Ecclésiaste Deudjui

Je vous en prie, il faut faire cesser la crise anglophone !

Dans la journée de samedi, des individus non identifiés sont entrés dans une école primaire et secondaire, puis ont froidement abattu une demi-douzaine d’élèves en blessant grièvement certains de leurs camarades. Il faut immédiatement faire cesser la crise anglophone !

Bafoussam demande la fin de la crise anglophone
Les habitants de Bafoussam se sont rassemblés pour demander a fin de la crise anglophone. Source: Facebook /CC

Il faut demander à Paul Biya de réagir

Depuis l’année 2016 que ce conflit funeste a été déclenché, le président Paul Biya n’a jamais posé ses pieds dans cette partie anglophone de notre Cameroun. Au contraire, il multiplie les fumisteries, les mises en scène d’ex-séparatistes présentés comme des démobilisés alors qu’il n’en était rien et au final, la crise au Nord-Ouest et au Sud-Ouest ne fait que perdurer et re-perdurer encore…

Paul Biya doit absolument et immédiatement réagir ! Il doit cesser de nous bluffer avec son fameux Grand dialogue d’octobre 2019, qui n’avait produit que des effets d’annonce. Il doit ensuite proposer des solutions concrètes, au lieu de se limiter au « statut spécial » de ces circonscriptions aux élections régionales, au plan d’aide humanitaire d’urgence (PAHU), à la traduction des textes officiels du français vers la langue anglaise et que sais-je encore…

Il doit plutôt adopter une posture de réconciliateur et s’adresser nommément et directement à ses supposés enfants de la partie anglophone de notre pays. Il doit commencer par se comporter comme un père et un chef de famille, et surtout cesser de se faire considérer comme un individu divin. Parce que c’est certainement cette attitude de condescendance et d’arrogance qui a fait exploser la colère des combattants sécessionnistes, et c’est certainement cela aussi qui a exacerbé leur radicalisme.

Il ne faut plus banaliser l’horreur

Il ne faut plus que les Camerounais s’habituent aux tragédies aussi macabres. Parce que je les vois se partager les images des décapitations et des mutilations en souriant, et parfois même en s’alimentant en même temps. Il faut que les Camerounais apprennent à comprendre que la vie d’un individu n’a rien d’un jeu. Que chaque mort est une catastrophe. Que ce n’est pas normal de boire notre bière ici à Douala tranquillement, pendant que des compatriotes sont en train de subir le calvaire et le martyre là-bas, de l’autre côté.

Parce que les barbaries se multiplient déjà assez en zone anglophone depuis bientôt cinq ans, et j’ai bien peur que les francophones de ce pays finissent ont fini par s’y habituer. Les déplacements de populations sont légion et des dizaines de milliers de personnes sont devenues réfugiées dans leur propre territoire. Il faut arrêter de banaliser cette guerre ! Ce n’est pas parce que tous les jours, on rase des villages, on kidnappe et assassine des otages pour de l’argent, on torture et on maltraite des agents de l’Etat pour cause de représailles brutales, que nous allons normaliser l’assassinat de ces enfants innocents qui ne nous avaient pourtant rien demandé.

poème de Pierre La Paix Ndamè sur les victimes de Kumba
Mon ami Pierre La Paix Ndamè a produit ce poème en hommage aux victimes du massacre de Kumba. /CC

Il faut se mobiliser pour nos frères

La crise anglophone est déjà une guerre ! Il ne faut pas se le cacher. Il ne faut plus jouer avec les mots. La guerre anglophone est une tragédie qui se vit au quotidien sous nos yeux ébahis, et malheureusement, nous allons bientôt passer du statut de témoins oculaires pour devenir finalement de véritables complices.

Il faut se mobiliser pour nos frères. Il faut réclamer la fin de cette barbarie. Il faut demander à nos dirigeants de cesser avec cette arrogance meurtrière et ce mépris, et puis de trouver immédiatement une solution pour résoudre ce conflit interminable. Il faut montrer à la communauté internationale que nous pleurons toutes ces morts de toutes nos larmes, et que nous ne cautionnons aucunement ce conflit fratricide qui se déroule à quelques kilomètres de nous…

Il faut se mobiliser et il faut marcher. Il faut parler avec nos frères sécessionnistes, et il faut leur demander précisément ce qu’ils réclament exactement. Parce que si nous continuons avec cette attitude morbide et zombiesque, nous allons toujours nous émouvoir sur les réseaux sociaux, mais cela ne modifiera absolument rien dans la réalité du peuple anglophone. Il faut donc que nous nous levions comme un seul homme, dès maintenant, et que nous nous mobilisions solidairement pour assister nos bien-aimés frères du NoSo.

Il faut dialoguer avec les séparatistes

Je l’ai dit, nous devons dialoguer avec les séparatistes pour comprendre précisément ce qu’ils réclament exactement. Mais ce grand dialogue (un vrai, cette fois-ci) devrait venir du plus haut sommet de l’Etat. Car jusqu’à quand allons-nous supporter de visionner toutes ces barbaries sans rien faire ? Hein ? Voulons-nous ouvrir le journal tous les matins et apprendre qu’il y a encore eu un énième massacre et une énième boucherie de masse ?
Je n’en suis pas sûr.

Alors, je demande à notre président de la République, ou plus exactement je l’en supplie, d’ouvrir enfin des négociations sérieuses avec les commanditaires de ces criminels de grands chemins. Je sais, on ne négocie pas avec les terroristes. Mais si c’est pour sauver la vie de notre population et de nos enfants, alors pourquoi pas ? Pourquoi ne pas établir un pont entre les deux parties pour tenter, du moins essayer, d’instaurer un cessez-le-feu qui serait une bonne bouffée d’air pour tous les Camerounais de l’intérieur mais aussi pour tous ceux de la diaspora ? Hein ?

Il faut dialoguer avec le président autoproclamé de l’Ambazonie, même si vous le considérez systématiquement comme un illuminé. Parce que dans toute l’histoire de l’Humanité, un dirigeant, ou bien son armée, n’ont jamais réussi à remporter une guerre contre leur propre peuple ! Il faut donc discuter. Et c’est à la suite de cette rencontre que nous trouverons certainement un terrain d’entente. mais le plus important sera déjà de commencer à s’extirper de cette sale guerre.

Victory Camibon, victime du massacre de Kumba
Le jeune Victory Camibon faisait malheureusement partie des innocentes victimes. Dessin du haut_ Sir Kobe Williams Source: Facebook /CC

Je vous en supplie, il faut faire cesser la crise anglophone !

Donc, dans la journée du samedi 24 octobre 2020, des individus non identifiés – et surtout armés – ont fait irruption dans une école privée de la ville de Kumba, puis ils ont froidement et sauvagement abattu une demi-douzaine d’élèves ; blessant grièvement plusieurs de leurs camarades au passage.
Il faut immédiatement faire arrêter cette sale guerre !

Je vous en prie, il faut faire cesser la barbarie ! Je m’adresse aux meurtriers sécessionnistes qui ne font aucune différence entre les civils, les innocents, les femmes enceintes, les enfants, les handicapés, etc.
Je vous en prie, il faut faire cesser l’indifférence ! Je m’adresse aux compatriotes qui vont multiplier des « #EndAnglophoneCrisis » sur Facebook et sur Twitter, mais qui bientôt vont oublier qu’il y a une tragédie humanitaire qui se vit actuellement dans notre propre pays.
Je vous en supplie, très chers Camerounais, il faut se mobiliser pour que la crise anglophone s’arrête définitivement une bonne fois pour toutes !

Parce que le carnage de Kumba va finir par devenir une tuerie ordinaire, au même titre que la décapitation de le regrettée Florence Ayafor. Et si nous ne nous indignons pas rapidement comme l’a déjà fait mon ami Pierre La Paix Ndamè, nous risquerons de nous retrouver dans un no man’s land où la cruauté et la sauvagerie seront devenues les règles d’or.
Et y compris aussi en territoire francophone…


Ecclésiaste DEUDJUI, je suis Kumba
WhatsApp: (+237) 696.469.637
Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org


[Vidéo] Mon reportage sur les centres de santé de Dibombari

Durant son mandat à la tête de la commune de Dibombari, l’ancien maire Nguimè-Ekollo avait réalisé certains projets d’importante envergure. Entre autres, la construction de plusieurs centres de santé intégrés (CSI) visant à faciliter la prise en charge médicale des populations qui vivent dans cette municipalité.

N’oubliez pas de vous abonner à ma chaîne YouTube et de laisser vos commentaires, comme l’a déjà fait mon ami Pierre La Paix Ndamè.

MIXAGE & MONTAGE :
Ecclésiaste Deudjui

LIEUX DE TOURNAGE :
Nkapa
Bomono Ba Mbengue
Bwadibo
Commune de Dibombari, CAMEROUN


Ecclésiaste DEUDJUI
WhatsApp: (+237) 696.469.637
Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org<


On ne badine pas avec la mort

Une personne mal intentionnée a fait circuler une fausse rumeur sur mon ami d’enfance Fabrice Nouanga, faisant croire que ce dernier venait de décéder. C’est donc l’occasion pour moi de vous rappeler qu’on ne badine pas avec la mort…

enterrement des morts du covid-19 au Brésil
Le covid fait déjà assez de morts pour que nous nous amusions avec la vie des gens. Source: lapresse.ca /Image reprise sous autorisation

On n’annonce pas les mauvaises nouvelles

On n’annonce pas les nouvelles tragiques de n’importe quelle manière. Je suis dépassé ! Parce qu’il y a des gens ici au Cameroun qui t’annoncent des nouvelles vraiment catastrophiques, et qui le font de la manière la plus désintéressée et avec une telle désinvolture…

On n’annonce pas la mort de quelqu’un devant son père ou bien devant sa mère (cela nécessite une grosse préparation psychologique). On n’annonce pas le décès de quelqu’un par un simple coup de fil expéditif. On n’écrit pas sur les réseaux sociaux que « Fabrice Nouanga vient de décéder de manière tragique », et pourtant, on est bien conscient que cette nouvelle risque de faire le tour du monde, et qu’elle va sensiblement perturber les nombreuses personnes pour qui ce blogueur avait de la valeur.

On n’appelle pas les gens pour leur demander que « Tu as appris qu’un enseignant venait de mourir ? », parce que je trouve que cette attitude est macabrement cynique, lugubrement sadique et même manifestement nécrophagique. Puisque moi je n’ai jamais téléphoné à quelqu’un pour lui annoncer ce genre de mauvaises nouvelles. Puisque moi je déteste les gens qui ne détestent pas cette sale habitude. Puisqu’il y a même des gens, ici au Cameroun, dont je ne prends plus les appels, parce que je sais déjà qu’ils sont spécialistes des conversations du genre « Ecclésiaste, est-ce que tu as appris que notre ancien camarade de classe de Ndikiniméki venait de mourir ? »

La mort n’est pas un scoop

La mort n’est pas toujours un fait divers ! La mort n’est pas un amusement. Le décès d’un individu ne devrait pas systématiquement être considéré comme une statistique, et encore moins comme une actualité, ou pourquoi pas un sujet croustillant de votre kongossa…
La mort n’est pas un événement journalistique. Vous ne recevrez jamais le prix Pulitzer pour avoir annoncé en premier qu’il y a un Camerounais de Yaoundé qui vient tout juste de décéder. Non ! La mort n’est pas un scoop. La mort des gens ne devrait plus être utilisée par les internautes pour rechercher des likes sur Facebook, parce que ceux qui le font ont des troubles mentaux qui ne sont pas très éloignés de la nécrophilie et de la schizophrénie.
Contentez-vous de vos RIP hypocrites et de vos larmes de crocodiles lorsque vous naviguez sur les annonces de décès, mais, de grâce, cessez d’utiliser le trépas de nos meilleurs amis pour vous faire remarquer ou encore pour vous donner de l’importance auprès du grand public.

https://www.facebook.com/Herve.Fab/posts/3341206195934909

Tout le monde n’est pas un porte-parole

Et même si c’était vrai que Nouanga Fabrice était parti pour de bon, est-ce que c’était à cette personne très mal intentionnée de venir nous partager cette mauvaise nouvelle ? Hein ? Est-ce que c’était à elle de venir jouer les porte-parole, étant donné qu’elle ne fait partie ni de son cercle d’amis intimes, ni de sa fratrie ?
Est-ce que c’est tout le monde qui peut se lever un beau matin pour venir annoncer le décès d’Alfred de Musset ? Hein ? Soyons sérieux, quand même !

Parce que les Camerounais ont déjà adopté la sale habitude de jouer avec des informations aussi sensibles, sur les questions de vie ou de mort, qu’ils n’en saisissent même plus ni la portée, ni les effets induits et indésirables. Les Camerounais confondent déjà la liberté d’expression avec la liberté de diffamation. Parce que c’est de ça qu’il s’agit en réalité ! Puisqu’ils ont même déjà atteint le niveau où ils affirment mordicus que Paul Biya est officiellement décédé, sans même daigner prudemment utiliser le conditionnel. Et pourtant, même si c’est réel que notre président n’est plus, il y a des gens dans son entourage qui sont responsables de diffuser cette information au peuple camerounais. Et ce sont uniquement ces gens-là, qui seuls détiennent la caution de revêtir cette grande et lourde responsabilité.

La mort est un sujet très important

La mort n’est pas un amusement, je vous l’ai déjà dit. La mort n’est pas une blague. La mort n’est pas un jeu d’enfant et personnellement, je la considère comme étant le sujet le plus sérieux et le plus grave de tout l’univers !
La mort fait réfléchir. En tous cas, moi. La mort nous interroge sur le sens de notre vie, et donc sur son utilité. La disparition d’un ami proche est un événement excessivement marquant, puisqu’elle nous ramène aux véritables valeurs que sont la générosité, la simplicité et surtout l’humilité. La mort des gens qu’on a vraiment connus nous affecte toujours particulièrement, parce que nous revoyons tout leur parcours et toute leur vie en une demie fraction de seconde.
La mort est un sujet tellement sérieux qu’il faut arrêter de la banaliser, et d’en parler n’importe comment. Surtout parce qu’elle est imprévisible et que chacun d’entre nous devra bientôt y passer tôt ou tard

cimetière rempli de morts en Afrique
Les cimetières sont là pour nous rappeler l’importance de la vie. Source: mopays.com /Image reprise sous autorisation

Chers Camerounais.es, il ne faut plus badiner avec la mort !

Donc une personne très-très mal inspirée avait fait circuler une fausse rumeur sur mon vieil ami Fabrice Nouanga, en vous faisant accroire que ce dernier venait de quitter ce monde. Et c’est donc là l’occasion pour moi de vous rappeler qu’il ne faut plus vous amuser avec les amitiés des gens…

On ne badine pas avec la mort ! Il s’agit d’un sujet critique qui peut faire mourir les épileptiques, clamser les hypertendus mais aussi foudroyer les gens qui nous sont chers et qui ne pourraient pas supporter une si mauvaise nouvelle.
On ne badine pas avec la mort ! Il ne faut pas en parler à haute voix, il ne faut pas en parler en riant, il ne faut pas la propager sur les réseaux sociaux sans aucune vérification préalable, et surtout sans aucune autorisation.
On ne badine pas avec la réputation des autres, à vrai dire, même si la « mort » de Fabrice a finalement été pour lui comme une sorte de renaissance.

Mais les gens qui en ont réellement souffert, ce sont surtout ses proches connaissances. Ce sont également ses amis d’enfance mais sans oublier ses innombrables lecteurs. Et je pense que Pierre La Paix Ndamè a aussi eu la même inquiétude que moi, puisqu’il m’a écrit ce matin pour me dire que « Mola, est-ce que tu peux dire à Fabrice de venir manger la viande de brousse ici à Dibombari ? »


Ecclésiaste DEUDJUI, moi je ne joue pas avec la mort
WhatsApp: (+237) 696.469.637
Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org


Je suis désormais un ambassadeur Yoomee

La compagnie téléphonique Yoomee m’a sollicité pour faire de moi un ambassadeur de sa marque. Et pourtant, je n’avais jamais imaginé faire de la politique…

téléphone et modem Yoomee Cameroun
J’utilise déjà toute la gamme des produits Yoomee. Crédit : Ecclésiaste Deudjui / CC-BY

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit du lancement d’un nouveau produit sur le marché de l’internet au Cameroun. C’est une initiative de la société camerounaise Yoomee Mobile. Le produit en question est une application Tout-en-un (d’ailleurs, elle s’appelle « All-in-One »). Il regroupe les services de transfert d’argent, d’achats en ligne, de facilitations d’appels téléphoniques. Des bons de réduction pour les utilisateurs de cette nouvelle application sont aussi disponibles.

Cela nécessite que les Camerounais commencent à s’imprégner des nombreux avantages qu’offre Yoomee Mobile. Ils pourront ainsi découvrir toute l’étendue de sa large gamme. Un évènement a d’ailleurs été organisé jeudi 24 septembre à Akwa, dans l’objectif de vulgariser ce nouveau produit. C’était aussi l’occasion de dévoiler les ambassadeurs qui seront chargés de populariser la bonne nouvelle…

Qui est Yoomee Cameroun ?

Yoomee, c’est une entreprise de téléphonie mobile à capitaux 100 % camerounais. Au départ, elle était de nationalité ivoirienne mais un compatriote l’a récupérée. Il l’a ainsi réorientée vers les services mobiles tels que le transfert d’argent électronique ou encore le paiement en ligne.


Yoomee Cameroun est également un fournisseur et un vendeur de téléphones portables intelligents, de MoDem, de mini-routeurs portatifs appelés Mi-Fi. Mais la société est aussi devenue un très bon prestataire d’ingénierie en réseaux informatiques. On distingue cette compagnie par le « 242 », qui caractérise tous ses numéros CDMA et LTE. Il fait penser – à tort – à des abonnements Camtel. Les deux entreprises sont liées, puisqu’elles ont noué un partenariat aussi solide que la roche de la montagne Manengouba…

Ecclésiaste Deudjui et Daphné
J’ai pu discuter avec Daphné lors de la cérémonie de lancement de l’application All-in-One de Yoomee. Crédit photo : Minette Lontsie / CC-BY

Quel est le rôle d’un ambassadeur Yoomee ?

Ce n’est pas seulement de faire de la politique ! Des ambassadeurs sont aussi là parce qu’on les a récompensés, à l’exemple de « Son Excellence » Roger Milla. Il y a aussi des ambassadeurs que l’Etat Paul Biya a voulu sanctionner. C’est pour cette raison qu’ils sont nos représentants diplomatiques dans des pays mal valorisés comme le Tadjikistan…


Et moi alors, quel type d’ambassadeur suis-je ?

Dans les missions qui nous ont été assignées, il faut déjà promouvoir l’image de la marque. On doit également y associer notre propre image. Nous devons désormais nous familiariser aux numéros « 242  » dont je parlais tout à l’heure. D’ailleurs, j’ai même déjà commencé à utiliser systématiquement ma nouvelle carte SIM.


Mais les ambassadeurs, c’est par niveau ! Au-dessus de moi, il y a des mandataires plus influents comme Martin Camus Mimb, Ben Decca, la charmante Daphné. Il y a aussi le convalescent Longuè Longuè, ou encore son ennemi juré Tchop-Tchop. Mais je me demande comment Koffi Olomidé va utiliser sa puce Yoomee, loin là-bas en RDC. Pourtant, il a été désigné ici au Cameroun comme étant le plus prestigieux des ambassadeurs.

Quels sont les avantages ?

Vous n’allez quand même pas croire que je vais vous lister ici tous les avantages d’un ambassadeur ! Ce qu’il faut retenir, c’est que le nouveau produit s’annonce palpitant (c’est vrai, j’exagère un peu !). Il vous donnera des facilitées pour les appels et surtout, les transferts d’argent seront effectués sans aucun frais ! Le nouveau produit accordera des forfaits internet illimités et des réductions considérables dans les supermarchés. Il s’agit de l’application All-in-One, qui va regrouper toutes les activités que vous pourriez imaginer réaliser avec votre téléphone portable. Même si je reviendrai en détails sur cette application dans les semaines à venir, je vous conseille déjà de l’expérimenter.

Je suis officiellement un ambassadeur Yoomee

La société Yoomee Cameroun m’avait sollicité pour faire de moi l’une de ses innombrables figures. Et pourtant, je n’avais jamais envisagé faire de la diplomatie… Mais je suis désormais un représentant Yoomee !

Je suis sincèrement émerveillé de pouvoir découvrir tous ces nouveaux services, qui sont indiscutablement meilleurs qu’ailleurs. Je peux désormais profiter d’une connexion internet excellente. Ainsi, je peux être reconnaissant de la grande confiance que cette compagnie nous a faite. Yoomee Cameroun n’est tout de même pas un minuscule consulat comme celui du Tadjikistan. D’ailleurs, j’irai en mission à Dibombari pour tenter de recruter mon meilleur ami Pierre La Paix Ndamè


Ecclésiaste DEUDJUI, j’utilise Yoomee !
WhatsApp: (+237) 242.957.338
Tous mes articles sur achouka.mondoblog.org


Le profil psychologique des militants du MRC

J’avais déjà écrit un article pour tenter de comprendre les réelles intentions de ce parti politique qu’on appelle le MRC. Mais je pense que j’aurai dû commencer par le profil psychologique de ses militants…

Maurice Kamto et les militants du MRC
Maurice Kamto (au centre) lors d’un rassemblement avec ses militants. Source: journalducameroun.com /CC-BY

Le MRC est un avocatier

Déjà, c’est le parti qui détient le plus grand nombre d’hommes de loi au centimètre carré (loin devant le PADDEC qui n’a qu’un seul avocat !). À commencer par son leader charismatique Maurice Kamto, qui est leur spécialiste en Droit en chef. Les militants du MRC sont donc généralement des juristes, et ils se succèdent sur les plateaux de télévision en critiquant le Code électoral et en décortiquant le Code pénal article après article.
Ils sont parfois incohérents parce qu’ils vénèrent disent vénérer la Loi, et pourtant ils la violent régulièrement. Ils se présentent comme des légalistes et des constitutionnalistes mais moi je les considère plutôt comme des grammairiens, parce qu’ils parlent souvent bien comme Maître Roland Djeuwou mais cela ne veut pas forcément dire qu’ils ont toujours raison hein…


Le MRC est une milice

Pas que c’est une armée hein, ni même un groupe de rebelles. Mais c’est un parti d’extrémistes extrêmement catégoriques dans leurs opinions, et qui ne supportent aucunement la contradiction !
Ils sont tellement mécontents du système actuel que certains seraient même prêts à prendre les armes si jamais ils savaient comment s’en procurer. Ils sont généralement colériques et très nerveux dès qu’on leur parle de la situation du Cameroun. Le militant lambda du MRC est en réalité un militaire en civil, puisqu’il n’attend que les mots d’ordre de son leader Kamto pour boycotter les élections, pour manifester dans la rue, pour menacer le Gouvernement camerounais ainsi que les institutions républicaines, etc.

Wilfried Ekanga
Wilfried Ekanga est un des nombreux militants de la diaspora qui agissent depuis les réseaux sociaux. Source: camer.be /CC

Le MRC est une république virtuelle

On dit que leur président est hélu mais vous avez remarqué que cet « hélu » s’écrit toujours avec la lettre H. C’est dire si c’est un président malhélu (je sais, le mot n’existe pas), ou alors si c’est un président qui a été élu dans une autre république…
Facebook ! Certains disent qu’il en est le président, mais je vous rappelle que c’est le Juif Mark Zuckerberg qui est le propriétaire de ce réseau social depuis sa création en 2004. Même si les militants du MRC s’y adonnent à cœur joie, puisque c’est sur cette plateforme qu’ils admonestent leurs contradicteurs, qu’ils louangent leur gourou, qu’ils s’imaginent extrêmement nombreux et pourtant dès qu’on les sollicite dans la vraie vie eh bien il n’y a plus personne !
Les gens se trompent sur la popularité du MRC parce qu’ils ne connaissent pas la réalité de l’internet. Ils ne savent pas que c’est facile de disséminer sa haine sur la toile en se masquant derrière un clavier et un VPN. Et pourtant, je vais vous dire, le vrai mécontentement ne doit pas se limiter devant la silhouette d’un ordinateur portable ; et encore moins devant la caméra d’une tablette ou bien d’un smartphone.


Le MRC est une secte

Et j’ai parlé de gourou tout à l’heure car c’était effectivement à dessein. Parce que le militant lambda du MRC est une groupie, et limite même un zombie ! Ces gens-là ne remettent jamais Maurice Kamto en question ; ils ne prennent jamais du recul ; ils ne savent pas reconnaître les rares qualités ou les rares bonnes décisions de Paul Biya ; ils sont obtus et têtus, et on les reconnaît parce qu’ils sont systématiquement intransigeants, non négociateurs et qu’ils sont toujours prêts à insulter tout le monde lorsque vous ne partagez pas leurs opinions.
Le MRC est pourtant un parti respectable qui a une idéologie politique claire, et je pense qu’il s’agit du progressisme. Mais le poids populaire médiatique qu’il a obtenu lui a permis de fédérer tous les détracteurs du président Paul Biya, qu’ils soient au Cameroun mais surtout dans la diaspora. Et ces gens-là n’ont pour seule religion que le départ sans délai et sans aucune condition du locataire actuel d’Etoudi !

assemblée du MRC
Les militants du MRC lors d’une assemblée générale élective. Source: crtv.cm /Image reprise sous autorisation

Le profil psychologique des militaires du MRC

Donc j’avais déjà rédigé un article pour tenter de comprendre les réelles intentions de ce parti politique qui s’appelle le MRC. Mais je pense que j’aurai dû commencer par le portrait-robot de tous ses adhérents…

Le profil des militants du MRC ! Ce sont généralement des gens ordinaires comme Pierre La Paix Ndamè, mais vous pouvez les distinguer par leur radicalisme, par leur haine du Gouvernement camerounais mais aussi par leur idolâtrie du Pr Maurice Kamto.
La psychologie des militants du MRC ! Ce sont des gens qui ne reconnaissent jamais leurs échecs politiques ni leurs erreurs stratégiques, qui ne s’associent pas aux autres opposants et qui sont même prêts à conquérir le pouvoir par la violence.
Le profil psychologique des militants du MRC est un exercice difficile à réaliser, puisqu’ils sont tellement nombreux sur les réseaux sociaux et pourtant on avait du mal à les apercevoir le mardi 22 septembre

Alors que c’était vraiment un parti sympathique au départ, puisqu’il ne représentait pas encore une menace aussi dangereuse. Mais avec le temps ses militants ont réussi à s’agréger, et à se multiplier. Ils sont parvenus à se rassembler malgré leurs nombreuses divergences, et à se focaliser sur leur seul objectif commun qui est en réalité leur seul programme politique : chasser monsieur Paul Biya du pouvoir !


Ecclésiaste DEUDJUI, je ne suis pas un militant du MRC !
WhatsApp: (+237) 696.469.637
Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org


Couvre-feu

À la veille de la gigantesque manifestation populaire programmée par le MRC, le Gouvernement camerounais a pris toutes les dispositions pour tenter de contrarier la moindre velléité insurrectionnelle. Et ce n’est que le commencement…

journal MUTATIONS du 21 septembre 2020
Le journal MUTATIONS présente les acteurs de cet affrontement. Source: Facebook /CC

Une révolution ou bien une insurrection ?

Ce n’est pas seulement un problème de sémantique. Car comme l’a si bien dit le ministre Jean de Dieu Momo (ça me fait bizarre de le citer), « une insurrection est un mouvement populaire spontané et improvisé, tandis qu’une révolution est une action savamment organisée et planifiée, et dont l’objectif ultime est tout simplement le renversement des institutions au pouvoir…« 
Nous sommes dans une révolution insurrectionnelle. Ou alors dans une insurrection révolutionnaire. En tous cas nous sommes dans un mouvement populaire et tout le monde sait parfaitement que les mouvements populaires sont généralement incontrôlables. Maurice Kamto a eu beau répéter que toutes ses manifestations seront pacifistes et pacifiques, mais qui parmi vous a déjà rencontré une foule qui prend systématiquement de bonnes décisions ?


Une menace extrêmement sérieuse

Certains Camerounais prennent cette menace à la légère. D’aucuns se pavanent encore sur les plateaux de télévision en se bombant le torse, et en répétant à l’envi que « Il n’y aura rien dis-donc ! Kamto peut faire quoi qu’on n’a jamais vu dans ce pays ? Vous n’étiez pas là en 1992 pendant les années de braise ? »
Ils ont à peine raison. Car au début des années 1990 nous avons connu les villes mortes, les « Ça gâte, ça gâte », les « Me voici donc à Douala », les « Un cadavre va mourir ici aujourd’hui » et surtout la « victoire » interminablement contestée de Paul Biya face à John Fru Ndi.
Mais les années passent et les choses changent. Les méthodes aussi. Le Pr Maurice Kamto tient derrière lui une meute de militants extrêmement déterminés, sans parler de ceux qui sont surexcités sur les réseaux sociaux et dont on veut réveiller les rancœurs enfouies, les frustrations, les colères latentes, les ressentiments farouches envers ce régime quadragénaire qui leur aurait manifestement tout refusé. Le MRC est soutenu par une horde de milliardaires tapis dans l’ombre au sein de la diaspora, et personne ne peut définir avec exactitude quels sont effectivement leurs réels desseins pour la République du Cameroun : le changement ou alors le chaos ?

Véhicules de police dans les rues de Yaoundé
Les véhicules de police sillonnent les rues de Yaoundé. Source: Facebook /CC

Le Gouvernement a pris toutes les dispositions

Mais dans tous les cas, le Gouvernement de Paul Biya ne vous a pas attendus. L’Etat a déjà pris toutes les dispositions qui s’imposent, notamment en matière de sécurité et de maintien de l’ordre. En matière d’intimidation aussi, puisque les conseillers en communication de la DGSN lui ont très certainement recommandé d’effrayer les potentiels manifestants à travers l’image. Et c’est ainsi que tous nos carrefours sont bondés de policiers et de gendarmes, et que ceux-ci patrouillent à longueur de journée sur les mêmes artères. C’est ainsi que les gros véhicules anti-émeutes de notre police nationale sont désormais ostensibles à chaque coin de rue. Les ministres de l’Administration territoriale et de la communication (sans oublier le ministron Jean de Dieu Momo) ne font que multiplier les communications intempestives, aux fins de dissuader les éventuels futurs marcheurs. Les correspondances généralement internes de la Gendarmerie nationale se retrouvent déjà sur les réseaux sociaux et sur la voie publique. La Grande Muette camerounaise ne tardera pas à s’exprimer elle aussi dans les jours à venir, si jamais les choses venaient à s’envenimer. Nous sommes dans une sorte de couvre-feu permanent qui dure vingt-quatre heures par jour et qui risque de se durcir si la situation dégénère. Les préfets et les gouverneurs ont déjà interdit toutes les manifestations publiques qui seront effectuées ces jours-ci, et les contrevenants seront sévèrement punis par les forces de l’ordre et ensuite par toutes les dispositions législatives en vigueur…


L’Armée va entrer dans la danse

Comme je vous ai dit, la Grande Muette ne tardera pas elle aussi à s’exprimer dans les jours à venir. Et je suis même très certain qu’elle est déjà en train de fourbir ses armes, et qu’elle interviendra en dernier ressort. Je suis persuadé que le BIR sera indiscutablement appelé au secours si la Police et la Gendarmerie se retrouvent débordées. Je suis à peu près certain qu’il ne faut surtout pas que ça dégénère, sinon nous nous retrouverons avec des militaires et des kalachnikovs dans les rues. J’ai suffisamment peur que notre Cameroun se transforme en champ de guerre. Je ne sais pas si les manifestations de Maurice Kamto seront effectivement pacifistes comme il le projette, mais nul doute que si elles ne le sont pas alors c’est le peuple camerounais qui devra payer l’addition salée et boire la tasse en même temps…

Maurice Kamto avec un ballon
Maurice Kamto a l’air déterminé à renverser le régime de Yaoundé. Source: Facebook /CC

Couvre-feux

Donc à la veille de la gigantesque manifestation programmée par le MRC ce 22 septembre, le Gouvernement camerounais a pris toutes les mesures pour essayer d’enrayer la moindre velléité insurrectionnelle.
Et je vous jure que ce n’est que le commencement…

Couvre-feu ! On se croirait à l’époque du totalitarisme, car toutes les rues de Yaoundé sont bondées de caméras de surveillance, de policiers, de gendarmes, et c’est également la même chose à Douala et dans les autres grandes villes du Cameroun.
Couvre-feu ! Il est strictement interdit aux citoyens camerounais de participer à cette marche qui s’annonce, sinon ils seront passibles d’un emprisonnement à vie selon les dispositions de la loi en vigueur.
Le couvre-feu que nous vivons n’est pas seulement fait pour la sécurité des petits Camerounais comme Pierre La Paix Ndamè, mais il est surtout là pour pérenniser la longévité de tout un système !

Et pour cela ils ont donc sortis les gros moyens, ainsi que l’artillerie lourde. Ils sont persuadés que la situation se résorbera par la violence. Ils n’ont pas tenté le moindre apaisement ou dialogue avec le leader « insurrectionnel ». Ils sont englués dans une logique de brutalité légitime, de répression systématique et de condamnations expéditives.
Pour couvrir un feu qui tôt ou tard finira bien par nous exploser tous à la figure…


Ecclésiaste DEUDJUI, je suis sous couvre-feu
WhatsApp: (+237) 696.469.637
Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org


La révolution des abeilles

À l’heure où je vous parle, la température est en train de monter au Cameroun et les semaines qui arrivent s’annoncent trépidantes, bouillantes et même dangereusement piquantes. On les a même déjà baptisées « La révolution des abeilles »…

visuel de la révolution des abeilles au Cameroun
Ces marches publiques ont été baptisées Révolution des abeilles. Image: Facebook /CC

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’une énième révolution comme d’habitude. Sauf que cette fois-ci les choses s’annoncent plus sérieuses, puisque Maurice Kamto et ses affidés ne font que répéter que « Lorsque l’heure est arrivée, alors elle est arrivée ! »
Et donc depuis le 24 août et son ultimatum à l’endroit du chef de l’État, il y a eu la convocation du collège électoral pour les élections régionales qui sont fixées au 6 décembre. Et dès lors le MRC s’est retiré de tous les médias, et ses militants ont appelé à la mobilisation générale. Ils ont commencé à mener une campagne tapageuse sur les réseaux sociaux afin de rassembler toute la diaspora le 19 septembre, et puis tout le peuple camerounais trois jours plus tard.
Mais ce qui m’étonne c’est qu’ils n’y vont pas par quatre chemins hein, puisque leur leitmotiv est invariable et formel : chasser Paul Biya du pouvoir !


Comment ça a commencé ?

Ça avait commencé depuis les élections présidentielles du 7 octobre 2018. À l’issue desquelles, dès le lendemain, Maurice Kamto s’était déclaré vainqueur. Il avait même admonesté notre président de la République en lui « accordant » le droit de grâce, et en lui promettant l’asile politique et une retraite imperturbable.
Et ensuite il y a eu les marches du 26 janvier 2019. Il y a eu la cuisse de Célestin Djamen qui a été charcutée par une balle réelle ou irréelle, et dans la foulée on avait embastillé tous les leaders du MRC qu’étaient Maurice Kamto, Albert Dzongang, Paul-Éric Kinguè (il a démissionné du parti depuis sa sortie de prison) ou encore Christian Penda Ekoka.
Ce « petit parti politique » comme le qualifie Paul Biya, avait poursuivi en boycottant les élections législatives et municipales de février 2020, et en exigeant la résolution de la crise au NoSo. Il s’était aussi distingué en multipliant les mouvements contestataires, en défiant le gouvernement dans sa gestion de la pandémie du coronavirus, et en continuant à proférer que Maurice Kamto demeurait le seul président « élu » et légitime de la République du Cameroun…

Valsero et Wilfried Ekanga
Les activistes Valsero (à gauche) et Wilfried Ekanga font partie de ceux qui allument la mèche sur les réseaux sociaux. Source: lebledparle.com /CC

Que prévoit la riposte ?

Il s’agit d’une riposte musclée comme d’habitude. Sauf que cette fois-ci la Gendarmerie est déjà positionnée dans les carrefours, puisque le ministre de l’administration territoriale (il s’appelle Paul Atanga Nji) était rapidement monté au créneau pour donner des avertissements : « En tapant sur une ruche d’abeilles, vous savez ce qui vous attend lorsque vous ne pouvez pas fuir. »
Quel sacré proverbeur !
Bref, la riposte est déjà en place. Les policiers et les gendarmes ont déjà commencé à fourbir leurs munitions, et nul doute que leur réaction sera disproportionnée adaptée à la menace. Les militaires sont probablement au garde-à-vous eux aussi, et après « Clean Bamenda » ils vont certainement procéder à « Clean Yaoundé » et surtout « Clean Douala ». Les gouverneurs des régions du Centre et du Littoral ont d’ailleurs pondu un arrêté dans lequel ils interdisent toute manifestation publique non autorisée, mais est-ce que ces manifestations-là avaient jamais été autorisées auparavant ?
La température est en train de monter comme je vous ai dit tout à l’heure, et cela dans les deux camps. Les ravitaillements en gaz lacrymogènes et en canons à eau ont déjà été indiscutablement faits, et la police anti-émeute révise tranquillement ses gammes.
Il y avait eu les villes mortes de 1992, la contestation contre la modification de la Constitution en 2008, et j’ai bien peur que nous abordions là la troisième grande révolution sous l’ère Biya le mardi 22 septembre 2020…


Sommes-nous vraiment à l’aube d’un changement ?

Nous voulons tous le changement ! Mais à quel prix ? Au prix de la mort ? Au prix du sang ? Au prix de l’indigence populaire et de l’enrichissement personnel de certains manipulateurs ?
Nous voulons tous le changement, qui que nous sommes ! Ça fait partie de la nature humaine dans laquelle la seule chose qui ne change pas, c’est l’envie de changement. Mais est-ce que nous devons changer pour changer ? Est-ce que nous devons casser notre pays pour le changer ? Est-ce que nous devons remplacer Ahmadou Ahidjo par Paul Biya, et puis regretter notre premier président pendant plus de trente-huit années aujourd’hui ?
Je pense que non. Je crois que nous devons demander une nouvelle page dans l’histoire du Cameroun, et que ceux qui tiennent les manettes doivent nous permettre de réclamer paisiblement ce changement. Je pense que c’est une histoire de dialogue. Je pense que nous sommes déjà proches de la rupture. Je suis du même avis que mon ami Pierre « La Paix » Ndamè qui sollicite aussi le changement l’alternance, mais comme son nom l’indique il est d’abord –et surtout– un partisan de la non-violence.
Nous n’avons qu’un seul pays qui s’appelle le Cameroun. Il nous appartient à nous tous. Nous avons cette nationalité et ce patriotisme qui nous sont si chers. Nous avons l’avenir et la destinée de tous nos enfants. Nous demandons l’amélioration de notre vie quotidienne et le respect de tout le peuple camerounais. C’est tout !

Paul Atanga Nji en conférence de presse
Le ministre Paul Atanga Nji mène un bras de fer acharné avec les militants du MRC. Source_ YouTube Crédit: Rediff TVNet /Image reprise sous autorisation

La révolution des Camerounais

Donc à l’heure où je vous parle, la température est en train de s’incrémenter au Cameroun et les journées qui arrivent s’annoncent trépidantes, tumultueuses et même dangereusement venimeuses.
C’est pour ça qu’on les baptisées « La révolution des abeilles »…

La révolution du MRC ! C’est une énième contestation populaire de la part de ce têtu parti politique qui se prépare, et elle a déjà reçu le soutien de certains opposants véhéments tels que Kah Wallah ou encore Mboua Massock.
La révolution de Maurice Kamto ! Après avoir tenté de prendre le pouvoir le 8 octobre 2018, ce professeur spécialisé en Droit constitutionnel projette de renverser le régime de Yaoundé par des manifestations géantes.
La révolution des abeilles rencontrera une réaction répressive, puisque Paul Atanga Nji vous avait déjà prévenus : « Celui qui vend les œufs ne doit pas provoquer la bagarre ».

Alors c’est tout le Cameroun qui est pris en otage, puisque nous ne savons pas encore concrètement ce qui va réellement se passer le 22 septembre. Mais quelque chose me dit qu’on se souviendra longtemps de la révolution qui est en train de se préparer…


Ecclésiaste DEUDJUI, je ne suis pas une abeille
WhatsApp: (+237) 696.469.637
Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org