Ecclésiaste Deudjui

Profession : influenceuse !

Les jeunes Camerounaises qui couchent dans les bureaux et avec des personnes qui sont plus âgées que leurs propres parents, c’est parce qu’elles ont un seul objectif : devenir des influenceuses !

Nathalie Koah est une influenceuse camerounaise
Nathalie Koah est considére comme l’une des plus grandes influenceuses du Cameroun. Source: gnadoemagazine.com /CC-BY

Profession : faceboukeuse !

Les jeunes filles camerounaises ont toutes au moins une profession commune sur leur CNI : facebookeuse ! Et il y en a qui complètent ce CV d’exhibitionniste avec le métier de whatsappeuse, de youtubeuse, d’instagrameuse ou encore de tiktokeuse, etc.
Les jeunes filles camerounaises aiment trop le bling-bling ! Elles veulent absolument se faire photographier dans les milieux les plus luxueux, et pour cela elles sont prêtes à se mettre en couple avec n’importe quel Directeur. Elles ont besoin des plus beaux restaurants pour alimenter le contenu de leurs publications sur SnapChat, et elles ont surtout envie d’être bien maquillées et aussi d’avoir de jolies robes. Sans oublier les filtres automatiques qui les embellissent et qui masquent leur vrai visage, parce que beaucoup de Camerounaises sont miséreuses dans la vraie vie et pourtant sur internet vous les prenez pour des divas…

La République des anti-modèles

Si nous en sommes arrivés là, c’est parce que nous sommes dans une République d’anti-modèles. C’est parce que des filles comme Nathalie Koah qui ont acquis leur notoriété derrière une sextape pornographique, sont aujourd’hui érigées en égéries. C’est parce que les vendeuses de piment ont dorénavant pignon sur rue, et qu’elles s’affichent ostensiblement avec de hautes personnalités. C’est parce que Denise Epotè et Suzanne Kalla Lobè qui sont pour moi des références à suivre, ont été remplacées par des pin-up indéboulonnables telles que Coco Emilia, Coco Argentée, Marcelle Kuetche alias Poupy, Muriel Blanche, Ivana Essomba, Blanche Bailly, Malicka, etc.
Je n’ai rien contre ces idoles de notre jeunesse. Mais au lieu de les imiter pour leur travail et pour leur persévérance, les jeunes filles camerounaises les envient plutôt pour leur habillement, pour leur make-up, pour leurs montres en or, pour leur fessier, pour leurs voitures, pour leur popularité, etc.

le livre de Cinquième au Cameroun contient des notions pornographiques
Dès la classe de Cinquième, on apprend des notions de sexualités aux petits enfants camerounais. Source: tchadinfos.com /CC-BY

La société camerounaise pornographique

Les adolescentes camerounaises que vous retrouvez dans les bureaux en compagnie des adultes, elles ne viennent pas récemment de découvrir la fellation. Au contraire elles sont d’une maturité sexuelle qui n’a pas d’équivalent, et généralement ce sont elles qui détruisent de vieux couples qui avaient déjà duré plus de trente-neuf ans de mariage…
La société camerounaise est totalement pornographique ! La drague a foutu le camp, et la sexualité se pratique à tout bout de champ. On peut coucher avec une inconnue dès le premier ou au plus tard le deuxième rendez-vous. On peut inviter n’importe quelle femme dans n’importe quelle auberge. On peut acheter le poisson braisé à une Camerounaise et lui exiger immédiatement de se déshabiller. On peut forniquer avec la sœur de sa femme, avec sa meilleure amie, avec la fille de son ami d’enfance, etc.
Et c’est pour cela que toute cette lubricité se déroule en toute impunité, puisque même les parents sont complices de cette dépravation des mœurs à travers leur déresponsabilisation. Et comme l’extrême pauvreté est majoritaire, les filles d’ici se donnent aux hommes les plus offrants. La prostitution a gagné presque tous les carrefours. Les gigolos sont officiellement légalisés, et les sugar daddies continuent leur prédation auprès de midinettes qui n’ont même pas encore complètement achevé leur puberté.

Vivre heureuse et mourir jeune

Les filles camerounaises sont trop envieuses. Elles ont le gros cœur ! Elles aiment exagérément l’argent, et surtout elles sont incroyablement impatientes.
La jeunesse camerounaise ne croit plus véritablement au travail, ni à l’effort. Nos adolescentes rêvent plutôt de faire fortune facilement, et elles sont prêtes à braver tous les interdits pour atteindre rapidement cet objectif de célébrité. Le sexe ne les effraie plus, et encore moins les âges ni les situations matrimoniales de leurs nombreux partenaires sexuels. Elles veulent instantanément posséder la dernière greffe brésilienne, et le dernier iPhone. Elles veulent ressembler aux influenceuses qu’elles idolâtrent à travers les réseaux sociaux, et qui leur font continuellement miroiter une vie de rêve.
Dans une société sans repères comme la nôtre, avec la prévarication et les malversations financières qui commencent dès le plus haut sommet de l’Etat, nos fillettes n’ont plus aucune référence de probité. Et elles cherchent ainsi désespérément une alternative salvatrice à leur vie de misère.

les Camerounaises sont déjà nombreuses sur Tik Tok
De plus en plus de Camerounaises se sont lancées sur Tik Tok. Source: YouTube /Image reprise sous autorisation

Profession : sextapeuse !

Donc les petites filles qui couchent dans les bureaux et avec des gaillards qui sont plus âgés que mon ami Pierre La Paix Ndamè, c’est uniquement parce qu’elles ont un seul objectif : devenir des influenceuses !

Profession : blogueuse ! J’ai bien peur que cette activité soit polluée par des péripatéticiennes qui cherchent à se faire connaître, afin de déployer la face cachée de leur présence ininterrompue sur les médias sociaux.
Profession : whatsappeuse ! J’ai parlé de ces filles qui multiplient les statuts à longueur de journée, mais il y en a d’autres qui sont dans les  groupes WhatsApp exclusivement pour la vente de leur piment.
Profession : malheureuse ! Parce que vous ne serez jamais épanouies si vous passez tout votre temps à vouloir copier la vie des autres.

Et c’est pour cette raison que nous avons une jeunesse en déperdition, et particulièrement en ce qui concerne la moralité de nos demoiselles camerounaises. Elles sont très envieuses, elles sont pressées d’avoir de l’argent et elles sont capables de suçoter le troisième pied de n’importe quel individu !
Puis de se faire filmer parce qu’elles rêvent avant tout de devenir des influenceuses…


Ecclésiaste DEUDJUI, moi je ne suis pas un influenceur
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Balance ton Martin !

Il y a un scandale qui a éclaté au Cameroun la semaine dernière, et qui concerne le journaliste Martin Camus Mimb. Ce commentateur est accusé de violence sexuelle sur plusieurs femmes.

Martin Camus Mimb
Le journaliste sportif Martin Camus Mimb est au centre d’une controverse pour une affaire de mœurs. Source: Le Bantu /CC-BY

Balance ton scoop !

Le scoop a commencé comme tous les scoops qui commencent ici au Cameroun, c’est-à-dire sur Facebook ! On a vu circuler une sextape dans laquelle serait impliqué le commentateur sportif, et celui-ci s’en est vigoureusement défendu.

Sur la vidéo de quelques secondes, il y a une jeune dame en robe rose, Malicka Bayemi, qui se pavane dans le bureau de Martin Camus Mimb, et qui ensuite enlève ses vêtements. On découvre aussi une photo de la jeune fille en train d’enlacer le journaliste, et une autre vidéo dans laquelle elle «promet de lui faire visiter le royaume de l’enfer».

Puis le scandale a rapidement éclaté sur internet, puisque les gens ont directement accusé Martin Camus Nimb de pervers sexuel, de prédateur, de boulimique pornographique, etc.

Balance ta défense !

Le gars n’était pas encore au tribunal, mais il a rédigé un long communiqué sur sa page officielle Facebook, pour nous expliciter qu’il s’agirait en réalité d’une véritable cabale contre sa personne. D’abord, il nous a dit que la photo avec la pin-up a été prise dans le cadre d’une séance de dédicace littéraire. Ensuite, il a argumenté que la femme était venue pour lui proposer un projet de création de chaîne de télévision (bizarre, quand même), et qu’il lui avait demandé de patienter dans son bureau, en compagnie d’un autre individu que lui-même il ne connaissait pas.

Martin Camus Mimb lui a posé la main au-dessus des fesses avec un certain regard admiratif, en tous cas c’est ce qu’on peut remarquer sur la photo qui circule à travers les réseaux sociaux.

Et puis, deux jours plus tard, ce même Martin a accordé un entretien exclusif sur les antennes de la télévision Vision 4. Personnellement je l’y ai trouvé plutôt condescendant, arrogant et invariablement irrévérencieux. Il nous a raconté comment il est séduisant, comment il est le meilleur journaliste d’Afrique, comment il se fout de l’opinion des gens, et comment il a les moyens financiers et relationnels de se défendre, etc.
Bref, il n’a absolument pas tenté de faire profil bas.

Le rappeur Valsero s’en est violemment pris à Martin camus Mimb dans cette affaire. Source: Mediatude /CC-BY

Balance-nous tes révélations…

Tout de suite, des révélations ont commencé à pleuvoir. Des femmes qui se sont émues de cette vidéo de fellation qui concernerait le commentateur sportif, et qui se sont mises à s’exprimer sur le sujet.
Aline Zomo-Bem la première, une romancière expatriée, s’est immédiatement fendue d’un témoignage dans lequel elle incrimine explicitement le directeur de la radio RSI. Patricia Bakalack, elle aussi expatriée, a publié une lettre ouverte dans laquelle elle déclare avoir été attouchée par ce même directeur. Elles ont été suivies par Ide Rosine Deumaga, la coordinatrice de l’association ASPROBIR, qui accuse expressément Martin Camus Mimb d’avoir voulu la violer à l’intérieur d’un véhicule !

Et puis, une dizaine d’autres déclarations similaires ont suivi, ayant presque toutes la même teneur. Une ribambelle de féministes comme Kate Djiaha se sont également saisies de ces « révélations », afin d’embarrasser davantage le meilleur ami de Samuel Eto’o Fils. Et de démontrer à la face du monde qu’il s’agirait en réalité là d’un véritable dépravé sexuel.

Balance ton porc !

Et cette histoire vous rappelle certainement le mouvement #MeToo, ou la vague d’indignation qui avait suivi l’arrestation de plusieurs prédateurs sexuels dans le monde : Harvey Weinstein, Woody Allen, Dominique Strauss-Kahn ou encore Roman Polanski.

L’affaire Martin Camus Mimb, qu’elle soit réelle ou bien factice, attire le regard sur un phénomène qui sévit inexorablement dans tous les pays du globe, et particulièrement ici au Cameroun. Les hommes qui sont puissants abusent des femmes qui sont fragiles. Les hommes qui ont de l’argent exploitent ostensiblement les femmes. Les hommes dits « puissants », ou des personnalités influentes dans les médias, soumettent sexuellement leurs collaboratrices. Se déroulent alors des viols, des harcèlements, dans les familles parfois même des incestes, des recrutements et des promotions basées sur du chantage sexuel, etc.

Et le plus inacceptable c’est que jusqu’ici, aucune victime camerounaise ne se sentaient en sécurité pour en parler.

Malicka Bayemi
Qu’en est-il de l’honneur de la jeune Malicka qui a été souillé dans cette histoire. Source: Facebook /CC-BY

Balance ton pervers !

Balance ton Martin ! Les femmes ne doivent plus avoir honte d’avoir subi un viol. Au contraire elles doivent s’exprimer afin de mettre fin à l’activité de ces agresseurs en série.
Balance ton Martin ! Qu’ils soient surpuissants ou alors qu’ils soient des milliardaires, les auteurs de harcèlement n’ont aucun droit sur votre corps, sur votre vie et encore moins sur votre liberté de dire non.
Balance ton Camerounais quel qu’il soit, si tant est qu’il s’agit de quelqu’un qui te soumet à des agressions sexuelles.


Ecclésiaste DEUDJUI, ne me balancez pas oooh !
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Chers Camerounais, Dieu n’est pas au contrôle !

Je suis souvent interloqué, ici, au Cameroun, lorsque je vois quelqu’un qui vient de perdre ses enfants et qui ose déclarer que c’était la volonté du Seigneur. Car malheureusement, hein, je dois bien vous révéler que ce n’est pas Dieu qui est au contrôle…

des individus à genou devant un pasteur
Beaucoup de Camerounais ont confié leur destin à des pasteurs. Source : lavoixducentre.cm / Image reprise sous autorisation

De quel dieu s’agit-il ?

En réalité, il ne s’agit pas d’une question de religion. Car quels que soient les dieux auxquels les Camerounais adhèrent, ils auront toujours un moment où ils vont s’exclamer que « c’était la volonté du Seigneur ! ».
Ce n’est même pas une question de divinité non plus. Mais c’est juste que mes compatriotes se plaisent à attribuer leur triste sort à un Personnage surpuissant, imprévisible mais surtout invisible, à Qui ils pourront rejeter l’intégralité de leurs fautes, de leurs mauvais choix et de leurs tares. Et même quand ce sont des athées ou des agnostiques comme mon meilleur ami Pierre La Paix Ndamè, chaque Camerounais est persuadé qu’il y a un Créateur qui est entièrement responsable de toute sa chance et de sa malchance.

De quel contrôle s’agit-il ?

Il s’agit du contrôle de notre vie. Parce que dans notre pays-ci hein, les gens sont tellement convaincus (ou alors on les a convaincus) qu’ils ne peuvent rien réaliser par eux-mêmes. Et c’est pour ça que vous verrez des Camerounaises qui répètent à longueur de journée que « Dieu est au contrôle ». Au contrôle de quoi ? Hein ? Pourquoi est-ce que vous ne pouvez jamais décider de prendre enfin vous-mêmes le contrôle de votre vie ?
Parce que ce qui me dérange en vérité, c’est surtout que cette banalité est manifestement parvenue à remplacer la réalité. « Dieu est au contrôle » va finir par devenir l’explication scientifique la plus absolue ! Et c’est avec cette formule-tintamarre que nous justifions désormais les bonnes nouvelles comme les accouchements et les promotions, mais également les mauvaises comme les divorces, les accidents de la circulation, les empoisonnements, les gifles, les licenciements, les éjaculations précoces, les détournements de fonds Covid, les avortements, etc.

le Covidgate fait scandale au Cameroun
Le scandale du Covidgate éclate sur plusieurs ministres, mais ils bénéficient de la présomption d’innocence. Source : covid19.cm / Image reprise sous autorisation

La malchance n’est pas au contrôle

En parlant de mauvaises nouvelles, les Camerounais sont persuadés qu’il y a toujours un rapport entre une mauvaise nouvelle et la malchance. Ils n’ont jamais interrogé leur propre impréparation. Ils ne se demandent jamais s’ils auraient pu avoir fait une erreur, s’ils ont pu fauter quelque part ou alors s’il s’agirait tout simplement d’un banal concours de circonstances… Nôôô !
Pour le Camerounais lambda, c’est la malchance qui est au contrôle ! Parfois, c’est un coup du sort qui a été jeté sur toi par un vieux sorcier qui était un grand marabout, là-bas au village. Parfois, c’est parce que tu es un poisseux de naissance, et que tu ne réussiras jamais rien de bon si on ne te nettoie pas correctement avec les herbes et les écorces. Parfois, tu dois payer mystiquement pour les anciens péchés de ton arrière-grand-père, ou alors pour ceux de ton arrière-arrière-grand-mère ! Et au final, les enquêtes ici ne sont plus nécessaires, et encore moins les autocritiques ni les autopsies sur les dépouilles de nos cadavres. Car tout ce qui est positif provient à coup sûr de la volonté du Seigneur, et tout ce qui est négatif nous provient indiscutablement de la malchance !

Même notre gouvernement n’est pas au contrôle…

On en vient là à un vampirisme qui sévit ici depuis la date du 6 novembre 1982. Car depuis cette journée maudite, les Camerounais sont englués dans un processus de zombification savamment organisé. On nous a arraché notre lucidité en libéralisant la bière, la sexualité et les églises de réveil. Les gouvernements successifs nous ont fait accroire, et avec brio, que c’était le bon Dieu qui les avait installés là-bas à la Mangeoire Suprême. Et que c’est Jésus-Christ Lui-même qui avait installé le RDPC pour l’éternité à Etoudi…
Je plaisante à peine. Car dans ce pays de 28 millions d’hères, il y a encore des individus qui pensent que le gouvernement nous accorde une faveur, lorsqu’il fait construire une route avec l’argent de ses misérables contribuables. Il y a encore des gens, ici, qui disent « Merci » au chef de l’État lorsqu’il ordonne la construction d’un nouveau dispensaire (ils disent même que c’est un « don »), alors que cela fait partie de ses nombreuses obligations régaliennes. Il y a des désespérés, ici, au Cameroun, qui sont déterminés à devenir des fonctionnaires coûte-que-coûte, parce qu’on leur a fait miroiter que c’était là le seul chemin de l’épanouissement professionnel.
Et il y a aussi un autre comportement qui me perturbe, c’est que mes compatriotes ne revendiquent jamais rien. Ils sont incapables de réclamer la lumière sur le pillage de nos 180 milliards, et si tu veux les réveiller ils vont te rétorquer que c’est la présomption d’innocence qui est au contrôle.

Paul Biya le dieu du Cameroun
Certains Camerounais considèrent encore Paul Biya comme un demi-dieu. Source: journalducameroun.com /CC-BY

Chers Camerounais, ce n’est pas Dieu qui est au contrôle !

Donc je suis souvent très interloqué, lorsque je vois un peuple qui souffre le martyre depuis bientôt quarante ans, mais qui ose s’imaginer que cela est dû à la volonté du Seigneur.
Et pourtant, il faut bien vous révéler que ce n’est pas Paul Biya qui est au contrôle

Dieu n’est pas au contrôle ! Ce n’est pas Dieu qui est responsable de l’éducation que tu donnes à tes enfants, et ce n’est pas à cause de Lui si tu es devenu un alcoolique invétéré et un fumeur de cigarettes.
Dieu n’est pas au contrôle ! Ce n’est pas Dieu qui va décider si un homme va t’épouser ou pas, d’ailleurs ce n’est pas Lui qui est responsable de tes mauvais comportements et de tes sales habitudes.
Dieu n’est plus au contrôle depuis le premier moment de ta naissance, puisque ce n’est pas Lui qui va décréter si tu seras riche ou alors si tu deviendras un clochard !

Parce que ce qui manque vraiment dans notre mentalité, c’est surtout l’esprit d’initiative personnelle. C’est également le sens de l’intérêt collectif, et c’est généralement aussi la culture du professionnalisme et du travail qui est bien fait.
Puisque si on veut bien voir, les Camerounais disent que « Dieu est au contrôle » pour se décharger de leurs responsabilités dans l’édification de notre pays le Cameroun…


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[VIDÉO] Que pensez-vous de la polygamie ?

Pour le compte de Wouri TV, le professeur Ndjasso s’est baladé dans les rues de Douala pour demander l’avis des Camerounais sur le mariage polygamique. N’oubliez pas de vous abonner à ma chaîne YouTube et de laisser vos commentaires comme l’a déjà fait mon ami Pierre La Paix Ndamè.

https://youtu.be/uCTcjclT1Nw

INTERVIEW
Professeur Ndjasso

MONTAGE :
Wouri TV

LIEUX DE TOURNAGE :
Douala, CAMEROUN


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Extraits. Mal de mère

Hier, c’était la fête des mères, et je suis tombé sur un manuscrit que j’avais rédigé en février 2012 (je ne connaissais pas encore mon ami Pierre La Paix Ndamè). Il s’agit de la mélancolie des gens qui n’ont pas réellement connu leur maman…
Extraits.

le manque d'une mère
418- Vivre loin de sa maman est quelque chose de très difficile. Source : Pinterest /CC-BY

« Les gens, ils pensent tout savoir de vous, quand vous leur dites que vous êtes claustrophobe, quand vous leur dites que vous avez peur du noir, quand vous leur dites que vous êtes agoraphobe, quand vous leur faites savoir que vous avez peur de vieillir, quand vous leur faites entendre que vous ne souhaitez pas avoir d’enfant dans votre vie, quand vous leur faites comprendre que vous ne vous sentez pas bien dans votre existence, etc. Les gens, ils pensent tout savoir de vous et de votre personnalité, quand vous leur dites que la vie, elle n’est pas injuste pour tout le monde mais surtout qu’elle n’est pas juste, parce qu’il y a bien des gens qui sont capables de naviguer sur une petite pirogue avec les yeux en l’air et les bras en croix, parce qu’ils n’ont pas le mal de mer, alors que moi, ça va bientôt faire dix ans que je n’ai pas revu ma maman et pourtant, je n’ai toujours pas réussi à m’y faire.

C’était pourtant facile à comprendre. Elle était partie parce qu’elle avait estimé que j’étais déjà devenue grande, en tous cas, c’est ce qu’elle avait raconté à tous mes grands oncles qui sont pourtant très nombreux dans la famille. Elle était partie parce que je venais d’avoir dix-huit ans, et donc la seule raison qui la reliait à mon paternel était qu’il fallait absolument qu’elle reste avec lui pour me faire grandir sereinement, malgré les circonvolutions qui avaient déjà cours dans son esprit. Cette seule raison-là, elle n’avait plus tellement de valeur, puisque je venais d’avoir dix-huit ans, et donc un beau matin, nous nous étions réveillés comme tous les matins, mon père et moi, tel père telle fille, et puis comme ça faisait déjà cinq ans que le bon monsieur ne dormait plus dans la même chambre que ma mère, nous étions allés la regarder parce que jusqu’à une certaine heure, elle ne s’était toujours pas réveillée…

Bizarre, pourtant, ma génitrice c’était une lève-très-tôt, c’était bien connu. Et puis papa empoigna la porte, il ouvrit la chambre. Nous regardâmes et nous ne vîmes rien, même pas une ombre, nous n’aperçûmes même pas l’ombre de l’ombre de ma maternelle, et pourtant, elle n’avait rien bougé, tout était là, ses maquillages, ses vêtements, ses draps, ses ustensiles de couture, nous ne vîmes même pas l’ombre d’une lettre sur la table, comme dans les romans à l’eau de rose ou les films à gros budget où il faut absolument que le personnage qui se suicide ou qui prend la fugue s’explique, qu’il fasse des commentaires, qu’il analyse les raisons de son geste, qu’il justifie très lucidement pourquoi il a perdu la lucidité. Nous ne vîmes pas l’ombre d’une lettre, donc.

Mon paternel resta calme puisqu’il me demanda d’aller lui ramener ses médicaments de mal de tête, parce qu’il attrapa subitement un accès de migraine, c’est ce qu’il me dit, et moi je courus lui rapporter ses médicaments de mal de tête parce que mon papa ne dérange pas, c’est un type bien, les gens ne le comprennent pas seulement, pourtant moi je le comprends bien, et même si je venais d’avoir dix-huit ans, j’étais déjà assez mature pour m’interroger sur les tribulations de notre petit trio familial, pour savoir que maman n’était pas absente parce qu’elle était partie nous acheter des arachides, non, je n’étais pas dupe, je comprenais que si elle disparaissait comme ça, sans avertir et sans laisser de lettre comme on en laisse souvent dans les romans à l’eau de rose et dans les films à gros budget, je comprenais que si elle était partie de cette façon, c’était certainement pour ne plus jamais revenir.

J’ai effectué mon propre accouchement depuis, même si j’ai toujours eu beaucoup d’appréhension quant aux douleurs physiques qu’une femme peut ressentir pendant la parturition. Quand j’étais plus jeune, c’était la première raison de ma frustration, d’appartenir à notre drôlette d’espèce humaine. Je me demandais pourquoi les garçons, eux, n’endurent pas le supplice sisyphéen de devoir mettre bas, pourquoi est-ce que pendant neuf mois, la femme doit se coltiner les nausées, les mortifications abdominales, tandis que le bonhomme qui en est responsable, lui, il trainaille sa carcasse mortuaire dans les vieux bars, dans les chambrettes d’auberge avec les bordels, dans les terrains de sport si c’est un sportif, sur les pistes de danse si c’est un danseur. Bref, je me demandais, c’est quoi cette partie de poker que la femme a perdu dès la Genèse et qui la condamne à jouer ainsi la mortifère, même si c’est elle qui donne la vie, alors que les hommes, eux, ils restent les patrons malgré tout, même lorsqu’ils fuient leurs responsabilités, même lorsqu’ils déclarent absents après avoir déposé leur semence, ils ne te répondent plus quand tu les appelles, ils ne sont plus là, ils ont disparu, ils n’ont jamais été là, et puis après ils ressurgissent, deux ou trois ans plus tard, ils redeviennent les pères de leurs enfants, ils appellent ta fillette par son petit nom, Lucinda, Belinda, Cassandra, le genre de prénom qu’on retrouve tout le temps dans les télénovelas que nos femmes d’ici suivent comme si c’était une religion du bonheur, bref les géniteurs reparaissent et ils redeviennent sympas après t’avoir laissée trimer pendant une vingtaine de longs mois toute seule.

Voilà. Ils te demandent d’oublier le passé, « le passé c’est le passé ». Puis, tu te souviens de ce que je te disais avant, quand nous étions encore tout naïfs et tout innocents, et qu’on allait faire la chose-là dans le noir derrière les papayers. Tu te souviens que je te disais que je t’aime, tu te souviens que tu étais ma Juliette, tu te souviens que je ne pouvais pas vivre sans toi, je ne pouvais pas respirer sans te voir, tu te souviens de tout ça, alors s’il te plaît arrête ton manège, l’important n’est pas que je sois parti, mais bien que je sois revenu, chérie, c’est ça qui compte, et puis toi, la mère, tu commences à penser qu’il a peut-être raison, la vie est dure mais c’est la vie, et puis s’il est revenu, ça veut peut-être dire qu’il est vraiment amoureux, ça a également dû être difficile de son côté, d’ailleurs c’est certain. Puis tu sais ce qu’on dit, que même le bon Dieu doit probablement être une femme, parce qu’il n’y a qu’une femme qui peut tout pardonner à un connard, à un salopard, à un imbécile, à un bon à rien, elle sait qu’il est tout cela à la fois mais elle l’aime quand même, elle lui pardonne tout, et puis aussi il ne faut pas oublier que quels que soient les antécédents entre le père et la mère, l’enfant, lui, il n’a rien demandé.

Alors, tu pardonnes au père géniteur de ton rejeton parce qu’il lui faudra quand même un parent mâle dans la vie pour s’épanouir, c’est bien connu, parce que pour être équilibré, il faut un père qui gronde et une maman qui calme, c’est ce qu’on croit. Alors, deux ans plus tard, je me suis quand même remise avec mon premier amour, parce qu’il faut bien quelqu’un qui va souvent ordonner à ma fille d’aller se coucher alors qu’elle n’a pas envie de dormir, parce qu’il y a un certain dessin animé qui va passer très tard à la télévision.

Mon père était tombé malade après sa migraine, et moi qui ne l’avais jamais aperçu alité, encore moins dans un hôpital, j’avais dû prendre du temps pour m’y faire. En fin de compte, je gérais bien la situation, je l’assistais la nuit, je lui donnais à boire et à manger, et puis je l’amenais à faire la conversation avec les autres patients parce qu’il était devenu taciturne, patibulaire, il était devenu encore moins sympa, même si avec moi si. Et donc, je l’obligeais à dire bonjour aux autres malades le matin, et bonsoir la nuit avant de dormir. Il l’apprit à faire de bon cœur, même si ses meilleurs bonjours étaient destinés à moi, parce que quand nous nous réveillions à l’hôpital, il me regardait d’un air tendre, il ne remuait pas les lèvres, mais je savais qu’il me faisait plein de salutations, des remerciements, des « merci beaucoup, ma fille », des « je t’adore énormément », et même des questionnements, du genre « si tu sais où est ta mère, est-ce que tu pourras me le dire ? ».

Je le sentais, mais je ne répondais pas, sinon par les mêmes regards qui lui exhortaient de se calmer, de rester tranquille, des regards de la même tendresse que les siens et surtout du même amour, qui lui répondaient tacitement que je ne savais pas où était partie ma maman, que cette dernière avait réagi pareil avec nous deux, comme si on ne comptait pas, qu’elle n’avait même pas daigné faire confiance à l’un de nous, pour qu’il avise l’autre en cas de pépin, même si je m’imagine que ça n’a pas de sens de s’enfuir si c’est pour dire là où on s’en va, parce que papa ne me l’a pas dit mais s’il le savait, où elle était partie, s’il le savait, il serait allé au bout du bout du monde pour la ramener chez lui, pour la chercher, parce qu’il l’aimait plus que tout au monde, même s’il ne l’a jamais avoué à personne, moi je le sais. Donc, j’ai amené mon paternel à devenir sympa avec les médecins, parce qu’au début, il ne voulait rien entendre. Quand on lui demandait de tendre le bras pour qu’on lui administre une injection de perfusion, il refusait, il faisait le mort, il faisait le paralysé, il regardait fixement l’infirmier ou l’infirmière, et celui-ci ou bien celle-ci prenait peur, se demandait « c’est quoi ce genre de malade qui ne coopère pas alors que le monde entier veut simplement qu’il reste en vie ? ».

L’infirmier lui prenait fermement l’avant-bras, et puis il lui piquait sa seringue dans les veines, laissant le regard de mon paternel torve, morne, parfois absent, souvent menaçant, même si derrière cette animosité apparente il y avait la paix, il y avait l’amour, il y avait l’existentialisme, comme quand tu te demandes ce que tu fais dans la vie et où est-ce que nous allons tous. Mince, parce qu’en fait, c’est cela l’amour. C’est être avec quelqu’un qui t’accompagne dans ce grand mystère, dans ce grand n’importe quoi, dans ce grand univers où on a tout trouvé, où on a inventé des sciences, des langues, des technologies, beaucoup de choses, mais où on n’a inventé que ce qu’on pouvait inventer, parce qu’on n’invente qu’avec ce qu’on trouve, on n’invente qu’avec ce qu’il y a, on fait avec les moyens du bord, quoi. Donc, j’imagine que mon papa n’était pas menaçant ni asocial, parce qu’il était viscéralement méchant, mais parce qu’il était amoureux. Si sa femme était partie, ça voulait dire que le monde n’avait plus aucun sens, tout se déstructurait, tout ce qu’il avait cru logique après sa naissance commençait à devenir illogique avant sa mort, voilà. Et d’ailleurs, il espérait que cette mort ne serait plus très lointaine, parce que tous les hommes espèrent devenir vieillards, ils veulent atteindre cent vingt ans comme les grand-mères sud-asiatiques qui ne se nourrissent que de plantes et de potages, alors que non, alors que la vie est plus belle quand elle est courte, et malheureusement, on commence à le savoir quand il est déjà trop tard.

On regrette les péchés qu’on n’a pas commis dans sa jeunesse, on se dit c’est dommage, finalement, de partir comme ça et de disparaître dans les mémoires, parce qu’on avait des amis dans l’enfance qui sont partis dans l’adolescence, ils sont morts, et puis d’autres aussi ont suivi, au moins comme ça ils n’ont pas eu à avoir des courbatures, des chagrins d’amour, parce que les chagrins d’amour que tu as dans ta vieillesse, c’est plus fort, c’est vraiment torride, c’est le genre qui te coupe les battements de cœur pour de bon, c’est le genre qui te tue, parce que là, tu aimes vraiment, tu sais comment on aime quelqu’un qu’on aime, et puis aussi tu sais qu’on ne doit jamais quitter une personne qu’on aime pour une autre personne qu’on aime, parce que ça revient au même, parce que ça t’amène à revivre les mêmes histoires plusieurs fois, à revivre les mêmes épisodes alors que les années avancent, alors que le temps, lui, il passe, alors que les rides elles, elles s’installent, et puis un jour tu écris le dernier mot du chapitre de ta vie sur terre alors que tu aurais tellement voulu que les choses soient différentes dans ton existence.

l'amour d'une mère
L’amour d’une mère n’a rien de semblable. Source: parlerdamour.fr /Image reprise sous autorisation

Quand ma fille aura seize ans, je vais commencer à penser comme ma mère, je veux dire, je vais commencer à penser comme ma mère avait pensé quand elle habitait encore avec mon père, quand elle l’aimait encore, je crois. Parce que je me demande même si elle l’a jamais aimé un jour, parce que ça ne se fait pas d’abandonner un type comme ça sans prévenir, sous prétexte qu’il n’y a pas de prétexte, surtout à son âge. Donc, quand ma petite fillette aura à partir de la quinzaine, je lui dirais certainement de s’approcher de moi, de me saisir la main, de faire les mêmes pas que moi dans les mêmes directions, je lui demanderais de me suivre de très près, quelles que soient les bifurcations que j’emprunterais, quels que soient les sentiers que je pisterais, parce que je me suis déjà fait une idée, et je sais que tôt ou tard dans ma vie et dans celle de ma fille, nous serons amenées à retourner dans notre forêt natale, là où mes grands oncles disent que résident tous nos ancêtres.

Faudra absolument que j’y retourne, que ma fille la découvre, parce que je pense que c’est là-bas que maman est partie depuis bientôt dix ans, j’en suis certaine. Elle me disait que sa mère, elle aussi, avait disparu un jour comme ça sans avertir, ma grand-mère, qu’elle était entrée dans la grande forêt de notre village pour chercher du bois un petit matin de septembre, et que quand les villageois qui boivent leur matango au carrefour s’étaient interrogés sur son absence, ils étaient entrés dans cette jungle géante et là ils n’avaient rien trouvé, personne, nada, rien de chez rien, même pas un cadavre qui trainaille, ils n’avaient rien trouvé d’autre que le kaba de la mère de ma mère, et donc conclu qu’elle était morte, que les esprits l’avaient certainement emportée, qu’ils avaient repris son âme, qu’elle était auprès de Dieu, ce genre de conneries. Donc je sais que c’est faux tout ça, je sais que ma maman est là quelque part, vivante, avec sa mère, moi avec ma fille, le jour où celle-ci aura seize ans ou dix-sept ans je vais l’emmener dans mon grand pèlerinage, dans ma Grande Quête, parce que même si c’est très difficile pour un homme de devoir vivre sans la femme qu’il aime, c’est encore plus difficile pour un fils, pour une fille, de devoir vivre sans la mère qu’ils ont, parce qu’une mère est tout, une mère est un père et une mère, une mère est un ange, une mère est une protectrice, je le sais, ça, je le sais, je l’ai su quand j’ai dû effectuer mon propre accouchement. D’ailleurs, je pense que c’est pour cela que les garçons n’ont pas le droit de tomber enceints, oui, c’est sûr. Parce qu’il faut beaucoup d’amour, un amour sans retour, un amour gratuit, il faut pardonner et pardonner et re-pardonner encore, il faut aimer jusqu’à n’en plus pouvoir, il faut aimer jusqu’à souffrir, il faut savoir qu’on ne met pas au monde des enfants pour les voir partir en premier, c’est ça une mère, alors tant pis pour ceux qui ignorent qu’une femme qui n’est pas une bonne mère ne peut pas être une bonne femme.

Sur la route qui mène à la forêt derrière le Haut-Nkam, ces hautes montagnes où il règne un froid de canard malgré les températures caniculaires des autres régions, sur la route de mon village que j’emprunte pour aller retrouver ma mère et ma grand-mère, il y a un grand lac et beaucoup de petites rivières, il y a même un grand fleuve, et sur ce grand fleuve il y a beaucoup de pécheurs, beaucoup, énormément, à la pelle, il y a des gens qui sont debout sur leur pirogue et qui pagaient sans regarder, ils sont à l’aise, il n’ont pas peur. Même s’ils trébuchent il n’y a pas de problème, ils savent nager, ils sont tous très forts, quand tu regardes leurs muscles tu vois leur transpiration de gladiateurs, tu vois leur front se crisper lorsque les poissons n’obéissent pas aux multiples mouvements de leurs filets, et puis tu te dis que ce sont de sacrées personnes, ces gens, parce que depuis leur enfance ils n’ont jamais connu ce qu’on appelle le mal de mer.

Les gens, ils pensent tout savoir de vous, quand vous leur dites que vous êtes claustrophobe, quand vous leur dites que vous avez peur du noir, quand vous leur dites que vous êtes agoraphobe, quand vous leur faites savoir que vous avez peur de vieillir, quand vous leur faites entendre que vous ne souhaitez pas avoir d’enfant dans votre vie, quand vous leur faites comprendre que vous ne vous sentez pas bien dans votre existence, et cætera, les gens ils pensent tout savoir de vous et de votre personnalité, quand vous leur dites que la vie elle n’est pas injuste pour tout le monde mais surtout qu’elle n’est pas juste, parce qu’il y a bien des gens qui sont capables de naviguer sur une petite pirogue comme ça avec les yeux en l’air et les bras en croix, parce qu’ils n’ont pas le mal de mer, alors que moi ça va bientôt faire dix ans que je n’ai pas revu ma fillette et pourtant, je n’ai toujours pas réussi à m’y faire. »


Ecclésiaste DEUDJUI, ma mère me manque
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Je voudrais tant vous dire que je vous aime…

J’ai fait un rêve cette nuit, dans lequel je me promenais en tenant la main de ma petite sœur. Mais c’est dans la réalité qu’il fallait que je vous dise que je vous aime…

Ecclésiaste Deudjui avec sa grand-mère Maman Gisèle
Ma grand-mère est ce que j’ai de plus précieux au monde. Photo: Fabrice Nouanga /CC-BY

J’aime beaucoup ma famille

J’idolâtre mon père et ma mère, ce qui est tout à fait normal. Mais j’adore aussi mes frères et mes sœurs, ainsi que ma tendre nourrice Cécile. Je suis très affectueux envers mes cousines et mes cousins, de même qu’envers mes tantes et mes oncles des côtés paternel ou maternel. Je suis également très attaché à tous les bambins de ma famille. J’ai remarqué que je devenais invulnérable lorsqu’il s’agissait de protéger l’un de mes neveux ou de mes nièces. D’ailleurs je me sens presqu’invincible lorsque je marche à côté de mon père, puisque rien ne peut lui arriver ! Et même dans mon rêve de cette nuit, je me baladais avec ma petite sœur Lynda lorsqu’elle était âgée de sept ans et demi, et je la surveillais comme si j’étais son ange gardien. C’est aussi la même chose avec mes enfants que j’aime aveuglément et qui s’appellent Lombardi, Chelsea, Monica, Akenji, Cassandra, Merveille, Uriel Icare, Espérance, Jordy, Otis, Vannelle, Yohann, etc.

la famille Deudjui à Edéa
Avec mes parents et mes frères, lorsque j’étais adolescent à Edéa. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

J’apprécie mes amis

J’ai déjà connu beaucoup d’amis dans ma longue vie, et je les aime tous. Tous ! Du moins, tous ceux que j’avais considérés comme de vrais amis et qui le sont restés. Car parmi eux, il y en a qui sont même carrément devenus plus que des frères pour moi : Hervé Mambou, Tchinda Guy-Alain, Siddic Aboubakar, Peto Alain Charles, Pierre La Paix Ndamè, etc.
Mais je n’oublie pas non plus mes amis d’enfance. Parce quand j’étais tout petit à Nkongsamba, j’ai eu un très grand complice qui s’appelait Talla mais malheureusement je ne l’ai plus jamais revu depuis 1989 ! Quand j’étais un adolescent à Edéa, j’ai eu des partenaires de jeux qui s’appelaient Mimbili Stevenson, Thierry Ngoss ou encore le bodybuilder Ferdinand Nkouatchang. Et plus tard j’ai rencontré un garçon extraordinaire qui s’appelait Limaleba Franck William, mais cette fois-ci c’était déjà dans la ville de Ndikiniméki…
Je vous aime tous ! C’est la vérité, et la vie est si imprévisible qu’il fallait absolument que je le dise avant qu’il ne se fasse trop tard…

Ecclésiaste Deudjui et Pierre La Paix Ndamè
Avec mon ami Pierre La Paix Ndamè (chapeau) sur un plateau de tournage. Photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

Je suis amoureux des femmes que j’aime

Les femmes que j’ai aimées, c’est mieux. C’est plus sûr, et c’est plus exact. Car je n’ai jamais aimé une femme que je n’aimais pas. Je n’ai jamais dit à une femme que je l’aimais alors que je ne le pensais pas. Je n’ai jamais cessé d’aimer une femme que j’avais réellement considérée comme la femme de ma vie, durant tout le restant de mon existence…
Il y a d’abord eu Josiane, puis il y a eu Catherine. Et ensuite il y a eu Marguerite […] Et je ne compte même pas mes premières amours pour lesquelles j’étais prêt à décrocher le Ciel et la Lune, ni les autres femmes que j’avais réellement voulu caser mais qui ne m’en avaient pas donné l’opportunité.
Je vous aime toutes, et je vous aimerai toute ma vie. Grâce à vous j’ai partagé ce sentiment exquis qu’on appelle le Grand Amour, et qui me demeure toujours aussi inexplicable. J’ai surtout pleuré parfois. Beaucoup. Vous m’avez souvent rendu jaloux, frustré, anxieux, stupide, déprimé, malheureux ou encore impatient. Vous m’avez rendu si versatile ! Parce que quand je vous aimais j’étais si surpuissant, mais lorsque je vous perdais je devenais si insignifiant…

Ecclésiaste Deudjui et ses enfants
En compagnie de mes enfants à Souza. Photo: Cécile Nguemaleu /CC-BY

Je savoure la vie

Car en réalité, tout ce que je vous ai raconté se résume à ceci : j’aime la vie ! J’aime les gens que j’aime et j’aime surtout les gens qui m’aiment. J’aime les êtres qui m’accompagnent dans cette aventure prodigieuse que représente notre existence, et dont nous n’en sortirons que tous morts. J’aime toutes les belles rencontres que j’ai faites depuis ma naissance. Les gens que je croise dans la rue ou bien sur internet. Les connaissances d’un jour. Les filles d’une nuit. J’aime ce mystère indescriptible qui se dissimule derrière chaque individu, et qui crée ce qu’on appelle la curiosité de la découverte…
J’aime donc la vie, tout simplement, et je suis bien triste parce que je sais que je vais bientôt la perdre. J’imagine que vous allez me manquer et que je manquerai aussi probablement un peu à certains, mais hélas ! La vie est justement belle parce qu’on sait pertinemment que chacun d’entre nous peut disparaître à tout moment.

Ecclésiaste Deudjui et sa nièce Cassandra
J’aime tellement ma petite Cassandra. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

Je voudrais tellement vous dire que je vous aime…

Donc j’ai fait un rêve étrange cette nuit, et dans lequel je me promenais en tenant la main de la fille de ma petite sœur (elle s’appelle Cassandra). Mais en réalité c’est dans la vraie vie qu’il fallait que je vous dise que je vous aime…

Je voudrais tant vous dire que j’aime mon père et ma mère ! Parce que mon papa m’a appris les leçons les plus indispensables de la vie, tandis que ma maman représente ce qu’on appelle la simplicité et la générosité.
Je voudrais tant vous dire que j’aime mes belles-familles ! Que ce soit le mari de ma sœur qui s’appelle Valéry Jules Kamdem, ou alors l’épouse de mon tonton qui s’appelait Pascaline Assiémé (paix à son âme !).
Je voudrais tellement vous dire que j’aime les gens qui me suivent, et surtout ceux qui me lisent, parce que c’est grâce à vous que j’ai toujours eu envie de devenir un vrai écrivain.

Puisque dans mon fameux rêve, je tenais la main de ma petite sœur et pourtant je ne lui avais jamais dit que je l’aimais de tout mon cœur. Je regardais vers ma grand-mère que je n’ai pas revue depuis plusieurs années aujourd’hui, alors qu’elle est certainement la femme que j’admire le plus au monde ! Je me suis rendu compte que nous disons aux gens que nous les aimons seulement quand ils ont déjà disparu. J’ai constaté qu’il y avait tellement de bonnes personnes que j’aimais sincèrement ici au Cameroun, mais qui malheureusement ne le savaient pas.
Et c’est pour ça qu’il fallait absolument que je vous dise que je vous aime…


[EXTRAITS] Le journal du célibataire

Je suis tombé sur un manuscrit que j’avais rédigé en octobre 2009 (je ne connaissais pas encore mon ami Pierre La Paix Ndamè). C’est au sujet de la condition des hommes qui sont actuellement célibataires.
Extraits.

Célibataire 100% disponible
Livre d’humour sur la condition des hommes célibataires. Source: Amazon @publication indépendante /CC

« La majorité des hommes ont peur d’être célibataires parce qu’ils ont peur de finir tout seuls, tout simplement. La plupart des énergumènes ont la phobie de se confronter à eux-mêmes parce qu’ils ont peur de devoir tout assumer. La grande partie des êtres humains ne supportent pas de se retrouver seul-à-seul avec eux-mêmes, ils ne supportent pas ça ! Car ils ignorent qu’un homme sensé doit trouver en lui-même une compagnie suffisante […] (Emily Brontë)

En réalité, un célibataire n’est pas un célib’ bâtard. Ce n’est pas forcément quelqu’un de mauvais, ni de méchant, ni d’incompétent, ni d’incompatible. Un célibataire n’est pas systématiquement un individu sale, malpropre, dérangé, désorganisé. Un célibataire n’est pas mathématiquement quelqu’un d’inculte. Un célibataire n’est pas un cas clinique, un célibataire n’est pas un malade !
Au risque d’être accusé de prosélytisme, j’assume entièrement le fait d’être encore un grand célibataire. Et que si, dans le restant de mon existence, je ne tombe pas sur une femme avec laquelle je me sentirai aussi bien que lorsque je suis tout seul, eh bien je le demeurerai bien volontiers…

J’ai presque autant de facilité à l’écrire qu’à le vivre, parce que c’est un choix. Je ne renie pas le fait qu’il existe de très jolies femmes dans le monde, et qu’il y en a pour tous les goûts. Je ne renie pas mes attirances hétérosexuelles, je ne rejette ni mes fantasmes ni mes excitations. Je n’oppose aucun contradictoire au fait qu’il existe forcément des demoiselles exceptionnelles qui me sont probablement bien emboîtables. Et pourtant !
Le fait est que je considère l’acte de s’accoupler comme un éternel recommencement, comme un karma qui ne se terminera jamais. Je me dis que la seule femme avec laquelle on peut se marier sans arrière-pensées, c’était la première. Sinon comment me convaincre du contraire, puisque j’ai eu plusieurs relations qui ont toutes eu un début, un milieu, et une fin ? Et qui se sont déroulées carrément de la même manière ! Comment m’amener à comprendre que la prochaine femme, celle que je rencontrerai bientôt, sera la bonne ? Pourquoi devrais-je penser que toutes les précédentes étaient de mauvaises personnes, que je ne l’ai compris que bien plus tard, et que celle qui arrivera ultérieurement sera systématiquement la femme de ma vie ? Hein ? Comment savoir si je ne ferai pas d’elle une priorité parce que « le temps presse », ou alors parce que je fais des efforts pour oublier celles qui m’avaient sérieusement déçu auparavant ? Qui ne me dit pas que si je la trouverai géniale, meilleure que les autres, ce sera peut-être parce que j’aurai placé la barre moins haut, et que je m’adapterai obligatoirement à elle même si au fond de moi je ne l’aimerai pas forcément comme elle le mériterait ? Et qu’elle ne m’aimera pas non plus comme je le mériterais également, moi ?

une femme célibataire sur la balance
La morphologie de certaines femmes varient en fonction de leur situation sentimentale. Source: Wikihow.com /CC

Il m’arrive d’embrocher vingt mille interrogations du même genre, sans aucune réponse rassurante mais avec une pléiade de conclusions divergentes. Et en général je me dis que la fille n’a rien demandé, et qu’elle ne mérite pas ça. En général je me distancie du socle égoïste du couplage romantique, et je me dis que même si les gentilles dames ont la faiblesse d’être des masochistes, moi je n’ai pas la force d’être un sadique. J’ai envie de pouvoir aimer une femme de tout mon cœur, de l’adorer, de l’idolâtrer même, mais de ne pas chercher à l’avoir si je ne peux pas la rendre moins malheureuse qu’elle ne l’est actuellement. Mon idéal de vie ne me le permet pas, qui veut que chaque être humain soit libre et digne, que chacun soit respectable et respecté, et qui a horreur de la mauvaise foi en même temps que de la manipulation et de l’esbroufe. Ma conscience m’interdit de batifoler avec les espérances d’une rêveuse, et je n’ai pas envie de confisquer la vie d’une femme pour satisfaire ma libido ou bien pour dégrossir mes complexes.

En fait, je crois qu’il existe plusieurs sortes de célibataires. Il y a ceux qui sortent tous les soirs, ceux qui font la fiesta, ceux qui sont des irresponsables, ceux qui quittent d’une demoiselle à une autre, ceux qui changent de filles tous les jours, ceux qui font des enfants à gauche et à droite. Il y a ceux qui sont timides, ceux qui rêveraient d’épouser leur voisine mais qui n’ont pas assez de cran pour le lui dire, ceux qui ont fait vœu de chasteté devant l’Éternel, ceux qui n’ont pas assez d’argent pour prendre la responsabilité d’entretenir toute une famille. Il y a les artistes, ceux qui font rêver les filles, ceux qui ont un talent évident mais malheureusement aussi le talent d’être des bourreaux, ceux qui savent parler à une femme, ceux qui veulent profiter du meilleur du mariage  tout en étant épargnés du pire, ceux qui refusent de vieillir, ceux qui disent que la durée de vie de l’amour c’est la durée de vie de celui qui aime, ceux qui ont des looks bizarres et osés, ceux qui n’ont pas froid aux yeux. Il y a les scientifiques attardés, des génies d’informatique ou des rats de laboratoires, attardés parce que surdoués, donc incompréhensibles par une femme ordinaire, et qui perçoivent encore le sexe faible comme un sexe extra-terrestre…
Et puis, il y a les célibataires de mon espèce. Je suis éclectique, je prends un peu chez chacun de ces types. Je sors souvent, je drague régulièrement, je fais rêver parfois, je suis logique tout le temps. J’aime bien rester tout seul. Je me pose beaucoup de questionnements, j’adore me confronter à l’ennui. Je philosophe beaucoup, je critique habituellement les femmes mais en même temps je les adore sans modération. J’essaie de peser le pour et le contre, et encore, j’essaie d’être capable d’aimer profondément une femme et de ne pas la désirer. Je fais des efforts psychologiques pour me remarier avec l’idée du mariage. Je souhaite un réel bonheur à toutes mes anciennes relations. J’ai compris que je ne pourrai jamais rendre une Camerounaise complètement heureuse. Ni même partiellement d’ailleurs. J’écris le journal de mon célibat pour dire ce que je ne pourrai jamais expliquer à une demoiselle qui m’aime, ce qu’elle ne voudra jamais comprendre, ce que ma grand-mère ne pourra jamais me pardonner. Pourtant c’est à cause de mes nombreuses expériences sentimentales que je suis devenu aussi catégorique ! »


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