont prévu beaucoup d’argent dans leur porte-monnaie ou dans leur sacoche, et qui envisagent de le dépenser en compagnie d’une forte colonie de courtisans qu’on appelle ici le « charter ».
Les porteurs sont très capricieux. Lorsqu’ils vous offrent à boire, ils sont les maîtres de la table. Ils ont parfois des facéties qui peuvent irriter les consommateurs rapides comme mon ami Pierre La Paix Ndamè, puisque c’est à leur rythme —et uniquement à leur rythme— que vous devez vous abreuver. Ils sont souvent si silencieux, souvent si condescendants, souvent si convoiteurs des plus jolies serveuses qui circulent autour de votre table, mais à la fin ils finissent toujours par devenir des personnes assez compréhensives et dilapideuses.
Les porteurs camerounais ne gâtent jamais leur nom. D’ailleurs avec eux vous êtes certains que vous allez boire les alcools et le bouillon jusqu’à l’arrivée du petit matin…

Les ambiances camerounaises sont les plus folles

Les ambiances ! Quelle folie ici au Cameroun. Quelle effervescence. Dès que 23 heures arrivent, nos snack-bars commencent sérieusement à se remplir. Les gens qui voltigeaient dans les bars s’y ramènent petit-à-petit, et le disc-jockey lance définitivement le début de la festivité.
Les fumigènes éblouissent les participants qui se bousculent dans la salle en nombre, et la musique produit des bruits assourdissants. Les filles sont endimanchées dans des tenues ultra légères, et certaines sont assises sur les cuisses de leurs accompagnateurs. Les hommes célibataires (ceux qui sont venus seuls) se comportent comme des prédateurs, puisqu’ils furètent à gauche et à droite à la recherche de leur prochaine cible. Les araignées sont aussi au rendez-vous, puisqu’en réalité ce sont des prostituées déguisées. Elles observent les hommes esseulés dans le but de les aguicher, et ensuite de les enlacer dans leur gigantesque toile impitoyable. L’alcool circule à flot, les factures traversent les têtes des danseurs pour aller se retrouver dans de grosses cuvettes de bières, et de nombreux consommateurs s’enivrent sans jamais penser à faire les comptes. Pendant l’instant de cette soirée mirifique, on oublie tout, et on plane presque. L’éthanol, la fumée et le sexe à gogo seront les maîtres-mots durant toute la nuit, pour ce qui s’apparentera pour la plupart de ces épicuriens, à une soirée inoubliable.
Même si cela se passe pourtant tous les soirs ici au Cameroun.

Les nuitées camerounaises sont les plus belles…

Donc on critique beaucoup les Camerounais hein, mais il y a un domaine sur lequel nous sommes incontestablement le champion du monde : les ambiances !

Les auberges camerounaises sont les plus fantastiques ! Elles coûtent moins cher, elles sont disponibles 24h/24, elles sont reconnaissables grâce aux ampoules rouges et c’est là-bas que beaucoup d’adultérins viennent pour terminer leur soirée.
Les bières camerounaises sont les plus savoureuses ! Car non seulement il y en a plusieurs, mais leur prix est tellement abordable qu’on peut se permettre de continuer la soirée dans un snack ou dans une boîte de nuit.
Les femmes camerounaises sont les plus magnifiques, d’ailleurs ce sont elles qui rendent nos soirées aussi fantasmagoriques…

Parce que tous les soirs, je dis bien tous les soirs, il y a de nombreux Camerounais qui se rendent dans nos nombreux lieux de plaisance, et qui s’enjaillent aveuglément jusqu’à l’apparition du lendemain. Certains pour noyer leurs soucis, et d’autres parce qu’ils veulent tout simplement profiter de la vie.
Mais une chose est sûre, c’est que les nuits qu’il y a au Cameroun sont indiscutablement les plus inimitables !


Ecclésiaste DEUDJUI, mes journées sont les plus belles
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J’ai participé à un séminaire avec l’Unesco

Je reviens de Yaoundé où j’ai assisté à un séminaire organisé par l’Unesco. Les participants étaient le Ministry Of Youth Affairs And Civic Education (MINJEC), le Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Economie Sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA), l’Unesco et bien entendu l’Association des blogueurs du Cameroun

La programmation

Cet atelier s’est finalement déroulé jeudi 5 mai à partir de 8 h 30. Et je dis « finalement » parce qu’il était initialement programmé pour le lundi 11 avril, avant d’être repoussé au jeudi 14 avril. Mais c’est le mercredi 13 qu’on m’a appelé pour m’informer que l’évènement avait été repoussé à une date ultérieure, alors que j’étais moi déjà dans le bus pour la capitale hein… J’ai donc profité pour visiter mon Yaoundé tranquillement, pour revoir mes anciennes balles perdues, pour rencontrer mon adorable grand-mère qui réside là-bas à Titi-garage, etc.
C’est donc la semaine dernière qu’on nous a définitivement communiqué la date du 5 mai, en espérant qu’elle ne serait plus modifiée. J’ai d’ailleurs une pensée pour le blogueur Taiwe Parfait qui a aussi subi la même mésaventure que moi, mais sauf que lui il était arrivé à Yaoundé en provenance de… Ngaoundéré !

Les intervenants

L’atelier portait sur « les mécanismes de résilience, soutien aux emplois et aux travailleurs informels, lutte contre la désinformation et discours de haine dans la riposte contre le Covid-19 au Cameroun. »
O’okokolo’ooo ! Un sujet long-long comme ça ? En tous cas les échanges devaient porter sur l’impact que le Covid-19 a eu sur les travailleurs et entrepreneurs camerounais, et surtout quelles en ont été les méthodes de résilience.
Comme participants, l’Unesco était représenté par le coordonnateur de projets Aristide Billè Koffi, qui est un Camerounais malgré les apparences patronymiques. Ce facilitateur a vraiment été remarquable par sa modération, sa gestion du temps, ses modalités pratiques, son autodérision, etc.
Il y a aussi eu M. Schouamé qui représentait le MINPMEESA, c’est-à-dire le ministère des petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat (ouf !). C’était un monsieur grand de taille, avec un teint clair et des yeux très bleus, qui fait en réalité partie de la direction des PME au sein de ce ministère dont la vocation est la promotion de l’emploi. Ensuite il y avait mademoiselle —ou madame, je ne sais pas si elle est déjà mariée—Nathalie Mbarga, du ministère de la jeunesse et de l’éducation civique (MINJEC).
Et enfin, les blogueurs. Une bonne vingtaine au total. En provenance de toutes les régions du Cameroun, comme cela était recommandé dans le cahier de charges. Mais en réalité nous étions six du Littoral, neuf du Centre, deux du Nord-Ouest, deux de l’Ouest et enfin un du Grand-Nord, le malheureux Taiwe Parfait qui a dû refaire vingt-quatre heures de route pour se rendre à nouveau à Yaoundé ; sans avoir la ferme certitude que ce séminaire allait finalement se tenir le jour dit…

Ecclésiaste Deudjui avec les blogueurs invités par l'Unesco à Yaoundé
En compagnie de mes homologues blogueurs, lors de l’atelier avec l’Unesco à Yaoundé. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

Les résolutions

Nous avons beaucoup parlé du Covid-19 et de l’emploi. Nous avons débattu sur les nouveaux comportements qui ont été adoptés afin de riposter face à cette pandémie, et nous avons discuté de la stratégie idéale pour décrédibiliser les discours haineux et complotistes.
Le monsieur aux yeux bleus qui représentait le MINPMEESA, a ouvert les travaux, puis il a exposé les nombreuses et diverses opportunités que son ministère propose pour la création de la richesse. Il a condamné l’importation massive de produits tels que le textile, le poisson frais ou encore l’huile de palme. Il a mis l’accent sur les formations professionnalisantes qui doivent être orientées vers les besoins essentiels pour notre développement.
À sa suite, madame Mbarga (je suppose qu’elle est au moins fiancée) a aussi fait la promotion de son ministère, en nous citant des tonnes de projets qui sont mis sur pied par le MINJEC, afin de promouvoir voire faciliter l’auto-emploi en milieu jeune. Nous les blogueurs avons rebondi sur ces informations ; en reconnaissant qu’elles étaient certes pertinentes, mais que malheureusement elles n’atteignaient pas forcément leur cible prioritaire qui reste le grand public. On a donc ébauché des propositions de collaboration afin que désormais, l’association des blogueurs du Cameroun (ABC) soit un vecteur essentiel de cette communication de proximité. Le but étant de mettre à la disposition de tout le monde, via nos blogs et nos comptes sociaux, les différents concours, projets, sélections, financements, accompagnements, statistiques, formations, bourses, recrutements, etc.

L’after

En réalité le président de l’ABC (Il s’appelle Dania Ebonguè) a également pris la parole. Mais puisqu’il est arrivé en retard, je préfère classer son intervention dans la rubrique « faits divers ». Surtout qu’il nous a bien fait rigoler, lui qui est revenu de manière comique sur des notions fondamentales telles que le blogging, la vaccination numérique, la rédaction web, la place du blogueur dans la société camerounaise, les nouvelles politiques des GAFAM pour lutter contre la désinformation sur internet, etc.
Nous avons pris une photo de famille à la fin de la session, et certains d’entre nous ont échangé leurs cartes de visite. Le hashtag #ABCmeetsUNESCO avait déjà touché plus de 500 000 personnes en quelques heures seulement ! Moi j’ai conseillé au président Dania de se lancer dans les One man show comme mon ami Pierre La Paix Ndamè, car je suis persuadé qu’il possède une excellente fibre humoristique. Nous avons ensuite fait des selfies et avant que j’aille retrouver l’influenceur Dariche Nehdi, Thierry Kuicheu m’a confié un colis que je devais remettre à Franck William Batchou, lorsque je retournerai dans ma ville à Douala.

J’ai participé à un séminaire avec l’Unesco Cameroun

Donc je reviens de Yaoundé où j’ai participé à un séminaire organisé par l’Unesco. Les intervenants étaient le MINJEC, le MINPMEESA, l’Unesco et bien entendu l’Association des blogueurs du Cameroun…

J’ai participé à un séminaire ! Les travaux n’ont duré qu’une seule journée, mais les échanges étaient si denses et si intenses, que j’ai parfois eu l’impression que nous avons travaillé pendant quatorze jours.
Je me suis rendu à l’Unesco ! Leur bâtiment de Yaoundé est si moderne, et la sécurité est telle qu’on confisque votre CNI, on surveille votre température et on impose le masque à quiconque se dirige vers les bureaux administratifs.
J’ai participé à un séminaire avec le gouvernement camerounais, parce qu’en réalité c’est de cela qu’il s’agissait.

Et même si le thème du jour portait sur la résilience face au Covid-19, j’ai surtout retenu que beaucoup de bonnes choses sont faites par nos autorités, mais que malheureusement l’information n’arrive pas souvent à la bonne destination. J’ai bien compris qu’il fallait se rendre dans les écoles, dans les bars, dans les marchés ruraux et même sur les réseaux sociaux comme je le fais habituellement, pour dire aux Camerounais qu’il y a beaucoup de bons projets qui ont été pensés pour eux.
Et que ce travail colossal ne pourra pas se faire sans un vrai accompagnement des blogueurs.


Ecclésiaste DEUDJUI, soyons résilients face au Covid
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Cameroun : c’est quoi un travailleur ?

Au lendemain de la journée internationale du travail, j’ai pensé qu’il fallait revenir sur certains concepts fondamentaux. Notamment, c’est quoi un travailleur ?

Un travailleur, c’est un employé

Je parle ici des gens qui ont réellement un statut d’employé ; c’est-à-dire des travailleurs qui touchent un salaire décent, qui ont des horaires de travail raisonnables, qui sont soignés en cas de maladie, qui sont assurés et qui sont même enregistrés à la CNPS afin de préparer leur future retraite…
Au Cameroun, les vrais employés ne sont pas nombreux. Hormis les fonctionnaires qui passent l’essentiel de leurs journées à ne rien foutre dans les bureaux, il n’y a pas beaucoup d’entreprises qui s’occupent convenablement de leurs effectifs et de leur personnel. On a plutôt des ouvriers qui travaillent ici sans contrat, qu’on peut licencier à tout moment et sans aucun préavis, et qui touchent en réalité des salaires inacceptables. Je pense que ces individus sont des personnes qui se rendent tous les jours à un lieu de travail, mais ce ne sont pas du tout des travailleurs !

Homme soudant. Crédit : Movidagrafica / Pexels

Ça doit aussi être un entrepreneur

La fête du travail devrait également concerner tous les entrepreneurs. Je parle des vrais hein, et non de ceux qui sont seulement des entrepreneurs lorsqu’ils enregistrent des directs avec leur téléphone sur Facebook… Je parle des personnalités comme Pierre La Paix Ndamè qui ont mis sur pied des concepts, qui ont créé des projets et qui ont légalisé des entreprises en essayant de payer leurs impôts avant la quinzaine de chaque mois…
Un vrai entrepreneur est un bon travailleur ! C’est ce type de profil qui nous aidera à résorber le problème du chômage dans notre pays, et qui créera de nouveaux horizons pour le développement de notre économie. Ce sont des fonceurs qui n’attendent rien de personne, et qui ont cessé de penser que la manne leur tombera du gouvernement ou de la Fonction publique. Alors ils se sont lancés dans la création de richesses et même sils sont encore dévalorisés par nos dirigeants, je pense que les bons entrepreneurs sont la véritable clé de voûte de notre jeunesse, si nous voulons accéder à l’émergence d’ici 2035.

C’est également un homme d’affaires

Que dire des hommes d’affaires ? Sinon qu’ils sont le poumon économique de toute nation mondialisée qui se respecte ? Et que, même lorsqu’ils ne touchent officiellement aucun salaire, ce sont des travailleurs parmi les plus nécessaires, ici, dans notre Cameroun.
On peut citer les propriétaires de cimenteries, de quincailleries, de brasseries, de poissonneries. On peut ajouter les gros exportateurs et les grands importateurs. On peut y mélanger des industriels et des investisseurs. On ne doit pas oublier les apporteurs d’affaires, ces gens-là qui démarchent à longueur de journées afin de nous apporter de nombreuses et multiples opportunités…
Les hommes d’affaires sont souvent en veste et cravate, mais ce sont de vrais travailleurs. Surtout lorsqu’ils ne sont pas des feymen, et qu’ils sont loyaux et honnêtes dans l’exercice de leurs transactions financières. Les vrais hommes d’affaires sont de gros employeurs, d’ailleurs ils ne se lassent jamais de créer de nouvelles entreprises et d’embaucher massivement pour participer à l’incrémentation de notre croissance.

Un consultant est aussi un travailleur

Les consultants ne sont pas des chômeurs. Ou, comme certains le pensent, des travailleurs saisonniers. Parce qu’un vrai consultant ne travaille pas uniquement par intermittence. Un consultant de qualité c’est quelqu’un qui maîtrise un domaine d’activité —qui en est même un expert—, et qui vit grâce au partage de ses connaissances et à la mise à disposition de ses analyses pour le compte d’un tiers.
Il faut faire très attention ! Un consultant signe de gros contrats qui sont étalés sur une durée bien précise, et le montant de ses émoluments est d’autant plus élevé qu’on lui a imposé des conditions d’exclusivité. Un consultant est un spécialiste qui peut avoir sa propre clinique médicale, et qui intervient pour une chaîne de télévision sur des sujets de santé. Ce peut être un ancien sportif de haut niveau. Ça peut aussi être un expert-comptable qu’une entreprise a recruté pour un audit interne, ou encore un banquier que le tribunal a désigné pour une opération de liquidation judiciaire…

Cameroun : c’est quoi un vrai travailleur ?

Donc au lendemain de la journée internationale du 1er mai, j’ai pensé qu’il me fallait revenir sur certains concepts que j’estime fondamentaux. Notamment, c’est quoi un vrai travail ?

Un travailleur, c’est un matricule ! Je ne parle pas uniquement du statut des fonctionnaires, mais je pense que tout travailleur devrait posséder un compte en banque, une ligne de crédit, un plan d’avancement ainsi que des congés et une assurance-retraite bien encadrée.
Un travailleur, c’est un salarié ! Parce qu’il y a des gens ici qui travaillent dans des entreprises depuis plusieurs années, mais qui touchent un salaire dérisoire alors qu’il n’est même pas certain de tomber à la fin de chaque mois.
Un travailleur n’est pas un débrouillard ni un jongleur, parce que le travail devrait éloigner de nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin.

Alors si le gouvernement a suspendu le défilé du 1er mai, c’était certainement à dessein. C’était pour couver la grogne des enseignants qui viennent à peine de se démobiliser, et pour étouffer les revendications des transporteurs qui menacent régulièrement de déclencher une grève. Et puis, le Cameroun n’est pas vraiment un pays de travail. Nous avons les bendskineurs, les call-boxeuses, les serveuses de bar, les femmes de ménage, les vendeuses de perruques, les prostituées, les pousse-pousseurs et les « attaquants » du marché central, mais en réalité ces gens-là sont surtout des survivalistes.
Parce qu’il n’y a même pas 2 % de vrais travailleurs ici au Cameroun !


Ecclésiaste DEUDJUI, c’est quoi le travail ?
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Blessées de guerre

Je discutais avec une ancienne copine que j’ai retrouvée dans mon calepin l’autre jour, mais elle ne faisait que me gronder, m’insulter, me menacer et même me vilipender. J’ai directement compris qu’elle était tout simplement devenue une blessée de guerre…

Je l’ai retrouvée dans mon calepin

J’ai une mauvaise habitude, quand quelqu’un m’énerve j’efface immédiatement son numéro ! Surtout celui des filles. Surtout celui des femmes qui te donnent leur contact pendant que tu leur achètes un gros plat de poisson braisé, mais qui ne vont jamais décrocher tes appels et qui ne daigneront même pas répondre à tes SMS.
Moi j’efface les numéros régulièrement parce que mon répertoire n’est pas une penderie. Mon téléphone n’est pas une garderie pour les numéros de téléphone en désespérance, surtout si c’est pour garder les contacts des personnes qui ne te servent strictement à rien. Et c’est ainsi que j’avais effacé le numéro de cette fille mais je l’avais quand même sauvegardé dans mon ordinateur, parce je perds souvent mes téléphones et c’est dans ma tablette que je récupère certains contacts que j’avais déjà égarés…

Elle travaillait dans un bar auparavant

C’était à la Cour suprême, à Makèpè. Ce n’est pas un tribunal hein, mais c’est un carrefour où les bars sont alignés les uns à côté des autres, un peu comme les gens s’agglutinent souvent là-bas dans nos prétoires et nos palais de justice
Elle proposait son jus naturel aux clients qui s’asseyaient dans les buvettes pour boire leurs bières, et malheureusement elle n’en vendait pas beaucoup. Sauf lorsque ces derniers tenaient à la voir assise sur leur table, et alors là ils achetaient son jus d’ananas comme moi je l’avais fait au début lorsque je la baratinais encore.
Elle s’appelait Marisa. Elle était de teint très noir. Elle avait un adorable faciès et de jolis petits yeux, et finalement je peux m’imaginer qu’elle était vraisemblablement assez belle. Elle était toujours souriante avec les individus qu’elle prospectait, et je dois même reconnaître qu’elle leur apparaissait indiscutablement sympathique. Elle s’asseyait sur plusieurs tables à la fois, elle sifflait rapidement ses bières, elle rentrait certainement dormir avec quelques-uns des clients qui l’avaient séduite (ou alors qu’elle avait séduits), et puis elle revenait le lendemain matin comme si de rien n’était, pour recommencer le même manège.

dessin femme déçue pleure dans son lit
Les femmes qui sont déçues en amour deviennent souvent des blessées de guerre. Source: Goumin goumin sur Facebook /CC-BY

On avait failli coucher ensemble

Failli seulement. Parce que pour vous dire vrai hein, je ne suis pas un garçon facile comme mon meilleur ami Pierre La Paix Ndamè. Mais c’est vrai que si j’étais le genre de type qui tire sur tout ce qui bouge, je l’aurai déjà déposée sur mon matelas dès la toute première rencontre. Mais au contraire je restais prudent, j’étais méfiant, j’étais méticuleux sur les sentiments qu’elle commençait à développer envers moi. Je voyais bien que c’était une fille qui avait déjà franchi la trentaine, et que si je me hasardais à vouloir jouer les forts aux fesses je tomberais instantanément dans son piège.
On a réellement failli coucher ensemble. Puisque je buvais régulièrement dans son bar, enfin, le bar où elle vendait ses jus d’ananas que presque personne n’achetait —sauf lorsqu’on voulait la déshabiller—, et que parfois elle me proposait de rentrer dormir avec moi dans ma maisonnette, et que moi je refusais catégoriquement et systématiquement !
Il y a même des matinées où elle m’invitait gentiment chez elle, mais je n’y allais jamais. Il y a des fois où elle se proposait de venir me faire la cuisine, la lessive, le ménage et tout le tralala, mais aucune de ces propositions ne me paraissait intéressante. Il y a la dernière fois où on s’est vu à la Cour suprême (pas au tribunal hein) et que je l’avais encore surprise avec un autre consommateur sur une table, et c’est là que j’avais définitivement coupé les ponts.
Puis j’ai effacé son numéro parce que la mémoire de mon téléphone n’a rien à voir avec un almanach…

Elle est devenue une blessée de guerre

Honnêtement, ce n’est pas de ma faute si Marisa est devenue aujourd’hui une blessée de guerre. Sincèrement ! Et si ça se trouve, peut-être même qu’elle l’était déjà au moment où je l’avais rencontrée là-bas dans ses bars de Makèpè…
Ce n’est pas de ma faute si elle me gronde aujourd’hui, si elle m’insulte, si elle me menace ouvertement et si elle ose de surcroît me vilipender. Je pense même qu’elle doit certainement le faire avec tout le monde. Tous ses dragueurs ! Je pense qu’elle est devenue une sorte de désespérée du mariage qui ne croit plus en l’amour, et qui rejette les déboires de sa vie personnelle sur les hommes qui la côtoient actuellement, et en particulier sur tous ceux qui lui comptent fleurette.
Ce n’est pas de ma faute si elle a connu autant d’amants dans sa vie, et que finalement personne ne l’a épousée. Ce n’est pas de ma faute s’ils étaient charmants et romantiques au départ, pour devenir des crapauds et des salopards à l’arrivée. Ce n’est pas à cause de moi si elle a dû s’épuiser les reins pour rien. Ou bien sucer des cannes à sucre sans obtenir aucun résultat. Ou bien faires des enfants avec des papas non identifiés, habiter dans le concubinage avec des hommes irresponsables, ou encore se faire bastonner en public par des individus suffisamment violents et arrogants.
Ce n’est pas de ma faute si Marisa est devenue aujourd’hui une blessée de guerre.

Blessées de combat

Donc quand je discutais avec cette ancienne copine que j’ai retrouvée dans mes archives, elle ne faisait que me condamner, me critiquer, me déstabiliser et même me vilipender. J’ai immédiatement compris qu’elle était devenue une ancienne combattante…

Blessées de guerre ! Ce sont des filles qui ont déjà tout vu ici dehors, tout connu, tout entendu, qui ont même tout sacrifié mais sans jamais rencontrer le bonheur sur le plan sentimental.
Blessées de guerre ! Ce sont ces millions de femmes qui ont déjà dépassé la fleur de l’âge, qui ont perdu espoir pour le mariage, et qui finissent irrémédiablement par se convaincre que tous les hommes sont des imbéciles.
Les blessées de guerre sont des Camerounaises qui ont aimé plusieurs personnes avec un vrai cœur, qui y ont tout donné, mais malheureusement la vie a fini par les rendre totalement solitaires.

Alors elles sont devenues aigries, elles sont devenues méchantes, elles sont devenues matérialistes et certaines sont aussi devenues des prostituées. Les blessées de guerre n’attendent plus rien de la vie, ni de l’amour d’ailleurs, et c’est pour ça qu’elles se fichent pas mal de vos conventions ainsi que de vos bonnes mœurs.
Bref, elles se comportent dorénavant comme si elles sont en guerre.


Ecclésiaste DEUDJUI, moi je ne suis pas un blessé de guerre
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L’amour ne doit pas être une excuse pour faire n’importe quoi…

J’avais rencontré une fille à Yaoundé, et j’ai déjà presque tout fait pour lui démontrer que j’étais sérieusement amoureux d’elle. Mais on dirait que je suis en train de faire du grand n’importe quoi…

L’amour n’est pas une excuse pour insister

L’amour ne doit pas être une raison pour coller sur une demoiselle comme le chewing-gum, jusqu’à tu ne lui permets même plus de bien respirer ! Car ce n’est pas en insistant et en persévérant et en courant derrière une Camerounaise, que tu vas modifier d’un iota sa façon de te déconsidérer.
L’amour ne doit pas devenir une obsession. Cela ne doit pas se transformer en obstination. L’amour ne doit pas te métamorphoser en harceleur ni en violeur. Car ce n’est pas en lui écrivant ou en lui téléphonant mille fois par jour, que tu vas interagir sur la façon qu’elle aura toujours de te mésestimer…

L’amour n’est pas une raison pour offrir le Ciel et la Terre

La fille que je viens de rencontrer à Yaoundé, qu’est-ce que je ne lui ai même pas encore offert ? Parce que quand elle me dit qu’elle a faim, je cours rapidement dans les bonnes boulangeries ou alors je l’invite immédiatement dans un grand restaurant. Quand elle me dit qu’elle a soif, je l’emmène instantanément dans un glacier moderne ou alors je l’invite dans un lounge. Sans parler du téléphone que je lui ai acheté, de ses coiffures que je lui change, de sa garde-robe qu’elle me fait agrandir au gré de ses humeurs, et aussi de beaucoup d’autres petits cadeaux que je n’ai même pas envie de vous énumérer ici… Tsuip !
L’amour m’a fait faire du n’importe quoi avec cette fille ! Mais ce n’est pas une excuse. Et donc si vous tombez amoureux dans les prochains jours, je vous conseillerais de ne pas refaire les mêmes erreurs que moi. Et si jamais la fille que vous aimez est de bonne moralité, eh bien elle ne pourra jamais vous en vouloir pour si peu…

citation amour et folie
Pour Nietzsche, il y a toujours de la folie dans l’amour. Source: modele-lettre-gratuit.com /CC

L’amour n’est pas un motif pour ne plus travailler

Je vois beaucoup de gens qui cessent de se concentrer sur leur travail ou bien sur leurs activités professionnelles, sous le ridicule prétexte qu’ils seraient tombés amoureux d’une jolie fille. Et moi je leur dis non, non, non, non, non et encore non ! Parce que tu ne perdras jamais une femme en courant derrière l’argent, alors que tu peux perdre beaucoup-beaucoup d’argent en voulant courir derrière une cameruineuse…
Non ! L’amour ne doit pas vous empêcher de calculer, de réfléchir, de « sciencer », d’entreprendre. Parce que les mêmes femmes qui vous aiment aujourd’hui parce que vous avez un peu d’argent comme mon ami Pierre La Paix Ndamè, eh bien ce sont ces mêmes femmes-là qui te diront demain que « Fiche-moi le camp ! »
Parce que tu n’auras plus assez de moyens pour t’occuper ne serait-ce que de leur manucure…

L’amour n’est pas une explication pour justifier

L’amour c’est de la folie ! Parce que comme moi j’aimais beaucoup cette nouvelle fille, je justifiais systématiquement ses bêtises. Je trouvais normal qu’elle ne me respectât pas forcément, et d’ailleurs je lui suggérais même des circonstances atténuantes. Je ne la jugeais jamais, je ne la blâmais jamais, je ne la critiquais jamais et je ne l’admonestais jamais.
Je l’aimais. Mais est-ce que l’amour est alors une raison pour que je fisse du grand n’importe quoi ? Parce que même lorsqu’elle me mentait, je lui trouvais toujours une excuse et une explication valables. Même quand je savais qu’elle me trompait, je me disais parfois que c’était certainement de ma faute. Et même lorsque j’ai commencé à soupçonner qu’il se pourrait qu’elle ne m’eût jamais réellement aimé en vérité, je lui inventai moi-même des justifications qui n’avaient ni queue, ni tête, mais c’est parce que je l’aimais à la folie et que j’avais déjà commencé à réaliser du bon n’importe quoi…

L’amour ne doit jamais être une excuse pour faire du n’importe quoi…

Donc j’avais rencontré une femme à Yaoundé, et j’ai déjà tout fait pour lui démontrer que j’étais sincèrement amoureux d’elle. Mais malheureusement on dirait que je suis en train de faire du n’importe quoi…

L’amour ne doit plus être une excuse ! Pour assassiner, pour se suicider, pour violer, pour mentir, pour voler ou encore pour s’exiler à l’étranger.
L’amour ne doit plus être une raison ! Pour trahir sa famille, pour délaisser ses amis, pour manquer de respect à ses collègues ou encore pour devenir un antipatriote.
L’amour ne doit plus être un prétexte pour commettre du n’importe quoi ici au Cameroun, sauf si et seulement si cet amour-là vous apparaît réciproque !

Parce que quand moi j’avais rencontré la fille de Yaoundé, elle ne me rendait aucun service et elle me téléphonait uniquement pour ses problèmes d’argent. Et pourtant moi j’insistais pour la voir, je lui offrais tout ce qui me paraissait indispensable pour son épanouissement personnel, d’ailleurs j’ai même perdu mon travail et tout ceci c’est parce que je la justifiais tout le temps.
Alors que j’étais stupidement en train de faire du grand n’importe quoi.


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