Ecclésiaste Deudjui

La « colle » de l’utérus

J’ai été alerté jeudi dernier par le président Jean-Marc Ngoss qui m’a interpellé sur un sujet, et qui m’a fait mesurer la dangerosité de la campagne qui se prépare.
Il s’agissait du vaccin-test contre le cancer du col de l’utérus

des Camerounais qui disent Non au vaccin-test contre le cancer du col de l'utérus
De nombreux anonymes sont mobilisés contre cette campagne. Source: Twitter Crédit: Didier Ndengue /Images reprises sous autorisation

Le contexte

Le contexte est très simple. Puisque la circulaire du Ministère de l’Éducation de base est datée du 22 juin 2020, et qu’elle prévoit un programme élargi de vaccination sur l’ensemble du territoire camerounais. Le projet est censé résorber le cancer du col de l’utérus auprès de nos jeunes fillettes, ainsi que d’autres infections génitales liées aux papillomavirus (HPV). Le gouvernement biyamerounais prévoit ainsi d’inoculer le Gardasil à nos petites progénitures, et cela par l’intermédiaire du mastodonte pharmaceutique Sanofi. Voilà donc ce qui met en colère la société civile et d’autres personnalités comme mon ami Pierre La Paix Ndamè, parce que l’innocuité et la non-dangerosité de ce vaccin qu’on veut tester sur nos rejetons n’ont pas encore été scientifiquement démontrées…


C’est quoi le cancer du col de l’utérus ?

Revenons aux fondamentaux : le cancer du col de l’utérus est une tumeur qui peut apparaître au niveau de la partie basse de l’utérus féminin, celle qui donne sur le vagin. Cette tumeur cancéreuse est souvent très maligne, c’est-à-dire qu’elle a des effets asymptomatiques et c’est pourquoi cette maladie est généralement détectée de manière assez tardive.
Le traitement contre cette infection peut comporter la chirurgie, la radiothérapie ou encore la chimiothérapie. Le vaccin reste officiellement la seule mesure préventive homologuée par l’OMS, mais il doit être réalisé avant les premiers rapports sexuels de la jeune fille. Car les papillomavirus sont plus contagieux que les virus ordinaires, et ils sont si minuscules qu’ils peuvent même s’infiltrer à travers les pores apparemment hermétiques du préservatif.
On estime que 90 % des malades peuvent obtenir la guérison si le dépistage est effectué de façon précoce.

stades du cancer du col de l'utérus
Graphique montrant les différents stades du cancer du col de l’utérus. Source: crtv.cm /CC

Existe-t-il un moyen de prévention ?

On peut dire oui. Car à partir de 25 ans, il est recommandé à toutes les femmes de pratiquer le frottis de dépistage à un rythme régulier (environ tous les trois ans). Il s’agit d’un prélèvement qui permet d’analyser les cellules qui se trouvent au niveau du col de l’utérus, et de détecter si elles sont normales ou alors si elles présentent des lésions évoquant un cancer du col de l’utérus débutant.
Outre cette technique, il existe quelques vaccins qui ont été mis sur le marché durant les années 2000. À savoir le Gardasil, le Gardasil 9 et le Cervarix qui doivent obligatoirement être administrés dès l’âge de la pré-adolescence, c’est-à-dire – normalement – avant le début de l’activité sexuelle. Sauf que ces vaccins-là sont très controversés dans tous les pays où ils ont été appliqués jusqu’ici, puisqu’on leur supposerait de provoquer des effets secondaires gravissimes voire invalidants et même incapacitants.
Ces vaccins contre le cancer du col de l’utérus ne protègent pas systématiquement contre le cancer du col de l’utérus, puisque leur efficacité est estimée à environ 90 %. Ils ne protègent pas non plus contre toutes les infections du col de l’utérus, même s’ils sont très utiles pour lutter contre les verrues génitales. Il faut enfin dire que plusieurs études internationales ont été réalisées sur ce sujet, et que toutes sont unanimes pour admettre que ces inoculations peuvent augmenter le risque de sclérose en plaques et la survenue de certaines maladies auto-immunes. Même si elles concluent en disant que le rapport bénéfice/risque est largement en faveur de l’administration de ces vaccins.


Pourquoi autant de polémique autour de cette campagne ?

D’abord, parce que ça vient de l’Occident. Puisque les Africains se sentent davantage panafricanistes lorsqu’ils défendent une cause commune, et lorsqu’ils rejettent tout ce qu’on leur propose comme solution de l’extérieur (et pourtant eux-mêmes ils ne proposent rien hein).
Ce vaccin fait des polémiques parce qu’il s’agirait d’un vaccin-test, et que cela paraît légitimement insultant voire provocateur de faire des expérimentations sur l’ensemble d’une population humaine (est-ce que nous sommes des cobayes ?). Et puis si on combine cette frustration avec les paroles de Sarkozy et Cie qui disent se plaignent que les Africains accouchent de trop d’enfants, qu’allez-vous y entendre ? Ne sont-ce pas là les prémices d’un plan machiavélique qui vise à rendre stériles les masses de notre continent noir, ou alors à les aliéner biologiquement et pourquoi pas à les exterminer définitivement ?
Ce n’est pas moi qui le dis hein, mais je pose tout simplement la question.

Jean-Marc Ngoss
Le président Jean-Marc Ngoss est très attaché à la protection du peuple camerounais. Source: camer.be /Image reproduite sous autorisation

La question du col de l’utérus

Donc j’avais été alerté jeudi dernier par le Mpodol, le président Jean-Marc Ngoss qui m’a interpellé sur ce sujet que je considère depuis lors comme crucial.
Puisqu’il m’a fait mesurer la dangerosité et la malveillance de la campagne qui se prépare…

La « colle » de l’utérus ! Est-ce que vous saviez que cette campagne est déjà programmée pour ce 23 septembre, et qu’elle envisage la vaccination d’environ 339 908 pauvres jeunes fillettes (de 9 à 11 ans) camerounaises ?
Le col de l’utérus ! Il ne s’agit pas du col de Batié hein, car nous parlons là d’une maladie qui touche des millions de jeunes filles à travers le monde, mais que nous pouvons éradiquer en effectuant simplement des dépistages réguliers et systématiques.

Alors je suis partagé entre le désir de voir nos enfants épargnés par ce malicieux virus cancérogène, et la peur de les voir traumatisés –à vie !– par les effets secondaires imprévisibles de ces vaccins expérimentaux. Je suis frustré de voir que nous allons davantage enrichir les grosses multinationales pharmaceutiques, en sacrifiant notre jeunesse et en mettant en péril notre démographie exponentielle qui les dérange. Je suis à la fois choqué et considérablement ulcéré, parce que je considère que cette affaire-ci est une véritable colle.
Puisque je ne pouvais pas imaginer que les Camerounais pouvaient devenir un jour des rats de laboratoire…


Ecclésiaste DEUDJUI, je suis contre les vaccins-tests !
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Combien gagne un blogueur au Cameroun ?

Aujourd’hui c’est la journée internationale du blogging à travers le monde. Mais chaque fois que je rencontre un Camerounais, il me demande plutôt que « Ton salaire c’est même combien ? »
Il faut donc que je vous dise comment un blogueur peut faire pour s’en sortir ici au Cameroun…

31 août journée mondiale du blog
Le 31 août c’est la journée mondiale du blog. Source: graceminlibe.wordpress.com /CC-BY

La réputation

Avant toute chose, un blogueur doit posséder une bonne réputation. Et la réputation est une qualité qu’il devra cultiver avec le temps, avec la patience, avec le talent, avec la régularité, etc.
On ne peut pas gagner de l’argent sans une bonne réputation ! Puisque la réputation c’est ce qui permettra à vos lecteurs de pouvoir vous identifier différencier. La réputation c’est votre style. Votre culot. Votre perspicacité. Votre personnalité. Votre photo (vous devez être identifiable). Votre audience. Votre ligne éditoriale. Car à force de parler d’un même sujet ou alors de plusieurs sujets différents mais dans un langage identique, vous en deviendrez inéluctablement un expert. Et c’est à partir de cette « expertise » que vous construirez petit-à-petit votre réputation.


Les articles sponsorisés

Un blogueur qui est spécialisé dans un domaine et qui a une bonne réputation, les gens viendront vers lui pour lui dire que « Gars, s’il te plaît j’ai besoin que tu écrives un article sur mon entreprise et sur mes produits. Tu auras besoin de combien ? »
Parfois même ce sont tes simples publications sur Facebook qui sont sponsorisées. Ou encore tes partages et tes retweets. Mais dans tous les cas hein, les gens commanderont les articles sponsorisés parce qu’ils veulent surtout profiter de votre réputation, de votre nom, de votre qualité d’écriture mais également aussi de votre niveau d’audience.
Mais ça ne veut pas dire que vous allez raconter du n’importe quoi parce qu’on vous aura donné de l’argent hein…

René Jackson Nkowa et la représentante du bureau des Nations-unies au Cameroun
L’association des blogueurs du Cameroun (ABC) peut nouer des contrats avec des structures importantes, comme ici avec la représentation des Nations-unies au Cameroun. Source: Twitter /CC-BY

La publicité

Là, ça dépend. Il y a des puristes parmi les blogueurs qui n’accepteront jamais de faire monétiser leur blog ! Mais pour la grande l’immense majorité, cela consiste à positionner une bannière publicitaire (ou bien plusieurs) sur son site web afin de recommander subliminalement les produits ou les marchandises d’un annonceur…
Et là ça dépend encore de l’audience du blogueur, de son influence, de sa réputation. Parce que dites-vous bien que si une entreprise vous téléphone et qu’elle vous demande de positionner sa publicité sur votre blog, c’est parce qu’elle souhaite utiliser celui-ci comme une vitrine. Et en plus il y a des blogueurs qu’on peut aussi utiliser pour des spots publicitaires, pour des propagandes politiques et voire même pour des campagnes d’évangélisation.
Et c’est donc à vous de bien négocier lorsque ces requins-là essaieront de se servir de votre blog.


Les projets et les voyages

Moi personnellement, tous les voyages que j’ai effectués hors du Cameroun m’ont tous été offerts par le blogging (je n’ai même pas dépensé 5 francs CFA !). Parce que quand vous avez bien construit votre réputation et surtout votre crédibilité, des gens viendront vous solliciter pour de multiples séminaires. Ils peuvent aussi vous consulter pour la communication d’une marque prestigieuse à travers les réseaux sociaux. On peut vous engager pour le lancement d’un événement ou le sondage sur un produit. On peut aussi vous proposer un poste de conseiller spécial ou bien de directeur dans une grande structure. On pourra même vous proposer des centaines de possibilités pour que vous choisissiez vous-mêmes ce qui pourrait réellement vous intéresser, parce qu’on saura déjà que vous n’êtes pas un ignare. On peut aussi me commander des reportages vidéo à réaliser, on peut me demander de devenir un community manager ou bien un correspondant à l’étranger comme je le suis contractuellement, ou bien on peut tout simplement vous recruter pour faire de vous un formateur.
Je ne sais pas, je suis un peu submergé. Il y a tellement d’opportunités qui viennent à vous lorsque vous êtes un bon blogueur, et je suis même déjà certain que vous aurez régulièrement l’embarras du choix.

Aurèle Simo a lancé Toovendi
Aurèle Simo est un blogueur qui s’est lancé dans l’entrepreneuriat, comme beaucoup d’autres. Source: lebledparle.com /CC

Combien d’argent gagne un blogueur ici au Cameroun ?

Donc ce lundi 31 août c’est la journée mondiale du blog comme tous les ans. Mais chaque fois que je croise une Camerounaise, elle me demande surtout que « Ton salaire c’est même combien au juste ? »
Il fallait donc que je vous explique comment un blogueur peut faire pour s’en sortir ici au Cameroun…

Combien gagne un blogueur débutant ? Rien du tout ! Car au lieu de commencer en pensant à l’argent, concentrez-vous d’abord sur votre blog et c’est par là que vous pourrez peut-être vous bâtir une solide réputation.
Combien gagne un blogueur gombiste ? Rien du tout ! Car quand vos lecteurs comprendront que vous n’êtes qu’un blogueur-mercenaire, ils ne vous feront plus confiance et vous perdrez immédiatement en crédibilité.
Combien gagne un blogueur qui est très régulier et qui n’a jamais modifié sa ligne éditoriale ? Eh bien laissez-moi vous dire qu’il gagne de l’argent et en plus il remporte aussi le cœur de ses innombrables followers.

Parce que si vous entrez dans le blogging exclusivement pour devenir une personnalité ou bien une célébrité, alors vous faites fausse route ! Si vous créez votre blog spécialement pour devenir un influenceur, eh bien vous n’influencerez que votre nièce ! Si vous souhaitez devenir un blogueur uniquement parce que vous cherchez à devenir un multimilliardaire, eh bien vous deviendrez certainement plus prolétaire qu’auparavant.
Parce que les meilleurs blogueurs ne cherchent même pas à savoir combien d’argent ils ont déjà glané ici au Cameroun…


Ecclésiaste DEUDJUI, moi j’ai gagné Pierre La Paix Ndamè
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Il y a eu inondation à Douala

Dans la nuit de jeudi à vendredi derniers, nous avons subi de fortes pluies qui ont causé des dégâts matériels et d’autres préjudices inestimables.
Bref, il y a eu une inondation ici à Douala !

inondation à ABK radio
Plusieurs bâtiments ont été assiégés par les eaux, à l’image de la radio ABK à Bonamoussadi. Source: Facebook /CC

Nous avons tout perdu !

Je ne parle pas forcément de moi ni de mon entourage, mais les inondations de vendredi dernier nous ont causé des dégâts matériels inestimables.
Déjà, beaucoup de citoyens camerounais y ont failli laisser leur vie. Puisque la pluie de cette nuit-là était diluvienne, et qu’elle ne faisait même pas semblant de vouloir un peu s’arrêter. Et c’est ainsi que les eaux sont montées dans les vallées, puis se sont maintenues dans les zones stagnantes. Les mares d’eau sont venues nous retrouver dans nos habitations de fortune, et elles ont dévasté tous nos documents importants. Certains habitants ont été extirpés de leur domicile et sauvés in extremis grâce à des planches flottantes, voire même à l’aide de vieux réfrigérateurs. Mais le fait est que beaucoup de Camerounais ont perdu dans ces inondations leur téléviseur, leurs fauteuils, leurs matelas, leurs assiettes, leurs vêtements, leurs armoires, leurs divers appareils électroniques et aussi leur argent en liquide pour ceux d’ici qui ne feront plus jamais confiance à nos microfinances…


C’est de la faute du Gouvernement

Je sais, c’est la vieille rengaine. Toujours accuser le Gouvernement pour un oui ou pour un non. Toujours dire que c’est de la faute de monsieur Paul Biya, si une fille vous a barré ou alors si vous ne parvenez même pas à décrocher un petit emploi ici dans notre Cameroun…
Mais pour le cas de l’espèce, nos dirigeants ne sont pas exempts de toutes critiques. Puisque les inondations nous les connaissons déjà parfaitement ici à Douala, et que cela fait plusieurs années que nos autorités avaient déclaré saisir le taureau torrent par les cornes. Elles avaient même commencé à nous construire des drains et à récurer les caniveaux, mais elles n’avaient pas accéléré ni surveillé l’état d’avancement de tous ces travaux. Elles continuent de distribuer des titres fonciers qui concernent des domaines qui sont en réalité non habitables, puisque tout simplement dangereux. Nos élites gouvernantes ne prennent pas la mesure de la dangerosité des phénomènes climatiques qui menacent la ville de Douala, et d’ailleurs elles n’exploitent pas bien les données météorologiques afin de les trianguler avec les plans d’urbanisation, les mouvements de populations, les relevés géographiques cartographiés ou encore la constitution de notre nappe phréatique ainsi que de notre sous-sol…

scènes d'inondation à Douala
Ces inondations ont concerné tous les quartiers de Douala. Source: Facebook /CC

C’est aussi de la faute des populations

Surtout, à vrai dire. Parce que même si c’est Paul Biya qui est en charge de la sécurité et de l’épanouissement moral de tous les Camerounais, chacun d’entre-nous devrait commencer par se prendre en charge tout seul comme le fait déjà mon ami Pierre La Paix Ndamè.
Parce que ce n’est pas Paul Biya qui sera victime si vous subissez un éboulement. Ce n’est pas le Premier ministre qui se plaindra si vous vous installez en zone marécageuse. Ce n’est pas le président de l’Assemblée nationale et encore moins le super-maire de votre localité, qui subira les multiples conséquences que vous endosserez en cas d’inondation…
Prenez soin de votre vie ! Soyez responsables, et un peu plus précautionneux. Évitez les zones d’habitation qui vous paraissent moins chères, et pourtant elles sont insécures. Renseignez-vous sur la fréquence des dangers naturels qui menacent vos zones d’aménagement régulières, et installez-vous-y en connaissance de cause. Évitez aussi de boucher les caniveaux qu’il y a dans votre commune, car c’est là un facteur non négligeable de la montée des eaux et de la survenue de ce type de catastrophe hydraulique. Cessez de balancer vos ordures dans la nature. Soyez responsables, tout simplement. Et pensez d’abord à votre sécurité et à celle de vos enfants avant de commencer à multiplier les récitations, les louanges et les prières…


Chaque année c’est la même histoire…

Et comme je disais, chaque année c’est la même histoire. Chaque année il y a des inondations ici à Douala : Akwa-Nord, Sable, Bépanda, Bonamoussadi, Cité des Palmiers, Makèpè, Missokè, Bonabéri, Village, etc.
Chaque année c’est la même rengaine. On dirait que la saison des pluies nous surprend toujours et pourtant on sait précisément qu’elle reviendra l’année prochaine au mois de mai-juin, et quelle se terminera vers août-septembre. Chaque année ce marronnier fait la Une de tous les journaux et de nos réseaux sociaux. Les images circulent dans tous les smartphones. On y voit des Doualais qui tentent de sauver leur porcelet ou alors leur ordinateur portable face à la menace des eaux, et qui se lamentent devant les caméras de nos journalistes-voyeurs. On se partage les photographies surréalistes de ces habitants qui sont montés sur la toiture de leur maison, pour échapper ainsi à la noyade. On se subjugue de voir ces superbes villas qui sont inondées, et pourtant elles ont coûté à leur propriétaire toute une fortune !
On sait pertinemment que l’année prochaine ce sera la même rengaine, la même histoire, mais qu’est-ce que nous faisons véritablement afin de nous éviter cette pareille situation ?

sauvetage dans les inondations
Certains habitants ont été secourus grâce aux sapeurs pompiers. Source: Facebook /CC

Il y a eu des inondations ici à Douala

Donc dans la nuit de jeudi 20 au vendredi 21 août 2020, nous avons subi de fortes pluies qui ont causé des dégâts matériels et d’autres préjudices vraiment inestimables.
Bref, il y a eu une sérieuse inondation ici à Douala…

Il y a eu inondation à Logpom ! Ce sont mes voisins qui m’ont tiré la main pour m’emmener sur les lieux de la catastrophe, et j’ai vu des habitants hébétés qui étaient carrément désespérés parce qu’ils avaient réellement tout perdu.
Il y a eu inondation à Akwa ! Je parle du centre commercial de la ville de Douala qui était complètement sous les eaux, et c’est pour ça que la circulation et les activités professionnelles ont été complètement perturbées.
Il y a eu une inondation à Makèpè-Missokè comme je vous ai dit tout à l’heure, et c’était pire là-bas parce que tous ces gens-là habitent généralement dans les marécages !

Mais puisque ce phénomène est un événement qui revient chaque année, nous allons rapidement le passer dans les oubliettes. Nous allons compter les morts qu’il y aura cette année et nous allons les classer dans la catégorie des faits divers. Nous allons oublier qu’il y a eu des familles qui ont perdu tout ce qu’elles possédaient, et qu’il y a aussi des Camerounaises qui dorénavant dormiront à la belle étoile.
Et tout ceci c’est parce qu’il y a eu une inondation ici à Douala.


Ecclésiaste DEUDJUI, toutes mes pensées pour les victimes
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Mesdemoiselles, remettez-vous à l’allaitement maternel !

Il y a quelques jours on célébrait la semaine mondiale de l’allaitement maternel ici au Cameroun. L’occasion pour moi de rappeler aux femmes qu’il s’agit là d’une question vraiment très-très-très importante.

Symbole allaitement maternel
Symbole des Nations-Unies pour l’allaitement maternel. Source: cosmosskamouraska.com /CC

Vos seins ne vont pas finir

C’est vrai que beaucoup de filles –et même des femmes– se sont désolidarisées de l’allaitement maternel pour cette raison futile, parce qu’elles pensent que cela va diminuer la résistivité et la ductilité de leur jolie poitrine.
En gros, que leurs seins vont devenir flasques comme une vieille paire de babouches ! Et pourtant ce n’est totalement correct de le penser, puisque tôt ou tard les mamelles d’un mammifère finiront irrémédiablement par se faner, et ensuite par s’affaisser. Avec ou sans allaitement maternel ! Surtout que de nos jours ce sont plutôt les hommes adultes qui suçotent les tétons de nos pauvres jeunes mères, et Dieu seul sait qu’un Camerounais ne peut pas quitter d’une poitrine féminine à moins d’y avoir passé au minimum une cinquantaine de minutes…


Le lait maternel est très nourrissant

Au-delà de ces considérations esthétiques, il faut déjà savoir que le lait maternel constitue une alimentation très nourrissante et très enrichissante pour le nouveau-né. Il est même complet à vrai dire. Car non seulement il renferme tous les nutriments nécessaires à la croissance et au développement physique et cognitif du bébé, mais en plus il contient tous les anticorps qui permettront à ce dernier de résister aux attaques virales, aux bactéries, aux bacilles, aux champignons indésirés et aux autres microbes, etc.
L’allaitement maternel permet donc de préserver son enfant contre plusieurs maladies opportunistes. Il peut constituer la seule alimentation qu’on fournit à son bébé jusqu’à l’âge de six mois, puisque sa digestion est très facile et il est surtout riche en apport énergétique. Le lait maternel diminue les risques de maladie mentale dégénérative pour les enfants qui iront à l’adolescence. Il a été prévu par Dame Nature, puisque sa formation se fait durant la période de la grossesse. C’est aussi pour ça que les nourrissons disposent d’un réflexe de succion et de déglution instinctif, ce qui leur permet de téter facilement et puis d’avaler naturellement le lait de leur maman…

Infographie d'une femme qui allaite son bébé
L’Unicef recommande la pratique systématique de l’allaitement maternel. Source: issu.com /CC

Le lait artificiel n’est pas le lait maternel

Une fois que j’ai dit ceci, je rappelle que le mésusage (la mauvaise utilisation) du lait artificiel peut causer, s’il est répété, le décès du nouveau-né notamment pour cause de diarrhée sévère. Ce qui signifie que si vous avez choisi le biberon pour alimenter votre enfant, il faut bien faire la différence entre le lait 1er âge, le lait 2ème âge, etc. Et il faudra aussi s’assurer que votre composition comprenne bien des protéines, des lipides, des glucides, des vitamines, des oligo-éléments ainsi que divers types de sels minéraux.
Le lait artificiel est fabriqué généralement à partir du lait de vache, lequel est plutôt adapté pour les veaux et non pour les humains. Ce lait-là contient naturellement une teneur en sodium qui est d’une toxicité démontrée pour les nouveau-nés. Enfin, les laits industriels ne se conservent pas longtemps lorsqu’ils sont déjà préparés ; alors qu’on peut extraire le lait maternel de la poitrine d’une maman et puis le conserver dans un réfrigérateur pendant environ quatre-vingt-dix jours !


L’allaitement maternel est un acte d’amour

Et finalement, que dire de l’allaitement maternel qui est en réalité un acte d’amour ? Que dire de cette communication fusionnelle entre la mère et son bébé, et de cette transmission de chaleur ? Que dire de cette reconnaissance physique intuitive qui se crée entre ces deux êtres, et qui fabrique ce lien indéfectible qui perdurera entre cette génitrice et son rejeton ?
Il faut pratiquer l’allaitement maternel, parce que c’est cela qui démontre que vous êtes une bonne mère. Pas forcément tout le temps si vous êtes très occupée, mais préférablement régulièrement. Il ne faut pas donner votre enfant à téter à une autre femme en dehors de vous, parce que cela ne signifierait plus la même chose. Car si on vous conseille de pratiquer l’allaitement maternel avec assiduité et avec rigueur, c’est d’abord parce qu’on souhaite que vous transmettiez toute votre affection et votre tendresse à votre propre nouveau-né.

tire-lait
Il est possible d’utiliser un tire-lait et puis de conserver le lait recueilli dans des bocaux. Source: miamallaitement.fr /CC-BY

Mesdemoiselles et mesdames, remettez-nous à l’allaitement maternel !

Donc du samedi 1er au vendredi 7 août, nous célébrions la semaine mondiale de l’allaitement maternel ici au Cameroun. Une bonne occasion pour moi de rappeler à nos filles qu’il s’agit là d’une question vraiment très-très-très importante…

Remettez-vous à l’allaitement maternel ! Si vous avez des difficultés à extraire votre lait, il existe des instruments tels que le tire-lait qui sont très faciles à utiliser, et qui sont disponibles dans tous les marchés.
Remettez-vous à l’allaitement maternel ! Car c’est le seul aliment pour le nourrisson qui renforcera à la fois son système immunitaire, son cerveau, ses hormones de croissance ou encore ses prébiotiques qui sont très importants pour son système digestif.
Remettez nos bébés à votre allaitement maternel, s’il vous plaît mesdemoiselles, puisque c’est gratuit et puis d’ailleurs vos mamelles finiront irrémédiablement par s’affaisser de toute façon…

Parce que l’alimentation au sein peut sauver des vies, et elle rééquilibrera des millions d’individus. Cette alimentation a construit des hommes super-intelligents comme mon ami Pierre La Paix Ndamè. Cette alimentation est une pure nourriture de la nature, et vous savez très bien que le meilleur nutritionniste du monde c’est votre propre corps humain.
Alors remettez-nous à l’allaitement maternel, je vous en supplie.


Ecclésiaste DEUDJUI, moi j’ai grandi au lait maternel
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Le roman de ma mère

J’ai des sœurs qui sont extraordinaires. J’ai aussi des amies qui sont fantastiques. Je connais beaucoup de Camerounaises qui sont merveilleuses. Mais la meilleure femme que j’aie jamais rencontrée dans ma vie, c’est ma mère !

Pauline Magne, Ecclésiaste Deudjui et Monica
Avec ma mère et la petite Monica en 2011

Le roman de ma naissance

C’est vrai que j’adore ma maman parce que c’est d’abord elle qui m’avait fait venir au monde. Puisqu’elle aurait très bien m’avorter, me renier, m’abandonner ou encore me déposer dans un bac à ordures comme le font souvent certaines femmes irresponsables.
Ma mère m’a accouché très précisément un jeudi soir. Et d’après ce que mes oncles m’ont raconté, j’étais d’abord sorti la tête la première. Je lui avais causé une parturition quelque peu douloureuse, surtout que c’était son tout premier accouchement. Elle avait été enceintée par mon paternel alors qu’elle était seulement en classe de Première, et voilà comment elle s’était retrouvée dans cet hôpital de Njissé (c’est à Foumban) et que finalement elle avait décidé de laisser tomber ses études…


Ma mère, cette orpheline

Ma mère n’a pas connu la chance que j’ai aujourd’hui d’avoir eu un papa extraordinaire.
Le sien, c’est-à-dire mon grand-père, il est parti très tôt : 1973 ! Elle n’avait même pas encore atteint sa puberté, et voilà qu’il fallait déjà jouer les secondes mamans aux côtés de sa sœur aînée et de ma grand-mère…
Ma mère était le deuxième enfant de mon grand-père qui s’appelait Kouagang. Avant elle, il y avait eu sa grande sœur qui s’appelait Sita Thérèse, mais que nous avons malheureusement perdue le dimanche 8 juin 2014. Puis ensuite elle a eu des frères cadets et des sœurs cadettes qui ont grandi dans la débrouillardise, dans les travaux champêtres, dans les petits commerces, etc.
C’est peut-être pour cette raison que j’avais passé ma première année à Foumban, puisque ma grand-mère ne voulait décidément pas nous perdre. Elle avait répondu à mon paternel qu’elle n’approuvait pas ce mariage, et elle m’avait même déjà baptisé Kouagang Salvador Patou. Mais ma mère venait d’avoir vingt ans à peine, et elle n’avait jamais vraiment connu l’amour auparavant. Donc voilà pourquoi Maman Gisèle avait bien dû finir par nous laisser partir.

Tchuendem Thérèse
Ma mère a perdu sa soeur aînée (Sita Thérère) le 8 juin 2014

L’éducation de ma mère

Je suis devenu ce que je suis aujourd’hui pratiquement grâce à ma mère ! Parce que ma mère ne ment pas, ma mère ne vole pas, ma mère n’est pas du tout hypocrite comme la plupart des autres Camerounaises, et surtout ma maman aime toujours faire confiance aux gens puisque généralement elle n’agit qu’avec un seul cœur.
C’est elle qui m’avait dit que « Il faut manger pour vivre, et non vivre pour manger ». C’est elle qui m’avait appris la modestie et la sobriété dans la vie de tous les jours. C’est elle qui m’avait encouragé à écrire, à rechercher ma liberté coûte-que-coûte, et jusqu’aujourd’hui c’est encore elle qui me prodigue ses conseils grâce auxquels je suis finalement devenu un Camerounais épanoui.
Ce que j’ai surtout retenu de ma maman, c’est qu’il faut que je reste un homme honnête. Que, même si les gens autour de moi considèrent ma simplicité et ma docilité comme de la naïveté, il faudrait quand même que je continue de rester honnête. Parce que ma maman a reçu une éducation de probité morale qui provient certainement de ma grand-mère, et je pense que c’est ça le meilleur héritage que nous puissions un jour léguer à tous nos enfants.


Un cœur pur

Et donc, elle a un très bon cœur. Je n’ai jamais vu une femme aussi généreuse. Je n’ai jamais connu une femme aussi accueillante. Je n’ai jamais rencontrée une Camerounaise qui n’attire que de la sympathie, de l’empathie, de l’amour, de la convivialité, etc.
Parce que ma maman est véritablement quelqu’un de formidable, et je ne mesure même pas encore la chance que nous avons de l’avoir ! Je ne mérite pas d’avoir une maman qui ne sait même pas se fâcher, et qui ne saura jamais punir. Je ne mérite pas d’avoir une génitrice qui considère tous les enfants du monde entier comme ses propres enfants. Je ne mérite pas d’avoir une amie comme elle, une alliée aussi indéfectible plus que mon ami Pierre La Paix Ndamè, et enfin une maman éternellement inquiète et qui restera toujours présente.
D’ailleurs les mots me manquent pour vous expliquer de quoi est réellement fait le cœur de ma maman.

Pauline Magne, Ecclésiaste Deudjui, Michael Pagop et Eric Bertrand Deudjui
En 1987 avec ma mère, en compagnie de mes frères Eric (à droite) et Michael (le bébé)

Le livre de ma mère

Donc j’ai des sœurs qui sont extraordinaires. J’ai aussi une nourrice qui est fantastique. Je connais personnellement beaucoup de Camerounaises qui sont bienveillantes. Mais la meilleure femme que j’aie jamais rencontrée depuis ma naissance, ça reste ma maman !

Le roman de ma mère ! Parce que je me rappelle de tous les cadeaux qu’elle m’avait faits durant mon adolescence, et le plus beau c’était ce maillot de David Beckham qu’elle m’avait acheté en septembre 1997.
Le roman de ma mère ! Je n’aurai jamais assez de temps sur cette Terre pour lui témoigner ma reconnaissance, mais grâce à elle je considère que ma vie est déjà réussie.
Ce roman de ma maman n’est pas réellement un roman à vrai dire, mais c’est le journal d’un fils qui remercie le Ciel de lui avoir donné une maman aussi extraordinaire.

Puisqu’elle aurait très bien pu me déposer dans un orphelinat par exemple, puisqu’elle n’avait que dix-neuf ans ! Puisqu’elle n’avait pas bien connu son père car il était déjà décédé lorsqu’elle avait rencontré mon paternel. Puisque ma grand-mère n’avait même pas voulu de ce mariage dès le départ, puisqu’elle m’avait déjà baptisé avec le patronyme de mon feu grand-père.
Mais les meilleurs romans sont souvent ceux qui sont écrits de la manière la plus imprévisible…


Ecclésiaste DEUDJUI, joyeux anniversaire maman !
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Le business du coronavirus au Cameroun !

Voilà bientôt quatre mois que je vous demande où sont passés les sacs de riz que Orca avait offerts au ministère de la santé pour lutter contre le Covid-19 (je sais, vous ne voyez pas le rapport). Mais laissez-moi vous révéler que ce n’est pas le seul business qui existe sur le coronavirus ici au Cameroun…

les sacs de riz de Orca
La livraison du don de sacs de riz par le Directeur général des magasins Orca (au milieu). Source: agencecamerounpresse.com /CC

Il y a les faux malades

D’abord, il y a les faux patients Covid-19 ! Pas parce que ce sont des malades imaginaires hein, mais c’est parce que si tu arrives à l’hôpital avec ta simple grippe, le médecin va te dire que « Euh… Bon ! Monsieur Pierre La Paix Ndamè, vous souffrez du Covid-19 ! »

Kaï ! Sans même faire les examens ? Sans même procéder aux prélèvements nasaux ni aux tests sérologiques ou virologiques ? Surtout que le Gouvernement camerounais a disposé des fonds illimités pour lutter contre cette pandémie, et donc chaque malade bénéficie d’un traitement qui s’évalue à hauteur d’environ trois cent mille francs CFA par jour !

Voilà pourquoi c’est devenu un business extrêmement rentable pour tous les centres de prise en charge : tu arrives là avec ton rhume ou bien avec ta fièvrette, et on t’informe t’impose que tu as le Covid-19 ! Tu te plains même de ta cheville parce que tu viens de t’y faire une entorse pendant ta séance hebdomadaire de footing, mais le neurologue et le pneumologue vont simultanément te déclarer que tu as été testé positif au Covid…

Il y a le business des cadavres

Ça c’est lorsque tu as réussi à sortir vivant de nos hôpitaux. Puisque y en a qui arrivent là-bas avec une simple fracture du cubitus comme le regretté Sylvain Souop, et qui en ressortent deux jours plus tard avec les pieds en avant et le reste du corps complètement revêtu dans un sale linceul…
Moi-même j’en ai fait l’expérience, puisque je viens de perdre l’une de mes belles-mères. Elle était décédée de façon naturelle (enfin, sans l’aide des médecins) dans un hôpital de la place, et le Directeur était immédiatement venu nous informer que « Votre beau-père est mort du coronavirus ! »

Tsuip ! Il ne savait même pas qu’il s’agissait d’une femme.

Et donc voilà comment nous avons déboursé près de trois millions de francs CFA pour récupérer notre cadavre, parce que les morts du Covid ne doivent officiellement pas être restitués à leurs familles. Ils sont immédiatement enterrés de façon expresse et presque de manière cavalière, au mépris de toute dignité et du respect de l’hommage dû à leur mémoire. Vous comprenez donc pourquoi c’est très important pour nos personnels de santé de maquiller les morts ordinaires en morts suspectes, parce que c’est le seul moyen pour eux de nous revendre — à prix d’or ! — la dépouille de nos propres cadavres (en gros, tu corromps le morguier et les agents de la commune afin qu’ils te remettent le corps de ton défunt parent).

fabrication de masques à Cicam
Une usine de fabrication de masques Cicam. Source: ecomatin.net /CC-BY

Il y a la gestion des dons

Je parlais du riz d’Orca tout à l’heure parce que pour ceux qui ne s’en souviennent pas, les magasins Orca avaient offert 4 000 sacs de riz au ministère de la santé camerounais, afin d’aider à lutter contre la pandémie du coronavirus qui sévissait déjà au Cameroun (je sais, vous ne voyez toujours pas le rapport).

Mais Orca n’était pas le seul ! il y a eu Congelcam qui a déboursé près de 250 millions de francs CFA, il y a eu la dotation personnelle de Paul Biya qui s’évaluait à 1 milliard, il y a eu les Brasseries du Cameroun qui ont aussi mis les mains à la poche, il y a eu les contributions des compagnies téléphoniques MTN et Orange, ainsi que celles de plusieurs autres entreprises anonymes ; mais aussi les dons de milliers de particuliers comme par exemple Jean de Dieu Momo, le ministron de la Justice qui a effectué une donation d’environ cinq cent mille francs CFA…

Où est passé tout cet argent ? Où sont passés nos sacs de riz ? Le Premier ministre a même instruit une traçabilité de la gestion de tous ces fonds collectés, mais cette comptabilité n’a jusqu’ici pas été ne sera jamais rendue publique. Et c’est pour ça que des députés véhéments comme Jean-Michel Nitcheu sont montés au créneau pour parler de surfacturations ostentatoires, en accusant nommément le sympathique ministre Malachie Manaouda. Celui-ci s’est défendu en disant que les sacs de riz sont déjà au niveau des gouverneurs de régions, et que pour les finances il ne s’en préoccupe pas puisqu’il est entièrement focalisé sur sa bataille contre le coronavirus…

Il y a les business annexes

C’est à la fois des gros business et des petits business. Par exemple, les gens qui vendent les masques mal cousus au bord de la route font du petit business. Les gens qui vendent les masques de la Cicam font du gros business. Les gens qui vendent les gels hydro-alcooliques non conformes aux normes font du mauvais business, de même que le ministre de l’enseignement supérieur qui avait parlé des gels « hydro-électriques ».

Les Camerounais ont déjà commencé à vendre les seaux en plastique pour les installer devant les boutiques et les bureaux, et c’est là-bas que tous les visiteurs doivent se laver les mains. Les thermomètres avaient aussi commencé à circuler entre les mains de nos vigiles, mais ça coûtait beaucoup d’argent pour les chefs d’entreprises. Surtout que ces derniers ont recommencé avec les fausses déclarations auprès des centres de perception des Impôts, puisque c’est chaque entrepreneur qui vient se plaindre que « Wèèèh, chef ! Je vous jure que mes affaires ne fonctionnent plus depuis que ce foutu coronavirus est arrivé ici au Cameroun. Au nom de Dieu ! Et je crois même que mes activités ne vont pas bien redémarrer avant la Coupe d’Afrique 2022… »

le ministre camerounais de la santé, Malachie Manaouda
Le ministre de la santé, Malachie Manaouda, est en pleine controverse au sujet de la gestion des fonds du coronavirus. Source: journalducameroun.com /CC

Le juteux business du coronavirus au Cameroun…

Donc voilà exactement 110 jours que je vous demande où sont passés les sacs de riz que Orca nous avait offerts le 9 avril 2020, pour lutter contre le Covid-19 au Cameroun (moi-même je ne vois pas le rapport). Mais laissez-moi vous expliquer que ce n’est pas le seul détournement qui existe sur le coronavirus ici dans notre pays…

Le business du coronavirus ! Les tradipraticiens ont été enfin financés, le ministère de la recherche scientifique a été subventionné (donc il existait ?), et l’OMS a aussi appuyé notre Gouvernement en lui envoyant près de vingt-cinq véhicules flambant neufs.
Le business de la covid-19 ! Que ce soit un mot masculin ou bien féminin, toujours est-il que nos autorités veulent fabriquer des malades afin de falsifier le montant de la dotation qu’elles sont censées percevoir.

Le business du coronavirus est comme tous les autres business au Cameroun, c’est-à-dire qu’il ne sert qu’à enrichir et engraisser une minorité de prévaricateurs et de thésaurisateurs.

Puisque lorsque tu arrives dans nos hôpitaux dorénavant, ce sont les médecins généralistes qui vont te dire que « Euh… Tu souffres de la covid-19 ! ». Ce sont les infirmières qui vont rapidement te conduire au bloc respiratoire, et pourtant tu n’as même pas encore manifesté de difficulté pulmonaire. Mais c’est parce qu’il faut justifier les fonds illimités qui circulent ici au Cameroun à propos de ce facétieux coronavirus…


Ecclésiaste DEUDJUI, moi je ne fais pas ce business !
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Une semaine de violence

La semaine qui vient de s’achever était parsemée de faits divers et d’actes de violence. Mais paradoxalement c’est le lot quotidien des Camerounais…

Armel Limpembe
Armel Limpembe, le jeune gendarme qui a été assassiné à l’agence FINEXS. Source: panoramapappers.com /CC

Un taximan a été torturé

À mort. Puisqu’il en est finalement décédé. Car Mitterrand Chouate, jeune taximan, avait été interpellé par quelques policiers le lundi 20 juillet 2020, pour mauvais stationnement. Il a ensuite été conduit en détention provisoire avant d’y subir (selon les dires de sa famille) des actes de torture.

Cette histoire est vraiment triste. Surtout que le jeune chauffeur décèdera finalement le jeudi 23 juillet à l’hôpital, des suites de ses blessures. On raconte qu’il aurait été molesté parce qu’il refusait de débourser la somme de 100.000 FCFA au bénéfice de ses bourreaux…

Un gendarme a été assassiné

Pas sur le champ de guerre hein, mais en zone de paix ! Un gendarme qui revenait d’une mission en « zone anglophone », mais qui a paradoxalement été assassiné en plein centre-ville de la ville de Douala…

L’histoire se déroule le mercredi 22 juillet 2020 vers 21h30. Une caméra de surveillance filme la scène, et on y voit notre gendarme qui venait de se soulager dans les toilettes d’une agence de voyage qui s’appelle FINEXS. Sauf que les toilettes des agences de voyage sont payantes au Cameroun, y compris pour les clients de ces mêmes agences. Et donc le ton est rapidement monté entre ce fantassin et les administrateurs de ces toilettes (si, si, c’est un métier) qui sont en réalité des fumeurs de chanvre, pour une histoire de 100 FCFA seulement ! Et voilà comment l’un des drogués s’est saisi d’une latte et puis il l’a assenée sur le crâne du jeune Armel Limpembe, qui en est immédiatement décédé.

La compagnie FINEXS a récolté huit jours de suspension de ses activités sur l’étendue du territoire national, mais notre Gendarmerie vient de perdre un vaillant soldat qui venait à peine de démarrer sa carrière…

caméra de surveillance Finexs
Une captude de la caméra de surveillance à FINEXS, peu de temps avant le drame. Source: dailynewscameroon.com /CC

Un sous-préfet a commis un féminicide

Nous n’avons pas encore la vraie version de cet événement. Mais ce qui est sûr, c’est que le sous-préfet de Kribi-Lokoundjé a tiré une balle de revolver sur sa partenaire amoureuse. Et elle en est morte !

C’était dans la journée du samedi 25 juillet 2020 vers 14h30, et les deux tourtereaux étaient en train de préparer leurs bagages pour une excursion romantique dans la ville de Douala. Le nouveau sous-préfet déclare avoir activé le coup de feu accidentellement pendant ses préparatifs, mais la balle est allée se loger entre le cou et l’épaule droite de la jeune étudiante qui se prénommait Lydie. Cette dernière venait de composer le BTS la veille, et elle était montée sur Kribi pour rencontrer son amant Franck Derlin Eyono Ebanga qui se trouve actuellement entre les mains de la gendarmerie…

Il y a eu tricherie au baccalauréat

Ici on appelle ça « l’eau ». C’est-à-dire lorsque durant un concours ou un examen officiel, certains candidats sont déjà au courant –à l’avance– des épreuves qu’on va leur proposer.
Et donc pour cette session du Baccalauréat 2020 au Cameroun, il y a eu l’eau jusqu’ààààààà… Jusqu’au ministère des enseignements secondaires qui a été obligé de reprogrammer plusieurs épreuves de la série scientifique.

Nous ne savons pas encore d’où sont parties ces nombreuses fuites. Mais ce qui est certain, c’est que le gouvernement ne pouvait pas rester sans rien faire. Car il est grand temps que nous mettions l’accent sur le vrai niveau de nos enfants, et que nous leur apprenions la nécessité de la difficulté dans la réussite. Sinon ils s’habitueront à la facilité et voilà comment nous nous retrouverons avec une multiplicité d’actes de violence.

le sous-préfet qui a abattu sa copine
Le jeune sous-préfet et sa compagne qu’il a abattue. Source: camerounweb.com /CC

Une autre semaine de violence

Donc la semaine qui s’achève a été saturée de faits divers et aussi de scènes de brutalité. Mais paradoxalement c’est le lot quotidien de mon ami Pierre La Paix Ndamè

Une semaine de violence ! Il y a eu des règlements de comptes, des assassinats à gages, des agressions à main armée mais également aussi des viols, des cambriolages et des braquages.
Une année de violence ! Il y a eu un jeune élève qui a assassiné son enseignant, une gendarmette de Bafoussam qui a tiré sur un bendskineur, et aussi un lycéen qui avait poignardé son propre camarade de classe.
Une décennie de violence ici au Cameroun, puisque nous vivons tous les jours dans les insultes, dans les invectives et dans les affrontements.

Et voilà pourquoi en une semaine seulement, c’est-à-dire sept jours, nous avons assisté à tous ces incidents tragiques : le taximan qui a été molesté à mort, le gendarme qui a été froidement abattu à cause des toilettes, puis la jeune Lydie qui a été fusillée « par accident ».
Mais malheureusement tous ces drames sont considérés ici comme de simples faits divers…


Ecclésiaste DEUDJUI, toutes mes pensées vont aux familles des victimes
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