Ecclésiaste Deudjui

[VIDÉO] Deux lesbiennes s’expriment sur leur homosexualité (partie 1)

Sachant que l’homosexualité est pénalisée au Cameroun, j’ai interviewé deux lesbiennes pour découvrir dans quelles conditions elles expriment leur orientation sexuelle au quotidien.
Cette vidéo a été réalisée pour le compte de ALTERNATIVES-Cameroun. N’oubliez pas de vous abonner à ma chaîne YouTube et de laisser vos commentaires comme l’a déjà fait mon ami Pierre La Paix Ndamè.


INTERVIEW & MONTAGE :
Ecclésiaste Deudjui

LIEUX DE TOURNAGE :
Douala, CAMEROUN


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[VIDÉO] Mon reportage sur le débarcadère de Moulanga

Avant son remplacement lors de la dernière élection municipale, l’ancien maire Nguimè-Ekollo avait réalisé certains projets d’importante envergure, dont notamment le débarcadère de Moulanga qui sert à faciliter les déplacements des nombreux commerçants de la commune de Dibombari.
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MIXAGE & MONTAGE :
Ecclésiaste Deudjui
LIEUX DE TOURNAGE :
Moulanga, Dibombari, CAMEROUN


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Le phénomène Jean-Pierre Amougou Belinga !

Il y a un homme d’affaires ici au Cameroun qui ne fait que défrayer la chronique semaine après semaine, et cet homme-là s’appelle Jean-Pierre Amougou Belinga.
Personnellement moi je le considère déjà comme un phénomène…

Jean-Pierre Amougou Belinga et Faustin-Archange Touadera
Jean-Pierre Amougou Belinga (à gauche) en pleine conversation avec le président centraficain Touadera. Source: digitalbusiness.africa /CC

Le bâtisseur Jean-Pierre Amougou Belinga

On ne peut pas parler de cet homme d’affaires sans commencer par parler de son patrimoine impressionnant. Parce qu’à vue d’œil, Jean-Pierre Amougou Belinga possède quatre chaînes de télévision dans plusieurs pays différents (dont 3A Télésud qu’il vient de racheter en France). Il possède également deux radios, un quotidien de presse, ainsi qu’une microfinance (Vision Finance), un établissement d’enseignement supérieur (ISSAM) et plusieurs autres investissements, pardonnez ma non exhaustivité.

Jean-Pierre Amougou Belinga est donc le chef de plusieurs entreprises. Il possède aussi son propre jet privé. Mais son parcours n’a pas été si linéaire comme on pense, car certaines anecdotes révèlent que dès sa création en 1995, son journal L’Anecdote – justement ! – tirait régulièrement le diable par la queue. Mais aujourd’hui ce magnat est à la tête d’un empire qui pèse plusieurs milliards de francs CFA, et il ne fait que défrayer la chronique chaque semaine avec des acquisitions de plus en plus impressionnantes…

Le philanthrope Jean-Pierre Amougou Belinga

Je ne l’ai jamais côtoyé pour savoir s’il est véritablement un philanthrope. Mais de ce que je sache, il paye très très bien ses employés (il les surpaye à vrai dire). Il encadre très bien son entourage. Il fait preuve de générosité et même de magnanimité lorsqu’il se rend dans son village, car certains bénéficiaires racontent que ses dons et ses cadeaux ne se comptent qu’à partir du million de francs CFA…

Monsieur Amougou Belinga est certainement un individu très généreux. Il a octroyé 50 millions de francs CFA à Mgr Kleda lorsque celui-ci avait déclaré détenir une potion miraculeuse contre le (la ?) Covid-19. Il va faire construire une villa entière dans un quartier chic de Yaoundé, et il va l’offrir à son employé Martial Owona. Il accorde des crédits financiers à des milliers de familles via ses divers établissements financiers. Il met sur pied des subventions et des bourses scolaires à ses propres étudiants qui sont inscrits dans son école. Il est d’une générosité presque sans bornes, raconte-t-on, et d’ailleurs il ne manque jamais d’assister financièrement ses connaissances lors des événements tels que les deuils, les mariages, les accouchements, les anniversaires, les nombreux problèmes familiaux, etc.

Jean-Pierre Amougou Belinga à Paris
Jean-Pierre Amougou Belinga lors du rachat de 3A Télésud à Paris. Source: brisse.online /CC

Le justiciable Jean-Pierre Amougou Belinga

Malgré tout, il reste un justiciable comme les autres. Il reste un être humain comme mon ami Pierre La Paix Ndamè. Et c’est d’ailleurs pour ça qu’il peut lui arriver de s’emporter, et puis de porter plainte ! Il y a d’ailleurs eu la rocambolesque affaire qui l’oppose à son ancien collaborateur Ernest Obama, et dont l’interpellation a fait les choux gras de tous les journaux. Il y a aussi son litige judiciaire avec le sieur Gilbert Baongla qui a ensuite été condamné à deux ans de prison ferme pour diffamation…

Et puis, je ne vous parle même pas de David Eboutou qui a lui aussi été condamné en 2016, pour avoir provoqué le courroux d’un homme d’affaires qui ne lésine jamais lorsqu’il s’agit de faire recours à la Justice.

L’adversaire Jean-Pierre Amougou Belinga

Et évidemment, il ne peut donc pas qu’avoir des amis. Au contraire ! Il a même plus d’ennemis que de camarades. Il a certainement plus d’adversaires tapis dans l’ombre qu’il ne l’imagine, et certainement même qu’il se promène souvent avec certains parmi eux.

Monsieur Amougou Belinga est un Camerounais combattu de toutes parts. Certains lui jalousent sa réussite fulgurante, d’autres s’interrogent plutôt sur l’origine ou alors les origines de sa fortune. D’aucuns se contentent de le critiquer dans les médias et en particulier sur les réseaux sociaux, ou encore de le saboter dans le milieu des affaires.

Et il se murmure même que ce PDG qui a déjà tout démontré sur le plan du business international, ne serait pas en odeur de sainteté auprès de certains pontes du régime qui sont à la tête de notre pays. Il leur avait répondu en parabole l’autre jour sur sa télévision Vision 4 en disant que « Certains se croient plus intelligents parce qu’ils ont bénéficié du pouvoir du décret. Certains se pensent intouchables parce qu’ils travaillent à proximité du chef de l’État. Mais si ces gens-là continuent à me provoquer, alors je demanderai à mes journalistes de faire leur travail ! »
Je paraphrase mais c’est à peu près ça.

siège de Vision 4 à Nsam
L’actuel siège de Vision 4 est basé au quartier Nsam à Yaoundé. Source: meyomessalainternational.com /CC

Sa Majesté Jean-Pierre Amougou Belinga, le phénomène !

Donc il y a un homme d’affaires ici au Cameroun qui ne cesse jamais de défrayer la chronique jour après jour, et cet homme-là s’appelle Jean-Pierre Amougou Belinga.
Personnellement moi je le considère déjà comme un extraterrestre…

Jean-Pierre Amougou Belinga, le bâtisseur ! Il est en train de construire un complexe futuriste qui abritera deux tours jumelles extraordinaires au quartier Warda, et c’est là-bas qu’il installera le nouveau siège de son immense consortium.

Jean-Pierre Amougou Belinga, le philanthrope ! Les gens qu’il a aidés se comptent dorénavant en milliers de personnes, bref, tous ceux qui l’ont rencontré ont forcément vu changer leur vie.
Monsieur Jean-Pierre Amougou Belinga est véritablement un phénomène, et d’ailleurs c’est un chef traditionnel qui se fait simplement appeler le Zomloa.

Mais puisque nous sommes dans un pays qui ne reconnaît pas les valeurs, ses réalisations sont généralement sous-estimées voire dévalorisées. Puisque nous sommes dans un environnement de jalousie extrême et même de sorcellerie maladive, les gens qui éclosent ici sont systématiquement perçus comme des adversaires.

Et pourtant quoi qu’on dise hein, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas hein, monsieur Jean-Pierre Amougou Belinga est incontestablement devenu l’un des hommes les plus puissants du Cameroun !


Ecclésiaste DEUDJUI, moi je ne suis pas un phénomène
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Ma voisine est morte !

Je sais que ça ne vous intéresse pas puisque vous ne la connaissiez même pas. Mais moi je suis complètement bouleversé parce que ma voisine vient de mourir…

Gisèle Beyonce était ma voisine
Gisèle était une jolie jeune fille dans la fleur de l’âge. Source: Facebook /CC

Ma voisine s’appelait Gisèle

Je sais que vous ne la connaissiez pas, mais elle s’appelait Gisèle comme ma grand-mère. C’était une fille de Mbouda mais elle a grandi dans le Sud-Ouest et elle maîtrisait singulièrement la langue de Shakespeare.
Avec moi elle se débrouillait pourtant dans la langue française. Et même si nous n’étions pas vraiment amis-amis, il nous arrivait de rigoler lorsque nous nous rencontrions par hasard à la véranda ou bien dans les escaliers. D’ailleurs c’est avec elle que j’avais bu ma première bière dès je m’étais installé dans mon nouveau quartier ici à Logpom.


Nous étions voisins depuis un an

Je suis arrivé dans ce quartier le samedi 11 mai 2019 très exactement. Et dès le lundi 13 mai, mon bailleur m’avait présenté à ma voisine en me disant que « Je te présente ma dure pote qui sera ta voisine. Elle s’appelle Gisèle. »
Elle était mon unique voisine d’étage. Elle vivait seule, comme moi. Elle rentrait parfois tard, comme moi. Elle aimait la discrétion et elle s’enfermait dans ses appartements lorsqu’elle avait une étrangère à la maison, exactement comme moi je le fais d’habitude…
Elle était claire de peau (le teint commercial), et elle adorait se faire des soins esthétiques. Elle aimait visionner les films nigérians pendant que moi je regardais plutôt mes matchs de football. Elle était apparemment bonne cuisinière, à en croire les odeurs qui s’échappaient de sa maisonnette. Elle avait déjà une fillette de quatre ans mais celle-ci n’habitait pas ici avec elle. Nous avons donc passé douze mois de voisinage ininterrompu, mais je n’étais jamais entré dans son studio et elle non plus n’avait jamais pénétré à l’intérieur de mon domicile…

Beyonce Rush Beauty
Ma voisine était propriétaire d’un salon de coiffure. Source: Facebook /CC

Elle est décédée par accouchement

Une catastrophe ! Parce que pour moi j’ai toujours considéré que c’est là l’une des morts les plus horribles et les plus abominables. Mourir en donnant la vie ! Trépasser en procréant ! Perdre le souffle de vie tandis qu’un autre est en train de le reprendre ! Disparaître en pleine renaissance, tout simplement.
Gisèle était enceinte depuis bientôt neuf mois. Elle venait de déménager pour Logbessou parce qu’elle m’avait dit que « Je veux désormais vivre avec mes enfants, et pour cela il me faudrait une habitation un peu plus grande ». Elle nous avait dit au revoir le jour où elle avait embarqué ses derniers effets, mais nous ne savions pas que c’était la dernière fois comme ça que nous la voyions.
Et puis, nous avons appris la mauvaise nouvelle : Gisèle est morte lors de son accouchement par césarienne ! Elle a quand même eu le temps de donner naissance à un petit garçon. On lui avait administré des poches de sang après que la parturition avait été terminée, mais rien n’y avait fait. Il a fallu annoncer à sa famille que la pauvre jeune fille venait malheureusement de casser sa pipe


Elle n’avait même pas encore 30 ans

Pour dire vrai hein, c’était encore une enfant. Et je ne dis pas cela uniquement parce que moi je serai bientôt un quadragénaire, non, non. Mais c’était réellement une petite fille. Vingt-six ans ! Même pas encore la trentaine. Même pas encore l’âge de mon ami Pierre La Paix Ndamè. Même pas encore l’âge de pouvoir avoir vu ses enfants grandir. Même pas encore la maturité d’avoir perdu ses parents. Même pas encore la force de l’expérience, comme notre nouveau président Paul Biya.
Et ce sont alors les choses comme ça qui me font souvent dire que la vie-ci est injuste, et surtout qu’elle est littéralement impartiale. Parce que les vieux qui font de très mauvaises choses peuvent survivre pendant plus de 87 ans, tandis que les jeunes qui n’ont même pas encore goûté la vie peuvent soudainement la perdre à tout moment. Et je me dis aussi que nous devons profiter de notre existence tant que nous sommes encore vivants, car nous pouvons disparaître à tout moment. Je me dis que la vie de l’Homme est décidément très éphémère, et que vanité des vanités, tout est vanité !

Gisèle Beyonce était ma voisine
Ma voisine est décédée le lundi 22 juin 2020. Photo: Facebook /CC

Mon ancienne voisine est morte !

Donc je sais parfaitement que ça ne vous concerne pas puisque vous ne la connaissiez même pas pour commencer. Mais moi je suis complètement abasourdi parce que mon ancienne voisine vient de mourir…

Ma voisine est morte ! Je l’ai côtoyée pendant 365 jours sans réellement la connaître, mais ça me fait un choc de la voir partir si tôt parce que je trouve que cette mort est indiscutablement prématurée.
Ma voisine est décédée ! Je n’aurai jamais imaginé prononcer cette phrase, tellement cette disparition est soudaine, subite, imprévisible et incontestablement foudroyante.
Ma voisine qui portait le même prénom que ma grand-mère vient de mourir, et je suis totalement inconsolable même si nous n’étions pas forcément les meilleurs voisins du monde…

Mais c’est parce que quand je regarde son jeune âge, quand je regarde les conditions de son départ et quand je regarde aussi son innocence, je me dis que cette mauvaise nouvelle est forcément une grosse injustice. Quand je regarde l’avenir incertain des deux orphelins qu’elle a dorénavant laissés au monde, je me demande ce que ces bambins-là ont fait au bon Dieu afin de mériter tout ce calvaire.
Et même si vous ne connaissiez pas ma voisine, je pense que cette histoire devrait vous interpeller. Parce que nous côtoyons régulièrement des gens que nous ne connaissons même pas et puis malheureusement ils finiront un jour par nous quitter…


Ecclésiaste DEUDJUI, j’ai perdu ma voisine
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Et la vie redevint comme auparavant…

Certes, notre Gouvernement bataille toujours contre le coronavirus. Mais je puis vous garantir que la vie au Cameroun est déjà redevenue comme auparavant…

Malachie Manaouda
Le ministre de la santé Malachie Manaouda, en blouse bleue, continue de lutter contre la pandémie. Source: actucameroun.com /CC

Les bars sont redevenus comme auparavant

Auparavant les bars camerounais étaient bondés du matin jusqu’au soir, puis survint soudainement le coronavirus ! Et ensuite les interdictions d’ouverture des débits de boisson au-delà de 18 heures, les fermetures des boîtes de nuit et des snack-bars, la mise en suspension des espaces de plaisirs, des lupanars, des auberges, etc.
Aujourd’hui toute cette « Prohibition » n’est plus qu’un lointain souvenir. Car depuis le 30 avril que l’État a autorisé la réouverture des bistrots et des gargotes, tous les bars du Cameroun sont presque redevenus pleins comme auparavant… Malgré le port du cache-nez qui a été rendu obligatoire, ainsi que l’utilisation systématique des gels hydro-alcooliques et du savon. Mais force est de constater que nous avons pleinement retrouvé nos ambiances, et que nos sensations d’alcooliques (pas les gels hein) sont progressivement en train de redevenir euphorisantes comme avant le 17 mars…


L’amour est revenu comme auparavant

Parce que l’amour était déjà parti ! Certains couples intergénérationnels s’étaient séparés à cause de la différence d’âge, puisque l’homme (qui avait 65 ans) avait dit à sa petite amie (qui venait d’avoir 19 ans) que « Je suis désolé chérie, mais on ne pourra pas se voir ces jours-ci parce que je ne veux pas que tu me contamines avec le coronavirus… » (sic)
Moi aussi j’ai perdu ma petite amie comme cela, à cause de ce foutu virus ! Elle me disait tout le temps qu’elle avait envie de faire des galipettes avec moi, et moi, comme un connard, je lui demandais de respecter systématiquement la distanciation sociale et tous les autres gestes barrières… Puis je l’ai perdue.
L’amour va finir par revenir. Les femmes ne sont plus aussi craintives face aux dragueurs démasqués comme mon ami Pierre La Paix Ndamè. Les cache-nez ne sont plus obligatoires. Les gels hydro-alcooliques et les détergents ne sont plus la condition sine qua non pour obtenir un rencard, et encore moins un numéro de téléphone. Les Camerounaises sont progressivement en train de se déconfiner mentalement, et je pense que notre sexualité va bientôt redémarrer à plein régime comme ça avait le cas auparavant.

les snack-bars ont repris la vie après le coronavirus
Les boîtes de nuit comme Le Safari sont de nouveau bondées comme auparavant. Source: cameroontraveler.wordpress.com /CC-BY

L’école a repris comme auparavant

Dès la nouvelle rentrée fixée au 1er juin (enfin, la rentrée de la reprise des cours), les parents camerounais avaient tous crié au scandale. Ils s’étaient plaints qu’on voulait les envoyer à la mort, et même les syndicalistes avaient lancé des mots d’ordre de grève pour soi-disant « protéger la vie de tous les enseignants et du personnel administratif »…
Aujourd’hui, plus personne n’en parle. Les élèves ont retrouvé leur train-train quotidien, et même les étudiantes ont recommencé à sortir coucher avec leurs professeurs. Plus personne ne se plaint. Les parents sont les premiers à déposer leurs enfants à l’école, et les syndicalistes sont en train de proposer une prolongation de la durée des cours. Les élèves eux-mêmes ne sont pas en reste, puisque l’école leur manquait déjà beaucoup. L’oisiveté et l’ennui commençaient sérieusement à devenir pesants et oppressants. Le Gouvernement ne voulait pas supporter le risque d’une année blanche qui aurait encore dévalorisé ses diplômes sur le plan international (figurez-vous que nous sommes pires que le Tchad !), et finalement l’OMS s’était lourdement trompée sur la vitesse de propagation du coronavirus au sein de la population camerounaise.


Même la santé est redevenue comme auparavant

Les gens recommencent déjà à tousser normalement en public, mais dans leur coude bien évidemment. Les gens recommencent à se rendre à l’hôpital. Les gens recommencent à déclarer d’autres pathologies en dehors de la covid-19 (la maladie), parce que ce n’est pas parce qu’il y avait le covid-19 (l’agent pathogène) que les autres maladies comme l’AVC ou l’hypertension avaient miraculeusement disparu…
Les maladies sont redevenues comme auparavant. Les Camerounais ont de nouveau la chaude-pisse et le VIH. Les Camerounaises ont de nouveau des pertes blanches qui sont de couleur jaunâtre. Les séniors camerounais sont redevenus diabétiques. Les femmes mariées camerounaises finissent par redevenir obèses. Les plantes naturelles avaient eu la cote à un moment à l’instar du kinkeliba ou encore de l’artémisia, mais mes compatriotes ont recommencé à se ravitailler dans les pharmacies classiques. La médecine conventionnelle va bientôt reprendre le dessus, car n’oubliez pas que c’est grâce aux autres maladies et à la vente des médicaments que nous continuerons à enrichir les multinationales pharmaceutiques…

deux lycéens camerounais
L’école se déroule normalement comme auparavant. Source: salonurbaindedouala.org /CC-BY

Et le Cameroun redevint comme auparavant…

Donc certes hein, le Gouvernement camerounais bataille laborieusement contre le coronavirus. Mais je puis vous certifier que la vie dans notre pays est déjà redevenue comme auparavant…

Et la communauté redevint comme auparavant ! Les gens ont recommencé à se rendre visite, les réunions familiales ont repris, et même dans certains attroupements les Camerounais ont déjà recommencé les embrassades.
Et le travail redevint comme auparavant ! Les activités professionnelles ont recommencé petit à petit, les gens se bousculent dans les transports, les marchés sont de plus en plus bondés et les débrouillards se promènent avec leurs marchandises au bord de la route.
Et même le Cameroun redeviendra comme auparavant, puisque nous sommes en train de retourner à notre société d’irrationnel, de luxuriance et de luxure.

Parce que durant le coronavirus au moins, nous étions devenus un peu plus disciplinés. Nous ne nous soûlions plus la gueule et nous ne rentrions pas à la maison après la tombée de la nuit. Nous passions beaucoup de temps en compagnie de nos tendres épouses, et nous surveillions méticuleusement l’éducation de tous nos enfants.
Mais cette parenthèse n’était qu’un rêve et malheureusement la vie au Cameroun va bientôt redevenir comme auparavant…


Ecclésiaste DEUDJUI, moi je ne suis plus comme auparavant
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[EXTRAITS] C’est à la fin que ça recommence

Je viens de tomber sur un manuscrit que j’avais rédigé le 23 novembre 2014 (je ne connaissais pas encore mon ami Pierre La Paix Ndamè), et en vérité je m’interrogeais sur la signification de notre fin de vie.
Extraits.

« J’y avais souvent pensé, mais pas comme ça !
Je m’étais souvent dit que ça arriverait bien un jour, mais que ce serait différent. Et puis de toute façon, ça finit toujours par arriver…

C’est à la fin que tout recommence. On se revoit quand on était petit, quand on grandissait, et quand on aimait. C’est à la fin qu’on sait exactement ce qu’on aurait vraiment voulu, mais il est trop tard, et c’est à la fin qu’on se rend compte qu’il est déjà vraiment trop tard…

Mon prénom c’est Benjamin. Benjamin… Est-ce que ça aura encore un sens d’ici cinquante ans ? C’est comme une étiquette qu’on te colle dès que tu arrives à la naissance, et qu’on te retire immédiatement dès que tu meurs. C’est comme si c’était une marque, pardon, un marquage, qui avait une période de vie limitée.
En réalité c’est nous qui sommes limités, c’est notre existence qui a une date limite de péremption.

Moi j’ai toujours vécu dans l’insouciance, dans l’amusement. Et puis je les ai rencontrées. D’abord Victorine, puis Catherine, puis Mélanie. Elles m’ont quitté à tour de rôle, mais je les aime toujours. Je les aime encore.
Avec Victorine, j’ai eu trois enfants. Avec Catherine, quatre. Avec Mélanie, quatre également.
Je sais que ça fait un peu beaucoup, mais est-ce que c’est de ma faute ? Si j’étais resté avec Victorine, je me serais limité à trois gosses. Avec Catherine, à sept. Mais il y a eu Mélanie et il fallait aussi que je lui fasse des enfants…

Je l’ai dit, c’est à la fin que ça commence ! Que tout recommence. Qu’on regrette les péchés qu’on n’a pas commis, et qu’on pardonne vraiment à ceux qui nous ont offensés, comme dans la prière. C’est à la fin qu’on sait exactement ceux qu’on a vraiment aimés, et qu’on essaie de faire le premier bilan de sa vie.

La mienne a été droite, longue, triste. Et joyeuse aussi. Je me suis amusé comme nul autre ne pouvait. J’ai joué de la séduction, j’ai joué de l’humour, j’ai joué de la concupiscence. J’appelais cela « croquer dans la vie ». Je ne voulais pas, mais alors pas du tout, avoir un seul regret sur mon lit de grabataire.
Et je pense que j’ai réussi.

Ma vie a été triste aussi. J’ai connu les affres de la guerre ethnique, c’était dans les années 60’ et les années 1970’. C’est avec ma mère qu’on allait se cacher dans les grottes de notre village, pour échapper aux massacres communautaires qui étaient perpétrés par les colonisateurs…
Ma vie a été triste aussi. Je n’ai jamais connu mon père. Quand il est mort avant ma naissance, ma mère est partie se remarier avec un autre type qui appartenait à la chefferie, qui l’aimait, mais qui ne m’aimait pas.

J’ai aussi travaillé dur. Disons même durement. On m’a colonisé, on m’a appris que mes ancêtres étaient des Gaulois, on m’a rendu la peau rude et même rugueuse.
Mais ce n’est pas grave, je n’en veux à personne. J’ai passé la force d’avoir le sentiment de haïr. J’ai passé l’âge d’avoir la force d’avoir le sentiment de haïr…

C’est à la fin que ça recommence. Il y a l’un de mes fils, Albert, qui me rend souvent visite. Il est vraiment adorable. On a passé son adolescence à se chamailler et à se disputer, et aujourd’hui je regrette toutes ces belles années perdues…
Albert, il est adorable. Quand il était petit, il disait qu’il voulait devenir comme moi. Et je lui disais non, qu’il ne sera jamais comme moi parce que lui au moins il a connu son père. Et il me disait que non, que ça ne voulait rien dire. Qu’il essaierait d’exercer mon métier de débrouillard, et qu’il me ressemblerait. Qu’il apprendrait à être calme, à accepter les circonstances de la vie, et à aimer ses enfants comme je lui montrais combien j’aimais tellement les miens…
Il n’avait même pas encore quatorze ans !

Aujourd’hui j’ai envie de les appeler tous, et de les rassembler. Et de les embrasser. J’ai envie de leur parler mais ils ne sont pas là. Ça fait longtemps qu’ils ont décidé de vivre leur propre vie, et c’est normal, parce que dans la vie on ne naît que pour vivre sa propre vie à soi-même…
Je sais qu’un jour ils viendront à mon enterrement, ainsi que leurs mères, et qu’ils parleront de moi à l’imparfait de l’indicatif. Mais je sais qu’ils ne sauront jamais à quel point je les ai vraiment aimés, tous. Toutes.

C’est à la fin que ça commence, et je sens déjà que c’est ma fin. Je vais partir digne, je ne regrette rien. On regrette quand on est mort ! Tous les problèmes que j’ai connus dans cette vie-ci, c’était normal, parce que ma mère me disait toujours que les problèmes c’est pour les hommes. Que le truc, c’était de réussir à les surmonter, et d’apprendre à vivre avec. Qu’on devait aimer les gens du mieux qu’on pouvait, mais que jamais les gens ne nous aimeraient autant qu’ils s’aimaient d’abord eux-mêmes.
Que ce n’était pas normal ni anormal, mais que c’était juste la vie !

C’est à la fin que tout commence, c’est à la fin que ça recommence. C’est toujours comme ça que ça se passe. En une seconde, on perd tout ce qu’on a connu. Tous ceux qu’on a connus. Et on ne sait même pas où on s’en va. Mais on se sent fort, on se sent courageux, on se sent prêt. On a envie de dire une seule chose à ceux qui restent, c’est qu’ils doivent faire très attention à ne surtout pas rater le début de leur vie… »


Ecclésiaste DEUDJUI, lavons-nous les mains
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Le racisme anti-Noirs, l’autre pandémie

Depuis le décès l’assassinat par asphyxie de George Floyd, le monde entier ne cesse de se mobiliser pour manifester sa désapprobation face aux violences raciales. Et pourtant le racisme est une pandémie qui détruit l’Humanité depuis des milliers d’années…

dessin mural de George Floyd
Dessin mural en hommage à George Floyd. Source: courrierinternational.com /Image reprise sous autorisation

La pandémie de l’esclavage

L’esclavage s’est essentiellement fondé sur le racisme anti-Noirs. Puisque les Blancs se représentaient comme supérieurs, et donc pour eux c’était tout à fait normal d’esclavagiser les populations noires qu’ils considéraient non seulement comme des sous-hommes, mais malheureusement aussi comme des animaux…

L’esclavage que nous connaissons aujourd’hui comme étant la traite négrière ou le commerce triangulaire, il a duré environ 419 ans (de 1450 à 1869) ! Onze millions d’Africains avaient été déportés de force sur le continent américain et les Antilles, pour y travailler dans les champs de coton et de canne à sucre. Mais auparavant il y avait déjà eu un esclavage des Arabes envers les personnes de couleur noire. On avait déjà connu l’esclavage dans l’empire romain il y a près de deux mille ans. L’exploitation des esclaves a même été pratiquée aussi sur le propre continent africain, à l’instar de l’ancienne Égypte, l’ancienne Éthiopie, l’ancien Zanzibar qui est devenu plus tard la République de Tanzanie, ou encore la célèbre ville de Tombouctou dans l’ancien empire mandingue.

Et je vous parle là des antiquités qui comptent aujourd’hui des milliers d’années d’histoire…

La pandémie de la colonisation

Les Blancs ont prolongé leur sentiment de supériorité sur la race noire à travers l’impérialisme, et notamment la colonisation que curieusement ils jugeaient moins indigne que l’esclavage.
Mais au fond, qu’est-ce qu’il y avait même de différent ?

Puisque les colonisateurs sont censés être plus évolués que les peuples « inférieurs » qu’ils colonisent, c’est parfaitement légitime qu’ils viennent apporter imposer leur civilisation aux races de couleur noire.

L’Afrique ! Le continent africain a ainsi subi tous les types d’infantilisation sur son territoire, et cette manière de faire a continué jusqu’au XXIème siècle avec le néo-colonialisme, puis actuellement avec le nouveau néo-colonialisme. Les races occidentales ont enlevé à la race noire ses dieux originels, ses cultures ancestrales, ses langues vernaculaires, ses religions polythéistes, ses coutumes et ses us, ses valeurs morales, ses habillements traditionnels, ses légendes mythiques, son histoire et ses épopées, sa science empirique, sa médecine naturopathe ainsi que l’ensemble de toutes ses inventions.

Ce qui signifie que tout ce qui provient de la race noire a tout simplement été considéré comme étant sans aucune importance.

marché des esclaves  Zanzibar
Marché des esclaves à Zanzibar au début du 20ème siècle. Source: wikimedia.org /CC

Le suprématisme de la race blanche

Encore aujourd’hui en juin 2020, il y a encore des gens dans le monde qui considèrent que les personnes de couleur blanche sont chromosomiquement plus intelligentes que les individus des autres races. Il y a des extrémistes qui regrettent le temps d’Adolf Hitler où on prônait ostensiblement la supériorité de la race aryenne. Il y a des WASP (white anglo-saxon protestant) aux États-Unis qui regrettent encore l’époque de l’esclavage, et qui crachent sur le sol à chaque fois qu’ils aperçoivent un afro-américain qui a rencontré leur passage…

C’est un peu triste, mais c’est parce que la grande Histoire de l’Humanité a été plusieurs fois sévèrement tronquée. Les héros Noirs ne sont pas suffisamment mis en valeur. « L’Homme africain n’est pas suffisamment entré dans l’Histoire«  (dixit Nicolas Sarkozy). Les accomplissements des personnes de couleur marron qui ont été resplendissants, on les a dévoyés ou on les a minimisés. Et puis les gens qui ont la même couleur de peau que moi ont fini par se dévaloriser eux-mêmes, parce que nous subissons tous les jours l’atavisme de nos ancêtres à qui on répétait tout le temps que « les Blancs sont supérieurs à toutes les autres races, un point, un trait !« 

La discrimination positive

Moi je suis contre cette forme de rééquilibrage. Je suis opposé à la discrimination positive. Je ne veux que l’on me favorise à cause de mon épiderme, parce que cela signifierait alors que je suis effectivement d’un potentiel moins compétitif que les autres.

Je suis contre toutes les formes de discrimination. Je ne voudrais pas que l’on me regarde seulement comme un Noir, mais plutôt comme un individu lambda. Ce que je revendique, c’est simplement la neutralité. Je ne souhaite pas bénéficier de plus de bienveillance que quiconque, et encore moins de plus de commisération.
Ça suffit !

Il est grand temps que nous apprenions à nos enfants que la couleur de peau est un processus hormonal qui n’a aucune incidence ni sur nos capacités physiques et intellectuelles, ni sur notre humanité et sur notre spiritualité. Il serait temps que les Noirs cessent d’être ostracisés ou victimes de délit de faciès, sous prétexte que nous serions placés du mauvais côté de l’Histoire. Il serait temps que les autres peuples comprennent que nous au moins nous acceptons leur différence, mais que cette différence est uniquement due à nos ancêtres communs qui étaient des Homo sapiens et des Néandertaliens. Certains étaient partis vers le Nord puis étaient devenus clairs de peau à cause du froid et de la neige, tandis que ceux qui étaient restés en Afrique avaient adopté la couleur noire.
Grâce à notre mélanine qui nous permet entre autres de pouvoir résister aux rayons ultraviolets…

Ku klux klan
Rassemblement du Ku Klux Klan à Chicago en 1920. Cette société secrète raciste a encore de nombreux adeptes jusqu’aujourd’hui. Source: wikimedia.org /CC

Le racisme anti-Nègres, l’autre pandémie

Donc depuis le brutal assassinat de George Floyd par des policiers blancs aux États-Unis, le monde entier ne cesse de se mobiliser pour manifester sa désapprobation face à ces nombreuses violences raciales.

Et pourtant le racisme est une pandémie qui a détruit l’Humanité depuis des milliers d’années…

Le racisme anti-Noirs, l’autre pandémie ! Parce que lorsque les Blancs se rendent sur le continent africain ils sont des expatriés, mais lorsque les Noirs veulent se rendre en Occident ils sont considérés comme des immigrés.

Le racisme anti-Noirs, l’autre pathologie ! Parce que tout ce qui provient du continent africain n’est jamais intellectuellement mis en valeur. Tout ce qui provient des personnes noires ne sert qu’à se divertir, à se distraire, à exploiter les autres ou encore à accomplir de sales besognes.
Le racisme anti-Noirs est un véritable fléau séculaire, sinon expliquez-moi pourquoi l’OMS n’accorde aucune attention aux solutions africaines contre le Covid-19 ?

Parce que moi qui suis un Camerounais de la race noire comme mon ami Pierre La Paix Ndamè, je suis vraiment très très fier d’être un Nègre. Je ne renierai jamais mes origines et je ne revendiquerai jamais une quelconque supériorité. Je ne vous demande pas de nous aimer tels que nous sommes, mais tout simplement de nous accepter. Parce que le racisme est une maladie vraiment dangereuse et ce n’est pas simplement en manifestant que vous vous accorderez une meilleure conscience…


Ecclésiaste DEUDJUI, moi je suis Noir !
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