Ecclésiaste Deudjui

Je vous demande pardon

J’ai perdu mon papa dans la matinée du jeudi 26 août, et volontairement je ne l’ai annoncé à personne ! Mais puisque certains amis ont été choqués par cette attitude, je leur dois des explications et d’ailleurs aujourd’hui je suis revenu pour vous demander pardon…

Le levée de corps de mon père a eu lieu à la morgue de l’hôpital de Bonassama. Photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

La mort n’est pas une publicité

La mort n’est pas une campagne publicitaire comme je vois certaines personnes la banaliser. La mort n’est ni un amusement, ni un jeu. Surtout lorsque cela concerne une personne très chère qui vient de disparaître, comme moi je venais de perdre mon papa dans cette triste matinée du jeudi 26 août…
Pour moi, la mort ne doit pas être quelque chose qui se proclame haut et fort. Elle doit plutôt se chuchoter, se susurrer, se murmurer. La mort d’un proche ne doit pas être un événement qu’on annonce en grandes pompes à travers les réseaux sociaux. Elle ne doit pas être une information qu’on diffuse maladroitement à des inconnus. Elle ne doit absolument pas devenir quelque chose de vulgaire. Parce que toi tu vas annoncer naïvement que tu viens de perdre ton père, mais les gens vont te balancer de millions de « RIP » alors qu’ils ne le connaissaient même pas…

Mon papa ne ressuscitera jamais !

J’ai préféré garder le silence parce que mon papa ne ressuscitera jamais ! Quoi que l’on fasse. Quoi que l’on dise. Quoi que l’on annonce. Quoi que l’on organise. Parce que moi je croise encore des gens aujourd’hui qui continuent de me dire que « Tu as perdu ton papa et tu ne m’informes même pas ? »
Comme s’ils allaient pouvoir le ressusciter…
Le décès de mon papa a été un évènement presqu’ordinaire, puisque le monde a toujours continué de tourner. Les bars sont toujours aussi remplis qu’auparavant, et les filles camerounaises continueront encore de tomber enceintes. La mort de mon père n’a rien changé sur le sens de rotation de notre planète. Au contraire les embouteillages sont de plus en plus serrés, et les marchés sont toujours aussi bondés de monde. À quoi ça sert d’annoncer à des gens comme ça que mon géniteur venait de disparaître, alors que ceux-ci ne le considéraient même pas ?

Veillée de Deudjui Célestin à Souza
La veillée de mon père a eu lieu à Souza, le vendredi 10 septembre 2021. Photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

J’avais besoin d’introspection et de recueillement

Je ne suis pas fait de la même matière que les anges. Lorsque moi je subis un événement malheureux ou douloureux, j’ai généralement besoin d’introspection personnelle et ensuite de recueillement.
Après le décès de mon papa, j’ai vraiment beaucoup pleuré. Beaucoup. Pas parce qu’il ne devait jamais mourir, mais parce que c’était un moment inattendu et unique, inéluctable et surtout très affligeant. Perdre son père ! Je revoyais nos moments d’enfance, lorsque nous étions tout petits à Edéa ou bien à Nkongsamba, et je revoyais encore ses dernières années de retraite, lorsque nous nous retrouvions chaleureusement avec la maisonnée de Souza
J’avais besoin de rester tout seul ! De digérer sa disparition, et de faire mon deuil à l’intérieur de ma conscience. Car mon père a réellement été quelqu’un de spécial dans ma vie, et je n’avais pas forcément besoin d’en parler à quelqu’un d’autre pour le ressentir. Je n’avais pas besoin de votre pitié, de votre commisération ni de votre compassion. Je ne voulais pas avoir des gens autour de moi qui allaient me promettre des enveloppes, parce que cela n’allait pas me ramener la vie de mon père. Et je voulais surtout éviter les hypocrites, parce qu’il y a des gens qui font souvent semblant de compatir à ta douleur alors qu’en réalité ils s’en fichent éperdument

Vous resterez mes amis

Cela dit, vous resterez mes amis. Ce qui s’est passé avec le décès de mon procréateur, n’entrave en rien la nature authentique de notre relation. Vous n’avez pas à vous sentir blessés, lésés et encore moins sous-estimés, parce que j’ai malheureusement eu à décider de faire ce mauvais choix éditorial.
Le silence que j’ai entrepris n’avait rien à voir avec vous, mais avec moi. C’était une turpitude de mon esprit et une velléité de mon caractère de solitaire, mais ça ne veut absolument pas dire que je ne vous aime pas, ni que je ne vous considère pas. Et particulièrement à mon meilleur ami Pierre La Paix Ndamè, je lui demande pardon. Je ne lui ai pas permis de m’aider, alors qu’il avait tout envisagé pour essayer de m’assister. De même que ces nombreuses Camerounaises qui se sont senties excommuniées et humiliées, parce que je ne les ai pas conviées à la cérémonie funéraire ni ensuite aux obsèques. Tout comme mes ennemis d’aujourd’hui qui ont quand même pris la peine de me téléphoner, et qui m’ont chaleureusement présenté leurs sincères condoléances.
Je vous demande pardon, à vous tous ! Parce que mon attitude mérite probablement des explications, mais en aucun cas des justifications…

procession famille Deudjui
La procession dans la ville de Souza, après la levée de corps de mon père. Photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

Sincèrement, je vous demande pardon !

Donc je suis devenu orphelin dans la matinée du jeudi 26 août, et volontairement je ne l’ai annoncé à personne ! Mais puisque certaines connaissances ont été choquées par ce comportement, je leur dois des explications et d’ailleurs c’est pour ça que je suis revenu pour vous demander pardon…

Je vous demande pardon ! Je considère que c’était une grave erreur de ma part, d’autant plus que c’était une bonne occasion pour vous pour me démontrer à quel point vous me considérez.
Je vous demande pardon ! Je ne suis pas fait de la même matière que les Africains, et malheureusement je n’ai ni les mêmes priorités, ni les mêmes considérations que les peuples qui habitent ici sur notre continent.
Je vous demande pardon du fond de mon cœur, à vous mes amis, et pourtant si c’était à refaire, peut-être bien que malheureusement je le referais…

Parce que la mort d’un proche ne doit pas devenir un objet de publicité, et que je ne voulais pas prendre le risque de l’annoncer maladroitement à des inconnus. Parce que le deuil est d’abord et avant tout une aventure individuelle, et que j’avais nécessairement besoin d’une introspection et d’une méditation. Mais puisque mon attitude a dû décevoir beaucoup de personnes, sincèrement je vous supplie une fois de plus de me pardonner.
J’ai perdu mon papa dans la matinée du jeudi 26 août, et il a été enterré le samedi 11 septembre 2021.


Ecclésiaste DEUDJUI, je demande pardon à mon père
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Réussir, c’est un comportement !

Je vois des gens se plaindre autour de moi parce qu’ils n’ont pas prospéré dans leur vie, et pourtant ils avaient bien le potentiel ainsi que toutes les capacités nécessaires. Mais c’est parce qu’ils n’ont pas compris que la réussite hein, c’est d’abord et avant tout une question de comportement !

La jeunesse africaine se bat comme elle peut pour accéder à la réussite financière. Crédit photo : Gopal Amah

Pour réussir, il ne faut pas être jaloux

Ni envieux, d’ailleurs. Ni avoir le gros cœur, ni avoir les longs yeux, ni devenir un fanatique de l’imitation de ses voisins ou de ses camarades, etc.
La réussite commence d’abord par la sobriété. C’est d’abord une question d’acceptation de ce que l’on est. Ce n’est pas une histoire de concurrence, et encore moins une question de défi ni de bataille d’égo avec ses cousins ou avec son meilleur ami comme Pierre La Paix Ndamè

Pour réussir dans la vie, il faut d’abord être simple. Il ne faut pas regarder la vie privée des autres, ni chercher à se comparer à eux. Il ne faut pas chercher à se précipiter parce que tel ou bien telle a fait ceci ou bien cela. Il faut être modeste et patient. Au lieu de jalouser nos bons amis qui roulent dorénavant dans de gros véhicules, il faudra plutôt les féliciter avec sincérité et avec amour. Car chacun sait intérieurement comment il a fait pour être là où il est aujourd’hui. Et chacun a son étoile qui brillera probablement un jour, à un moment que personne ici-bas ne peut malheureusement prédire à l’avance…

Il faut se concentrer sur un seul métier

Je vois des gens qui se plaignent autour de moi parce qu’ils vivent encore dans la galère, et pourtant ils font près de mille choses à la fois ! Ils sont simultanément menuisiers, plombiers, hommes d’affaires, intermédiaires, bendskineurs, vendeurs de voitures, vendeurs de terrains, agriculteurs, etc.
Comment vont-ils s’en sortir avec tout ça ?

Pour réussir dans la vie hein, il faut se concentrer sur un seul métier principal ! Ou mieux, sur une seule activité. Il faut mettre en avant votre talent prédominant ainsi que vos atouts favoris. Il ne faut pas se disperser à gauche et à droite, ni disperser ses énergies inutilement. Il faut faire focaliser votre concentration sur un seul objectif unique et précis, et avec des ambitions conformes à vos compétences et à votre environnement. Il ne faut pas rêver pour rêver. Il faut identifier précisément tout ce que vous pouvez faire, et ensuite tout ce que vous ne pourrez jamais faire.

Parce que même l’homme le plus riche du monde n’a toujours eu qu’une seule société. Paul Biya n’a qu’un seul pays qu’il dirige. Kylian Mbappè ne rêve que du Ballon d’or. Et si vous regardez les milliardaires qui diversifient leurs activités ou alors qui s’inventent de nouvelles aventures, il faut bien remarquer qu’ils ne font jamais la confusion entre leur activité principale, et leurs activités accessoires.

Il faut être honnête

Je sais que cela peut paraître aberrant dans un pays comme le nôtre, où quasiment l’intégralité de la population est malhonnête ! Je sais que ça peut paraître crédule de ma part. Je sais que je fais preuve de naïveté en demandant à mes compatriotes d’être moins improbes, surtout lorsqu’il s’agit des affaires d’argent. Et pourtant croyez-moi, il faut rapidement chercher à (re)devenir honnêtes !

L’honnêteté vous ouvrira plein de bonnes portes, et derrière ces portes-là vous retrouverez beaucoup-beaucoup d’argent. L’honnêteté fera en sorte que des gens importantissimes vous fassent confiance. L’honnêteté contribuera à votre renommée et à votre crédibilité. Les gens qui sont honnêtes ont parfois l’impression d’être des imbéciles dans un paysage aussi avilissant que le nôtre, mais rassurez-vous, cela ne reste qu’une impression. Vous devez donc demeurer quelqu’un de loyal et de fiable, et qui inspire une totale confiance.
Bref, quelqu’un d’honnête.

Rêvez plus grand !

Je ne vous ai pas interdit de rêver en majuscule hein, au contraire ! Je vous ai simplement dit de rêver logiquement. Ne cherchez pas, par exemple, à devenir le meilleur cuisinier du Cameroun, alors que vous ne savez même pas encore comment faire cuire une omelette. Nôôô ! Soyez logiques et cohérents dans vos pensées. Soyez en accointance parfaite avec vos capacités physiques, morales et surtout intellectuelles…
Pour réussir dans votre vie hein, il faut déjà avoir une vision. Il faut savoir se projeter dans cinq ans, dans dix ans, dans vingt ans, dans quarante ans. Il faut dès à présent anticiper sur les défis du futur. Il faut savoir se réinventer. Il ne faut pas se contenter de votre petite zone de confort. Il faut envisager que vous pouvez tout perdre du jour au lendemain. Il faut aussi un peu avoir peur, et il faut surtout oser. Il faut perpétuellement chercher à devenir le meilleur des meilleurs dans son domaine, et pourquoi pas chercher aussi à envahir et à conquérir le monde ?
Car en visant la Lune vous retomberez au moins sur les étoiles en cas d’échec…

Kylian Mbappè est un modèle de détermination et d’ambition. Crédit photo : Wikimedia Commons

Réussir, c’est toute une attitude !

Donc je vois des gens qui se plaignent autour de moi parce qu’ils n’ont pas brillé dans leur vie, et pourtant ils avaient bien un potentiel impressionnant ainsi que toutes les autres capacités nécessaires. Mais c’est parce qu’ils n’avaient pas compris que la réussite hein, c’était d’abord et avant tout une question de comportement…

Réussir, c’est une philosophie ! C’est une manière de vivre, de manger, de faire du sport, d’interagir avec les autres, de s’informer, de se documenter.
Réussir, c’est un état d’esprit ! Ça veut dire positiver lorsque des obstacles se présentent, mais aussi persévérer lorsque les difficultés veulent déjà prendre le dessus sur votre personne.
La réussite est avant tout une question de personnalité et de responsabilité, donc ce ne sera jamais la faute de quelqu’un d’autre si vous avez malheureusement raté votre vie.

Parce que quand j’observe les Camerounais autour de moi, ils sont toujours en train de se plaindre que : « Mon oncle est multimillionnaire parce qu’il est entré dans le Famla’a », « Ma belle-sœur s’est mariée parce qu’elle utilisait la maraboutage et le Charme », « Moi-même j’ai raté ma jeunesse parce que les gens m’avaient maudit au village, et d’ailleurs ils sont toujours jaloux de moi parce que j’étais quelqu’un de très intelligent dans mon enfance. »
Et pourtant la réussite hein, c’était d’abord et avant tout une simple affaire de bon comportement…


Ecclésiaste DEUDJUI, tout le monde peut réussir
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L’expérience du deuil

Le deuil n’est pas seulement la disparition d’un être cher, c’est beaucoup plus compliqué que ça. C’est aussi l’expérience d’une aventure mortuaire et la préparation à une nouvelle vie pour ceux qui vont rester vivants…

rassemblement de deuil au village
Le deuil est aussi un moment de retrouvailles et de partage au village. Crédit photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

L’expérience de la mort

La mort est toujours douloureuse, quelle qu’elle soit. Et à fortiori lorsqu’elle concerne un être très cher qui vous a quittés sans pouvoir au moins vous dire au revoir…
Moi je suis en deuil depuis le jeudi 26 août. Un être extrêmement cher ! J’avais appris son décès par un simple SMS de mon petit-frère, et immédiatement je me suis mis à pleurer. La mort a surtout ceci de particulier. Elle transforme les vivants, beaucoup plus même que les morts. Et puis on réalise que l’on ne reverra plus jamais ces derniers jusqu’à la fin de nos jours. On commence parfois à regretter nos erreurs, nos disputes, nos incompréhensions, nos conflits. La mort est un état irréversible et incompréhensible qui, pour moi, demeurera toujours un mystère aussi inexplicable.
Bref, une expérience vraiment très douloureuse.

L’expérience de la morgue

Ensuite, il y avait eu la morgue. Le voir enseveli dans un linceul… Le voir manipulé sans ménagement par des morguières… Le voir frigorifié dans un congélateur… Le voir finalement enfermé dans un cercueil…
Si on n’y est pas préparé, on peut très facilement s’évanouir. L’expérience de la morgue est réellement une rude épreuve. C’était la première fois de ma vie que je voyais ma personne, un être extrêmement précieux pour moi et aussi indispensable, devenir la propriété exclusive de parfaits inconnus… Tsuip !
La morgue m’a enseigné que notre carcasse qui nous sert de corpuscule n’est en réalité qu’une coque ou une carapace. Car après le décès, elle ne devient qu’une enveloppe charnelle sans aucune consistance. Notre personnalité n’est plus là, ou, on l’espère, elle demeure renfermée dans l’ectoplasme imaginaire de notre esprit.
Et puis il y a eu la levée de corps. Et puis il y a eu des regards de tristesse. Et puis il y a eu des pleurs et des sanglots. Et puis il y a eu la présence du cercueil qui confirmait que cette disparition indésirée était véritablement définitive, et qu’il fallait que nous nous apprêtions à lui dire non plus seulement un au revoir, mais un adieu !
C’était aussi une sacré expérience de lui dire au revoir pour de bon…

Ecclésiaste Deudjui et Cécile Nguemaleu
Personne ne nous ramènera jamais les personnes disparues. photographie: Trésor /CC-BY

L’expérience de l’enterrement

Nous l’avons enterré dans la stricte intimité du cadre familial. Pas parce que c’était voulu hein, mais à cause de certaines contingences : la pluie, le retard, la difficulté de la route, le calendrier. C’était en pleine période de rentrée scolaire, et les parents d’élèves devaient rentrer dans leurs citadelles afin de terminer ou de poursuivre leurs diverses inscriptions académiques.
Nous l’avons enterré derrière la maison familiale, pour respecter ses dernières volontés. Ces dernières années il s’était incroyablement rapproché de son village natal, Badoumka, et il voulait absolument se rapprocher aussi de ses ancêtres. Sa mère d’abord, que personnellement je n’ai jamais connue, mais dont il me disait tellement de bien ! Et puis son père, que lui-même n’a pas si bien connu que ça, puisque celui-là avait plusieurs femmes, plusieurs enfants, plusieurs chefferies, plusieurs descendances…
On l’a donc enterré dans le strict cadre de l’intimité familiale, et une fois de plus j’ai versé une grosse larme. C’était l’une des personnes les plus importantes de ma vie —peut-être même la plus importante—, et malheureusement je ne le reverrai plus jamais. J’ai quand même eu la force de regarder les gens l’ensevelir de terre rouge et de ciment, et je me persuadais que le plus important, il l’avait déjà réalisé de son vivant. Car l’enterrement est une séparation physique, certes, mais elle doit aussi nous rappeler ce que les partants avaient laissé pour nous, et particulièrement comment est-ce qu’ils ont impacté sur notre spiritualité et sur notre façon de percevoir l’univers…

L’expérience de la vie

Je suis encore vivant ! Enfin, pour un moment. Parce que tôt ou tard, nous y passerons tous. Je pense même que la mort nous fait pleurer parce qu’elle est inéluctablement un passage obligatoire. Je pense aussi que lorsque quelqu’un meurt, c’est nous aussi qui mourons un peu. Je suis bien conscient que la mort de ce personnage extrêmement précieux pour moi était prévisible, mais curieusement je n’arriverai jamais, au grand jamais, à m’y faire…
Drôle d’expérience que de vivre, alors que nous n’avons jamais rien demandé. Drôle d’expérience que de mourir, alors que nous ne savons pas où est-ce que nous allons. Et au final la mort peut apparaître comme une sorte de renaissance, si on essaie de comprendre comment mieux l’appréhender. La mort peut vite devenir un signal, une alerte, un avertissement. Elle peut nous suggérer de mieux profiter de nos instants de bonheur, et de mieux savourer la présence des personnes qui nous sont proches comme mon meilleur ami Pierre La Paix Ndamè. Elle peut aussi ressembler à un déclic, si elle nous fait comprendre que nous devons absolument devenir meilleurs. Elle peut parfois signifier que nous devons dorénavant négliger les disputes futiles et les comparaisons inutiles, voire même ne plus se consacrer stupidement à la course effrénée vers la richesse matérielle.
Parce que tous ceux qui s’en vont, qu’est-ce qu’ils emportent avec eux, en réalité ? Rien du tout !

procession des enfants de Deudjui Célestin
Nous avons effectué des processions pour rendre hommage à l’illustre défunt. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

L’expérience des obsèques

Donc le deuil n’est pas seulement la disparition d’un être cher hein, d’ailleurs c’est beaucoup plus compliqué que ça. C’est aussi l’expérience d’une aventure funéraire et la préparation à une nouvelle vie pour ceux qui vont rester parmi les vivants…

L’expérience de la tombe ! Il s’agit d’un lieu symbolique où reposera la dépouille mortuaire du défunt, mais aussi d’un endroit qui permettra aux personnes endeuillés de pouvoir régulièrement s’y recueillir.
L’expérience de la veillée ! Son objectif c’est de rendre hommage, bien sûr, mais en réalité la seule chose que la famille demande au cadavre c’est de pouvoir au moins se réveiller ou ressusciter.
L’expérience des funérailles, parce qu’il y a des morts qui vivront toujours dans notre cœur durant le restant de notre vie !

Puisque depuis le jeudi 26 août 2021, je suis devenu un homme complètement différent. J’ai connu l’expérience de la mort comme aucunement auparavant, puisque je n’avais jamais perdu quelqu’un de plus cher que ce jour-là. Mais comme cela fait partie de la vie, je dois bien involontairement l’accepter. Même si ce deuil est une triste expérience dont j’aurai vraiment voulu me passer bien volontiers…


Les paroles de mon père

Évidemment que mon père a prononcé des milliards de phrases tout au long de sa vie. Mais certaines parmi elles ont grandement contribué à me façonner…

« Les problèmes, c’est pour les hommes ! »

Mon père nous le répétait tout le temps, et personnellement j’avais fini par l’intégrer.
« Les problèmes, c’est pour les hommes ! » Cela signifiait que les objets n’avaient pas de problèmes, ni les animaux, ni les végétaux non plus. Cela voulait dire que lorsque j’aurais une difficulté que je rencontrerais dans ma vie, je ne devrais absolument pas me décourager. Je devrais plutôt retrousser mes manches et affronter ces épreuves de la vie, parce que les épreuves de la vie sont faites pour les humains et non pas pour les individus d’une espèce quelconque ! Mon père m’a ainsi appris que je devrais toujours affronter les obstacles de l’existence avec aisance, au lieu de me renfermer dans les complaintes, les jérémiades, les déresponsabilisations, etc.

« Qui parle trop du passé souffre du présent »

Mon père a mené une existence que j’estime glorieuse. Mais il ne me parlait que rarement de son passé, parce que « qui parle trop du passé souffre du présent ».
Cela faisait partie de ses devises. Il considérait que tant qu’on vivait encore, on devrait d’abord et avant tout se projeter sur son avenir. On ne devrait jamais se complaire de nos victoires antérieures, ni se rassasier de nos batailles gagnées et de nos trophées glanés. Mon père était un optimiste, et il n’a jamais souhaité conjuguer la vie qu’il vivait à un autre temps que celui du présent de l’indicatif.

Il rappelait à qui voulait l’entendre que le passé et les souvenirs c’était bien, mais que cela ne vous permettrait jamais de solder vos factures. Que les gens qui se souvenaient régulièrement de leurs prouesses préhistoriques à longueur de journée, c’était parce qu’ils manquaient de références récentes. Et que de s’enfermer dans cette bulle mélancolico-nostalgique avait pour effet de nous ramollir, de nous désarmer et de nous projeter inconsciemment vers la destination du cimetière…

un vieux sage avec des enfants qui écoutent ses paroles
En Afrique, les paroles des vieux sont souvent remplies de sagesse. Source : gnadoemagazine.com / CC-BY

« Peu importe si on est aimé ou pas, chacun est d’abord tout seul sur terre avant d’être avec quelqu’un »

Personne ne comprendra jamais comment vous souffrez, personne ! Personne ne ressentira jamais la même douleur que vous-même, et encore moins les mêmes peines. Personne ne sera jamais autant heureux que vous-même lors de vos réussites, de vos victoires, de vos découvertes, de vos décorations…

Mon père me disait toujours que même lui-même, il partageait souvent mes souffrances et mes chagrins d’amour, moi en tant que son fils, mais qu’il ne parviendrait jamais complètement à les assimiler convenablement. Que, même ma propre mère qui m’a accouché, elle souffrirait atrocement si jamais il m’arrivait un malheur quel qu’il soit, mais qu’elle ne le ressentirait jamais pareillement. Et ensuite, il me répétait que chacun de nous naît tout seul, et que nous en repartirons tous séparément.

Il ajoutait que des âmes terrestres pouvaient peut-être s’associer pour se rassembler en tant que « âmes sœurs » (comme moi avec mon ami Pierre La Paix Ndamè), mais que la chair et le corps resteraient toujours faibles. Parce que même l’amour est incapable de redistribuer les sentiments complexes qui sont répercutés en chacun d’entre nous.

« Le conseiller n’est pas l’acheteur »

Voilà bien un conseil qui lui a valu quelques étiquettes, notamment sur son rapport assez peu conventionnel avec l’argent.
Mon papa ne se laissait pas facilement téléguider par un tiers, surtout lorsque cela concernait les questions financières. Il nous disait tout le temps que celui qui conseille, généralement, ce n’est pas lui qui effectue les dépenses. Et donc que les conseils de ce conseiller n’étaient pas consolidés par la prise d’un risque quelconque, c’est-à-dire qu’ils étaient négligeables. Que les conséquences désastreuses de tels investissements ne retomberaient que sur l’acheteur lui-même, et non pas sur son si « précieux » conseiller.

De plus, mon papa nous suggérait toujours de ne pas être très faciles à la dépense. Lorsqu’il voulait s’acheter un objet de luxe, par exemple, il préférait se donner une bonne dizaine de jours avant de confirmer son achat ; histoire vérifier si le besoin serait toujours là, et ainsi évaluer la nécessité ou bien l’urgence d’une pareille acquisition…

Les merveilleuses paroles de mon père

Donc, évidemment que mon père avait prononcé des milliards de phrases tout au long de sa longue vie. Mais certaines parmi elles ont incontestablement contribué à me façonner…

« L’offenseur oublie, mais l’offensé n’oublie jamais ! » Car les gens qui vous font du mal vont immédiatement passer à autre chose, tandis que ceux qu’on a offensés sont capables de conserver cette rancœur et cette rancune pendant environ quarante ans !
« Les chiens ne font pas les chats » Comme pour dire que certains de ses défauts et de ses qualités, c’était normal qu’on puisse les retrouver sur plusieurs de ses enfants et ses petits-enfants.
« Le chat qui voulait trop voir est devenu myope », ou comment se contenter du peu que l’on possède, sans forcément chercher à toujours convoiter ce qui se trouve à côté de nous…

Et puis il nous balançait ces belles paroles en souriant, et fort heureusement, nous les avons presque toutes assimilées. Elles ont forgé notre caractère et notre tempérament, nous ses enfants, et elles ont considérablement contribué à façonner notre interprétation de l’univers.
Parce que les paroles de mon père, hein, c’était la traduction de plusieurs années d’expérience et de sagesse qu’il avait durement accumulées. Et qui malheureusement viennent de se terminer…


Ecclésiaste DEUDJUI, les conseils de mon père
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Le sentiment de solitude

J’ai déjà remarqué que c’est lorsque je me retrouve au milieu d’une foule immense, que je me sens le plus seul au monde ! Et ensuite j’ai voulu comprendre ce que signifiait ce sentiment de solitude…

femme seule dans une foule
On peut se sentir seul même en étant au milieu d’une foule. Source: shadingman.centerblog.net /Image reprise avec autorisation

Le sentiment de solitude amoureuse

La solitude amoureuse, tout le monde la connaît ! Même si d’aucuns pensent qu’elle ne concerne que les célibataires endurcis comme mon ami Pierre La Paix Ndamè, et pourtant il y a aussi des gens mariés qui sont asphyxiés par un impitoyable sentiment de solitude…
La solitude sentimentale, c’est lorsque tu n’es plus en relation avec la femme que tu avais juré de contempler éternellement. C’est lorsque tu t’es trompé de partenaire. C’est lorsque tu vis avec une femme que tu n’aimes pas réellement alors que tu avais pensé que tu pourrais finalement l’aimer un jour, et que tu es malheureusement obligé de constater que votre couple ne fonctionnera jamais.
La solitude amoureuse, c’est aussi lorsque tu es tout seul ! Pas de petite amie, pas de compagnonnage romantique, rien ! Et c’est là que tu commences à maudire l’amour, tu commences à détester et à critiquer toutes les relations conjugales qui naissent autour de toi, et tu te mets aussi à regretter tes anciennes ruptures lorsque tu ne savais pas encore mesurer la préciosité de ces relations…

La solitude matérielle

Il y a aussi la pauvreté qui peut vous provoquer la solitude. La pauvreté matérielle, je veux dire. La jalousie, l’envie, l’égoïsme, la convoitise. Et on commence à se sentir malheureux parce qu’on ne possède pas absolument le même matériel ostentatoire que les autres…
L’argent ! L’argent rend seul. Le manque d’argent peut te mettre sur le ban de la société, surtout si tu n’as pas de bonnes relations ou alors de l’entregent ou alors une forte personnalité qui est capable de s’affirmer. Parce que bien souvent hein, la plupart des pauvres gens se retrouvent régulièrement confrontés à la solitude. Puisque c’est bien connu qu’on ne prête et qu’on ne donne qu’aux riches, et avec raison, car les pauvres remboursent généralement très difficilement…
La pauvreté matérielle n’est pas une bonne chose, pour notre moral et pour notre équilibre psychique. Elle nous donne le sentiment d’être un loser. Elle nous donne la sensation d’être un lésé et un raté. Elle nous fait croire ꟷ à tort ou à raison ꟷ que nous ne sommes pas nés sous la bonne étoile. Elle nous fait penser que nous serions manifestement des exclus. Elle nous fait imaginer que nous demeurerons éternellement enfermés dans ce sentiment implacable qu’est la solitude financière.

La solitude est le sentiment de ne pas être désiré. Mère Teresa
La solitude est le sentiment de ne pas être désiré. Source: modele-lettre-gratuit.com /CC-BY

Le sentiment de différence

Nous sommes dans une société qui ne tolère pas la différence. Aucune ! Que ce soit une différence de couleur de peau, de religion, de tribu, d’orientation sexuelle, de mobilité physique, etc. Notre société ne nous permet pas de « revaloriser » certaines minorités, et au mieux celles-ci bénéficieraient éventuellement de la discrimination positive…
Il y a ce sentiment de différence qui crée aussi le sentiment de solitude. Il y a de nombreux handicapés qui sont marginalisés et qui se sentent tout seuls. Il y a les personnes portant et vivant avec le VIH qui sont encore sévèrement stigmatisées. Il y a les albinos dans nos régions septentrionales qui sont continuellement ostracisés. Il y a les individus non alphabétisées qui sont méticuleusement moqués. Il y a les enfants de la rue qui sont abandonnés. Il y a les femmes stériles qui sont déshéritées. Il y a les jeunes diplômés qui n’arrivent pas à trouver du travail alors qu’ils avaient pourtant obtenu toutes les certifications du monde…
Bref, il y a tout ce beau-monde. Et il suffit de se sentir un peu différent au sein d’une communauté quelconque, pour ressentir immédiatement la dangerosité de cette impression de solitude.

La solitude de la douleur

« Même si les gens t’aiment de tout leur cœur et même s’ils sont prêts à sacrifier leur propre vie pour toi, personne ne comprendra jamais comment tu souffres ! » C’était une phrase de mon père. Parce que mon papa me disait souvent que si je me cognais la tête, je serais toujours la seule personne au Cameroun à en ressentir exactement la douleur. Et avec les années, j’ai constaté qu’il avait raison.
Puisque même si les gens compatissent, même si les gens se larmoient ou bien se noient à cause de ton chagrin ou bien de ton affliction, personne n’endurera jamais la même douleur que toi-même, et donc au final tu te retrouveras toujours tout seul !
Et c’est ce que mon géniteur voulait me dire, puisqu’il ajoutait aussi : « Tu peux partager ton bonheur avec les gens et ils seront peut-être aussi heureux que toi-même, mais tu resteras inimitable lorsqu’il s’agira de partager ta souffrance et ton malheur. »

homme seul sur un banc
La solitude est un phénomène qui conduit souvent vers la dépression mentale. Source : adventistemagazine.com / CC-BY

L’assentiment de solitude

Donc, j’avais remarqué que c’est lorsque je me retrouvais au milieu d’une foule immense, que je me sentais le plus seul au monde ! Et ensuite j’ai voulu comprendre ce que signifiait ce sentiment de séparation…

Le sentiment d’abandon ! C’est un sentiment que ressentent les personnes qui sont abandonnées comme les orphelins, les femmes veuves, les malades qui sont oubliés à l’hôpital ou encore les amoureux qui ont été délaissés.
Le sentiment d’échec ! C’est ce sentiment insupportable de honte et d’opprobre, et qui signifie que vous êtes un bon à rien sur les plans sentimental, professionnel, familial et parfois même aussi traditionnel.
Le sentiment de tristesse, surtout, parce que tous ces sentiments-là renvoient généralement à la mélancolie et à la dépression.

Puisque nous naissons seuls au monde et que nous en repartirons forcément tout seuls. Puisque nous sommes les seuls à savoir ce que nous pensons exactement et ce que nous désirons réellement. Puisque l’amour que nous portons envers nos semblables, n’est pas systématiquement réciproque. Puisqu’il ne suffit pas de se rassembler en groupes de personnes ou bien de ressembler un peu, pour ne plus se sentir solitaires. Car c’est lorsque je me retrouverai au milieu d’une foultitude immense lors de ses obsèques, que je me sentirai le plus seul au monde !
Parce que chacun d’entre nous est condamné à mourir avec son propre sentiment de solitude…


Ecclésiaste DEUDJUI, le sentiment de deuil
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Personne ne comprendra jamais comment tu souffres…

Jeudi dernier, j’ai perdu un être qui m’était vraiment très cher. Mais je ne souhaite pas en parler parce que malheureusement, personne ne comprendra comment je souffre…

homme noir qui pleure
C’est chacun qui ressent d’abord la douleur de sa souffrance en lui-même. Source : sacha-clement.com / CC-BY

Il y a ceux qui se moqueront

Il y a des gens ici qui aiment toujours examiner les problèmes des autres à la légère. Certains te prendront pour un farceur ou un pleurnichard, et d’autres encore te considèreront tout simplement comme un faible d’esprit…
Les gens ne comprennent pas réellement comment tu souffres et généralement, certains se moqueront même de toi. Il y a des gens ici qui te riront au nez parce que tu t’es fait larguer par une femme dont tu étais désespérément amoureux. Il y a ceux aussi qui s’esclafferont lorsque tu viendras de perdre ton travail. Il y en a également qui te railleront en public, pas parce qu’ils sont méchants mais parce qu’ils n’ont pas exactement une vraie idée de la souffrance que toi tu endures.

Il y a ceux qui s’en moqueront

Ceux qui s’en moquent, ce sont ceux qui s’en fichent ! C’est-à-dire des gens pour qui ton malheur ne leur fera ni chaud ni froid, et a fortiori si tu ne faisais pas partie de leur réseau ou de leur cercle de connaissances…
Les gens se moquent de nos problèmes, à vrai dire. Parfois, ils nous demandent comment ça va, mais c’est juste pour la forme car en réalité, ils s’en balancent ! Les gens sont souvent « gentils » avec nous dans nos moments de malheur, mais c’est exclusivement par politesse. Parfois, ils essaient de nous réconforter lorsqu’on est dans la tristesse ou alors dans la pauvreté, et ils nous récitent systématiquement que « ça va aller ». Les gens ne comprendront jamais comment tu souffres tant que cela ne les concernera pas directement. La preuve, parfois, on t’annonce le décès de quelqu’un et tout de suite après, tu es déjà en train de penser à ton prochain anniversaire.

Deux ombres au bord de la mer
On peut accompagner les gens dans la souffrance, mais on ne pourra pas toujours les aider. Source : diariste.fr / Image reprise sous autorisation

Il y a ceux qui compatiront

Il y a quand même des samaritains comme Pierre La Paix Ndamè qui compatissent un peu lorsque tu souffres ! Mais combien sont-ils ? Hein ? Et que peuvent-ils changer au fond, en réalité ? Rien du tout !
Les gens qui compatissent sont ceux qui nous assistent physiquement et moralement durant notre souffrance, au détriment de leurs propres réjouissances. Souvent, c’est parce qu’ils nous aiment pour de vrai. Souvent, c’est parce qu’ils ont pitié de nous (et cela nous fera plus mal encore). Souvent, c’est parce qu’ils sont curieux de tous tes malheurs, et qu’ils compatissent ainsi parce qu’ils se projettent sur ce qu’ils auraient enduré si jamais ils s’étaient retrouvés à ta place…
Mais malgré tout, la compassion apaise la douleur, qu’elle soit sincère ou qu’elle soit imaginaire. Elle te permettra de te sentir moins seul.e, et de digérer progressivement ta souffrance. Même si elle ne fera jamais en sorte que les gens ressentent exactement le même chagrin que toi tu endures.

Il y a ceux qui compareront

Le premier réflexe des gens qui nous côtoient, c’est de comparer leurs afflictions personnelles avec nos propres malheurs : il vient de perdre son enfant ; et si c’était moi ? Il a eu un accident de la circulation ; et si c’était moi ? Il s’est marié dernièrement et pourtant il vient de divorcer ; et moi alors, qui venais de me séparer récemment de ma Marguerite ?
Car même si cela est égoïste, les gens passent leur temps à comparer leurs rares bonheurs, mais surtout, ils passent tout leur temps à superposer leurs nombreux malheurs. Les gens se demandent s’ils sont plus heureux ou alors moins malheureux que ceux qui les entourent, et si toi aussi tu souffres exactement comme eux ils avaient souffert auparavant. Les gens ne comprendront donc jamais comment tu souffres, et précisément parce qu’ils seront toujours là à vouloir tout comparer…

Il faut souffrir pour comprendre la souffrance (Albertine Hallé)
Il faut souffrir pour comprendre la souffrance (Albertine Hallé). Source : citation-celebre.leparisien.fr / Image reproduite sous autorisation

Aucun Camerounais ne comprendra jamais comment tu souffres…

Donc jeudi dernier, j’ai perdu une personne qui m’était vraiment très spéciale. Mais je ne souhaiterais pas en parler parce que malheureusement hein, personne parmi vous ne comprendra comment je souffre…

Il y a ceux qui n’échangeront pas leur place avec la tienne ! Surtout si tu es en difficulté ou encore dans la maladie, et que les possibilités de t’en sortir ne font que s’amenuiser de jours en jours.
Il y a celui qui ne t’aidera jamais plus que lui-même ! Parce que la bonne charité commence par soi-même, et en plus, la gratitude n’est pas la qualité la mieux partagée ici au Cameroun.
Personne ne t’aimera jamais comme ton père ou bien ta mère, car voilà bien les uniques personnes au monde qui souhaiteraient mourir avant toi, et qui aimeraient que ton bonheur personnel soit toujours placé avant le leur.

Mais pour ce qui est de tous les autres, personne ne comprendra jamais comment tu souffres ! Les gens te rendront visite quand tu seras à l’hôpital ou bien en prison, les gens assisteront à ton enterrement, les gens te prêteront même de l’argent et te donneront aussi à manger si le besoin se présente, mais ils ne comprendront jamais ce que tu ressens au plus profond de toi.
Puisque chacun d’entre nous est condamné à vivre individuellement avec ses propres malheurs…


Ecclésiaste DEUDJUI, personne ne comprend comment je souffre !
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Sales filles !

Il y a une race de femmes que j’ai découverte ici au Cameroun, et qui ne comprend que des demoiselles qui ont un très-très mauvais caractère. Jusqu’à on peut même ouvertement les appeler sales filles !

deux femmes qui bagarrent
Certaines femmes bagarrent dans la rue sans aucun complexe. Source: camer.be /CC-BY

Sales bagarreuses

Il y a une race de femmes que je viens de découvrir récemment dans notre pays, et qui sont officiellement des bagarreuses ! Il s’agit des filles qui viennent des sous-quartiers comme Makéa ou Nkomondo ici à Douala, et qui se sont familiarisées avec le « matériel » et les armes blanches.
J’étais tombé sur une fille de Ntaba-Nlongkak comme ça à Yaoundé en 2019, et la bonne dame avait carrément osé me présenter ses cicatrices de guerre ! Elle m’avait déclaré que dans son quartier c’était la guérilla, et qu’elle était habituée à se bagarrer mortellement avec des hommes qui étaient même beaucoup plus costauds qu’elle. Et paradoxalement elle était pourtant très sexy dans sa robe moulante hein…

Sales menteuses

Dans cette race de sales filles, on retrouve beaucoup de sales menteuses ici au Cameroun. Il y a des sales filles qui mentent comme elles respirent, il y a des Camerounaises qui te mentent pour rien-rien comme ça, et il y a surtout la majorité des femmes qui te mentent lorsqu’elles veulent te demander de l’argent…
Il y a des araignées ici qui te mentent sur leur arbre généalogique, et qui te font accroire qu’elles sont la fille unique de tel ou bien de telle milliardaire. Il y a des cameruineuses qui vont te faire croire qu’elles t’adorent. Il y a des manipulatrices dans notre Cameroun-ci qui te mentent qu’elles sont déjà sur la moto pour venir te voir, alors qu’elles n’ont même pas encore commencé à s’apprêter pour aller faire leur maquillage.
Et moi je classe toutes ces catégories de fausses mythomanes-là dans la seule catégorie des sales filles !

deux filles sexy dans la nuit
La plupart des sales filles aiment beaucoup marcher dans la nuit. Source: mboattitudes.mondoblog.org /CC-BY

Sales voleuses

Les filles qui volent hein, c’est l’horreur ! Et pourtant je suis bien obligé, lorsque je me couche avec une nouvelle Camerounaise que je viens de rencontrer, de ne dormir que d’un seul œil ! Car il y a des femmes ici qui te subtilisent en plein jour ou bien en pleine nuit, dès que tu as seulement tourné le dos. Il y a des demoiselles qui sont mal intentionnées et qui osent fouiller les poches de ton pantalon lorsque tu es dans la salle de bain. Il y a une jeune Camerounaise de dix-neuf ans qui m’avait volé mon téléphone en 2012, et pourtant moi j’étais simultanément en train de la déshabiller ! Il y a des femmes ici qui traficotent ton Orange money ou alors ta carte bancaire, et il y en a d’autres qui font tout et tout pour dérober ton titre foncier, ta signature, ton bulletin de paye, ton porte-monnaie, etc.

Sales cameruineuses

La plupart des Camerounaises sont en réalité des cameruineuses, mais il y en a qui exagèrent ! Comme la bagarreuse que j’avais rencontrée à Ntaba-Nlongkak à Yaoundé en 2019, et qui était venue me retrouver dans un vieux bar de Ngousso accompagnée de ses quatre « sœurs ». Je dis bien quatre !
Il y a aussi des filles qui marchent seulement avec les problèmes dans la bouche hein, et dès que tu la salues en route elle va te dire que « J’ai besoin d’argent pour me coiffer, on m’a demandé de cotiser pour la tenue du deuil de mon arrière-grand-père, et en plus jeudi prochain c’est mon anniversaire. »
O’ookokolo’oo ! Tout ça pour toi ?
Sans parler des vieilles femmes qui sont libres comme le vent, parce que tu la tamponnes à 14 heures et directement elle va te coller aux basques jusqu’au lendemain matin à 5 h 30 ! Sans parler des femmes qui dorment avec toi parce que tu vas leur donner à boire et à manger. Sans parler des jeunes stagiaires qui sont déjà habituées aux auberges et aux personnes âgées. Sans parler des étudiantes qui cherchent à forniquer avec certains de leurs professeurs. Et moi je n’aime pas les femmes qui aiment trop faire comme si elles t’aiment trop hein, alors qu’elles rêvent tout simplement de te déplumer !

Une prostituée qui reçoit de l'argent
Certaines Camerounaises sont avec vous exclusivement pour l’argent. Source: sunugal24.net /Image reprise sous autorisation

Sales garces !

Donc comme je disais, Il y a une race de femmes que j’ai découverte récemment ici au Cameroun, et qui ne comprend que des demoiselles qui ont un très-très mauvais comportement.
D’ailleurs je crois même qu’on peut officiellement les appeler sales filles !

Sales filles ! Pour être littéral, ça concerne aussi certaines Camerounaises qui sont capables de passer plusieurs journées sans se laver ni se brosser les dents.
Sales garces ! Ça comprend principalement les femmes qui se chamaillent dans les bars, les filles qui se crêpent le chignon dans les boîtes de nuit à cause d’une bouteille de bière, ou encore les demoiselles qui se disputent les maris des gens dans les salons de coiffure.
Sales prostituées ! Puisque chacun d’entre nous connaît au moins une Camerounaise qui a déjà couché avec tous les garçons de son entourage…

Et c’est pour ça que moi j’évite ce type de demoiselles comme si c’était la peste, puisque moi je ne suis ni un bagarreur ni un menteur ni un voleur ni un cameruineur. J’essaie d’être un citoyen honnête comme mon meilleur ami Pierre La Paix Ndamè. J’essaie de fréquenter de bonnes filles qui ne crachent pas en public et qui ne me demandent pas tout le temps l’argent de taxi.
Même si je sais que le problème des sales filles, c’est tout simplement l’éducation de base qui n’est plus correctement enseignée ici dans notre pays le Cameroun…


Ecclésiaste DEUDJUI, je ne suis pas un sale garçon
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