Ecclésiaste Deudjui

J’ai enfin assisté à un match du CHAN 2021 !

Au départ, c’était le match des Lions indomptables que je voulais voir. Mais les péripéties de l’organisation m’ont amené à acheter les billets de la rencontre Maroc-Zambie.
Explications.

but de Soufiane Rahimi au CHAN 2021
Le Marocain Soufiane Rahimi a inscrit le but le plus rapide de l’histoire du CHAN, après seulement 36 secondes de jeu contre la Zambie. Source: afrik.com /Photo reproduite sous autorisation

J’ai enfin eu de l’intérêt pour cette compétition

Au début de la compétition, je ne m’intéressais pas réellement au Championnat d’Afrique des Nations. Puisque nous sommes déjà en 2021, et que le tournoi s’appelle en réalité « Total CHAN 2020 ». Et puis je me demandais quel serait le niveau technique des seize participants, puisque la plupart des pays qualifiés n’ont même pas organisé leurs propres championnats locaux durant les deux derniers semestres.

Bref, j’ai finalement eu de l’intérêt pour la compétition. Je me suis rendu compte que les Camerounais sont en manque de divertissements. Et que la plupart se rendaient dans les stades comme s’ils se promenaient dans un fête foraine. J’ai constaté que les gens regardaient désormais la CRTV pour voir les matches, alors que généralement ils se plaignent de la redevance audiovisuelle. Et puis, je ne suis quand même pas con ! Ce n’est pas tous les jours que nous accueillons une compétition footballistique de si grande envergure. D’ailleurs la dernière fois je n’étais même pas né puisque c’était dans l’antiquité en 1972

J’ai enfin observé les Lions indomptables

Je parle des Lions A prime. Enfin, A’. Parce qu’il ne faut pas les confondre avec nos Lions indomptables séniors, qui ont remporté la Coupe d’Afrique 2017 par hasard. Non ! Ceux qui jouent dans le CHAN sont des footballeurs de notre championnat local. Et je me demande comment on les a sélectionnés puisque nous n’avons plus organisé de championnat national depuis les calendes grecques…

Bref, je me suis pris d’empathie pour cette équipe courageuse, téméraire, et portée par un capitaine-courage qui s’appelle Salomon Banga. J’ai aussi aimé le fait que nous avons un sélectionneur camerounais –pour une fois– sur le banc de touche, même si dans les coulisses il est parfois surnommé « fifty-fifty ». Et puis j’étais bien obligé de m’intéresser à ces Lions un peu domptables, puisque Samuel Eto’o Fils était tous les jours dans la tanière. Et on me dit que c’est lui qui fait les causeries d’avant-match, c’est lui qui note le classement du coach. C’est aussi lui qui multiplie les primes des joueurs en cas de victoire ou de qualification. Il détient la majorité des billets d’entrée pour les matchs.

spectateurs devant le stade de Japoma
Les billets pour assister aux matchs des Lions indomptables sont introuvables. Source: newsclic.info /CC

J’ai enfin acheté les billets du stade

En réalité je voulais voir le match RDC-Cameroun, comptant pour les quarts de finale de cette compétition. Le match était prévu pour Douala puisque nos Lioncelles n’ont pas pu terminer premières de leur poule à Yaoundé. Et c’est comme ça que partis de la capitale, 90 % des billets de Japoma ont été achetés avant même leur mise en vente. Une vraie mafia ! Certains les avaient rachetés pour venir les revendre ici au prix d’or. Aucun rationnement ! Les précieux sésames se sont partagés entre les mains des députés, des grands hommes d’affaires, des politicards, des administrateurs de la CAF et de la Fécafoot. J’ai même retrouvé certains tickets d’entrée entre les mains de plusieurs footballeuses lesbiennes ici à Douala !

Bref, je me suis « reversé » sur le match Maroc-Zambie, puisque c’était le seul autre quart de finale dans la ville de Douala. J’ai acheté deux tickets à trois mille francs CFA l’unité (l’autre billet c’était pour ma petite hein, et non pour mon ami Pierre La Paix Ndamè), et je me suis promis de supporter les Lions de l’Atlas puisque je ne pouvais même pas aller regarder mes propres Lions indomptables…

J’ai enfin assisté à un match !

Quel match même ? Vous croyez réellement que j’ai pu assister à ce match du CHAN 2021 ? Et si oui, pourquoi je ne vous ai donc pas proposé mon selfie à l’intérieur du stade de la Réunification ? Hein ?
Bref, je n’ai pas pu y entrer. Les alentours du stade de Bépanda étaient bazardés de gendarmes et de militaires, comme si c’était la résidence secondaire de Maurice Kamto. Et puis ils nous ont demandé de descendre de notre véhicule pour continuer à pied, sur environ deux kilomètres ! Pire, il n’y avait que deux guérites pour gérer tous les flux des arrivants. Aucune logistique !

Et imaginez donc les rangs interminables que nous avons trouvé, et qui ne cessaient de s’allonger. Entre ceux qui cherchaient à revendre leurs billets à moitié prix parce qu’ils étaient déjà fatigués et découragés, et ceux qui continuaient quand même à garder espoir. Je n’ai pas pu m’aligner dans ces longs rangs parce que le match avait déjà commencé. Si je m’engageais, j’allais sûrement entrer au stade vers la 94ème minute de la rencontre.

Bref, c’était le foutoir ! Ou c’est l’organisation qui était mauvaise, ou c’est la sécurité qui était prépondérante. En tous cas, je n’ai pas pu assister à ce fameux match. Il y avait plus de détenteurs de tickets d’entrée à l’extérieur du stade qu’à l’intérieur. Les supporters pénétraient dans le complexe omnisports au compte-goutte. La valeur des billets d’accès n’avait plus aucune valeur. Tu pouvais même proposer ton ticket VIP (tout de même quarante mille francs CFA) à quelqu’un pour t’en débarrasser, et lui il allait te répondre que « Ahn bon hein, donc c’est moi que tu as vu pour aller m’aligner pendant des heures sous le soleil hein… »

Supporters camerounais du Maroc au CHAN 2021
On retrouve plusieurs Camerounais dans la délégation des supporters marocains. Source: lionindomptable.net /Image reprise sous autorisation

J’ai finalement vécu le CHAN 2021

Et donc finalement, je suis allé regarder la suite du match à la télévision. Car les péripéties du comité d’organisation m’avaient orienté vers le Maroc, et pourtant dès le début j’avais souhaité encourager nos valeureux Lions indomptables…

J’ai enfin assisté à un match du CHAN 2021 ! La ville était barricadée avant la rencontre, j’ai donc acheté des cache-nez que le gouvernement nous avait pourtant offerts. Mais ils ont été détournés, et j’ai donc observé des supporters marocains qui étaient noirs comme le charbon car en réalité c’étaient des Camerounais…

J’ai enfin assisté à un match du CHAN 2020 ! Les gens se mélangeaient dans une foule incontrôlable alors que nous sommes en pleine crise sanitaire. D’aucuns garaient leurs véhicules à mille kilomètres et pourtant nos stades modernes sont censés contenir un immense parking.
J’ai enfin vécu en direct l’atmosphère du match Maroc-Zambie, même si au départ c’était l’équipe du Cameroun que je voulais voir.

Et donc je suis obligé de pointer du doigt la mauvaise organisation de cette épreuve, malgré que cela reste une véritable fiesta footballistique. Je suis obligé de dénoncer la mafia qu’il y a autour des tickets d’entrée aux stades. Bien obligé aussi de noter la mauvaise gestion des spectateurs qui ne peuvent même pas accéder aux gradins, pourtant ils sont détenteurs de billets d’accès qu’ils ont achetés à des prix très élevés.
Mais en fait, de quoi je m’étonne ? Le championnat d’Afrique des nations est effectivement organisé par le Cameroun de Paul Biya.


J’ai déjà expérimenté la galère !

Ce n’est pas seulement la janviose qui pose des problèmes aux camerounais, il y a aussi les nombreuses difficultés que nous rencontrons tout au long de l’année. Puisque moi aussi j’ai déjà expérimenté la galère…

Dessin d'un sans domicile fixe
Les SDF sont autour de nous mais nous ne les regardons jamais. Source: stripsjournal.com Dessin: Gros /Image reprise sous autorisation

J’ai déjà expérimenté la faim

Les gens ne s’en rendent pas compte, mais c’est vraiment difficile de survivre avec la famine dans le ventre. C’est compliqué de se réveiller et de ne même pas savoir si on va pouvoir grignoter quelque chose dans la journée.
Pour mon cas personnel, j’ai déjà expérimenté la famine à plusieurs reprises : en 2002 lorsque j’étais un étudiant à Ngoa-Ekellé, en 2014 lorsque j’avais été cambriolé à Douala et que je me suis retrouvé sans domicile fixe à Sangmélima, et plus récemment en 2019 après le décès de mon grand-frère James
Et c’est dans ces moments-là que tu peux sentir à quel point ton estomac est noué, lorsqu’il n’a pas eu d’activité digestive pendant près de 24 heures. Tu peux aussi remarquer que ton cerveau ne fonctionne plus correctement. On cesse d’être sélectif lorsque quelqu’un te proposera quelque chose à ingurgiter, et tu développeras même une sorte de gustation bizarre. Tu vas devenir le genre de personne qui est régulièrement constipée, et tu ne vas même plus souvent accorder de l’importance aux épices.
Parce que la seule chose qui compte pour quelqu’un qui a réellement faim, eh bien c’est de manger !

J’ai expérimenté la valeur de l’argent

Et donc dans mes galères, j’avais commencé à mesurer la véritable valeur de l’argent. Puisque quand je suis souvent plein aux as, je dépense follement sans compter. Quand j’ai les poches qui débordent, j’achète parfois des futilités qui sont littéralement sans aucune importance. Et par moment, je deviens même orgueilleux, condescendant, ostensiblement irrévérencieux voire méprisant envers les femmes, etc.
L’argent ! J’ai compris qu’avec mille francs CFA seulement, tu peux faire ton bonheur pendant plusieurs jours !Que les reliquats que j’abandonnais chez les jolies boutiquières pouvaient pourtant m’être d’une utilité salvatrice. J’ai compris qu’on peut acheter beaucoup de petites choses essentielles avec un minimum de pognon, et donc qu’il fallait immédiatement que j’arrête avec le gaspillage !

pièce de monnaie franc CFA
J’ai commencé à connaître la valeur de chaque pièce d’argent. Source: seneplus.com /CC-BY

J’ai aussi expérimenté les gens qui comptent

La galère a quand même de bons côtés, et particulièrement le fait de découvrir le vrai visage des gens. Découvrir les bonnes personnes. Les amis fidèles. Une véritable famille. Parce que pendant ta galère, nombreuses sont celles-là qui te lâcheront en mondovision, en se disant que « Je vais même chercher quoi avec un pauvre type comme celui-là ? ». Et pourtant, il y aura tes vrais amis qui vont te demander : « Tu as besoin de quelque chose ? Je peux t’aider ? Je peux te donner un peu d’argent ? ». Il y aura certains membres de ta famille qui seront disponibles pour te secourir coûte-que-coûte, sans aucune contrepartie en retour. Il y aura une petite amie que tu négligeais pourtant, mais que tu considéreras sérieusement dorénavant. Parce qu’elle sera toujours là pour te nourrir, pour te conseiller, pour te choyer, pour t’accompagner et pour t’aider à rebondir le plus rapidement possible.
Tandis qu’il y aura plein de gens qui n’auront même plus envie de décrocher tes simples coups de fil !

J’ai enfin expérimenté la générosité

Depuis ma galère, j’ai vraiment beaucoup changé. J’observe les choses différemment. Mieux, je reconnais publiquement que je m’étais trompé …
Auparavant, j’étais dur de caractère, et je pensais que tous ceux qui étaient en difficulté étaient les seuls responsables de leurs propres turpitudes. C’est faux ! Il y a parfois des personnes honnêtes qui font réellement tout ce qu’il faut pour s’en sortir, mais qui n’y parviennent pas. Pourtant, je refusais de les aider parce que je me disais qu’elles avaient certainement commis plusieurs bêtises quelque part…
Je m’étais trompé ! J’écoute désormais les problèmes des gens lorsqu’ils me les posent. Et j’essaye de les aider si je m’en sens capable. J’ai décidé de devenir désormais généreux et altruiste. D’ailleurs dorénavant, je vais commencer à dorloter mes neveux et mes nièces puisque je les considérais même déjà comme mes propres enfants.

Vieil homme noir qui joue avec son petit-fils
Nous devons nous consacrer à donner du bonheur autour de nous. Source: istockphoto.com /CC

J’ai déjà trop expérimenté la galère !

Ce n’est pas seulement le mois de janvier qui est difficile, il y a aussi les nombreuses difficultés que nous rencontrons tout au long de l’année civile.

J’ai aussi déjà expérimenté le chômage ! Comme moi, il y a beaucoup de Camerounais qui n’ont aucun emploi. Il y a beaucoup de Camerounais qui sont très mal payés. De nombreux travailleurs ne sont pas enregistrés à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS). Il y en a d’autres qui ont déjà accumulé plusieurs arriérés de salaire…
J’ai déjà expérimenté la solitude ! C’est très difficile pour une femme célibataire de pouvoir élever ses enfants convenablement, et c’est aussi difficile pour un orphelin de pouvoir assumer son avenir et son éducation.
J’ai déjà expérimenté l’incertitude, il faut bien le dire, puisque la récompense du travail n’est pas proportionnelle aux nombreux efforts que nous fournissons ici au Cameroun.

Mais malgré ces rudes épreuves, j’avais aussi expérimenté ma capacité d’adaptation. Durant ces galères, j’ai surtout pu tester ma résilience. Pendant ces moments difficiles que j’espère que vous ne rencontrerez jamais dans votre vie, j’avais quand même expérimenté la sincérité des gens qui m’apprécient et la gentillesse des gens qui m’affectionnent.
Et cela restera ma plus belle expérience, parce que je ne pouvais jamais parler des Camerounais sans comprendre les difficultés que vous rencontrez …


[vidéo] Deux femmes lesbiennes s’expriment sur leur homosexualité (partie 2)

Alors que l’homosexualité est pénalisée au Cameroun, j’ai interviewé deux lesbiennes pour découvrir dans quelles conditions elles expriment leur orientation sexuelle au quotidien. Ceci est la deuxième partie.

Cette vidéo a été réalisée pour le compte de Alternatives-Cameroun. N’oubliez pas de vous abonner à ma chaîne YouTube et d’y laisser vos commentaires, comme l’a déjà fait mon ami Pierre La Paix Ndamè.

Interview d’une lesbienne vivant dans la ville de Douala. Crédit : Ecclésiaste Deudjui / CC-BY

Interview & montage :
Ecclésiaste Deudjui

Lieux de tournage :
Douala, CAMEROUN


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On dirait que je suis devenu vieux pour certaines choses…

Non seulement je ne bois plus de bières, mais j’ai également arrêté les sorties nocturnes. J’ai aussi arrêté la drague. J’avais préalablement arrêté les selfies. Et je crois sérieusement que je suis naturellement en train de devenir vieux pour certaines choses …

Les jeunes africaines sont accros aux selfies. _Photo by Iwaria via Iwaria

J’ai arrêté avec les selfies

C’est vraiment bizarre ! Car il y a quelques années encore, je me photographiais dans toutes les situations comme le font aujourd’hui Etienne Talla et son compère Dariche Nehdi. Je voulais prouver à mes connaissances que je suis un habitué des grands milieux. Que je suis aussi un habitué des avions confortables. Je voulais aussi montrer que j’étais régulièrement en compagnie d’une jolie camerounaise. Ou alors que je suis l’ami de certaines célébrités.

J’ai arrêté avec les selfies !

Et c’est pour cette raison que dorénavant je me sens vieux, lorsque je vois de jeunes étudiantes qui se photographient à longueur de journées. Je me sens également vieux-jeu, puisque je ne sais même plus correctement manipuler la caméra de mon ordinateur portable. Je n’ai jamais utilisé Tik-Tok, ni SnapChat. Je n’ai jamais diffusé de story sur mon compte Instagram. Je ne parviens même plus à modifier mes propres statuts sur WhatsApp. Je suis devenu incapable de fixer le long bâton que les jeunes accrochent souvent derrière leur smartphone, et qui permet à des blogueurs comme Atome de réaliser des autoportraits avec un angle plongeant vertigineux …

Je ne marche plus dans la nuit

C’est parce que j’ai définitivement arrêté avec l’alcool. Mais c’est aussi parce que je suis devenu précautionneux. Car j’ai désormais trop peur des agressions, des braquages, des vols de moto (j’en ai déjà perdues trois), des cambriolages à main armée, etc.
Je ne sors plus vraiment de chez moi à partir de 18h30. Je préfère calmement regarder mes matchs de football à la télévision, ou alors je travaille tranquillement sur mon annuaire DoualaTour. Si par malchance je suis enfermé avec une camerounaise, alors je vais lui faire de bons câlins. Oui, j’ai commencé à comprendre qu’il n’y a rien d’extraordinaire dans la vie du dehors, que ça ne sert à rien de rentrer tous les jours à cinq heures du matin ! Je l’avais longuement pratiqué auparavant, mais dorénavant je suis assez vieux pour continuer avec ce genre de divertissements.

deux pieds sur une table remplie de bières
J’ai décidé d’arrêter avec les sorties nocturnes. /Photo by Medsile via Iwaria

J’ai aussi arrêté avec la drague

Je n’ai pas complètement arrêté, parce qu’il y a toujours quelques cameruineuses qui réussissent encore à me séduire. Mais je ne suis plus un coureur de jupons comme avant. Je ne suis plus un baratineur insatiable. Je ne suis plus un collectionneur de femmes. Même dans mes forums sur internet, je me suis un peu assagi. Même sur Facebook, je me suis calmé. Car dorénavant je suis devenu un observateur, et je ne bondis plus sur tout ce qui brille. J’ai finalement conclu que c’est mieux pour moi d’être apprécié par une et une seule femme.

Je ne regarde plus les séries télévisées

Je parle des séries télévisées mais en réalité cela concerne beaucoup d’autres choses. Comme les concerts par exemple, auxquels je n’assiste plus. Je suis de moins en moins fan de certaines personnalités, ou de certaines idéologies religieuses. D’ailleurs je ne regarde plus que les matchs de football à la télévision. Je ne me rends plus dans les cérémonies de mariage, ni dans les voir-bébé. Bientôt, je prendrai la résolution de ne même plus commémorer mon propre anniversaire !
Je suis déjà assez vieux pour me demander si je suis encore beau, si je me suis bien habillé. J’ai déjà atteint le niveau de maturité ou bien de sénilité si vous voulez, où je vais bientôt finir par me déconnecter de tous mes réseaux sociaux. Et je risque probablement de devenir un vieillard grincheux et ennuyeux, puisque je passe mon temps à critiquer systématiquement certains comportements qui appartiennent à la nouvelle génération…

Je ne drague plus comme auparavant. Source: vudaf.com /Dessin repris sous autorisation

On dirait que je suis devenu un vieillard pour certaines choses…

On dirait que je suis devenu vieux pour le sexe, car ce n’est plus ma priorité avec les femmes. D’ailleurs je suis moins dérangé lorsqu’on me propose des fantasmes que je refuse de réaliser.
On dirait que je suis devenu vieux pour la maladie ! Pas parce que je suis en bonne santé hein, mais parce que j’apprends à vivre avec les pathologies qui s’agglutinent au fur et à mesure que mon âge augmente.
On dirait que je suis devenu très vieux pour le sport. Ça fait longtemps que je n’ai plus couru et pourtant j’étais un excellent footballeur auparavant.

Mais c’est parce que dans la vie de chaque individu, il y aura forcément un moment où tu vas constater que tu es déjà en train de devenir quelqu’un de différent. Il y aura une étape où tu n’auras plus envie de faire les choses pour plaire aux autres. Il y aura certainement un âge où vous ressentirez que vous êtes malheureusement déjà déconnectés. Ou que vous n’avez plus vraiment la capacité de réaliser toutes vos promesses.
Et c’est là que vous serez dangereusement devenus vieux pour certaines choses …


Ecclésiaste DEUDJUI, moi je suis déjà vieux
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Pourvu que 2021 ne soit pas comme 2020 au Cameroun…

L’année qui vient de s’achever a été véritablement catastrophique à travers le monde. Et pourvu que 2021 ne soit pas comme 2020, ici, au Cameroun…

Maurice Kamto
Durant toute l’année 2020, Maurice Kamto n’a cessé de se revendiquer président du Cameroun. Source : cameroonvoice.com /CC

Pourvu que notre politique ne soit plus si violente

En 2020, il y a eu des tensions exacerbées, ici au Cameroun, jusqu’à ce que je pense même qu’on était déjà au bord de frôler de la guerre civile…
Car en dehors du conflit anglophone qui s’achemine vers sa cinquième année, nous avons assisté à une montée en puissance du tribalisme et de la xénophobie. Les Bamilékés et les Ewondos se sont régulièrement invectivés par réseaux sociaux interposés, et les gens du Septentrion se sont singularisés par le mouvement « 10 millions de Nordistes ».
Pourvu que 2021 ne soit plus une année de bras de fer entre Maurice Kamto et Son Excellence Paul Biya. Pourvu que nos rues ne soient plus militarisées à l’annonce des marches dites « pacifiques ». Pourvu que les nombreux prisonniers politiques et les journalistes soient immédiatement libérés. Pourvu que l’opposition camerounaise et son gouvernement trouvent enfin un terrain d’entente. Car Paul Atanga Nji et son compère Paul-Éric Kingué sont des aboyeurs qui n’ont pas trop l’habitude d’éteindre les incendies ; surtout lorsque ceux-ci ont été déclenchés par les sulfureux militants du MRC

Pourvu qu’il n’y ait plus de tragédies

Certains appellent cela des faits divers, mais pour moi, ça reste des tragédies. Des drames, même. Car dès le mois de janvier 2020, il y a un adolescent du lycée de Nkolbisson qui a assassiné son enseignant de mathématiques en se servant d’un petit compas ordinaire…
Puis, le 22 juillet, il y a eu ce gendarme qui a été bastonné à mort à cause d’une simple histoire de toilettes à l’agence Finexs. Le 25 juillet, il y a eu la fusillade de la petite amie du sous-préfet de Lokoundjé. Sans parler du taximan, décédé le 23 juillet des suites de ses blessures, après avoir été interpellé puis torturé pour une banale histoire de mauvais stationnement…
On a aussi assisté à une tragédie à Bafoussam, où une gendarmette a tiré à bout portant sur un pauvre petit bendskineur. On a assisté à une catastrophe avec l’accident de Ndikiniméki qui a causé une quarantaine de morts. On a été témoins de la barbarie à l’état pur, puisque des terroristes sont entrés dans une école primaire de Kumba le 24 octobre, et qu’ils y ont sauvagement massacré de tout petits enfants…

hommage aux victimes du massacre de Kumba
Le massacre du 24 octobre à Kumba a été la plus grande barbarie de l’année 2020. Source: agencecamerounpresse.com /CC

Pourvu que 2021 soit une année sans Covid-19

Le coronavirus a été le mot le plus prononcé durant l’année qui vient de s’écouler. Car dès le mois de mars, nous étions déjà en situation de crise ! Le Covid-19 nous a obligés à ralentir nos activités, à fermer les commerces, à interrompre les programmes scolaires, à modifier nos comportements sociaux, et même à se disputer puisque moi-même, j’ai perdu ma petite amie à cause de ce malintentionné maudit coronavirus…

Paul Biya est même allé jusqu’à annuler la traditionnelle cérémonie du 20 mai, la fête nationale. Il a également restreint ses déplacements officiels (déjà qu’il n’en faisait pas beaucoup) et il s’est mis en auto-confinement. Il a ordonné un plan de collecte de fonds pour la riposte contre cette épidémie, mais jusqu’à aujourd’hui nous ne savons toujours pas où sont passés les sacs de riz qui nous avaient été offerts par la société Orca…
Nos objets familiers sont devenus le savon, le masque et le gel hydro-alcoolique. Mgr Kleda est devenu une vedette grâce à sa décoction anti-Covid-19. Madeleine Tchuenté a été surnommée la ministre des chauves-souris. Malachie Manaouda a fait fermer provisoirement la polyclinique Marie Ô. Le sous-préfet de Minkan a failli destituer une autorité traditionnelle, parce que celle-ci avait osé refuser le don d’un seau pour lutter contre le coronavirus…

Pourvu qu’il n’y ait plus autant de morts

Sur le plan funéraire, ça a été une hécatombe ! Puisque 2020 restera à tout jamais comme l’une des années les plus meurtrières de notre histoire…
On a d’abord perdu une légende : Manu Dibango. Ensuite, un homme d’affaires exceptionnel : Fotso Victor. On a aussi perdu les politiciens Franklyn Ndifor, Simon Meyanga ou encore le patriarche Adamou Ndam Njoya. On a constaté le décès de plusieurs médecins qui sont morts par insuffisance respiratoire. On a été séparés du brillantissime avocat Sylvain Souop. On a appris le trépas de l’icône footballistique Stephen Tataw. On a vu souffrir puis mourir –en direct– Mama Nguéa Laroute. On a été unanimement émus par le décès de la jeune présentatrice Flora Zé, et jusqu’aujourd’hui le groupe Équinoxe n’est toujours pas parvenu à s’en remettre.
Il s’agit là des plus connus, évidemment. Mais sur le plan personnel, j’ai aussi perdu ma tante bien-aimée, celle qui vivait à Bépanda. J’ai aussi perdu mon cousin Jacques qui vient de mourir, mais je n’ai pas envie de m’apitoyer parce que je sais que vous avez aussi traversé les mêmes situations que moi…

Flora Zé
Le décès de Flora Zé (à droite) a ému le paysage audiovisuel au mois d’avril 2020. Source : griote.tv /Image reprise sous autorisation

Pourvu que 2021 ne soit surtout pas comme 2020 au Cameroun…

Donc, l’année qui s’est achevée a été véritablement catastrophique à travers la planète entière. Mais pourvu que 2021 ne soit pas comme 2020, ici, au Cameroun…

Pourvu qu’il n’y ait plus de tricherie en 2021 ! Pas seulement au Baccalauréat avec l’affaire du petit Kevin Gassam, mais je parle surtout de la fraude qu’on a pu constater lors de nos dernières élections municipales.
Pourvu qu’il n’y ait plus de mensonges ! Parce que Stéphanie Djomo avait effectivement menti en regardant devant la caméra, et Paul Biya avait aussi menti puisque la CAN 2019 sera finalement organisée jusqu’en l’an 2022.
Pourvu qu’il n’y ait plus les dégâts des eaux que nous subissons chaque année, puisque le 21 août il y a encore eu une impitoyable inondation ici à Douala.

Et je ne vous parle même pas de mon ami Pierre La Paix Ndamè, lui qui vient de perdre sa camarade Tiki Monique. Je n’ai même pas mentionné ma voisine Gisèle qui était décédée au mois de juin, après un périlleux accouchement. J’ai aussi oublié le chef de l’Etat dont la sœur aînée avait rendu l’âme dans la nuit du 31 octobre.
Bref, 2021 sera forcément meilleure que l’année 2020, ici, au Cameroun…


Ecclésiaste DEUDJUI, bonne année 2021 !
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Mon hit-parade des personnalités camerounaises en 2020

Ceci est un classement subjectif, et d’ailleurs je n’énumère pas ces personnalités par ordre de mérite ni de popularité. Puisqu’il s’agit des Camerounais qui auront marqué l’année 2020 à travers leur personnalité…

Paul Biya contre Maurice Kamto
Maurice Kamto (à droite) a été le principal adversaire politique de Paul Biya durant l’année 2020. Source: journalducameroun.com /CC-BY

Maurice Kamto

J’ai dit que c’était subjectif hein, mais Maurice Kamto reste indiscutablement le Camerounais qui aura le plus marqué l’année 2020 ! C’est l’opposant politique le plus virulent. C’est aussi le seul individu qui peut se permettre de menacer Paul Biya, comme si notre président était son camarade de classe…
Maurice Kamto a fait fort ! Cet homme politique a débuté l’année 2020 en boycottant les élections législatives et municipales du 9 février, et en soustrayant le MRC du jeu électoral. Il a sommé le gouvernement camerounais de mettre immédiatement un terme à la crise anglophone qui s’éternise. Maurice Kamto mis les ministres Atanga Nji et René Sadi au travail. Il a organisé un crowdfunding de rescousse des populations face au Covid-19. Son mouvement Cameroon Survival a recueilli environ 655 millions de francs CFA !
Maurice Kamto s’est aussi mué en agitateur politique, puisqu’il a même organisé des manifestations « pacifiques » le 22 septembre dernier, avec pour leitmotiv de chasser M. Paul Biya du pouvoir. C’est à la suite de cette révolution qu’il a été assigné à résidence pendant plus de soixante jours. Devant son domicile, des policiers et des gendarmes, 24h/24, comme s’il s’agissait là du plus dangereux terroriste de notre histoire …

Nourane Foster

Elle s’était d’abord fait remarquer dans les affaires, puisqu’elle est PDG de Nourishka Hair, entreprise camerounaise spécialisée dans la beauté des cheveux, Nourishka Cosmétiques et Nourishka Hôtel.
Nourane Foster a fait fortune grâce aux mèches artificielles qu’elle vendait elle-même à travers des vidéos sur Facebook.
Mais c’est sur le terrain de la politique que cette jeune femme (elle est née le 11 décembre 1987 en Egypte) va crever l’écran. Elle est devenue, après les législatives de février dernier, députée du Wouri-Est pour le compte du PCRN du Cabral Libii. Sa personnalité attire l’attention, évidemment, mais elle sort aussi régulièrement des sentiers battus. Elle a par exemple critiqué ouvertement la CRTV qui est la télévision nationale. Elle a aussi réorienté sa dotation parlementaire pour l’achat d’un véhicule de luxe, en la mettant plutôt au service de la prévention contre le Covid-19.
Nourane Fotsing Moluh Hassana de son vrai nom est mariée depuis 2016, et mère de trois enfants (des triplés). Elle est d’une indépendance intellectuelle rare et a un véritable amour pour la population. Cela en fait –pour moi– la femme politique camerounaise la plus remarquable de cette année 2020.

Nourane Foster
Nourane Foster est l’une des plus jeunes députés de l’hémicycle. Source: actucameroun.com /C

Malachie Manaouda

Auparavant j’étais fan de ce type ! Parce que depuis sa nomination le 4 janvier 2019 en tant que ministre de la Santé publique, ce diplômé de l’ENAM a affiché un dynamisme et une hyperactivité qui me fascinaient.
Il s’est fait connaître du grand public à l’occasion de la crise sanitaire, dès le mois de mars. On le voyait dans les aéroports, sur les plateaux de télévision, dans les hôpitaux, dans les hôtels de recasement, etc.
Il a séduit les Camerounais par son franc-parler, par son calme et par sa réactivité dans la prise de décisions. Cet homme politique nous donnait des informations tous les jours sur l’évolution du Covid-19 au Cameroun. Il se servait également de son compte personnel Twitter. Il était le plus jeune ministre du gouvernement, et travaillait comme un forcené, jusqu’à ce que des soupçons de corruption commencent à peser sur sa gestion de cette « lucrative » crise sanitaire.
D’ailleurs, le secrétaire général à la Présidence de la République vient d’ordonner une enquête, afin que lumière soit faite sur les milliards de francs CFA qui ont été dépensés dans le cadre de la bataille contre le coronavirus …

Jean-Pierre Amougou Belinga

Lui, c’est le Zomloa ! L’année 2020 aura été marquée par la démonstration de sa puissance financière. On le savait déjà richissime. Mais Jean-Pierre Amougou Belinga a multiplié les acquisitions, les rachats, les investissements, les créations d’entreprises, les dons, etc.

Il a par exemple racheté la chaîne française 3A Télésud et a procédé à l’expansion de Vision finance. Le zomloa consolidé la place de son établissement ISSAM dans le paysage de la formation professionnelle. Jean-Pierre Amougou Belinga a lancé le chantier de deux immenses tours jumelles à Yaoundé : elles abriteront le futur siège de son groupe de médias L’Anecdote …
Par ailleurs, Amougou Belinga a fait parler de lui en octroyant 50 millions de FCFA à Mgr Kleda, afin de perfectionner son traitement artisanal contre le Covid-19. L’homme d’affaire a promis de faire construire une villa à son employé Martial Owona. Il avait aussi porté plainte contre son Directeur général Ernest Obama, pour « haute trahison ». Il a licencié Parfait Ayissi à la suite d’une restructuration de sa télévision Vision 4 et s’est même retrouvé dans les faits divers à cause d’une sombre histoire de jet privé et d’ambassadeur.

Jean-Pierre Amougou Belinga achète 3A Télésud
Jean-Pierre Amougou Belinga (à gauche) à Paris, lors de l’acquisition de 3A Télésud. Source: brisse.online /CC

Mon hit-parade des personnalités médiatiques en 2020

Mon hit-parade des politiciens camerounais en 2020 ! On peut citer Paul Biya comme toujours, Ferdinand Ngoh Ngoh, Célestin Djamen, Wilfried Ekanga, Calibri Calibro ou encore le ministron Jean de Dieu Momo.

Mon hit-parade des artistes camerounais en 2020 ! Il ne faut pas oublier Fingon Tralala, Blanche Bailly, Daphné, Lady Ponce, Aveiro Djess, Ko-C, Moustik Le Karismatik ou encore le dessinateur-caricaturiste Landryman.

Mon hit-parade des écrivains camerounais en 2020 ! J’ai découvert Djaïli Amadou Amal et j’ai confirmé mon appréciation du talentueux poète Pierre La Paix Ndamè

Mais on aurait très bien pu aussi ajouter les meilleurs journalistes. On aurait bien pu évoquer les meilleurs sportifs. On aurait pu mentionner les meilleurs entrepreneurs aussi et les meilleurs investisseurs. Mais tout cela est très subjectif.
Y compris mon hit-parade des blogueurs camerounais en 2020…


Une bouteille d’eau minérale, s’il vous plaît !

Je sais que les fêtes approchent mais je vous préviens dès à présent, je ne consommerai pas d’alcool ! Il faut savoir que certains camerounais sont énervés lorsqu’un individu se permet de commander de l’eau minérale …

homme noir qui boit de l'eau minérale
L’eau minérale est très bien pour la santé. Source: cameroun24.net /CC

Les filles camerounaises n’aiment pas l’eau minérale

Alors que c’est pourtant moi qui vais la boire hein ! Mais j’ai déjà remarqué que lorsque j’invite une cameruineuse et que je consomme mon eau minérale, en général elle se montre très rapidement désabusée. Surtout si c’est une grosse consommatrice de bières : elle va me soupçonner de vouloir la soûler afin de pouvoir immédiatement rentrer et coucher avec elle … Tsuip !

Les filles camerounaises n’aiment pas trop du tout les hommes qui ne boivent pas de bière (y compris les adolescentes). Elles les trouvent trop ennuyeux, les jugent pas assez dépensiers, les suspectent de dissimuler des défauts plus graves encore que l’alcoolisme, notamment l’infidélité et la violence conjugale.
Et pire : certaines camerounaises vont même carrément aller jusqu’à te quitter !

Mes amis ne supportent pas l’eau minérale

La plupart de mes amis sont malheureusement des alcooliques. Enfin, tous ! Y compris mon ancien meilleur ami Pierre La Paix Ndamè. Et c’est pour cette raison que j’avais beaucoup de peine à leur dire non, d’ailleurs j’ai eu beaucoup de mal à leur révéler que moi je ne souhaitais plus consommer d’alcool pour le moment.

J’allais même jusqu’à leur mentir parfois. En effet, j’ai souvent répondu : « Je suis actuellement sous antibiotiques » ou « J’ai rendez-vous avec ma petite amie à la mairie », ou encore « On vient de m’opérer du foie et cela ne fait même pas encore deux semaines que je suis sorti du service de gastro-entérologie »

Et pourquoi tout ça ? Bah c’est parce que mes amis sont malheureusement des soûlards ! Et aussi parce qu’ici, les gens qui boivent de la bière n’aiment pas trop se mélanger avec les énergumènes qui ne boivent pas la bière. Et si jamais tu veux te désolidariser de ces beuveries collectives, eh bien ils vont tout simplement t’ostraciser ! Surtout si tu les as trahi à cause d’une malencontreuse bouteille d’eau minérale…

bières camerounaises sous forme de perfusion
Plusieurs Camerounais.es consomment l’alcool comme s’il s’agissait d’une ordonnance médicale. Source: Facebook /CC

Certains Camerounais me voient déjà comme un zombie

Quand je me rends dans un milieu public et que je commande ma bouteille d’eau minérale, certains Camerounais me regardent parfois comme si j’étais devenu un extraterrestre ! Puisque dans leur tête, la question c’est : « Comment quelqu’un peut laisser l’eau du robinet pour venir acheter l’eau ici à 500 FCFA ? Hein ? Il n’y a pas le forage dans son quartier ? »
Je sais, auparavant je me posais les mêmes questions.

Mais dorénavant j’ai compris que c’est parce que c’est moins coûteux que vos bières, parce que je ne vais pas en acheter trente-six durant la même soirée, et surtout parce que cela me permettra de pouvoir rester implacablement lucide ! Et d’ailleurs j’ai aussi déjà commencé à regarder les consommateurs d’alcool comme des zombies…

Même mes fanatiques veulent me détester

Et pourtant Dieu seul sait combien je les aime ! Mais j’ai déjà remarqué que certains lecteurs qui m’idolâtraient auparavant, ne sont plus enthousiasmés lorsqu’ils me rencontrent et que je préfère plutôt consommer de l’eau minérale.

Surtout que dans leur imaginaire, j’étais certainement plus intéressant lorsque je sifflais encore les bouteilles de Mützig à l’époque, et ensuite de Guinness Smooth. J’étais probablement plus captivant lorsque je me suis mis à la petite Guinness, beaucoup plus fou, beaucoup plus romantique avec les jolies filles que je baratinais dans mes états d’ivresse, mais surtout j’étais indéniablement plus inspiré dans mon écriture et manifestement aussi dans ma littérature de blogueur.

Et je perçois cette « déception » quand des amis arrivent au Cameroun et que je les invite dans un snack-bar. Je ressens ce désabusement lorsque je me rends moi-même dans un pays étranger. Je constate que certains fanatiques qui me demandaient ce que je voulais boire, et que je répondais : « De l’eau minérale, tout simplement ! », combien ils sont désenchantés et décontenancés. Et malheureusement, j’ai finalement l’impression que mes lecteurs veulent me laisser tomber à cause de mon addiction pour l’eau minérale.

eau minérale versée dans un verre
Il existe plusieurs types de marques d’eau minérale au Cameroun. Image: morio-consulting.net /Image reprise sous autorisation

Une bouteille d’eau minérale et un verre, s’il vous plaît !

Donc je sais que les fêtes seront là d’ici quelques jours, mais je vous préviens dès à présent : je n’ingurgiterai pas une seule goutte d’alcool ! Surtout que les Camerounais sont très énervés lorsqu’un individu se permet de venir commander de l’eau naturelle…

Une bouteille d’eau minérale, s’il vous plaît ! Auparavant j’étais gêné lorsqu’on me proposait la bière et que je la refusais, mais dorénavant j’ai de la peine pour ces prédateurs-là qui ne veulent surtout pas respecter le goût des autres.
Une bouteille d’eau minérale ! Désormais je me sens bien avec ma bouteille d’eau, et si quelqu’un me turlupine je vais lui demander si lui et moi nous utilisons le même estomac.
Une bouteille d’eau minérale et non plus une bouteille de whisky, s’il vous plaît, puisque je suis un ancien soûlard, mais que miraculeusement je me suis reconverti en chérubin.

Parce que pour vous dire vrai, on peut très bien survivre sans la bière ! On peut très bien subsister sans s’enivrer. On peut très bien profiter de la jovialité et des festivités de fin d’année, sans nécessairement rechercher systématiquement l’ébriété. D’ailleurs je profite mieux de la vie depuis que je me suis familiarisé avec ma bouteille d’eau minérale.