8 mars 2021

Femmes violées

Aujourd’hui, c’est le 8 mars. L’occasion pour moi de vous parler des Camerounaises violées.

femme violée
Avant d’être une violence sexuelle, le viol est d’abord un acte de violence. Source: senego.com /Image reprise sous autorisation

Enfants violés

Aujourd’hui c’est la journée des droits des femmes. L’occasion pour moi de vous parler des fillettes qui sont violentées par leur grand-frère, par leur oncle, par leur tuteur, par leurs grands cousins, etc.
Je veux vous parler de la violence sexuelle. Parce qu’il y a des aînés ici qui pratiquent la pédophilie avec les enfants qui se trouvent à l’intérieur de leur famille, et qui la pratiquent sans aucune contrariété. Il y a aussi des papas qui font des galipettes avec leur propre progéniture (ce n’est pas la malédiction, ça ?). Et les mamans de ces enfants violés sont généralement en train de vouloir couvrir ces crimes sordides.

Épouses violentées

Il y a aussi des femmes qui sont violentées sexuellement dans leur propre mariage ! Je veux dire, violées par leur propre conjoint. Des femmes qui s’étaient mariées parce qu’elles ne voulaient absolument plus rester célibataires, mais qui aujourd’hui n’aiment plus réellement leur mari.
Il y a aussi des époux qui sont violents de nature. Qui peuvent bien te demander de te déshabiller tranquillement comme mon ami Pierre La Paix Ndamè, mais qui préfèrent plutôt te déchirer tes vêtements avec une bestiale agressivité. Il y a parfois des maris qui sont des sauvageons, et qui ne te font des câlins qu’après t’avoir administré une interminable bastonnade. Mais ces épouses violentées ne peuvent pas s’exprimer ici dans notre société masochiste, puisque notre patriarcat interdit à une Camerounaise de critiquer ouvertement les dangereux agissements de son mari.

jeune fillette qui pleure
De nombreux enfants subissent des violences sexuelles dans les ménages camerounais. Image : pinterest /CC

Jeunes filles agressées

Les jeunes filles agressées, alors, c’est grave ! Des délinquants vont les violenter à la tombée de la nuit, et quand je dis « violenter », je veux par là dire qu’ils vont sauvagement les violer…
Les jeunes filles sont parfois victimes du « rallye » : c’est-à-dire qu’il y a des énergumènes mal coiffés et mal rasés qui vont les déshabiller sur le trottoir, et qui vont leur monter dessus à tour de rôle…
Les jeunes filles sont donc exposées aux grossesses non désirées, aux maladies vénériennes, aux violences physiques qui sont dues aux coups et aux blessures qu’elles subissent durant ces agressions barbares, et le pire c’est qu’elles seront également soumises à l’omerta : parce que quand une jeune fille est violée ici au Cameroun hein, certaines gens vont plutôt lui faire comprendre que c’était presque de sa faute !

Femmes traumatisées

Les femmes qui sont violées au Cameroun sont définitivement traumatisées. Parce que non seulement elles ont souffert physiquement, mais en plus on les afflige moralement. Les femmes qui sont violées au Cameroun sont parfois dévirginisées durant cet acte brutal. Les femmes qui sont violées au Cameroun sont en réalité très nombreuses, et pourtant elles sont si silencieuses…

Moi, j’ai connu une fille à Yaoundé (Babeth) qui était devenue frigide à cause de son viol. Moi, j’ai connu une fille à Bonabéri (Véronique) qui n’a jamais pu faire d’enfant à cause de ses multiples viols. Moi, j’ai fréquenté une artiste que tout le monde adore, Daphné Njie, qui a fait son coming-out et qui a déclaré qu’elle avait été traumatisée à cause des nombreux viols qu’elle a subis durant son enfance…

J’ai aussi rencontré des filles qui avaient pratiqué l’avortement à la suite d’un viol collectif dont elles avaient été les victimes. J’ai entendu parler de plusieurs étudiantes qui avaient été assassinées à Ngo-Ekellé et à Soa, après avoir été méticuleusement violées. Et puis je connais aussi des lesbiennes qui subissent régulièrement des viols « correctifs », c’est-à-dire des viols qui sont administrés dans le but de « corriger » leur sexualité qui serait soi-disant dénaturée…

Daphne Njie
La chanteuse Daphné a fait son coming-out en 2020 pour annoncer le viol qu’elle a subi durant son enfance. Image : topvisages.net /CC-BY

Camerounaises violées

Donc aujourd’hui, c’est le 8 mars. L’occasion pour moi de vous parler des nombreuses Camerounaises violées.

Femmes violées ! On les rencontre tous les jours autour de nous, mais elles n’ont pas le droit de s’exprimer puisque nous vivons dans une société qui est essentiellement sexualisée.
Enfants violés ! Que ce soient les garçons comme les filles, il y a de nombreux enfants dans notre pays-ci qui subissent la pédophilie en silence, et pourtant leurs familles ressemblent extérieurement à des ménages ordinaires.
Camerounaises abandonnées et non protégées, puisque notre législation est encore très tendre et très souple envers tous ces criminels et ces pervers.

Parce qu’une femme qui est violée est une femme qui est presque perdue pour notre société. Une femme qui est violée n’aura plus jamais vraiment confiance en elle-même. Une femme qui a été violée va presque perdre toute son identité. Une femme qui est violée ne ressentira plus jamais la jouissance de la sexualité. Les femmes qui sont violées vont même souvent devenir des prisonnières mentales, surtout si on ne leur donne pas notre secours et qu’on ne mesure pas véritablement l’intensité de toute leur souffrance.
Et quelle meilleure occasion de le faire que durant la journée internationale des droits des femmes…


Ecclésiaste DEUDJUI, je condamne le viol !
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