Ecclésiaste Deudjui

Comment créer une petite entreprise au Cameroun ?

Au lieu de continuer à fonctionner dans l’informel et dans la clandestinité, les jeunes Camerounais feraient mieux de régulariser leurs activités comme le leur avait recommandé le chef de l’État. Et ils devraient déjà savoir comment est-ce qu’on crée une petite entreprise ici au Cameroun…
infographie création d'entreprise
Quelques étapes pour mieux lancer son entreprise. Source: journalducameroun.com /Infographie reprise sous autorisation

C’est quoi une entreprise ?

Pour faire simple, une entreprise est une organisation structurée dans le seul but de se faire de l’argent. Elle peut atteindre cet objectif soit en vendant des produits (qu’elle aura elle-même fabriqués ou pas), soit en proposant ses services. Une entreprise peut être unipersonnelle ou alors composée de plusieurs individus. Une entreprise peut également être une qualification comme dans le cas des experts, des avocats, des traducteurs en freelance, des agents qui s’occupent de la carrière des sportifs ou des artistes, etc.

Il existe plusieurs types d’entreprises qui vont de l’établissement jusqu’aux multinationales. Un établissement est généralement représenté par un unique individu qui en est son créateur. Il y a aussi les SARL (sociétés anonymes à responsabilités limitées) qui sont les formes de sociétés les plus répandues au Cameroun dans le monde, puisque la responsabilité des associés y est proportionnelle au montant de leurs apports. Il y a aussi les sociétés anonymes ou SA. Celles-ci sont un peu plus complexes à mettre en œuvre parce qu’elles requièrent un capital très important, des statuts et des règlements extrêmement codifiés, et en plus elles peuvent engager leurs actionnaires sur leurs avoirs personnels en cas de faillite ou bien de liquidation…


Quelles sont les démarches de création ?

Restons sur les établissements. Puisque dans l’optique de faciliter les démarches de légalisation de ce type de structure, le gouvernement camerounais a mis en place le CFCE. Ce qui signifie Centre de Formalités de Création d’Entreprise, si je ne me trompe pas. Et les procédures y sont assez simplifiées : il suffit de se rendre dans l’un de ces centres, et puis de fournir

1°) la photocopie de sa CNI ;
2°) son extrait de casier judiciaire (qui peut être substitué par une déclaration sur l’honneur ayant une validité de 75 jours) ;
3°) le plan de localisation de son entreprise ;
4°) une fiche d’information sur vos activités que l’on vous fournira et que vous remplirez sur place.

Plus une somme d’argent à ajouter sur le dossier, j’allais oublier. Mais l’avantage c’est que le requérant n’aura plus à faire le tour des tribunaux administratifs comme c’était le cas auparavant, puisque le CFCE se chargera d’effectuer tous ces déplacements à sa place. Et qu’on lui demandera de repasser dans trois, quatre voire cinq semaines au grand maximum, afin d’entrer en possession de sa carte de contribuable et de son registre de commerce et du crédit mobilier (RCCM)…

CFCE d'Ebolowa
Le CFCE de la ville d’Ebolowa, pour les nouveaux entrepreneurs. Source: Facebook /CC

Le compte bancaire et la non-redevance

Déjà, il faut savoir que pour sortir de la clandestinité et opérer en toute légitimité et légalité, vous devez absolument posséder un numéro de contribuable, un registre de commerce, un numéro de compte bancaire d’entreprise, ainsi qu’une attestation de non-redevance. Surtout que cette dernière pièce vous est demandée comme condition sine qua non lors de la création de votre compte bancaire d’entreprise, et qu’elle ne s’obtient exclusivement que dans votre centre pilote des impôts !

Et donc la banque peut donc vous demander un minimum de 150 000 FCFA pour l’ouverture de votre compte professionnel, avec en plus certains éléments à fournir tels que les demies cartes photo 4×4, l’attestation de votre plan de localisation, la photocopie de votre CNI puis votre dossier fiscal en règle. Et ce dossier fiscal c’est ce que j’ai appelé la non-redevance, car c’est ce qui prouvera à la banque (et à vos futurs clients) que vous ne traînez pas de casseroles avec le fisc de votre pays. C’est ce qui prouve que vous êtes « non-redevable » en ce qui concerne vos taxes et vos cotisations, en quelque sorte. Et ce document importantissime s’obtient en payant les frais de localisation, le précompte sur bail, la taxe sur le loyer ou bien la taxe foncière si vous êtes un propriétaire, la THS qui est la taxe sur l’hygiène et la salubrité, les timbres pour le plan de localisation et la demande de non-redevance, etc.

On peut évaluer que ces dépenses-là avoisinent les 100 000 FCFA de dépense en fonction de votre entreprise…


Les impôts

Tout chef d’entreprise qui se respecte ou alors tout bon commerçant, doit savoir ce que signifient les impôts. Et même si nos administrateurs nous ont habitués à dilapider cet argent du contribuable en se faisant édifier des châteaux et des villas pour leur gloriole personnelle, il faut quand même reconnaître que tout chef d’entreprise qui se respecte devrait s’habituer à payer normalement tous ses impôts.

Déjà, il y a la non-redevance qui doit être payée annuellement comme j’ai expliqué tout à l’heure. Ensuite, il y a la taxe sur le chiffre d’affaires. C’est une taxe qui impose à chaque entreprise camerounaise, de verser 5,5 % de son chiffre d’affaires réalisé mensuellement (et il faut le faire avant le 15 du mois suivant). Puis il y a la patente qui coûte 50 000 FCFA pour les petites entreprises, et dont les PME sont exonérées lors de leur première année d’exercice.
Sans compter que les services fiscaux sont comme un monstre impitoyable, et qu’ils finissent toujours par vous frapper avec la sévérité la plus implacable.

Il vaut donc mieux payer ses impôts et s’installer dans un régime déclaratif systématique, sinon ces hiboux-là vous prendront un jour par surprise et ils vont vous faire ce qu’ils appellent le « redressement ». Et en général les entreprises qu’ils « redressent » finissent très vite par fermer boutique !

Aurèle Simo, fondateur de Griotys
Aurèle Simo est un jeune camerounais qui a créé l’entreprise Griotys. Source: cameroonceo.com /CC-BY

Comment créer sa minuscule entreprise ici au Cameroun ?

Donc au lieu de fonctionner comme les bayam-sellam alors que vous avez certainement de grandes et peut-être bonnes initiatives d’entreprises, vous, les jeunes Camerounais, feriez mieux de régulariser vos activités comme vous l’avait recommandé notre votre chef de l’État.
Et vous devez déjà vous préparer contre les multiples difficultés que vous allez rencontrer…

Comment créer une entreprise au Cameroun ? Il faut mouiller des barbes à gauche et à droite, il faut beaucoup marcher sous le soleil ou bien sous la pluie, et il faut aussi se familiariser avec les photocopieuses.

Comment créer sa start-up ? Il faut déjà commencer par avoir une super bonne idée (c’est indispensable), mais ensuite il faudra être capable de la mettre en œuvre et surtout s’armer de beaucoup de courage, de la patience et aussi de la persévérance.

Pourquoi créer sa micro-entreprise ici au Cameroun, alors que 90 % des entrepreneurs exercent dans l’informel, et que nous possédons l’un des régimes fiscaux les plus agressifs et les plus contraignants au monde ?

Mais c’est parce que tant que vous restez dans la clandestinité, vous ne récupérerez jamais de grande clientèle. Tant que vous opérez dans les sissongos et en dessous des radars du Gouvernement et de l’État, vous ne pourrez pas répondre à de nombreux appels d’offre. Tant que vous ne serez pas en règle avec la fiscalité de votre propre République, aucune entreprise sérieuse ne pourra jamais prendre le risque de s’engager à vouloir payer vos factures.

Et c’est pour ça que mon ami Pierre La Paix Ndamè vient de créer sa petite entreprise là-bas à Dibombari…


Ecclésiaste DEUDJUI
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[EXTRAITS] Mon choix de croire

Je viens de tomber sur un manuscrit que j’avais rédigé au début des années 2000 (je ne connaissais pas encore mon ami Pierre La Paix Ndamè),et en vérité je me pose toujours les mêmes interrogations. Il s’agissait de comprendre ce que signifient exactement la vie et la réalité.
Extraits.

la planète Terre dans les mains
La vie n’est pas quelque chose de facile à comprendre. Image: relationplus.org /Reprise sous autorisation

« La vie d’abord. On croit la connaître n’est-ce pas ? On dit tous les jours qu’elle est belle ou qu’elle est triste. On dit que celle de notre voisin a changé. On la maîtrise tellement bien qu’on lui trouve même souvent des principes… Mais au fait, c’est quoi la vie ?

D’un point de vue biologique, tout ce qui nous entoure a une vie. Même la plante que je foule aux pieds ou l’arbre que je contemple possèdent une existence. Est-ce à dire qu’ils ont aussi des rêves ? Je ne pense pas. Mais est-ce que vivre c’est avoir des rêves ? Reformulons : est-ce que « avoir des rêves » c’est vivre ? Je n’en sais rien.

Quand je pense à la vie je pense surtout au gigantesque Hasard qui fait que la planète Terre se targue d’avoir la vie. Le soleil n’est ni trop proche pour nous cuire la peau, ni trop loin pour nous sevrer de sa lumière et de sa chaleur bienveillantes. Il y a l’atmosphère pour nous protéger avec sa couche d’ozone. Il y a l’eau pour nous permettre de nous hydrater… Donc, quand je pense à la vie, je pense d’abord à ces hasards-là. Mais en fait, sont-ce réellement des hasards ? N’est-ce pas notre Dessinateur qui a su si judicieusement disposer les choses de cette façon afin que nous, ses pauvres créatures, puissions nous amuser à y vivre ?

Si on part du postulat qu’avoir la vie c’est avoir la faculté de ne l’avoir pas, alors je reste dans un embarras total. Car je suis si ancré dans la croyance d’êtres abstraits tels que les âmes et les esprits, que j’aurais du mal à m’imaginer qu’ils n’existent pas. Et puisqu’un esprit est donc éternel selon sa définition même, c’est-à-dire puisqu’il ne peut pas ne pas avoir la vie, encore moins le décider, comment se représenter qu’il ne vivrait pas alors qu’il est pourtant censé demeurer sempiternel ? Hein ?
Il y a bogue.
Si le postulat devient que le principe de la vie est son caractère temporel, pour ne pas dire précaire, je reste encore plus troublé ; car mes petits esprits sont dotés du flambeau de l’éternité et pourtant ils ont la vie. Et si je m’appuie sur l’existence des esprits sans jamais la remettre en cause, c’est parce que je ne conçois pas que des chairs aussi impures que les nôtres soient les clés du mystère de la vie sans qu’il n’y ait derrière elles des « images de Dieu », les esprits et les âmes. Quant au caractère éternel que je leur attribue, c’est purement suppositoire et je m’en excuse.

Un autre postulat pourrait être qu’avoir la vie c’est croire qu’on l’a. Ou encore qu’avoir la vie c’est faire partie du monde. Ou encore, ou encore…

esprit, âme et corps
Il y a plusieurs théories sur la relation entre l’esprit, l’âme et le corps. Source: ekladata.com /Dessin reproduit sous autorisation

Mon entendement est si court que je ne comprends pas exactement ce que veut dire avoir la vie. Je ne peux pas dire que vivre c’est bouger, ce serait désastreux car les voitures bougent sans pour autant avoir la vie. Je ne peux pas dire que vivre c’est mourir car si je ne sais pas ce qui vit, comment alors saurais-je ce qui meurt ? Je peux cependant m’aventurer à dire que vivre c’est rêver. Ou mieux : vivre c’est penser !
Car si on pense, c’est que forcément quelque chose s’imagine un truc. Le rêve que j’ai fait hier est bien l’imagination de quelqu’un, non ? Puisque même si notre monde n’est qu’une duperie, un grand bal où chacun prend les choses pour ce qu’elles ne sont pas en réalité, le seul fait de les prendre pour quelque chose signifie déjà qu’on est un être qui s’interroge quelque part. Et dans ce cas qui s’interroge, sinon nous ? Qui doute ? Qui pense ? Qui vit à notre place ? Cogito ergo sum !

La vie telle que nous l’entendons sur la Terre est beaucoup moins existentielle que cela. Elle représente non plus ce que chaque être vivant pense de son be or not to be, mais tout le système organisé que nous avons établi dans le monde et la façon dont nous le percevons. Elle représente en fait notre microcosme, notre univers, notre rêve (au cas où nous vivrions dans une chimère). La vie au sens terrien assimilerait donc la mer, les continents, les pensées, les animaux, le monde, le sport, les techniques, l’amour, la science, etc.
La vie, quoi !

Des questions me viennent à l’esprit : Est-ce ça la vraie vie ? Est-ce qu’il n’y a pas une autre vie, en particulier après la mort ? Est-ce que les règles que nous avons établies et que nous appelons communément la vie sont les bonnes ? Est-ce que c’est correct de dire : « C’est la vie ! » ou : « La vie lui joue des tours », ou encore : « Qui vivra verra » ? Je ne fais que spéculer et pourtant, comme ça m’épuise ! Je m’interroge parce que je veux savoir si ça a un sens que mon papa aille chaque matin au travail. Il me répond souvent qu’il faut bien vivre. Je veux savoir si maman a raison de se plier en quatre pour que le repas soit prêt avant midi. Et moi, ai-je raison d’aller à l’école ? Je sais un truc qui ne m’avance à rien : si nous avons tous raison de faire ce que nous faisons ici-bas, c’est que notre acception de la vie n’est peut-être pas si mauvaise que cela. C’est que « profiter de la vie » a peut-être le sens que je lui entends. Mais là je suis dans un grand Si.

une bouteille à la mer
La vie est comme une bouteille perdue dans la mer. Source: espritsciencemetaphysiques.com /Image reproduite sous autorisation

La réalité n’est que le corollaire de ce que nous entendons par l’existence. Il est évident que si nous nous trompons sur la vie, nous nous tromperons sur la réalité car bien souvent nous percevons cette dernière à travers ce que nous inspire le mot vie. Moi je veux m’écarter de cela. Je pense que peut-être nous vivons dans une fausse réalité, alors je veux qu’on sépare les deux notions. Notre vie peut être ici et notre réalité ailleurs. Ne mélangeons pas les choses. Revenons plutôt aux sources. C’est quoi la réalité ? C’est ce qu’on peut toucher, sentir, voir ? Pas sûr ! Il y a parfois des illusions plus vraies que le vrai. Mais attention ! Il n’y a jamais d’illusions plus réelles que le réel. La notion de réalité suppose qu’on saisit son essence et qu’on la confronte aux plans qui nous entourent. Ainsi la pensée étant mon essence, je peux donc la confronter au monde et à la réalité qui m’entourent. »


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Je n’ai pas voté !

Je ne sais pas pour vous, mais ce dimanche j’étais tranquillement assis devant mon téléviseur en train de regarder les matchs du championnat anglais. Et je n’ai même pas songé une seule seconde à me lever pour aller participer aux élections législatives et municipales…

Affiche Elecam élections février 2020
Elecam, l’organe en charge des élections au Cameroun, a appelé les citoyens à aller voter. Source: journalducameroun.com /CC

Je sais que ça ne va rien changer

Ce n’est pas la première fois qu’on organise des élections législatives et municipales au Cameroun. Et pourtant, rien ne change ! Que ce soient les députés de l’opposition tout comme ceux du parti au pouvoir, ils n’impactent pas réellement sur le développement des localités qui les auraient « élus ».
Même chose pour ce qui concerne les mairies ! Car quelle que soit la couleur politique de nos administrateurs communaux et de leurs conseillers, on ne voit pas grand-chose sur le terrain. Puisque même les routes qu’ils empruntent eux-mêmes tous les jours pour se rendre à l’aéroport ne sont jamais réparées (hormis à l’approche des élections où ils essaient de nous bluffer avec des rafistolages expéditifs). Puisque leur préoccupation majeure ne s’est jamais portée sur notre accès à l’eau potable, ni à l’électricité, ni à la salubrité dans nos municipalités qu’ils font toujours semblant de porter en cœur, et encore moins à la facilitation de l’accès à nos propres documents administratifs tels que les actes de naissance, de mariages, de décès, les extraits de casiers judiciaires, etc.


Je n’ai pas vu un candidat différent

Tous les candidats que j’ai observés durant cette campagne électorale sont les multiples facettes d’une seule et même piécette ! Ce sont exclusivement des politicards carriéristes qui cherchent à se faire une place dans le landernau gouvernemental de notre République népotiste, ou alors ce sont des opossums qui occupent leur strapontin depuis une trentaine d’années déjà, mais qui pourtant n’envisagent même pas de se retirer dans les trois prochaines décennies à venir…
Tous ces candidats-là sont invariablement similaires ! Ce sont des calculateurs qui considèrent leur candidature à la mairie ou bien à la députation, comme un investissement sur lequel ils espèrent tirer des dividendes. Ce sont des gens qui sont déjà en train de penser aux marchés publics qu’ils pourront glaner grâce à leurs nouveaux postes, ou alors à leurs nombreux émoluments et à leurs frais de représentation. Puisque nous savons tous que l’Assemblée nationale camerounaise n’est qu’une chambre d’enregistrement qui ne fait que conforter les projets de lois qui lui proviennent exclusivement du gouvernement de Paul Biya, et qui ne propose jamais aucune loi. Nous savons que tous les maires du Cameroun sont limités dans leurs prérogatives par les sous-préfets et les préfets qui sont systématiquement du parti au pouvoir, et que certains sont même chapeautés par des super-maires qu’on appelle ici les « délégués du gouvernement », lesquels délégués sont discrétionnairement désignés par le même superpuissant Paul Biya.

Paul Biya qui vote
Le président Paul Biya a participé à ses élections en allant voter. Crédit photo: prc.cm /Image reprise sous autorisation

Le RDPC sera toujours au pouvoir

Et donc, avant même le dimanche 9 février 2020, jour de ces consultations électorales, le RDPC avait déjà gagné ces élections haut-la-main ! Puisque sur les 180 circonscriptions pour les législatives, ils étaient seuls candidats dans trente-cinq (35) d’entre elles ! Surtout qu’ils utilisent les véhicules administratifs (de l’État) pour faire leur campagne, qu’ils usent et abusent de l’argent du contribuable pour faire inscrire leurs candidats sur leurs listes exhaustives, et qu’ils sont également le propriétaire d’Elecam qui est l’organe chargé de la proclamation définitive et de la falsification des résultats !
Le RDPC remportera également la plupart des mairies haut-la-main, et en fin de compte rien ne changera véritablement. Certains de ses candidats ont même utilisé la photo de Paul Biya pour solliciter les suffrages auprès de « leurs » populations, et pourtant ce n’est pas ce Paul Biya qui viendra pour diriger la petite commune de Ndikiniméki.
Hein, est-ce que vous me comprenez ? Pourquoi je devrais laisser mes matchs du championnat anglais pour aller voter dans une élection législative et municipale, alors que tout le monde sait très bien que les dés sont déjà pipés à l’avance et que rien sur notre quotidien ne subira le moindre changement ?


Il a quand même manqué le MRC

Quoi qu’on dise hein, Maurice Kamto est actuellement la force politique numéro 1 ici au Cameroun ! À tel point que sa non-participation à ces élections a été plus commentée que la participation des autres candidats. À tel point que c’est toute la diaspora qui est mobilisée pour sa cause, et qui le reconnaît comme son président. À tel point que beaucoup de bendskineurs et de Camerounais du bas-peuple, s’identifient à lui. Et certains ne sont pas partis voter parce que le MRC leur avait tout simplement demandé de boycotter ces élections…
Maurice Kamto a beaucoup manqué à ce scrutin électoral et à partir de là, je ne vois pas comment les futurs élus jouiraient d’une éventuelle légitimité. Puisque le MRC aurait gagné plusieurs mairies, plusieurs sièges législatifs, et démontré une fois de plus sa popularité et sa (sur)puissance. Mais ils auraient aussi contribué à légitimer ce Code électoral qui en l’état n’est ni conforme, ni équitable, ni juste, ni tout simplement démocratique.

Maurice Kamto à Paris
Le président du MRC, Maurice Kamto, a rempli la Place de la République à Paris lors d’un meeting mémorable le 30 janvier 2020. Source: villesetcommunes.info /Photo reproduite sous autorisation

Je n’ai pas voté pour les législatives et les municipales !

Donc je ne sais pas pour vous hein, mais ce dimanche j’étais tranquillement assis devant mon téléviseur et mon ordinateur en même temps, en train de regarder le match de Sheffield United dans le championnat anglais. Et je n’ai même pas songé une seule seconde à me lever pour aller participer à cette mascarade d’élections législatives et municipales…

Je n’ai pas voté ! J’ai bien vu les affiches des candidats qui ont pollué les murs de Douala avec leurs sourires traficotés sur Photoshop, mais même ces affichettes-là n’ont pas réussi à me faire changer d’avis.
Je n’ai pas voté ! Car que ce soit le SDF, le NMP, le PCRN et encore moins le RDPC, aucun de ces partis politiques n’a pour priorité le développement de nos localités et l’amélioration de nos conditions de vie.
Je n’ai pas voté ce dimanche et pourtant j’avais bien participé lors de la dernière présidentielle, mais c’est parce que j’étais naïf et que je croyais encore que ce régime était disposé à partitionner le Pouvoir.

Mais quand je vois le délabrement de la plupart de nos communes, je ne pouvais que me décourager. Quand je vois comment nos élus locaux n’apparaissent que lors des échéances électorales, ça me laisse généralement suspicieux. Quand je vois comment ces candidats se bagarrent sur les plateaux de télévision au lieu de nous présenter leur programme et leur bilan, je comprends que nous sommes là dans un bal de chiffonniers. Et je préfère appeler mon ami Pierre La Paix Ndamè pour lui demander s’il peut venir me retrouver à la maison…


Ma théorie sur la zombification des Camerounais

Chaque fois que je me rends à l’étranger, les gens me demandent toujours que « Je demande hein, comment vous faites même pour supporter une dictature pendant aussi longtemps, et pourtant vous êtes un peuple si intelligent ? »
Et moi je leur réponds toujours que j’ai ma propre théorie sur la zombification qu’il y a ici au Cameroun…

Paul Biya
Paul Biya est à la tête du Cameroun depuis 1982. Source: afrik.com /CC-BY

On a libéralisé le sexe

Depuis 1982 que monsieur Paul Biya est au pouvoir, il a libéralisé le sexe ! Et la sexualité est ainsi devenue une activité désormais normale, désormais banale, désormais omniprésente et désormais presque marchandable…
On a libéralisé la sexualité au Cameroun ! Et c’est pour cette raison qu’il y a des prostituées à chaque coin de nos rues, et que leurs tarifs sont à la portée de n’importe quel énergumène. On a transformé nos adolescentes en instagrameuses qui offriraient leurs charmes à des inconnus qui leur proposeraient du chawarma. On a métamorphosé nos jeunes filles en bombes sexuelles qui sont toutes à la recherche du mariage. On a tellement minimisé les viols, les violences conjugales, la polygamie et la frivolité sexuelle des hommes et des femmes qui vivent au Cameroun, que l’infidélité est presque déjà devenue comme une monnaie courante.
Et c’est pour ça que n’importe qui peut coucher avec n’importe qui ici au Cameroun, n’importe où, n’importe quand et surtout n’importe comment. Et tu as même le droit de réprimander une fille si elle a bu tes bières et puis mangé ton poisson braisé avec les frites de plantain, et qu’elle a osé refuser de rentrer dormir avec toi le même soir dans ta maison…


On a libéralisé la bière

J’ai parlé de la bière mais en réalité je parlerai de tous les alcools ainsi que des stupéfiants. Parce que les Camerounais sont des alcooliques et des soûlards, bien sûr, mais certains sont également des drogués et des fumeurs compulsifs. Certains se dopent aux amphétamines et aux drogues de synthèse qu’ils considèrent comme des vitamines ordinaires, et d’aucuns aussi s’injectent à travers de vieilles seringues qui sont déjà usitées.
On a libéralisé la bière ! Et c’est pour ça que les bars sont ouverts de lundi à lundi, et du matin jusqu’au lendemain matin. Les bars sont plus nombreux chez nous que les établissements scolaires et les bibliothèques réunis. Le prix de la bière n’a jamais été critiqué par le moindre consommateur (même si on veut on fixe ça à un million). Les gens s’asseyent dans les snack-bars avant même le lever du soleil, et c’est là-bas qu’ils invitent leurs araignées et qu’ils gèrent aussi toutes leurs petites affaires. Les Camerounais se soûlent la gueule 24h/24 au vu et au su de notre chef supérieur des Armées, mais celui-ci laisse expressément faire. Puisque les gens qui sont en état d’ébriété n’auront jamais le temps la lucidité de venir lui contester sa supposée légitimité…

Pasteur Divine
Les Pasteurs ont beaucoup de succès au Cameroun. Crédit photo: Ecclésiaste Deudjui Source: leshautsparleurs.tv5monde.com /CC-BY

On a libéralisé la foi

D’abord, le Cameroun était un État laïc. Soit. Et donc nous avons vécu avec le catholicisme, le protestantisme et l’islam. Sauf que depuis une vingtaine d’années environ, ça va dans tous les sens ! Les Témoins de Jéhovah se sont installés dans tous les coins et recoins de notre petit Triangle national. Les protestants se sont subdivisés en plusieurs milliers de congrégations évangélistiques, et c’est chaque fidèle qui a l’embarras du choix pour deviner quel sera le véritable bon pasteur.
Paul Biya vous a laissé la foi ! Il vous permet d’ouvrir votre église de réveil gratuitement mais surtout facilement, et il vous permet aussi de resquiller tous les prosélytes que vous vous fabriquerez. Il nous a permis de devenir des bouddhistes, des traditionalistes, des athées, des shintoïstes et que sais-je encore ! Il nous a laissé avoir la foi dans la religion que nous désirerions, afin que nous le laissâmes tranquille. Car les gens qui sont dans l’espérance d’une vie meilleure au Paradis ne viendront jamais le perturber dans sa soif de pouvoir sur l’enfer du Cameroun actuel…


On a banalisé l’engagement politique

Et donc, on vous a éloignés de la politique ! On vous démontre que vous êtes encore très-très jeunes pour être intégrés aux affaires. On vous a fait accroire que la politique ne changera jamais votre vie quotidienne. On vous décourage de vous inscrire sur les listes électorales, et on vous habitue à ne jamais vous mobiliser ni manifester pour la contestation de la moindre injustice…
Paul Biya sait faire ! Il a zombifié toute une population qui est parvenue à ne plus rêver de changement politique par la paix ni par la démocratie. Il a transformé tout un dynamisme en débrouillardise. Il a réussi à nous faire penser que son strapontin était carrément d’une origine divine, et qu’il vivrait presque éternellement à son poste de président de la république du Cameroun. Il a transformé les nominations gouvernementales en récompenses ethniques et tribales (on appelle cela le tribalisme étatique), il a fabriqué des députés qui réfléchissent d’abord pour leur minuscule personnalité et pour leur nombril, au lieu de se pencher sur le développement local de la population qui les aurait soi-disant « élus ».

Valsero en concert avec le drapeau du Cameroun
L’artiste Valsero avait déjà théorisé cette zombification camerounaise. Source: coupsfrancs.com /CC

Ma théorisation sur la zombification des Camerounais

Et donc chaque fois que je mets mon pied à l’étranger, il s’en trouvera toujours quelqu’un pour me demander que « Je demande hein, Ecclésiaste ! Comment un peuple aussi intelligentissime que le vôtre, avec des intellectuels comme ton ami Pierre La Paix Ndamè, fait-il pour supporter une démocrature (dictature déguisée en démocratie) aussi violente pendant aussi longtemps ? Hein, vous faites même ça comment ? »

Ma théorie sur la zombification des Camerounais ! Mes compatriotes sont aujourd’hui des pleutres, mais c’est parce qu’on leur envoie souvent la Police pour les intimider, et quelquefois l’Armée aussi pour bien les mater.
Ma théorie sur la zombification des Camerounais ! Le régime actuel nous a montré que si vous êtes un voleur de milliards mais que vous ne dérangez personne au sommet de l’État, eh bien personne au sommet de l’État ne vous dérangera pas non plus.
Ma théorie sur la momification de la société camerounaise est plus exhaustive que ceci, puisque ces gens-là ont semé les sales mœurs dans notre communauté afin de nous maintenir dans ces états de désœuvrement et de résilience.

Parce que pour vous dire vrai hein, ce sont eux qui ont semé la corruption, le népotisme et le chômage. Ce sont eux qui ont tué notre éducation en dévalorisant la place de nos enseignants. Ce sont eux qui ont également assassiné la culture. Parce que ces gens-là sont foncièrement des sanguinaires, des égoïstes et des administrateurs impitoyables ! Mais ce n’est pas parce que notre peuple supporte cette dictature que l’Histoire retiendra que nous l’avions forcément méritée…


Même les balles perdues ont aussi besoin de votre amour…

Ça me fait vraiment de la peine lorsqu’une fille m’appelle et que je ne décroche pas mon téléphone. Ça me fait aussi souffrir quand une Camerounaise veut me voir et que je ne lui donne pas l’opportunité de me rencontrer. Ça me rend réellement malheureux lorsque j’agis comme si les balles perdues n’avaient pas aussi besoin de notre amour…

femme amoureuse
Toutes les femmes veulent se sentir aimées et considérées. Source: infosmaintenant.net /CC

Même les anciennes compagnes ont aussi besoin de votre amour

Même vos ex-copines ont aussi besoin de votre amour ! Car même si vous êtes séparés depuis un long moment déjà, ce n’est pas une raison suffisante pour que vous deveniez définitivement des ennemis. Ce n’est pas une raison acceptable pour que quand la fille t’appelle pour te dire qu’elle se retrouve en difficulté, toi tu fasses la sourde oreille. Ce n’est pas parce que tu es séparé d’avec une fille ou alors parce qu’elle t’avait quitté pour aller s’acoquiner avec ton ancien camarade d’enfance, que tu vas décider que tu ne pourras plus jamais lui accorder ta bienveillance !
Car il y a parfois des femmes qui te quittent en te détestant de tout leur cœur, mais c’est en tournant avec les hommes du dehors qu’elles finissent par comprendre que c’était vraiment toi qui étais l’homme de leur vie.


Même les araignées ont aussi besoin de votre amour

Il ne faut pas penser que les araignées n’ont pas de cœur hein, c’est faux ! Archi-faux même. Car même si elles vous donnent l’impression qu’elles sont des rapaces qui n’éprouvent aucune émotion, elles sont d’abord et avant tout des demoiselles et même des femmes ! Et elles possèdent évidemment un cœur comme tous les êtres humains…
Les araignées sont comme des adolescentes : elles ont envie de « vivre », bien sûr, elles ont envie de s’éclater et surtout de se balader dans le cerveau des hommes Camerounais qui ont de l’argent, bien entendu, mais c’est exclusivement parce qu’elles étaient tombées amoureuses auparavant et qu’elles en avaient été sévèrement déçues ! Elles ont parfois envie de vous faire imaginer que leurs sentiments ne sont plus télécommandables comme autrefois lorsqu’elles rêvaient encore, mais c’est archi-archi-faux ! Car il y a parfois des araignées qui t’appellent tous les jours et qui veulent t’embrasser presque toutes les nuits que Dieu a créées, et moi je sais que c’est parce qu’elles ont aussi seulement un peu besoin de votre vrai amour.

une couple heureux
On peut rendre une femme heureuse en lui donnant de l’amour. Source: psychologiedecoupledouala.blogspot.com /CC-BY

Même les groupies ont aussi besoin de votre amour

Je parle des filles qui sont fanatiques de ce que tu fais. Je parle des femmes qui épient toutes tes publications sur internet. Je parle des dames que tu ne regardes même pas lorsque tu passes en route, mais qui pourtant rêvent tout simplement de te toucher, de te frôler ou bien de te coller un petit baiser lorsqu’elles se retrouveront à quelques centimètres de toi…
Je parle de ces milliers d’admiratrices qui t’idolâtrent lorsque tu es un blogueur populaire, un musicien talentueux ou alors un maestro de la poésie comme mon ami Pierre La Paix Ndamè. Elles ont aussi simplement un peu besoin de votre amour ! Parfois elles ne sont pas là pour ton argent ou encore pour ta célébrité ou bien ta notoriété. Parfois elles préféraient l’homme que tu étais auparavant à celui que tu es devenu dorénavant. Parfois elles sont dérangées de devoir te partager avec ton interminable liste de followers, parce que les vraies amoureuses sont des femmes possessives qui n’ont pas du tout envie que tu continues à les regarder simplement comme des fanatiques !


Même vos maîtresses ont aussi besoin de votre amour

Je parle du « Deuxième bureau ». C’est-à-dire ces concubines du dehors qui te permettent de mieux survivre à ton mariage. On les considère ici comme des bouche-trous, comme des roues de secours et parfois aussi comme des faire-valoir.
Et pourtant…
Dans les yeux de ta maîtresse, il y a la déception de ne pas pouvoir te posséder totalement, mais il y a quand même l’espoir vif qu’un jour tu deviendras finalement l’homme de sa vie. Il y a cette méchanceté innocente qui l’amène à souhaiter du mal ꟷet même la mort !ꟷ à ton épouse, parce qu’elle ressent machiavéliquement l’envie de lui arracher définitivement sa place.
Dans le cœur d’une femme que toi tu considères naïvement comme ta simple maîtresse, il y a parfois beaucoup d’amour. Il y a surtout beaucoup de tristesse lorsque tu te couches la nuit dans les bras d’une autre dulcinée. Il y a un peu de la colère aussi lorsque tu lui parles de ton ménage et de ta petite famille. Il y a également beaucoup de foi et toujours beaucoup d’espérance, parce que les femmes qui sont vos maîtresses ont généralement aussi besoin de découvrir enfin le grand amour.

dessin femme amoureuse avec son petit ami
Chaque femme veut avoir son homme pour elle seule. Source: pinimg.com Crédit: @emmel-concepts /CC-BY

Même les balles perdues ont surtout besoin de votre amour…

Donc très sincèrement, ça me fait toujours de la peine lorsqu’une fille me téléphone et que je la laisse discuter avec mon répondeur. Ça me fait aussi souffrir lorsque je ne lui donne même pas l’opportunité de me rencontrer. Ça me rend triste et malheureux lorsque j’agis comme si les balles perdues n’avaient pas aussi besoin de notre tendresse…

Même les filles qui sont laides ont aussi besoin de votre amour ! Car non seulement la beauté est relative, mais il faut cesser de les utiliser puis les abandonner comme si elles ne représentaient et ne ressentaient absolument rien !
Même les femmes qui sont vieilles ont aussi de besoin de votre amour ! Car non seulement les cougars sont des femmes comme tout le monde, mais ce n’est pas parce qu’on prend de l’âge qu’on cessera de mériter de l’attention et de l’affection pour autant.
Même les prostituées ont également aussi besoin de votre amour, parce que c’est à cause d’une déception amoureuse qu’elles en sont certainement arrivées là.

Puisque dans notre société qui est si superficielle, les hommes ont des femmes qu’ils prennent au sérieux et ils ont également des partenaires sexuelles qu’ils n’utilisent que pour se soulager ! Les hommes ont de nombreux « bois blancs » qu’ils appellent aussi les « balles perdues », mais ces malheureuses demoiselles ne pourront jamais les préoccuper comme leurs titulaires. Les garçons camerounais sortent avec de nombreuses filles qu’ils trimballent partout comme des chiffons ! Ils ont les coups d’un soir et ils aiment aussi les bordelles de bières, car ils ont une attraction gravitationnelle pour les Camerounaises qui « libèrent » facilement.
Mais ils ignorent que toutes ces femmes-là ont également aussi un peu besoin de notre amour…


Ecclésiaste DEUDJUI, moi j’ai besoin de votre amour
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[VIDÉO] Pourquoi tant de violence dans les lycées camerounais ?

Un jeune élève de 15 ans a assassiné son enseignant de mathématiques au lycée de Nkolbisson à Yaoundé. Mais ce fait divers vient s’ajouter à la longue liste d’événements scandaleux qui ont cours depuis quelques temps au Cameroun, et qui sont généralement commis par de simples adolescents.
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MIXAGE & MONTAGE :
Ecclésiaste Deudjui

LIEUX DE TOURNAGE :
Logpom, Douala, CAMEROUN


Ecclésiaste DEUDJUI, nous sommes tous coupables !
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Maurice Kamto, nous souffrons !

Voilà déjà plusieurs années que je m’adresse à son Excellence Paul Biya pour lui parler de nos nombreuses difficultés, mais le bon monsieur ne me regarde même pas ! Et donc je vais tenter ma chance avec Maurice Kamto parce que les Camerounais survivent vraiment ici dans la souffrance…

Des docteurs camerounais qui dorment devant le ministère
Les docteurs PhD qui grèvent devant le ministère pour réclamer leur recrutement. Source: newsclic.info /CC0

Maurice Kamto, il n’y a pas le travail !

Il n’y a pas vraiment de travail au Cameroun, à vrai dire. Puisque le secteur informel occupe presque 85 % de l’activité économique sur l’ensemble de notre territoire !
Il n’y a pas vraiment de stratégie pour la création des emplois. Il n’y a pas de stratégie pour attirer les investisseurs étrangers. Il n’y a pas de plateforme pour encourager et stimuler les entrepreneurs comme mon ami Pierre La Paix Ndamè, et au final la plupart des jeunes Camerounais deviennent généralement des débrouillards…
Kamto, le plus gros employeur de notre pays s’appelle l’État du Cameroun (est-ce que c’est normal ça ?). Les diplômés qui sortent de l’école avec un doctorat en comptabilité ou bien en communication digitale, eh bien ils se retrouvent mécaniciens, vendeurs à la sauvette ou encore bendskineurs. Les filles qui ont fait de longues études sont obligées de se déshabiller ꟷcomplètementꟷ si elles souhaitent obtenir un emploi stable. Les recrutements se font par le « villagisme » dans les entreprises, c’est-à-dire suivant la coloration ethnique du directeur général. Les Camerounais sont des chômeurs et même ceux qui ont un boulot ne sont pas payés régulièrement, ou alors leur salaire ne leur permettra même pas de pouvoir se payer un dîner dans un bon restaurant…


Maurice Kamto, nous avons perdu les valeurs…

Les Camerounais n’ont plus de bonnes mœurs, Maurice Kamto ! Et encore plus les Camerounaises. Parce que nous passons tout notre temps sur Facebook, dans les snack-bars et dans les églises de réveil. Nous passons toutes nos nuits sur internet parce que nous sommes en train de prendre rendez-vous avec des inconnus via WhatsApp…
Maurice Kamto, nous sommes devenus des disciples de Bacchus. Les Camerounais boivent la bière jusqu’à ce n’est plus bon, jusqu’à c’est même déjà devenu presque comme une devise monétaire (1 euro = 1 bière = 655 francs CFA). Les Camerounaises adorent le sexe facile et sans préservatif. Un chawarma et une bière, et les voilà déjà dans ton matelas ! Les gens d’ici adorent les faits divers parce que tout ce qui nous intéresse ce sont les enlèvements, les crimes rituels, les accidents de la circulation, les infidélités qui se transforment en assassinats passionnels ou bien en suicides, etc.
Les Camerounais s’intéressent à des futilités et c’est pour ça que nos plus grandes vedettes sont des marionnettes comme Grand Barack ou encore son compère Nyangono du Sud…

Des jeunes gens au bar avec des bières
Les Camerounais.es sont de très grands consommateurs.trices de bières Source: camer.be /CC

Maurice Kamto, nous sommes tous malades

Maurice Kamto, nous sommes vraiment malades ! Parce que même les règles élémentaires d’hygiène et de salubrité, nous ne nous les appliquons pas. Nous survivons par miracle et d’ailleurs nous avons un proverbe stupide qui stipule que « La saleté n’a jamais fait mourir un homme noir… » Tsuip !
En dehors de cette négligence, nous n’avons pas d’hôpitaux. Les gens qui nous gouvernent vont se soigner à l’extérieur du pays parce qu’ils ne font confiance ni à nos médecins, ni à leurs infrastructures ! Et les meilleurs praticiens que nous avons ont préféré s’exiler définitivement, puisque c’est en Occident qu’ils sont mieux valorisés. Ceux qui sont restés ont ouvert leurs propres cliniques mais le simple prix de la consultation nous coûte cher jusqu’ààààààà…
Et donc, nous les pauvres nous n’avons plus que nos pauvres gros yeux pour pleurer. Nous achetons nos faux médicaments au coin de la rue, et avec un peu de chance ces faux comprimés nous empêcheront de crever immédiatement. Et même si on clamse ce n’est pas bien grave parce que les Camerounais savent déjà parfaitement tout ce qu’ils vont faire après ta mort.


Maurice Kamto, nous sommes devenus malhonnêtes !

Malhonnêtes le feu sort ! Tous les Camerounais sont des malhonnêtes, tous ! Tous les Camerounais savent comment on escroque de l’argent à quelqu’un. Tous les Camerounais savent ramasser un porte-monnaie et vider l’argent qu’il y avait à l’intérieur. Tous les Camerounais maîtrisent l’art du mensonge, et encore plus l’art des promesses qu’ils ne vont évidemment jamais chercher à respecter…
Maurice Kamto, nous sommes devenus très malhonnêtes ! Le banditisme s’est démultiplié. Il y a des braquages à main armée presque tous les jours. La prostitution s’est également multipliée aussi. Les voleurs de milliards se comptent désormais en plusieurs dizaines. La feymania a réellement gagné du terrain. Les gigolos sont de plus en plus nombreux ici dehors. Les filles que tu viens de rencontrer te demandent déjà de l’argent lors de votre tout premier contact, et dès que tu le leur donnes elles effacent ton numéro ! Les Camerounais sont devenus tellement sanguinaires, et ils ne croient plus qu’en la sorcellerie et aux maraboutages. Certains seraient prêts à sacrifier leurs propres enfants si ça leur permettait de glaner au moins quelques millions…

Maurice Kamto et Tibor Nagy
Maurice Kamto (à droite) a été reçu par Tibor Nagy, le monsieur Afrique de la Maison Blanche. Source: meyomessalainternational.com /CC

Cher Maurice Kamto, nous souffrons !

Donc voilà déjà plusieurs années que je m’adressais à Paul Biya pour lui parler de nos innombrables ennuis, mais le bon monsieur ne me gérait même pas ! Alors je vais tenter ma chance avec Maurice Kamto pour lui dire que les Camerounais survivent vraiment ici dans la souffrance…

Maurice Kamto, nous souffrons ! Il faut payer le loyer, il faut payer les factures d’eau et d’électricité, il faut se nourrir, il faut s’occuper de sa santé et bien entendu de ses enfants et de sa famille.
Maurice Kamto, nous galérons ! C’est parce que nous sommes résistants et téméraires que nous ne nous décourageons pas. C’est parce que nous sommes des débrouillards. C’est aussi un peu parce que nous sommes définitivement résilients.
Monsieur Maurice Kamto, je sais que vous pâtissez également de ce système, mais sachez que vous représentez un espoir incommensurable pour des millions de personnes !

Alors si un jour vous devenez le président de la République du Cameroun, n’oubliez jamais tout ce que je viens de vous dire. N’oubliez pas que nous avons besoin de votre changement. N’oubliez pas que c’est seule l’espérance qui nous a fait subsister jusqu’ici. N’oubliez pas que nous avons seulement besoin du travail, de la santé physique et aussi des bonnes mœurs. Parce que pour vous dire vrai nous souffrons terriblement, monsieur Maurice Kamto !


Ecclésiaste DEUDJUI, moi je souffre !
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