Ecclésiaste Deudjui

J’ai perdu mes deux mains !

Je souffre d’une maladie rare qui s’appelle le syndrome du canal carpien, et qui peut conduire à une paralysie totale ou bien partielle des membres supérieurs.
Bref, je vais bientôt perdre mes deux mains !

douleur au poignet de la main
Pain in her wrist, isolated in a white background. Red circle around the painful area.

Les symptômes

Les symptômes sont très simples : le syndrome du canal carpien conduit à un engourdissement des membres supérieurs, et cela est généralement accompagné par des picotements et des fourmillements dans chacune des deux mains. Une sensation de douleur est ressentie au niveau des articulations de chaque doigt, mais en particulier sur le pouce, sur l’index et sur le majeur. Il devient ainsi difficile pour le malade de comprimer l’une de ses mains, de saisir un objet quelconque ou encore d’exécuter un geste manuel avec précision. De plus, le syndrome du canal carpien est beaucoup plus accru dans la soirée, c’est-à-dire que les mains du patient deviennent particulièrement douloureuses après chaque nuit de sommeil.

Le commencement de ma maladie

Moi j’ai développé cette maladie après mon retour à Douala, juste à la suite du Sommet des blogueurs qui s’est tenu à Yaoundé. J’étais sorti avec ma moto, comme d’habitude, mais dès le lendemain matin, j’ai constaté comme un engourdissement et des crampes au niveau de mes membres supérieurs. Les jours suivants, le phénomène est devenu de plus en plus douloureux, et chaque matin, j’ai beaucoup de mal à utiliser mes deux mains pour ouvrir la porte, me brosser les dents, éteindre la lumière de la véranda, prendre un verre d’eau au frigo, débrancher le chargeur de mon téléphone portable…
Je souffre ! J’ai même commencé à envisager une éventuelle intervention chirurgicale, mais heureusement que ce syndrome me permet au moins – pour le moment – d’exécuter quelques actions minimes au cours de la journée. Sauf que je suis très diminué, et que j’ai énormément perdu en dextérité. Bientôt je ne pourrai même plus manipuler le clavier de mon ordinateur portable, puisque j’ai continuellement mal sur mes deux poignets et aussi sur mes dix doigts ! Même si, fort heureusement, j’avais déjà commencé à me renseigner sur cette pathologie qui me paraissait vraiment étrange…

deux mains douloureuses
Le syndrome du canal carpien attaque les deux mains en général. Source: docteurclic.com /CC-BY

Les méthodes de traitement

En général, les traitements du syndrome du canal carpien sont plutôt divers et variés. Ça peut aller d’un traitement par le froid (c’est-à-dire par la glace), ou alors par des méthodes empiriques telles que le repos, les étirements de la main, la pose d’attelles sur les poignets, la modification de son activité physique, etc.
La prise de médicaments peut également être recommandée, notamment des stéroïdes ou certains anti-inflammatoires bien spécifiques. En cas de complications, il faudra procéder à une opération chirurgicale du canal carpien, ce qui se fait en sectionnant le ligament annulaire. Même si dans un cas sur trois – et heureusement ! – le patient peut guérir sans aucun traitement au bout de quelques jours seulement. La majorité des malades guérissent spontanément au bout de quelques mois après l’apparition des tout premiers symptômes…

Les différentes causes

Les causes du syndrome du canal carpien sont vraiment multiples. Il peut s’agir d’un traumatisme au niveau du poignet (fracture, entorse, déformation, luxation, etc.), d’une maladie chronique (diabète, obésité, hypertension…), ou tout simplement d’une position inconfortable au bureau, voire de l’accumulation de gestes répétitifs.
Sur le plan biologique, la maladie est provoquée par la compression du nerf médian qui est situé à l’entrée du poignet, et qui est essentiel à la sensibilité et au mouvement de chacun des doigts de nos mains. Cette compression est provoquée par l’inflammation des tendons du poignet, lesquels, en prenant du volume, exercent une pression sur le nerf médian et empêchent ainsi son fonctionnement normal.
La maladie touche généralement les personnes âgées de plus de 50 ans, même si des exceptions peuvent être remarquées à causes des facteurs aggravants susmentionnés. Les femmes sont majoritairement plus touchées que les hommes, et représentent environ trois cas sur quatre. Enfin, statistiquement, une personne sur vingt sera appelée à souffrir du syndrome du canal carpien au cours de son existence.

anatomie de la main
Le nerf médian est responsable de la sensibilité et de la mobilité des doigts. Source: uttam.quebec /Image reprise sous autorisation

J’ai déjà perdu mes deux mains !

Je souffre donc d’une maladie inconnue qui s’appelle le syndrome du canal carpien ou syndrome du tunnel carpien, et qui peut conduire à une paralysie totale ou bien partielle de mes membres supérieurs.
Bref, je vais bientôt perdre mes deux bras.

J’ai perdu mes deux mains ! Je suis devenu comme un manchot, car j’ai beaucoup de mal à dresser mon lit désormais, à laver les assiettes, à repasser mes vêtements et bientôt je ne pourrai même plus rédiger des articles.
J’ai perdu mes deux membres ! Je m’imagine déjà en train de dépendre de mon ami Pierre La Paix Ndamè pour avaler ma nourriture, et d’ailleurs même, je regarde déjà ma main droite et ma main gauche comme des pots de fleurs.
Je suis déjà en train de perdre mes dix doigts de façon irréversible.

Une fois rentré de Yaoundé après le troisième Sommet des blogueurs, j’ai conduit ma moto durant presque toute une journée. Dès lors, j’ai constaté un engourdissement au niveau de mes membres supérieurs, et la douleur s’est renforcée au fil des nuits jusqu’à ce que je devienne aujourd’hui complètement paralysé !
Bref, j’ai perdu mes deux mains.


Ecclésiaste DEUDJUI, j’ai perdu mes doigts
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J’ai participé au troisième Sommet des blogueurs à Yaoundé

Du 11 au 13 novembre, il s’est tenu à Yaoundé la troisième édition du Sommet des blogueurs du Cameroun. Et une fois de plus j’y ai participé…

photo de famille du 3ème Sommet des blogueurs du Cameroun
Le Sommet des blogueurs a été ouvert par M. Félix Zogo (en veste noire et cravate rouge), représentant du ministre de la communication. Photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

La thématique du Sommet

Comme lors des précédentes éditions, le Sommet de cette année portait sur un thème qui lui est spécifique : Blogging et citoyenneté numérique. Il s’agissait alors de définir le concept de citoyenneté numérique, et de réfléchir ensuite sur les rôles qu’y occuperont les blogueurs, les influenceurs, les entrepreneurs, les autorités administratives, etc.
Nous avons travaillé pendant trois jours, au bout desquels nous sommes arrivés à une vingtaine de recommandations portant à la fois sur les réformes institutionnelles, les organisations politiques, les entreprises publiques et privées, l’égalité des genres, l’éducation, la santé publique, la société, la culture, les loisirs et le sport. Nos recommandations ont pour but d’inciter les pouvoirs publics et les populations à une meilleure responsabilité sur l’espace digital, mais aussi à faciliter la communication et l’opérabilité de tous les acteurs qui interagissent sur les réseaux sociaux.

Les participants

Comme participants, nous étions près de 70 : 10 experts, 50 participants invités et enfin 10 membres du comité de pilotage. Les 50 invités étaient majoritairement des membres de l’ABC (Association des blogueurs du Cameroun) pour la plupart, mais pas exclusivement. Ils provenaient de plusieurs villes du Cameroun telles que Bafoussam, Bamenda, Buea, Douala, Dschang, Maroua, Ngaoundéré ou encore Yaoundé.
Ils étaient aussi de plusieurs nationalités. J’ai par exemple rencontré Mahmoud Sabir qui vit là-bas à Maroua, mais qui est de nationalité tchadienne. J’ai aussi entendu dire qu’il y avait un Centrafricain dans l’assemblée, même si je n’ai pas pu le localiser. Et aussi les échanges se faisaient indifféremment en anglais et en français. Nous avons prôné le vivre-ensemble tout au long de nos fructueux échanges, et j’ai réellement été content de revoir certaines têtes de blogueuses que je n’avais plus revues depuis le Sommet de l’année dernière…

équipe web radio au Sommet des blogueurs du Cameroun
Une web radio était implantée sur le site du Sommet des blogueurs. Crédit: Borrin Kamguia /CC

Les intervenants

Il s’agit des 10 experts dont j’ai parlé plus haut. En réalité, il s’agit surtout des représentant de nos partenaires privilégiés, c’est-à-dire ceux qui ont principalement financé cet événement.
On a eu l’intervention de Thierry Ngogang qui est le directeur de la communication au sein du groupe Bolloré Golfe de Guinée, et qui nous a fait une rapide présentation de son entreprise. On a eu ses acolytes de Camrail qui sont venus nous présenter les avantages de leur nouveau produit, le Train Express qui circule entre Douala et Yaoundé. On a eu l’intervention d’Edouard Tamba, ce haut responsable de MTN ( filiale camerounaise de télécommunications) qui est en même temps un fidèle allié et ami de l’ABC. On a eu le mot de bienvenue du Pr Félix Zogo du MINCOM (Ministère de la communication). On a eu l’exposé du Dr Shalom Ndoula qui est le secrétaire permanent du Programme Élargi de Vaccination (PEV), et qui s’est entretenu sur l’histoire des épidémies et le problème que rencontrent les vaccins anti-Covid-9 au Cameroun. On a eu le discours d’Eduk-Media qui nous a appelés à une meilleure responsabilité sur l’espace numérique. De même que DefyHateNow qui lutte contre la désinformation et les discours de haine qui circulent sur le web. Sans oublier les prises de parole du PAD (Port autonome de Douala) qui nous a dévoilé ses activités, ou encore l’intervention de Hafsa Enoh qui est une haute responsable à la Banque Africaine de développement (BAD), et qui a insisté pour qu’on trouve des commodités de collaboration entre son institution et l’ensemble des organisations de blogueurs qui opèrent sur le continent africain.

La fausse note du Sommet

Enfin, la fausse note du Sommet. Car lors de la dernière journée, nous avons été victimes d’un terrible coup de vol. Un individu mal intentionné s’est dissimulé parmi les nombreux participants du Sommet, pour commettre son forfait irréparable. Il a été identifié par les caméras de surveillance de la salle de réunion, mais malheureusement il avait déjà quitté les lieux. Que faire ?
Cette nouvelle a littéralement abasourdi l’ensemble des blogueurs présents au Sommet, et jusqu’ici nous ne nous en remettons pas complètement. Cet événement malheureux nous amènera à plus de vigilance pour les prochaines éditions, et notamment à mettre un accent particulier sur le volet sécuritaire. Comme dirait quelqu’un, « Quand tu perds, ne perds pas la leçon ! »

les blogueurs au restaurant Galapagos
Les blogueurs se sont retrouvés le vendredi soir au restaurant le Galapagos pour un after. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

J’ai participé au 3ème Sommet des blogueurs du Cameroun

Donc du 11 au 13 novembre 2021, il s’est tenu au Djeuga Palace la troisième édition du Sommet des blogueurs du Cameroun. Et une fois de plus j’ai été ravi d’y participer…

J’ai participé au Sommet des blogueurs ! J’ai encore revu le talent et le charme de notre président Dania Ebonguè, et je pense qu’il est le principal responsable du développement du blogging au Cameroun.
J’ai participé au sommet de Yaoundé ! Je suis retourné dans la ville de M. Paul Biya, et nous avons passé une soirée formidable au restaurant Galapagos là-bas vers le carrefour Emia.
J’ai participé au 3ème Sommet des blogueurs, et le hashtag de cette année est encore resté le même : #237BloggersSummit !

Mais au-delà de cette rencontre, il faut surtout y voir une volonté de persévérer. Il faut d’abord y voir une volonté de progresser de la part de l’Association des blogueurs du Cameroun, et aussi il faut y voir une déterminante intention de s’imposer. Car la citoyenneté numérique ne concerne pas seulement les acteurs du digital, mais elle doit aussi devenir une véritable préoccupation pour tous les autres Camerounais.
Y compris mon meilleur ami Pierre La Paix Ndamè


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Le plus grand Camerounais de l’Histoire, c’est Biya !

Depuis samedi dernier, cela fait exactement trente-neuf ans que Paul Biya a accédé à la magistrature suprême. Et même si je le considère comme un président incompétent, il faut bien reconnaître que ce monsieur-là est manifestement le plus grand Camerounais de notre Histoire.

Paul Biya et Chantal Biya à Maroua
Paul Biya lors d’un meeting, durant la campagne électorale de 2018. Crédit: letemps.ch /Image reprise sous autorisation

Déjà, on ne devient pas un vieillard du quatrième âge par hasard. Car ce n’est pas le qui veut, mais qui le peut ! Puisque Paul Biya appartient à une rare génération d’êtres humains qui sont nés dans le premier tiers de l’ancien siècle (il est né en 1933 !), et qu’il continue malgré cette âge avancé de rester quand même solidement debout sur ses jambes.

Paul Biya est un être exceptionnel parce qu’il a vu mourir presque tous les individus de sa catégorie d’âge. Il a su adopter une hygiène de vie quasiment irréprochable. Il est dans une condition physique à toute épreuve, au point de pouvoir résister à l’inévitable épreuve du temps. Car très peu sont les personnes qui peuvent se targuer d’avoir atteint son âge de presque 89 ans aujourd’hui, sans présenter l’apparence d’être déjà complètement tout rabougri …

Sa longévité au pouvoir

Bientôt quarante ans ! Toute une vie, ou presque. Presque deux générations de dictature. Car Paul Biya est aux commandes du Cameroun depuis le 6 novembre 1982, et il n’a même pas l’intention de vouloir s’accorder la moindre petite pause.

C’est un dirigeant exceptionnel ! Pas pour ses qualités hein, mais il a quand même vu défiler sept présidents américains et cinq présidents français. Il a vu se succéder des communistes chinois, des chanceliers et chancelières allemands, des empereurs et des monarques du monde entier qui sont décédés pour la plupart, et aussi quelques papes comme Jean-Paul II, Benoît XVI et plus récemment Sa Sainteté le pape François Ier…
Il a connu tellement d’épopées depuis son accession inattendue au pouvoir, qu’il en maîtrise désormais tous les rouages. Il a su garder le cap (de son strapontin, bien sûr) malgré des pressions internationales souvent très fortes. Il a su faire semblant d’instaurer le multipartisme et la démocratie dans un pays qui a pourtant soif de son remplacement, et se réinventer à travers des slogans aussi creux et pompeux que Les Grandes Ambitions, Les Grandes Réalisations, La Force de l’Expérience, etc.

Les couples Biya et Obama
President Barack Obama and First Lady Michelle Obama greet His Excellency Paul Biya, President of the Republic of Cameroon, and Mrs. Chantal Biya, in the Blue Room during a U.S.-Africa Leaders Summit dinner at the White House, Aug. 5, 2014. (Official White House Photo by Amanda Lucidon)

Sa connaissance et sa maîtrise du Cameroun

Cet homme-là maîtrise le Cameroun à la perfection. Parce qu’il a vécu dans ce pays-ci bien avant les indépendances, il est un témoin privilégié de l’Histoire coloniale et post-coloniale de notre Cameroun. Parce qu’il a aussi travaillé au sein de notre administration avant d’en devenir le chef inamovible. Parce qu’il a surtout été le collaborateur privilégié de Son Excellence Ahmadou Ahidjo, notre tout premier président. Parce qu’il a également vécu à l’époque du Maquis. Il sait donc parfaitement ce qu’il s’était passé lorsque l’armée française exterminait les villages qui abritaient les soi-disant maquisards. Enfin, parce qu’il était aussi présent lors des exécutions d’Ernest Ouandié, Ruben Um Nyobè, Osendé Afana, etc.

Ce type-là connaît le Cameroun sur le bout de ses ongles. Il a été chargé de missions à la Présidence, ministre d’Etat, secrétaire général à la Présidence de la République, directeur du cabinet civil puis Premier ministre. Il a assisté à la Réunification du Cameroun avec la partie anglophone en octobre 1961. Il nous a « apporté » la démocratie, ou en tous cas le multipartisme. Il était la cheville ouvrière des plans quinquennaux qui étaient mis en place par son illustre prédécesseur, afin de faire prospérer notre pays sur les plans économique et industriel. Il a côtoyé toutes les plus hautes personnalités de notre Panthéon qui sont déjà décédées pour la plupart. Je le considère présentement comme une sorte de dernier des Mohicans.

Sa gestion des crises

En ce qui concerne les moments difficiles, Paul Biya a été servi ! Déjà parce que dès le 6 avril 1984, il a dû échapper à un assassinat qui était prémédité. Dès le début des années 1990, il a miraculeusement échappé au Vent de l’Est et aux Villes Mortes. Il est demeuré Président de la République en 1992 alors qu’il avait vraisemblablement perdu les élections. Il a interdit la Conférence nationale souveraine alors que tous les habitants du Cameroun la réclamaient. Il a fait modifier la Constitution en 1996 pour limiter les mandats présidentiels à deux seulement, puis il l’a modifiée de nouveau en 2008 en arguant que « la limitation des mandats est une disposition anti-démocratique ».

Paul Biya a su se faufiler entre les velléités de la communauté internationale qui ont vainement cherché à le renverser. Il est toujours parvenu à faire plaisir aux Occidentaux pour qu’ils ne cherchent pas instamment à le déstabiliser. Il manie avec dextérité l’art de ne pas se faire remarquer lors des réunions internationales, et aussi l’art de collaborer indistinctement avec tout le monde (les Chinois, les Russes, les Français, les Américains, les Vénézuéliens, etc). Il a su résister aux annonces de son décès en 2004 et en 2020, à la guerre terroriste contre la secte Boko Haram qui a terrorisé le Grand-Nord, à la crise sécessionniste qui perdure dans les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, à la montée en puissance du MRC dont certains militants sont favorables à l’insurrection généralisée et à la désobéissance civile…

Paul Biya et Ahidjo
Paul Biya (à gauche) en compagnie de l’ancien président Ahmadou Ahidjo. Source: camerounweb.com /CC-BY

Le plus grand camerounais de notre Histoire, c’est Paul Biya !

Donc depuis samedi dernier, cela fait exactement trente-neuf ans que Paul Biya a accédé à la magistrature suprême. Et même si personnellement je le considère comme un président médiocre, je dois bien reconnaître que cet octogénaire est indiscutablement le plus grand Camerounais de tous les temps…

Le plus grand Camerounais de l’histoire, c’est Biya ! Parce que ses citations sont devenues aujourd’hui des aphorismes légendaires, à l’exemple de « le Cameroun, c’est le Cameroun », qui reste probablement sa déclaration la plus philosophique !
Le plus fameux Camerounais du siècle, c’est Biya ! Que ce soit celui actuel où il incarne le seul président qu’aura connu notre pays jusqu’ici, ou alors le siècle dernier où il avait intégré la Très-Haute Administration dès la fin des années 1960 !
Le plus puissant Camerounais que j’aie jamais connu dans ma vie, c’est Paul Biya ! Et pourtant j’ai quand même connu des gens importants, comme mon meilleur ami Pierre La Paix Ndamè

Mais c’est parce que quand je regarde la vie de ce patriarche, je suis quand même quelque peu impressionné. Et je me demande comment ce petit séminariste d’un village perdu du Cameroun qui s’appelle Mvo’omeka, a pu devenir notre président de la République et a su se maintenir pendant environ quarante ans.
Surtout qu’il y aura des élections en 2025, et que le bon monsieur n’est même pas encore sur le point de vouloir se reposer…


Petit précis de savoir-vivre à l’usage de quelques Camerounais

Je vais le dire clairement, certains Camerounais sont très-très mal élevés ! Mais c’est simplement parce qu’ils n’ont pas souvent eu accès à certaines règles élémentaires sur le savoir-vivre…

Dessin homme qui fait un baiser sur la main d'une femme
Il faut encore apprendre la galanterie à certains Camerounais. Source: mrafropolitain.com /Dessin repris sous autorisation

On ne demande pas le numéro de quelqu’un n’importe comment

Je commence d’abord par les dragueurs. Parce qu’il y a des gars ici au Cameroun qui abordent les femmes comme si on était encore dans la civilisation du Moyen-Âge…
Nôôô ! On ne drague pas les femmes comme si on était un sauvageon. Et puis on ne lui demande pas son numéro de téléphone n’importe comment, alors qu’elle ne nous a même pas encore révélé comment elle se prénomme. On n’insulte pas une demoiselle simplement parce qu’elle a refusé de venir s’assoir ou bien de danser à côté de vous… Tsuip !
On ne drague pas une femme comme si elle était devenue un objet de loisir. On ne (mal)traite pas un gigolo comme s’il était devenu un ustensile de cuisine. On ne demande jamais son âge à une dame, sauf si c’est elle qui a décidé de vous le déclarer d’elle-même. On n’invite pas une demoiselle qu’on respecte dans n’importe quel milieu. Et même si vous êtes un sauvageon et que vous manquez cruellement de savoir-vivre, prenez un peu de distance lorsque vous décidez de faire la cour à une femme que vous appréciez sincèrement.

On ne part pas sans dire au revoir

C’est comme les gars qui t’invitent pour venir boire la bière dans un bar, et puis qui t’abandonnent là-bas sans même savoir que tu as gaspillé ton argent de taxi pour venir les y retrouver. Et c’est pourquoi je les considère toujours comme des gens mal élevés, puisque certains s’en vont alors que vous n’avez même pas encore passé trente minutes ensemble (et pourtant ce sont eux qui t’avaient appelé hein). Et il y en a d’autres qui disparaissent régulièrement dans la nature, en faisant toujours semblant d’aller se dégourdir les testicules là-bas dans les caniveaux…
On ne fait pas ça ! On ne plaque pas quelqu’un à la dernière minute. On ne se rend pas chez les gens sans les prévenir au préalable. On ne part pas chez ses amis avec des gens qui sont des inconnus pour eux. On ne vient pas à un rendez-vous galant avec ses cousines ou bien ses sœurs (là je m’adresse aux Cameruineuses). On ne croise pas les jambes n’importe comment dans un milieu qui ne nous appartient pas, et ensuite on ne vient pas chez quelqu’un pour ouvrir son frigo, demander sa salle de bain, visiter son magasin ou alors commencer à manipuler sa télécommande sans son autorisation…

Dessin homme en cravate
A. De la Fère a écrit un excellent ouvrage sur le savoir-vivre. Source: amazon.com /CC

On ne demande pas le salaire de quelqu’un

Est-ce que c’est normal de demander à quelqu’un de vous indiquer combien il gagne ? Hein ? Est-ce que c’est d’ailleurs poli ça ? Est-ce que c’est bien élevé ? Est-ce que c’est même d’abord civilisé pour commencer ?
Parce que moi exemple, je m’étais juré de ne jamais déclarer l’intégralité de mes revenus à ma future épouse. Et même mon ami Pierre La Paix Ndamè qui est mon complice intime, depuis qu’il travaille à la mairie de Dibombari je ne lui ai jamais demandé que « Mola ! Tu touches même combien par mois ? » Pourtant je sais parfaitement que c’est avec cet argent que nous avalons régulièrement nos petites Guinness…
On ne demande pas son salaire à quelqu’un, jamais de la vie ! On ne demande pas le prix de ses acquisitions (« Tu as même acheté ton pantalon-ci à combien ? »). On ne demande pas le prix de son loyer. On ne se met pas devant les gens pour commencer à leur mener des enquêtes criminelles, en cherchant à savoir quel montant ils ont dépensé pour acquérir ceci ou bien pour cela. Et en cherchant surtout à comparer pour savoir si leur vie ne serait pas plus intéressante que la nôtre…

On ne tutoie pas les gens au hasard

Moi j’ai grandi dans le strict respect des étrangers et des personnes inconnues. Mais manifestement, certains parmi vous n’ont jamais eu accès à certaines règles élémentaires d’élégance et de bienséance…
Moi j’ai des gens que je vouvoie depuis aujourd’hui plus de vingt ans, sans jamais oser basculer dans le tutoiement ni dans l’interpellation intempestifs. Non ! D’ailleurs, même quand je monte sur la vieille moto d’un obscur bendskineur, je lui dis toujours que « S’il vous plaît, je vais à Logpom ». Et dès qu’il me dépose je réponds systématiquement « Merci ! »
Car la politesse exige qu’on ne tapote pas quelqu’un qui ne fait pas partie de vos connaissances, qu’on ne tutoie pas quelqu’un qui nous paraît supérieur ou bien dont les relations restent strictement professionnelles, et aussi qu’on essaie de maintenir une bonne conduite en toutes circonstances, surtout lorsqu’on se retrouve dans un milieu public ou devant des personnes qui nous sont étrangères.

Faut-il vouvoyer ou tutoyer ?
Dans le doute, vouvoyez ! Source: toutpourlesfemmes.com /CC-BY

Le petit précis du savoir-vivre à l’intention de quelques Camerounaises…

Donc je le dirai sans embûches, certains Camerounais sont vraiment très mal élevés ! Mais c’est souvent parce qu’ils n’ont pas toujours eu accès à certaines règles élémentaires sur le savoir-être…

Petit précis du savoir-vivre ! On ne part pas chez les gens à l’heure du déjeuner, on ne rend pas visite aux gens dans la soirée, et on n’atterrit pas chez les gens avec ses bagages même si ce sont des membres directs de notre famille.
Petit manuel du savoir-vivre ! On ne consomme pas plus chèrement que celui qui nous a invités dans un grand restaurant. On ne demande pas l’argent de taxi avec la bouche. On ne passe pas son temps à casser les oreilles des gens en leur racontant tout le temps nos petits problèmes personnels.
Le gigantesque dictionnaire du savoir-vivre, d’ailleurs j’ai l’impression que les Camerounais doivent commencer à le lire dès le tout premier chapitre.

Puisque les gens d’ici vous interpellent n’importe comment dans la rue, les gens d’ici vous parlent n’importe comment au téléphone ou dans les taxis, et les gens d’ici vous interrogent sur des informations qui sont confidentielles ou du ressort de votre vie privée. Mais le pire dans tout ça, c’est qu’ils ne s’en rendent même pas compte.
C’est pour cela que leurs comportements et leurs agissements sont souvent très-très mal élevés !


Ecclésiaste DEUDJUI, moi j’ai le savoir-vivre
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Dans la vie, on ne fait pas toujours ce qu’on a envie de faire…

Je viens de rater une opportunité qui était vraiment importante pour moi, et cela m’a littéralement démoli le moral ! Pourtant je sais bien que dans la vie on ne réussit pas toujours ce qu’on avait prévu de faire…

homme triste
Parfois la déception est si forte qu’on frôle la dépression. Source: thedrvibeshow.com /Image reprise sous autorisation

On n’épouse pas toujours la femme de sa vie

On n’épouse presque jamais la femme de sa vie, en réalité. Enfin, sauf si on est un spécialiste de l’auto-persuasion… Parce que dans la vie on ne connaît qu’un seul grand Amour ; et donc toutes celles qui précèdent sont des amours de rodage, tandis que toutes celles qui suivent ne sont que des amours de rattrapage
Vous n’épouserez jamais la femme de votre vie ! On se contentera plutôt d’une jolie demoiselle qui est entrée dans notre vie à un bon moment, et qui nous a paru si gentille. On l’acceptera malgré ses multiples défauts qu’on ne supportait pourtant pas auparavant. On se persuadera qu’elle est la femme idéale parce qu’elle nous aura donné quelques enfants et une vie de famille, mais au fond de nous on sait parfaitement qu’on la trompera. Et on se rappellera de celle qu’on avait longtemps réellement aimée à l’époque, mais qui malheureusement était partie donner tout son cœur à une autre personne…

On ne pratique jamais le métier de ses rêves

Moi quand j’étais tout petit, je voulais absolument devenir un footballeur professionnel. Jusqu’à l’âge de mes vingt-six ans, où j’ai finalement jeté l’éponge, parce que j’avais compris que les circonstances ne me permettraient plus jamais de pouvoir réaliser mon premier rêve…
Et c’est la même chose avec vous tous ! Au départ nous souhaitons souvent devenir des chirurgiens, des avocats, des hommes politiques, etc. Mais au final nous ne réalisons que rarement la moitié de tous ces objectifs. Idem pour les quelques hommes d’affaires milliardaires que nous admirons tant, mais qui pourtant rêvaient de devenir des guitaristes, des organisateurs de spectacles ou alors des dessinateurs tout simplement…
La vie est très compliquée, et on ne pratique presque jamais le métier de ses rêves. On écoute plutôt les rêves de notre père ou encore les fantasmes de notre conseiller d’orientation. On s’oriente plutôt vers les opportunités que vers les vocations individuelles. On apprend surtout à tout faire parce qu’il faut d’abord chercher à manger et à s’en sortir. Et au final, la débrouillardise devient encore plus urgente, surtout lorsqu’on a à côté de nous la soi-disant femme de notre vie !

femme africaine qui pleure
La vie est remplie de nombreux moments où nous sommes obligés de verser des larmes. Source: canalblog.com /Image reproduite sous autorisation

On ne choisit pas sa famille

On ne choisit pas de naître riche ou bien très pauvre. On ne choisit pas son appartenance ethnique. On ne décide même pas de sa religion ni de ses opinions politiques, à vrai dire, puisque notre société et notre entourage familial nous ont déjà presque tout concocté dès la naissance.
Alors, qu’est-ce que nous choisissons même au juste ? Rien du tout !
Car dans la vie-ci hein, tu auras toujours des frères et des sœurs sur lesquels tu n’avais jamais donné ton opinion avant de venir les rejoindre, ou qui te sont tombés dans les pattes comme ça du jour au lendemain. Tu auras parfois des cousines et des parents qui semblent bizarres. Tu seras obligé de composer avec ta belle-mère et tes grands oncles et pourtant, on ne t’avait rien demandé, ni à eux non plus d’ailleurs ! Parce que dans la vie on ne fait pas toujours ce qu’on a envisagé de faire, puisque les conditions initiales ne sont pas identiques dès le départ. Et en plus on n’avait même pas sollicité ton avis avant de te distribuer d’aussi bonnes ou d’aussi mauvaises cartes.

On ne saisit pas toujours les occasions

Et donc pour revenir à mon opportunité que j’ai ratée, disons que cet échec m’avait littéralement démoli le moral ! Puisque je m’étais bien préparé, j’avais tout bien apprêté, et puis j’avais tout imaginé. Je me suis représenté dans la position d’un conquérant puisque j’avais réellement fait tout ce qu’il fallait pour réussir… Mais j’ai échoué !
Dans la vie on ne saisira pas toujours toutes les opportunités. On ne réussira pas toujours à tous les concours. On ne deviendra pas forcément le lauréat de toutes les cérémonies de récompenses, et je suis bien placé pour le savoir. Je suis bien placé parce que j’ai déjà participé à de très nombreux entretiens d’embauche, et que, pour la plupart, la réponse a été froidement négative. Je suis déjà en mesure de comprendre que l’échec puisse apparaître comme une seconde nature, et que la réussite ne serait que l’exception. Mais j’avais quand même le droit de rêver à cette opportunité qui était vraiment importantissime pour moi, puisque chacun d’entre nous a au moins le droit de toujours continuer à persévérer…

Deux enfants
Les enfants ont la chance de ne pas avoir conscience des difficultés de la vie. Image: rosatubes.centerblog.net /CC-BY

Dans la vie hein, on ne fera pas toujours ce qu’on avait envie de faire…

Donc cette nouvelle m’a littéralement bouleversé ! Et pourtant je savais parfaitement que dans la vie hein, on ne réussira pas toujours ce qu’on avait prévu de faire…

On ne vivra pas aussi longtemps qu’on l’avait souhaité ! Certains mourront seulement à quarante ans, d’autres dès le berceau, et d’aucuns n’auront la chance de vieillir jusqu’à ce qu’ils aperçoivent leurs arrières-arrières petits-enfants.
On n’habitera pas forcément là où on avait souhaité ! Certains seront obligés de partir vivre à l’étranger pour aller rechercher leur bonheur, tandis que d’autres seront obligés de rentrer vivre à Dibombari comme mon meilleur ami Pierre La Paix Ndamè.
Dans la vie-ci que vous voyez hein, les gens vous feront croire qu’ils sont très heureux, alors qu’en réalité ils n’avaient jamais prévu de devenir aussi malheureux…

Parce que l’opportunité dont je vous parle, c’était une occasion pour moi de devenir enfin un vrai écrivain. Et comme je suis un passionné de la littérature et que je rêve de gribouiller comme mon idole Alain Mabanckou, j’avais réellement mis toutes les chances de mon côté. Et malgré tous ces échecs, j’avais quand même continué à garder espoir. Pourtant je sais pertinemment que dans la vie on ne réussira pas toujours ce qu’on avait absolument envie de faire…


Ecclésiaste DEUDJUI, moi j’ai envie d’écrire
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Une fillette de cinq ans a été tuée à Buea

Dans la matinée du jeudi 14 octobre, une fillette de cinq ans a été assassinée par le tir d’un gendarme. Une tragédie de plus dans la crise sécessionniste qui ne fait que s’éterniser en zone anglophone.

Joseph Beti Assomo, ministre de la Défense au Cameroun
Joseph Beti Assomo, le ministre de la défense, est très préoccupé par cet énième incident. Source: saimondy.net /CC-BY

Que s’est-il passé ?

Dans la matinée du jeudi 14 octobre, il y a eu un incident à Buea qui a secoué toute la ville. Alors qu’une conductrice emmenait son enfant à l’école, elle a été interpellée à un poste de contrôle vers le quartier Molyko. Refusant d’obtempérer, la dame a été prise en chasse par deux gendarmes qui la trouvaient suspecte. Elle était au volant d’un véhicule banalisé (c’est-à-dire sans plaque d’immatriculation et avec des vitres fumées). S’échappant une nouvelle fois après avoir été rattrapée, elle a poussé l’un des gendarmes à tirer sur le véhicule afin de l’immobiliser, causant ainsi la mort de la fillette qui se trouvait à l’arrière de la voiture, une petite écolière de cinq ans qui s’appelait Caroline Louise Ndiallè…

L’information s’est ensuite propagée au sein de la population de Buea comme une traînée de poudre. La population a retrouvé l’auteur du tir malheureux et lui a instantanément ôté la vie… Un lynchage ! Elle s’est ensuite dirigée vers les services du gouverneur avec le corps de la petite fille, pour manifester sa colère. Une tragédie de plus dans la crise sécessionniste qui ne fait que s’éterniser dans la zone du NoSo (région du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun).

Quelle a été la réaction des autorités ?

Après avoir reçu la foule en colère, le gouverneur de la région du Sud-Ouest, Bernard Okalia Bilai, s’est naturellement dit très consterné. Il a relevé que ce sont deux symboles républicains qui ont été attaqués, que ce soit l’école pour la petite fille, et les forces de l’ordre pour le jeune gendarme qui a été assassiné. Dans la foulée, le ministère de la Défense a précipitamment communiqué dès l’après-midi, en relayant les circonstances de ces faits tragiques. Il a indiqué que le tir de sommation qui a été effectué par le malheureux gendarme-militaire, était à la fois inadapté, disproportionné et inapproprié. Mais parallèlement, le ministère de la Défense condamne également l’attitude de défiance de la conductrice, son incivisme, et regrette les conséquences désastreuses de cette altercation.
Par ailleurs, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, n’a toujours pas dit un mot. Lui qui est pourtant originaire de cette zone de conflict, n’a pourtant pas encore manifesté ni son émoi, ni sa compassion à l’endroit des familles des victimes. Et que dire alors de son supérieur hiérarchique M. Paul Biya, grand chef suprême des Armées et en même temps Grand-Père de la Nation, qui n’envisage même pas de s’exprimer sur le sujet. Nous vivons dans une comédie dramatique. C’est d’autant plus douloureux que même les gens qui sont censés nous réconforter, ne nous manifestent même pas de la commisération.

lynchage de Rigobert Achille Mvogo
La foule de Buea a déversé sa colère en assassinant sauvagement le gendarme qui a tiré sur la fillette. Source: camerounweb.com /CC-BY

Comment expliquer une telle violence ?

Cette violence est très facile à expliquer. Déjà, nous sommes dans une zone de guerre. Car même si nos dirigeants essaient toujours de noyer le poisson avec de pseudos Grands Dialogues, la crise anglophone est devenue un bourbier inextricable pour nos gendarmes et pour nos populations civiles. Tous les jours, ce sont des kidnappings, des assassinats, des incendies volontaires, des décapitations, des explosions, etc.
Les habitants de Buea qui vivent dans une telle horreur depuis dorénavant cinq ans, sont survoltés. Ils ont les nerfs à vif. De même que les gendarmes et les militaires qui sont envoyés sur le terrain, et qui sont stressés car parfois leurs primes n’arrivent pas à temps, parfois ils ne sont pas remplacés sur le théâtre des opérations, et parfois aussi ils ne se sentent pas incroyablement soutenus par la population, ni par leur propre élite administrative…

La situation est tendue à Buea. Les véhicules banalisés peuvent souvent transporter des armes et des munitions, ou encore des combattants sécessionnistes. Les militaires risquent leur vie à chaque check-point. Ils ont déjà vu leurs camarades mourir en direct, et cela a immédiatement circulé sur les réseaux sociaux. Ils sont en danger de mort à chaque seconde. Voilà pourquoi un événement ordinaire comme un simple contrôle de routine, peut très rapidement virer au drame dans ce vaste territoire de guérilla.

Hommage au gendarme qui a été lynché…

Et puis, je voulais rendre hommage au gendarme-militaire qui a été lynché par la populace. Il s’appelait Rigobert Achille Mvogo. Car ce que Pierre La Paix Ndamè ne sait pas, c’est que ce soldat-là est presque mort en martyr. Ce jeune garçon d’une vingtaine d’années possédait un lot de munitions à l’intérieur de ses nombreux chargeurs, et il aurait bien pu commettre un carnage ! En voyant arriver la foule, il a été certainement pris de remords, ce qui prouve bien que l’assassinat de la petite fillette n’avait jamais été intentionnel. Il aurait bien pu, dans un dernier sursaut de légitime défense, faire feu sur la foule et augmenter ainsi le bilan à plusieurs dizaines de morts… Mais il ne l’a pas fait.
Ce soldat qui est mort pendant son service mérite toute notre considération, et particulièrement pour son sacrifice. Il doit être félicité pour son sang-froid et pour sa maîtrise. Il doit être regretté au même titre que la petite fillette qui se rendait simplement à l’école. Il doit même être présenté comme un exemple pour les futures promotions de militaires qui seront confrontées à de pareilles situations.

le soldat Achille Mvogo
Rigobert Achille Mvogo était un soldat rompu à la manipulation des armes. Source: camerounweb.com /CC-BY

Une Camerounaise de cinq ans a été tuée à Buea !

Donc dans la matinée du jeudi 14 octobre 2021, une fillette de cinq ans a été malheureusement assassinée par le tir d’un militaire. Une tragédie de trop dans la crise sécessionniste qui ne fait que s’éterniser ici au Cameroun…

Une fillette de cinq ans a été tuée à Buea ! Il s’agit d’un crime envers l’enfance, et malheureusement cela nous rappelle le carnage des enfants qui avaient été sauvagement assassinés à Kumba.
Un militaire a été tué à Buea ! C’est une immense perte pour nos forces de défense et de sécurité, et c’est une immense tristesse pour notre justice qui continue souvent de se faire de façon populaire…
Une Camerounaise de cinq ans a été assassinée à Buea, mais c’est comme cela que ça se passe là-bas tous les jours depuis le mois de novembre 2016.

Puisque nos dirigeants sont toujours dans la dénégation et dans la banalisation. Puisque ce conflit fratricide est généralement qualifié par eux de « simple petite mésentente ». Puisque la situation en zone anglophone a déjà considérablement dégénéré, et que les drames comme celui-ci ne font que se multiplier de jours en jours, et ensuite d’années en années.
La fillette de cinq ans qui a été tuée à Buea ainsi que le gendarme, ne sont que les victimes collatérales d’une situation qui a malheureusement fini par nous échapper…


Je me déconnecte !

C’est vrai que ça fait bizarre pour un blogueur comme moi de dire qu’il va se déconnecter pour de bon, mais c’est parce que j’en ai marre ! Et aussi parce que j’ai envie de regoûter à la sensation de la vie réelle…

non aux réseaux sociaux
Il est parfois nécessaire de se couper des réseaux sociaux pour un moment. Source: masculin.com /CC-BY

C’est chronophage

Le temps que nous passons sur internet est devenu inimaginable ! Sur la moto, dans les taxis, dans les bars-restaurants, dans les bureaux administratifs, dans les marchés, dans les auberges, etc.
C’est extrêmement chronophage ! Et c’est pour cela que moi, j’ai décidé de me déconnecter, car j’en avais déjà ras-le-bol de toujours arriver en retard. J’en avais aussi assez de me réveiller à 5 h 30 du matin presque tous les jours, mais de quitter de mon matelas à partir de 9 h 30. J’en avais plein la casquette de ces conversations sur WhatsApp qui durent pendant toute une éternité, et qui ne concernent que des inconnues. Je suis déjà fatigué de rechercher les scoops sur Facebook, de vouloir toujours tout savoir, de télécharger absolument la dernière vidéo qui a été publiée sur YouTube ou sur TikTok, ou alors d’installer des applications que jusqu’aujourd’hui je n’ai même pas encore eu besoin d’utiliser hein…

C’est pornographique et désinformateur

La plupart des images qui circulent sur WhatsApp au Cameroun sont des images pornographiques. Et pour les vidéos alors, on est carrément dans le voisinage des 99,99 % !
Bref, je me déconnecte. Je suis fatigué de recevoir les mêmes blagues pourries dans toutes mes messageries de groupe, ou encore les mêmes citations éculées. Je suis fatigué d’être désinformé à longueur de journée sur les différents murs de mes « amis », parce que chacun d’eux veut fabriquer sa propre information. Je suis sidéré et même embêté que tout le monde veuille se prendre pour un journaliste, pour un docteur, pour un mécanicien ou pour un politicien. Et je suis aussi presque en colère, parce que je regarde souvent des Facebook-live où certains pasteurs essaient de se faire passer pour des messagers de Dieu…

selfie animé
Les réseaux sociaux sont souvent remplis de selfies. Source: giphy.com /CC-BY

C’est surchargé de selfies

Moi j’appelle ça les « sel-filles ». Parce que d’après mon étude, la plupart des selfies au Cameroun sont généralement initiés par des Camerounaises. Et je suis sérieux hein, je ne plaisante pas. Les femmes ont tellement surchargé les autoroutes de l’information avec leurs selfies, que bientôt tous les serveurs américains seront complètement saturés !
Et moi ça me donne la tension, puisque j’ai observé que les smartphones d’aujourd’hui sont principalement devenus des appareils photographiques. J’ai constaté que les femmes camerounaises se filment n’importe où, c’est-à-dire dans la cuisine, dans la chambre à coucher, sur les escaliers roulants, dans les glaciers modernes, dans les magasins de porcelaine, devant la mosquée ou la cathédrale, à l’intérieur du cimetière, etc.
J’ai constaté que leurs stories sont de plus en plus surchargées sur Facebook, Instagram et sur Snapchat, d’ailleurs elles ont aussi développé le montage vidéo avec des applications que même Pierre La Paix Ndamè ne sait pas encore utiliser… Et vous voulez que moi, le fils de Deudjui Célestin, je dilapide mes minuscules mégas avec ce genre de contenus-photos qui sont totalement retouchés ?

Ça m’éloigne du contact humain

Quand je n’avais pas encore arrêté ma décision, j’étais capable d’entrer dans un milieu public vers 17 h 30, et de ressortir de là à minuit sans même remarquer le visage d’une seule personne, je vous assure ! Puisque même les filles que j’avais invitées hein, elles ne me reconnaissaient même plus ! Elles passaient seulement leur temps avec la tête baissée sur la lumière bleue de leur smartphone, et elles ne m’interpellaient que lorsqu’il fallait régler les factures… Tsuip !
Il faut vraiment que je me déconnecte. Car j’ai impérativement besoin de retrouver cette bonne vieille sensation d’auparavant, lorsque nous parlions encore réellement avec les gens. Je n’ai plus envie que mes connaissances ne soient plus que des photos de profil. Je n’ai plus envie d’enregistrer des voice notes mais plutôt de parler directement aux gens en face-à-face. Je suis fatigué des appels vidéo, je suis fatigué des notifications intempestives et je suis fatigué des statuts WhatsApp qui remplissent ma galerie à longueur de journées.
Bref, dorénavant je vais me déconnecter afin de pouvoir privilégier le contact humain.

Certains réseaux sociaux finissent par absorber notre personnalité. Source: Geralt / Pixabay

Je me déconnecterai pour de bon !

Donc c’est vrai que ça fait bizarre pour un écrivain comme moi de dire qu’il va se déconnecter pour de bon, mais c’est parce que j’en avais déjà marre ! Et aussi parce que j’ai vraiment envie de regoûter à la sensation de la vie réelle…

Je me déconnecte ! Celui ou celle qui veut me parler n’aura qu’à me téléphoner dorénavant, au lieu de me croiser par hasard et de me dire que « Mais ça fait trois jours que je t’ai écrit sur WhatsApp et tu n’as toujours pas répondu… »
Je me déconnecte ! Si désormais une fille veut une relation sérieuse avec moi, elle n’a qu’à éteindre son Wifi lorsqu’elle se retrouve en ma présence.
Je me déconnecterai et cette fois-ci ce sera définitif, même si ça peut paraître bizarre puisque je resterai quand même un blogueur.

Mais c’est parce que je suis déjà fatigué de ces émotions virtuelles. Je suis fatigué de perdre mon temps sur des inutilités et des futilités. Je suis fatigué d’avoir perdu le contact humain. Je suis désespéré de ne plus regarder les Camerounaises dans le blanc des yeux, et de leur démontrer combien je les aime. Parce que c’est tout le monde qui est dorénavant scotché sur son téléphone portable, et malheureusement nous ne faisons même plus la différence entre le monde virtuel et la vraie réalité du Cameroun…


Ecclésiaste DEUDJUI, je suis déconnecté
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