Ecclésiaste Deudjui

Le boom des sextoys au Cameroun

Vous n’allez pas me croire, mais le Cameroun est devenu l’un des plus gros consommateurs de sextoys ici en Afrique. Et voici pourquoi.

La distance

De plus en plus de Camerounais.es s’engagent dans des relations à distance, et cela au détriment de la proximité physique et de la complicité sexuelle. Pire, certains Camerounais se mettent en couple avec des individus qu’ils n’ont même encore jamais vus, ou qu’ils ont tout simplement rencontrés à travers les réseaux sociaux
Moi-même j’ai mon oncle qui vit avec sa petite amie qui est basée loin là-bas en France, et cela ne leur pose aucun problème ! J’ai aussi des camarades qui sortent avec des filles qui sont parties s’installer en Amérique du Sud. Et pour mon cas personnel, je flirte aussi régulièrement avec des Camerounaises qui sont localisées à Yokadouma, à Yaoundé, à Ebolowa, à Sangmélima, à Dibombari, etc.
L’éloignement physique n’est donc plus un argument pour se désolidariser de son couple. Et résultat : beaucoup de mes compatriotes ont décidé de compenser ces diverses absences grâce aux gadgets sexuels et aux sextoys.

Le lesbianisme

Inutile de vous dire que nous sommes également dans un pays d’homosexualité officieuse. On a même déjà des stars reconnues comme Shakiro, même si la plus grande majorité des homosexuels camerounais préfère encore se dissimuler derrière les sissonghos…
Il y a surtout le lesbianisme ! C’est-à-dire des femmes qui vont se mettre au lit avec d’autres femmes. Des femmes qui jouent le rôle des hommes et qui draguent d’autres Camerounaises qui ont pourtant des seins comme elles, jusqu’à se comporter comme de véritables mâles dominateurs. Mais, comme malheureusement elles n’ont pas le plantain mûr naturel dont Dieu a doté mon ami Pierre La Paix Ndamè, elles sont donc obligées de recourir aux godemichés, aux vibromasseurs, aux ceintures sadomasochistes, etc.

sextoys alignés dans un magasin érotique
De plus en plus de sextoys sont disponibles dans les magasins érotiques camerounais. Source: actucameroun.com /CC-BY

Le célibat

Le célibat est aussi une raison récurrente d’initiation aux sextoys. Surtout pour les femmes qui travaillent toute la journée, ou alors pour les filles célibataires qui se comportent comme des sauvageonnes envers tous leurs dragueurs.
Le célibat implique la solitude, ou en tous cas la solitude amoureuse. Il entraîne une solitude sexuelle qui va pousser nombre de femmes à commencer à utiliser les objets sexuels. Voilà pourquoi ces produits sont de plus en plus sollicités dans notre société où le divorce est devenu la règle, et la longévité conjugale une sorte d’exception.

La luxure

Enfin, il y a la luxure. La lubricité. L’exhibitionnisme. L’échangisme. La prostitution. Le sadomasochisme comme je vous ai parlé tout à l’heure…
Car dans notre Cameroun-ci hein, les esprits sont de plus en plus débridés. Tout ce que les Blancs font là-bas en Occident, nous on copie ça aussi ici aveuglément et surtout stupidement. Nous sommes entrés dans l’ère du libéralisme sexuel, et notre mentalité s’est dangereusement érotisée. Les jeunes hommes et les jeunes filles camerounais se disent de plus en plus libérés et épanouis sur les plans anatomique et pornographique. Chacun connaît déjà son corps et en jouit à outrance, et il y a comme une attitude décomplexée quant à l’utilisation et à l’usage des lingeries fines, des gadgets érotiques, des vidéos et des contenus culturels qui sont destinés aux adultes, etc.
Bref, les sextoys ont dorénavant pignon sur rue.

Le boom des sextoys ici au Cameroun

Donc vous n’allez pas me croire hein, mais le Cameroun est actuellement devenu l’un des plus gros consommateurs de sextoys ici en Afrique. Et voici pourquoi.

Le boom des sextoys au Cameroun ! Les hommes qui sont à distance préfèrent acheter des pénis artificiels à leurs copines qui sont restées au pays, plutôt que de les laisser tentées par l’utilisation de ces mêmes objets mais en version naturelle.
Le boom des vagins artificiels au Cameroun ! Plus pratiques que de se coltiner une Camerounaise qui va te coûter beaucoup d’argent, certains hommes les achètent discrètement et ils sont de plus en plus nombreux dans les sex-shops et dans les magasins.
Le boom de la sexualité tout simplement, parce que les sextoys ne sont que le reflet de la sexualité débridée qui s’est installée ici au Cameroun.

Et c’est pour cette raison que les boutiques érotiques sont de plus en plus nombreuses, et que le viagra est devenu un médicament généralisé comme tous les autres. Les lingeries féminines sont de plus en plus banalisées dans nos prêts-à-porter, et les hommes sont de plus en plus exigeants quant aux équipements artificiels qu’ils souhaitent expérimenter avec leurs partenaires.
Sinon ils vont immédiatement se retourner vers leurs poupées gonflables


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J’ai déjà perdu une Camerounaise rien que pour ça !

Il y a une fille que j’aime actuellement mais qui ne me prend même plus au téléphone. Et pourtant on s’entendait bien hein ! Mais parfois tu peux perdre une femme à cause d’un tout petit détail de rien du tout, jusqu’à tu vas te demander si tu as réellement perdu ta Camerounaise rien que pour ça…

J’ai déjà perdu une Camerounaise à cause de mon âge

Ceci, ça devient de plus en plus récurrent. Parce que depuis que j’avais franchi la barre de la trentaine, les seules femmes qui s’intéressent à moi sont des célibataires de vingt-huit ans, des mères d’enfants de vingt-neuf ans, des femmes divorcées de trente-cinq ans, des ménopausées qui ont déjà traversé la crise de la quarantaine, etc. Puisque quand moi je m’adresse à une post-adolescente qui vient de se préinscrire à l’université, elle est d’abord effrayée par le chiffre « 4 » qui est positionné au début de mon âge (et qui vient de remplacer le chiffre « 3 »). Et si par malheur elle entr’aperçoit mes bourrelets ou mon gros ventre lorsque je me déshabille, elle va définitivement se convaincre que je ne suis pas du tout, mais alors du tout son genre de gars !
Et cela ne date même pas d’aujourd’hui, ce genre de désagrément. Parce que le 27 mai 2009 par exemple, il y a une petite fille de Bonabéri qui m’avait largué parce qu’elle me trouvait déjà vieux, alors que je venais tout simplement de célébrer mes vingt-sept ans…

J’ai déjà perdu une Camerounaise à cause de mon domicile

De ma cabane, à vrai dire. Parce que quand je vivais encore à Déido en face de la boulangerie COAF, j’habitais dans une chambrette qui ne possédait même pas d’eau courante ni de fenêtre d’aération. Et donc quand une fille réussissait à arriver dans ce cabanon, elle me disait toujours que « Comment est-ce que tu fais pour habiter dans une pareille habitation ? »
Bref, j’ai perdu beaucoup, beaucoup, de Camerounaises à cause de certaines domiciliations. J’ai perdu une Camerounaise qui m’avait demandé que « C’est la route pour arriver chez toi qui est compliquée-compliquée comme ça ? » J’ai perdu une Camerounaise qui m’avait déclaré que « On entend que tu vis à Logpom et pourtant tu résides en réalité à Logpom-Village ! » J’ai perdu une jolie métisse quand j’étais encore un étudiant à l’université de Ngoa-Ekellé, parce que notre maisonnette (j’habitais avec Florian Ngimbis et Fabrice Nouanga à l’époque) ne possédait même pas de toilettes internes ! J’ai aussi perdu beaucoup de filles parce que quand je leur donnais le nom de mon secteur à Yaoundé, elles me répondaient que « Qui ça ? Moi ? Arriver là-bas au Carrefour Éleveur ? Tu m’as même bien regardée ? »

citation femme amoureuse qui s'en va
Une femme peut quitter un homme même si elle est amoureuse de lui. Source: Facebook /CC

J’ai déjà perdu une Camerounaise à cause de mon physique

Je vous ai parlé de mes bourrelets et de mon gros ventre, mais cela m’arrive régulièrement lorsque je baratine une fille à travers les réseaux sociaux. Puisque comme je suis toujours souriant sur mes photos de profil qui sont naturellement retouchées par ordinateur, évidemment, certaines femmes s’imaginent que je serais aussi séduisant comme cela dans la réalité… Erreur !
Nôôô ! Je ne suis plus moi un mignon garçon oooh ! Et c’est pour cette raison que lorsque j’arrive sur le lieu de notre rendez-vous, certaines filles me demandent souvent que « Ecclésiaste est où ? » Et je suis obligé de mâchouiller la bouche pour leur dire que « Euh… Ecclésiaste est parti chasser le pangolin avec son meilleur ami Pierre La Paix Ndamè à Dibombari », parce que je n’ai pas assez de courage pour leur confesser que leur cupidon est en réalité un laideron, et que celui qui les a séduites sur internet est déjà confortablement installé en face d’elles…

J’ai déjà perdu une Camerounaise à cause de ma mauvaise bouche

Sans le faire exprès hein, je précise. Parce que je ne suis quand même pas une personne mal élevée. Je ne suis quand même pas un énergumène. Je suis peut-être quelque peu maladroit quelquefois par intermittence, mais je fais toujours l’effort d’essayer de rester au moins un peu civilisé, courtois et surtout bien éduqué.
Bref, j’ai déjà perdu une fille que j’étais en train de déshabiller complètement sur mon matelas à Makèpè, parce que je lui avais dit que « Retire-moi le caleçon-là immédiatement ! » J’ai déjà perdu une fille parce que j’avais trop bavardé dans ses oreilles lors de notre tout premier rencard. J’ai déjà perdu une femme parce que j’avais promis de la rappeler dans la soirée, et que malheureusement je ne l’avais pas fait. J’ai déjà perdu une princesse parce que je lui avais demandé de tout abandonner pour venir s’installer avec moi. J’ai déjà perdu une petite amie parce que je n’avais pas acheté son gâteau d’anniversaire. J’ai récemment perdu une panthère de Bonamoussadi parce qu’elle ne supportait pas les hommes qui privilégient les SMS. J’ai déjà perdu une Camerounaise qui s’appelait Armelle et que j’affectionnais du fond de mon cœur, mais elle m’avait barré parce que je lui avais dit en public que « J’ai envie de sucer tes seins devant tout le monde pour te prouver à quel point je suis amoureux de toi… »

J’ai déjà perdu plusieurs Camerounaises rien que pour ça !

Donc il y a une jolie fille que j’aime énormément, mais elle refuse désormais de me prendre au téléphone. Et pourtant on s’entendait parfaitement hein ! Mais parfois tu vas perdre une femme à cause d’un minguili petit détail de rien du tout, jusqu’à tu vas même te demander si tu as réellement perdu ta dulcinée rien que pour ça…

J’ai déjà perdu une Camerounaise à cause de ma tribu ! Parce que comme je suis un Bamiléké à 200 %, la fille m’avait répondu que « Quoi ? Tu veux me tourner comme ça pour aller ensuite épouser une de tes sœurs là-bas à Bafang ? »
J’ai déjà perdu une Camerounaise à cause de ma religion. Puisque comme je suis un athée convaincu (je ne crois pas en Dieu), il y a des filles qui me châtient souvent en me vilipendant : « Tu es maudit ! », « Tu es un sorcier ! », « Tu es condamné à vivre éternellement dans les flammes de l’Enfer. »
J’ai déjà perdu une Camerounaise à cause de ma libido excessive, parce que certaines filles me demandaient souvent que « Je demande hein, Tu ne te rassasies jamais ? On t’a seulement fait ça au village ? »

Et si je vous rappelle ici le nombre de merveilleuses filles que j’ai déjà perdues pour rien-rien comme ça, je vais certainement attraper un accident vasculaire cérébral. Car j’ai déjà perdu une fille à cause de mes amis d’alcool. J’ai déjà perdu une femme à cause de mon chemisier qui n’était pas bien repassé. J’ai déjà perdu une demoiselle à cause d’un malentendu avec sa copine. J’ai déjà perdu une dame responsable parce que j’avais refusé de partir m’installer avec elle. J’ai déjà perdu une jolie conquête à cause de mon travail qui ne la satisfaisait pas. J’ai déjà perdu une femme mariée parce que moi je résidais à côté de leur maison conjugale, et que son mari était un militaire. J’ai déjà perdu une étudiante parce qu’elle minimisait l’argent de poche que je lui envoyais. J’ai aussi perdu une extraordinaire midinette que j’affectionnais et qui s’appelait Barbara, tout simplement parce que j’avais osé lui demander de venir me faire la lessive.
Et pourtant je ne pouvais même pas imaginer que j’allais perdre toutes ces Camerounaises-là rien que pour ça…


Ecclésiaste DEUDJUI, j’ai aussi gagné une Camerounaise rien que pour ça !
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Il était une fois Ndikiniméki…

Ceux qui n’ont pas vécu à Ndikiniméki entre 1997 et 1999 ne comprendront pas de quoi je parle. Mais pour tous les autres, cela ressemblera à une histoire extraordinaire…

Il était une fois le lycée de Ndiki

Je suis arrivé au lycée de Ndikiniméki en septembre 1997, en classe de Seconde C. Mes notes à Edéa m’avaient pourtant orienté vers la série littéraire, mais c’est mon père qui m’avait orienté —de force— vers cette option scientifique.
Ceux qui ont fréquenté au lycée de Ndikiniméki en 1997, se rappelleront de ma note de 19,5/20 en mathématiques ! Toute la ville en avait parlé. Et même mon enseignant de regrettée mémoire, monsieur Hélès, m’en avait publiquement félicité. À tel point que j’étais quasiment devenu un ambassadeur de tout l’établissement…
On avait aussi des éducateurs comme monsieur Epok qui nous enseignait merveilleusement les cours d’Histoire. Il y avait mon répétiteur personnel qui était en même temps notre professeur de Physique-Chimie, et qui s’appelait monsieur Ava (paix à son âme !). Il y avait également ce brillantissime distributeur de philosophie qui s’appelait monsieur Amara, et qui a inimitablement marqué toute notre génération.
Au lycée de Ndikiniméki, à cette époque, le proviseur s’appelait M. Missékou (il est malheureusement décédé vers 2008). Le surveillant général se nommait M. Mvondo Apollinaire, mais lui il était surtout réputé pour sa sévérité et pour sa rudesse. C’est d’ailleurs lui qui venait nous éparpiller à la fin de chaque récréation avec une chicotte à la main, puisque nous nous rassemblions toujours autour de la tribune du stade. Et c’est sur cette tribune-là que les lycéens draguaient les filles, tapaient les commentaires, « faisaient façon », mangeaient les beignets-haricot-bouillie qui n’étaient pas encore toxiques comme aujourd’hui, dribblaient les cours, faisaient semblant de réviser leurs leçons alors qu’ils jouaient aux cartes, etc.

Il était une fois le beau football

Je ne suis pas en train de dire que le football d’aujourd’hui n’est plus vraiment agréable comme auparavant. Mais dans notre ville de Ndikiniméki, nous avions des monstres : Beyokol Assaga Yves Noé, Bamm-mi Tonye Bertrand, Edouard Ngadiang alias Massa Moyo, Moutari, Maho, Onfiang Olivier alias Petit Milla, Alan Shearer (je n’ai plus jamais revu un buteur comme lui dans ma vie), Miloumi Mathieu Sinclair alias Vent-violent, Papa Plus, Nkomen Dunga, etc.
La plupart de ces joueurs étaient à la fois des vedettes de l’équipe-première du lycée, et en même temps des vedettes de l’équipe locale qui s’appelle Vipère du Mbam-et-Inoubou. Nous avons d’ailleurs remporté le tournoi FENASSCO en 1999 dans la ville d’Ombessa, faisant de cette Dream team le champion indiscutable de tout le grand département du Mbam.
Je n’étais pas encore un grand joueur à cette époque. Mais je m’entraînais régulièrement avec cette équipe fantastique, malgré mon frêle gabarit. J’ai même eu le courage d’affronter les deux Bretelles lors d’une séance collective de footing, tout de même 5,5 km de course à haute intensité ! Ces aînés m’encourageaient énormément, puisque j’évoluais au poste de milieu récupérateur et que je voulais ressembler à l’Argentin Juan Sébastian Veron. Je n’étais pas un titulaire dans l’équipe du lycée, mais j’étais le capitaine de ma salle de classe et de mon quartier. J’adorais par exemple les « défis » que nous allions faire à Soamè, à Ndengata, à Bonyombang au stade malien ou encore à Ndekalen, mais les derbys qui me fascinaient c’était lorsque nous allions batailler contre la meilleure équipe de Ndiki-Village…

Ecclésiaste Deudjui et Emtcheu Icare à Ndikiniméki
Je suis retourné à Ndikiniméki quelques années après mon départ. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

Il était une fois mes histoires d’amour

Personnellement, j’ai aimé beaucoup de filles durant mon passage à Ndikiniméki. Enfin, admiré. Puisque dès ma première semaine au lycée, j’étais tombé sous le charme d’une brunette qui portait toujours des foulards, et s’appelait Isabelle Etoundi (elle fréquentait dans la même classe que mon petit-frère). Puis j’ai commencé à fricoter avec une certaine Albertine puisque j’étais fan du footballeur Demetrio Albertini, mais aussi parce que nous appartenions tous les deux au club espagnol du lycée. Une petite idylle qui n’a duré que quelques semaines, puisque moi j’habitais au centre-ville tandis qu’elle résidait là-bas loin de l’autre côté de la ville…
Et enfin, il y a eu Donatella. Je préfère dissimuler son vrai prénom parce qu’elle est devenue aujourd’hui une femme complètement mariée. Mais ses frères comprendront de qui je parle, car ils savent à quel point je l’idolâtrais. Puisque je lançais des cailloux tous les soirs sur leur toiture là-bas au quartier Bonyombang (nous n’utilisions pas encore les téléphones portables), et que généralement elle sortait en robe de nuit pour me voir. Son ancienne meilleure amie qui s’appelle Rachelle Ongmemb comprend parfaitement de qui je parle, puisque c’est elle qui me l’avait arrachée des mains pour aller la refourguer dans les bras d’une autre personne…
Tsuip ! Je ne suis plus rancunier, car ça fait partie de ma vie. Ma petite amie venait me voir à la maison et pourtant je ne lui racontais rien d’intéressant. Ma dulcinée batifolait ouvertement avec le journaliste Pierre Laverdure Ombang qui est devenu aujourd’hui un politicien, et pourtant je n’arrivais même pas à leur en vouloir.
Je pense que j’ai aimé Donatella un peu trop tôt ou alors trop tard, c’est selon. Mais j’étais surtout un adolescent qui venait de découvrir la puberté, et j’étais complètement incapable de la satisfaire alors que tous les garçons de Ndikiniméki rêvaient de récupérer à ma place…

C’était une autre époque

C’était il y a plus de vingt ans aujourd’hui ! C’était une autre époque. Il y a des noms que si je prononce aujourd’hui au centre-ville de Ndikiniméki, les gens vont me regarder comme si j’étais déjà en train de devenir un extraterrestre…
Il y a des gens comme le sous-préfet Ateba qui était décédé en plein exercice en 1998 (c’était le père de mon camarade de classe). Il y a un type comme Papa Camdoum qui cultivait le cacao et qui était un milliardaire, mais qui marchait toujours avec les arachides et les avocats dans la poche de sa veste. Il y avait mon camarade de classe Grégoire Batog qui venait en classe avec sa grosse voiture, et qui flirtait avec la charmantissime Babeth Kembelol. Il y avait le feu Mayebi qui était le gérant d’un restaurant-café au carrefour, et qui aimait tellement ridiculiser ses clients lorsqu’il tenait à les faire dépenser (« Le laid se croit beau »). Il y avait le borgne Coloss qui dirigeait un grand vidéo-club en face de notre maison en étage. Il y avait mon propre père qui recevait des menaces de mort à chaque fois qu’il y avait des coupures d’électricité, puisqu’il était le chef de centre Sonel. Il y avait des gars incontournables comme Omam le chauffeur, Heu Ndjou Ben Le vigneron, Kamlo Poanka alias Ndeko, Menad Batouanen, Boayessalen, Boayenimbeck alias John Barnes, Hyppolite Awono (RIP) ou encore Bambara le Centrafricain qui est devenu actuellement un pasteur. Enfin, il y avait les commerçants qui possédaient les plus gigantesques boutiques de la ville, à l’instar de Palisson, de mon ami Ibrahim Souley et de son compère musulman le richissime Halassa…
À cette époque, le snack le plus couru de la ville s’appelait New-Look. Tous les jeunes s’y retrouvaient le samedi et c’est là-bas qu’on regardait danser George Bakal et son ami Pedros Motemapembé Marabout. Au lycée, il y avait aussi une salle de fêtes où j’interprétais occasionnellement Michael Jackson, tandis que mon ami Didier Bakelak imitait magistralement Petit-Pays. On avait des jeux-vidéos (Street fighter) à côté du salon de coiffure de Salenko, et c’est là-bas que nous perdions parfois tout notre temps. J’avais mon meilleur ami Nino avec qui on rentrait souvent des entraînements en transpirant ; mais au lieu de se laver on préférait plutôt bavarder et faire des jongles au carrefour, alors que la nuit était déjà tombée depuis bien longtemps sur notre tête.

Il était une fois la vie à Ndikiniméki…

Donc ceux qui n’ont pas vécu à Ndikiniméki (comme mon ami Pierre La Paix Ndamè) entre 1997 et 1999, ne pourront jamais comprendre de quoi il est question. Mais pour tous les autres hein, ceci ressemblera à une histoire extraordinaire…

Il était une fois mes meilleurs amis ! C’est à Ndikiniméki que j’ai rencontré des amis éternels comme Fabrice Nouanga, Mani Pascal, Martial Iboulous, Nguémaleu Yannick ou encore Florian Ngimbis pour ne citer que ces quelques-uns.
Il était une fois mes meilleures amours ! J’avais flirté avec la « Miss du lycée » pendant plusieurs semaines, mais celle qui m’a ébloui restera indiscutablement la merveilleuse Donatella Capucine.
Il était une fois la vie à Ndikiniméki tout simplement, parce que j’y ai passé deux années seulement et pourtant cette ville a indéniablement marqué toute mon existence.

Puisque j’avais à peine quinze ans à l’époque, lorsque je venais d’obtenir mes 19,5/20 en mathématiques. Puis j’ai connu des enseignants extraordinaires. Puis je suis tombé religieusement amoureux de quelques merveilleuses Camerounaises. Puis j’ai rencontré des personnages pittoresques qui resteront à tout jamais gravés dans ma mémoire, même si aujourd’hui certains parmi eux ont déjà malheureusement disparu.
Car Ndikiniméki restera comme l’une des plus belles pages de toute mon histoire…


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Comment reconduire sa carte Sim ici à Douala ?

Lundi dernier j’ai perdu mon téléphone portable à la suite d’une patrouille motorisée. Et il fallait absolument que le lendemain je reconduise mes cartes Sim…

J’ai perdu mon téléphone

Quand je dis que j’étais en patrouille motorisée, c’est parce que je me baladais à moto tout simplement. Et comme il pleuvait dru et que j’étais pressé et que ma main gauche tenait un sachet de plastique qui contenait de la viande de brousse, j’ai maladroitement enfilé mon téléphone dans la poche de mon jogging.
J’ai encaissé le coup lorsque j’ai constaté que mon Tecno Camon 15 s’était renversé en cours de chemin par inadvertance, et que je ne l’avais pas immédiatement constaté. Et puis je suis allé dans un call-box pour appeler mon propre numéro (bizarre, quand même), mais le nouveau propriétaire ne décrochait même pas. J’ai commencé à regretter la perte de ce gadget qui contenait exagérément mes données personnelles, mais il fallait que je fasse le deuil et que je me reconcentre pour aller reconduire mes cartes SIM très tôt dès le lendemain…

J’ai contacté les identificateurs

Dès mon réveil mardi matin, Pierre La Paix Ndamè m’a conseillé d’aller à l’agence Orange de Makèpè, et ensuite à MTN de Bonamoussadi. Sauf que je suis entré dans la pluie pour être servi en premier, mais la dame qui était chargée des identifications à Makèpè n’était pas venue au bureau parce qu’elle avait certainement dû dormir à la charge…
De plus, on m’a fait comprendre que si le montant de ton compte Orange money est supérieur ou égal à 50 000 FCFA, tu dois attendre jusqu’à 72 heures avant qu’il ne redevienne opérationnel ! J’ai aussi sondé les petits identificateurs qui polluent tous nos carrefours —et qui se font passer pour des opérateurs de téléphonie mobile—, mais on m’a fait comprendre que leurs opérations sont souvent exécutées avec de gros risques : identifications à reprendre, numéros suspendus, comptes d’argent électronique bloqués, etc.
Et finalement j’ai décidé de me rendre dans les directions commerciales Orange et MTN qui sont situées loin là-bas au quartier Akwa…

Crédit : Wikimedia Commons

Je suis allé à Orange

En arrivant à la Soudanaise, j’étais tout trempé ! J’avais encore fait le choix de me mouiller dans la pluie parce que je savais qu’avec un tel déluge, il n’y aurait pas exagérément de monde ni un rang interminable comme à l’accoutumée.
Je suis tombé sur une professionnelle qui s’appelle Nadine Sissi, mais malheureusement elle était déjà mariée ! Elle m’a tout de même orienté, elle a accéléré et facilité (j’ai quand même passé trois heures de temps là-bas hein) mes démarches administratives, puis elle m’a malicieusement amené à acheter une Flybox 4G qui était positionnée au-dessus de son étagère.
Selon elle, c’était l’unique condition pour que mon compte OM redevienne instantanément opérationnel, après la reconduction « expresse » de ma carte SIM.

Je suis allé à MTN

Vers 14 heures, je me suis rendu à MTN. Une vigile m’a fait installer sous une tente prévue à cet effet, et je suis venu trouver qu’il y avait déjà une centaine de personnes sous ce chapiteau !
J’ai tout de même pris mon mal en patience, puisque j’étais mentalement préparé à ce parcours du combattant. J’ai subi silencieusement le protocole militaire de cette entreprise sud-africaine, puisqu’après le chapiteau on nous a encore fait attendre à la véranda du bâtiment MTN, sur des strapontins qui sont positionnés à équidistance les uns des autres. On a ensuite pris notre température, j’ai nettoyé mes mains avec un gel désinfectant qui était strictement obligatoire, puis on m’a attribué un numéro d’usager et on m’a demandé de fixer correctement mon masque sur le visage. Pourtant une fois à l’intérieur de la salle, j’ai encore supporté pendant pratiquement 90 minutes avant d’être reçu par une opératrice.
On nous avait d’ailleurs promis le wifi gratuit pour nous aider à patienter, mais une employée de MTN est venue me chuchoter que « Ça ne fonctionne pas pour le moment »

Comment reconduire ses cartes Sim ici à Douala ?

Donc lundi dernier j’ai perdu mon magnifique téléphone portable, à la suite d’une vadrouille motorisée de reconnaissance. Et il fallait absolument que dès le lendemain j’aille immédiatement reconduire mes cartes Sim…

Comment reconduire sa Sim ici à Douala ? S’il s’agit d’une puce Camtel, Yoomee, Nexttel ou alors s’il s’agit d’une puce étrangère, il faut oublier !
Comment reconduire son porte-monnaie électronique ? Si vous avez moins de 49 999 FCFA dans votre compte bancaire mobile, il sera instantanément disponible après votre ré-identification.
Comment reconduire votre carte Sim après une patrouille motorisée qui a mal tourné, surtout si le nouveau propriétaire décide qu’il ne va jamais vous prendre au téléphone ?

Parce que comme il pleuvait abondamment et que j’étais stressé et que ma main gauche agrippait un sachet de plastique qui contenait de la viande de pangolin, j’ai maladroitement inséré mon téléphone dans la pochette arrière de mon pantalon jogging.
Et donc le lendemain il fallait absolument que je reconduise mes deux cartes Sim ici à Douala…


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Sugar daddies

Pourquoi aller chercher les vieux Blancs sur internet, alors que nous-mêmes nous avons déjà une population assez vieillissante ? Hein ? Voilà un peu pourquoi les jeunes Camerounaises se sont jetées sur les sugar daddies

Sugar money

Qu’on se le dise hein, la première raison pour laquelle une jeune Camerounaise va accepter de flirter avec un homme qui a trois fois son âge, c’est d’abord pour son argent !
Parce que si tu n’as pas d’argent et que tu viens courtiser une demoiselle que tu dépasses de quarante-deux ans, on va appeler cela la sugar sorcellery ! D’ailleurs si une adolescente accepte de sortir avec un type qui a déjà les cheveux blancs et qui ne lui donne presque rien, il faudra effectivement qu’elle aille rapidement se faire laver au village…
L’argent est le moteur de toutes les relations « amoureuses » transgénérationnelles. L’argent est la seule qualité affective qu’un sexagénaire possède. L’argent est le seul motif pour lequel une cameruineuse va accepter de s’afficher en public avec mon ami Pierre La Paix Ndamè, mais curieusement elle va tenter de nous faire accroire qu’il ne s’agit pas là de la prostitution.

Sugar security

Les hommes âgés ont quand même un minimum de qualités dans une relation extraconjugale (généralement ils sont mariés), c’est-à-dire qu’ils apportent un minimum de sécurité à la fille. Ils ne sont pas comme les jeunes d’aujourd’hui qui bavardent beaucoup-beaucoup dans tes oreilles, et qui finalement ne te disent même rien de bon. Au contraire les vieux sont toujours prompts à t’écouter, à te soutenir, à te faire de petits cadeaux et de grandes surprises de temps en temps, bref, à te donner de l’argent !
Les hommes âgés sont le genre de personnes qui logent leur petite amie dans un appartement moderne à l’intérieur des beaux quartiers. Ce sont des « mecs » qui te rassurent, et qui prennent bien soin de tes petits problèmes personnels (ton lait de toilette, ta coiffure, tes cotisations, etc). Ce sont des gens qui assurent ton avenir en te payant ta scolarité ou en te fournissant un travail parfaitement stable.
Et puis, si on y réfléchit bien, qu’est-ce que les femmes demandent en général ? Tout ce qu’une Camerounaise recherche dans la vie c’est de tomber sur un homme qui lui garantit un minimum de confort et de sécurité.

vieil homme qui épouse une jeune fille
Certains Sugar daddies finissent par épouser leur jeune partenaire. Source: presse-opinion.com /Image reprise sous autorisation

Sugar facility

Les facilités alors, c’est grave ! Déjà que c’est très facile de demander de l’argent à ton sugar daddy, puisqu’il ne va même pas vérifier la raison pour laquelle tu lui as demandé cet argent. Déjà qu’il sait qu’il ne sert pratiquement qu’à cela, et que tu ne « l’aimes » que pour ça. Déjà qu’il n’est pas envahissant comme les garçons de ton âge qui passent leur temps à surveiller ton téléphone et à contrôler tes sorties, et pourtant ils ne connaissent même pas le prix d’un simple sac à main ou bien d’une paire de ballerines.
Les hommes plus âgés sont apaisants, même s’ils sont relativement moins excitants. Ils ne sont pas mécaniquement attirés par l’acte sexuel à chaque seconde, et d’ailleurs quand ils montent sur toi cela ne dure effectivement que quelques secondes…
Quoi de plus facile donc, hein ? Un homme qui ne te surveille pas, qui ne te chauffe pas les fesses, qui ne te parle que de tes propres problèmes et qui te donne toujours l’argent chaque fois que tu lui en demandes, hein ? Vous voulez même exactement quoi au juste ?

Sugar mummies

Je vous ai dit que les sugar daddies étaient généralement mariés, et que c’est pour ça qu’ils nous logeaient dans des appartements très bien meublés. Surtout que leurs vieilles épouses ne devaient absolument pas connaître notre existence, mais quand cela arrivait on était parfaitement capables de les remettre correctement à leur place.
Les sugar mummies sont des femmes qui vivent le calvaire, mais qui supportent malheureusement seules cet enfer. Elles ont bien compris que leur vieux compagnon préfère dorénavant consommer la « chair fraîche », mais elles ne peuvent plus le quitter parce qu’elles ont déjà de nombreux enfants avec lui (et surtout parce qu’il faut attendre le partage de l’héritage). Elles se retrouvent souvent en train de se disputailler avec de jeunes midinettes qui pourraient être leurs propres fillettes, et avec qui elle partagent involontairement le même appareillage testiculaire. Elles sont frustrées devant autant d’insolence et devant le silence irrespectueux de leur mari fornicateur. Car ces filles du dehors finissent même très souvent par se retrouver à l’intérieur du foyer en tant que leurs coépouses !

Sugar babies

Donc pourquoi aller rechercher les jeunes filles sur internet, alors que nous-mêmes nous avons déjà une population assez rajeunie ? Hein ? Voilà pourquoi les séniors camerounais se sont lancés sur les sugar babies

Sugar daddies ! Ce n’est pas une question d’âge de l’homme, mais c’est surtout une question de différence d’âge avec la femme.
Sugar cougar ! Parce qu’il y aussi des femmes qui sortent avec de jeunes garçons, mais malheureusement ceux-ci sont perçus ici comme des gigolos.
Sugar opportunity ! Parce que quel que soit l’âge de son partenaire, tout ce qui intéressera la femme camerounaise ce sera son argent !

Parce que les sugar daddies sont en réalité des sugar money. Ils sont très sollicités par les jeunes Camerounaises pour leur facilité à vivre, pour leur sécurité financière et aussi pour la docilité de leurs épouses.
D’ailleurs on ne recherche même plus les vieux Blancs sur internet avec une gérontocratie comme le Cameroun…


Ecclésiaste DEUDJUI, je ne suis pas un sugar daddy
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Les Camerounais n’ont que le président qu’ils méritent…

L’autre jour devant Macron, notre président a failli s’écrouler en direct devant les télévisions du monde entier. Mais vous savez quoi ? Les Camerounais ne s’en préoccupent pas ! D’ailleurs depuis l’Indépendance nous n’avons toujours eu que des présidents que nous méritions…

Ahmadou Ahidjo

Ahmadou Ahidjo a été le tout premier président de l’histoire de notre Cameroun indépendant. Et vous savez quoi ? Il n’avait que le certificat d’études primaires élémentaires (CEPE) comme diplôme ! Pourtant cet « illettré » a dirigé notre République pendant exactement vingt-deux ans, de 1960 jusqu’au 4 novembre 1982. Et cela aurait même pu perdurer plus longtemps encore, si des médecins français n’avaient pas falsifié son carnet de santé afin de le persuader de démissionner […]
Ahmadou Ahidjo était un sanguinaire, mais paradoxalement les Camerounais s’en sont accommodés. C’est sous sa présidence qu’ont eu lieu les heures les plus macabres de notre unité nationale, puisqu’il y avait le maquis dans tous les villages bassa’a mais également aussi dans le pays bamiléké. C’est sous son régime drastique qu’a été exécuté le nationaliste Ernest Ouandié ; lequel a été fusillé sur la place publique le 15 janvier 1971 à Bafoussam, devant des commerçants et des élèves qui n’avaient même pas encore atteint l’âge de quatorze ans !
Entre 1960 et 1982, on n’avait pas le droit de prononcer les mots « Ahmadou » et « Ahidjo » dans une même phrase. Les gens qui étaient convoqués par le « Père de la Nation » disparaissaient sans laisser de traces. Les indics et les antigangs étaient dans tous les taxis et dans tous les circuits. Le chef de l’Etat avait fait nommer un criminel à la tête de nos services de renseignements, et tous ceux qui ont connu cette époque ont encore des frissons jusqu’à aujourd’hui, lorsque vous leur chuchotez seulement les initiales d’un certain Jean Fochivé…

Ni John Fru Ndi

Ni John Fru Ndi n’a jamais été président de la République du Cameroun. Enfin, officiellement. Parce que dans les faits et dans la mémoire collective, c’était lui le véritable vainqueur de l’élection présidentielle organisée en octobre 1992…
Ni John Fru ni restera dans l’histoire du peuple camerounais, comme le lâche que nous sommes presque tous. Parce que durant ces années de braise, il était le véritable homme fort de notre pays. Il lui suffisait de lever la main vers le ciel pour pouvoir mobiliser des dizaines et des dizaines de milliers de partisans. Son expression « Power to the people » vous aurait donné la chair de poule, car tous voyaient en lui un leader incorruptible, indéfectible et pratiquement inarrêtable.
Mais… il nous a trahis !
John Fru Ndi était le « président élu » en 1992, mais il n’a pas eu assez de testicules pour revendiquer sa victoire légitime. Au lieu de cela, il s’est complu dans une alliance maléfique avec le système en place, et c’est à cause de lui que nous avons cessé de faire confiance aux politiciens qui prétendent représenter l’opposition. Cet Anglophone qui était bien parti pour symboliser le changement s’est plutôt intégré dans la continuité du biyaïsme, mais ce n’est pas exclusivement de sa faute ; d’ailleurs nous n’avons toujours eu que des politicards et des marionnettes politiques que nous méritions…

Franck Biya et Samuel Mvondo Ayolo
Franck Biya (à gauche) est perçu comme le futur remplaçant de Paul Biya. Source: journalducameroun.com /CC-BY

Paul Biya

Et donc comme je vous disais, Paul Biya a failli s’écrouler devant Emmanuel Macron. Le protocole n’avait pas anticipé qu’un homme de quatre-vingt-neuf ans ne peut pas tenir debout pendant environ une heure. D’ailleurs ils ont dû écourter cette conférence de presse, car les problèmes d’audition et la lassitude de notre patriarche commençaient déjà à trop se faire ressentir en mondovision. Beaucoup trop même…
Les Camerounais n’ont que le président qu’ils méritent ; car notre population est constituée, à plus de 50 %, de personnes qui sont âgées de moins de vingt ans ! Notre diaspora est l’une des plus dynamiques à travers le monde. Notre culture est reconnue de tous les peuples de la planète, et nos meilleurs sportifs sont parmi les icônes les plus respectées et les plus reconnues de l’univers : Samuel Eto’o, Francis Ngannou, Kylian Mbappè…
Sur le plan scientifique, nous avons des génies dans les meilleures universités occidentales, et certains de nos compatriotes travaillent permanemment à la NASA. Nous avons plus de médecins spécialisés à l’extérieur du Cameroun, qu’à l’intérieur du Cameroun. Nos ressortissants sont considérés comme des plus brillants dans tous les secteurs de la société, et nous sommes respectés en Afrique pratiquement dans tous les domaines ! Mais ces étrangers ne comprennent pas comment, avec toutes ces compétences, toutes ces énergies et tout ce dynamisme que nous leur démontrons au quotidien, nous continuons d’être administrés par un président qui terminera son prochain mandat lorsqu’il sera âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans !
Nous le méritons, parce que nous le soutenons. Nous le méritons, parce que nous le subissons. Nous le méritons surtout parce que nous le craignons exagérément, ou pourquoi pas, parce que nous sommes des pleutres comme mon meilleur ami Pierre La Paix Ndamè. Les Camerounais méritent d’avoir Paul Biya comme président de la République parce qu’ils trouvent cela normal de ne pas vouloir se projeter sur leur avenir. Parce que certains le trouvent encore indispensable voire incontournable. Parce que certains sardinards font semblant de ne pas comprendre qu’à un certain âge, on ne peut plus jouir pleinement de toutes ses capacités physiologiques et mentales.
Et cela, même si vous avez été un homme extraordinaire et que votre parcours exceptionnel ne souffre d’aucune contestation.

Franck Biya

Lui, il n’est pas encore président du Cameroun. Mais vous m’avez suivi, j’ai bien dit « pas encore ». Cependant il y a déjà des mouvements « franckistes » qui s’agitent dans tout le territoire camerounais, et qui le soutiennent à travers des manifestations publiques afin qu’il devienne le prochain président de notre République…
À mon avis, c’était d’abord un test sur l’opinion publique. Mais la mayonnaise a bien pris, puisqu’il était initialement question de le positionner comme un candidat potentiel aux yeux du grand public, et ensuite de le crédibiliser. Franck Emmanuel Biya est aujourd’hui perçu comme un successeur naturel de son papa, qui est au pouvoir depuis 1982, mais surtout il rentre dans une logique dynastique qui s’est emparée de toute l’Afrique centrale : Ali Bongo au Gabon, Mahamat Idriss Déby au Tchad, en attendant les fils à papa qui seront bientôt mis en orbite en Guinée équatoriale, au Congo Brazzaville et bien évidemment… au Cameroun.
Les Camerounais n’auront que le fils du président qu’ils méritent ! Parce que même s’il n’a jamais administré une institution publique, et même s’il n’occupe pas de fonction officielle au sein de notre gouvernement ni même dans l’organigramme de la Présidence, il reste qu’il demeure le principal favori en cas de transmission du pouvoir par le système gré à gré. Et même s’il fallait passer par la voie des urnes, Franck Biya bénéficierait de la machine électorale qu’est le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, parti au pouvoir) pour se hisser très facilement à la tête de notre pays !

Les Camerounais n’auront que le président qu’ils méritent…

Donc, l’autre jour, devant Emmanuel Macron, Paul Biya pouvait très bien s’écrouler en direct devant les télévisions du monde entier. Mais vous savez quoi ? Cela n’a choqué personne ! D’ailleurs les Camerounais n’ont toujours eu que des présidents qu’ils avaient bien mérités…

Les Camerounais n’ont que le patriarche qu’ils méritent ! Car Paul Biya est un homme rusé, sage, expérimenté et même quasiment encyclopédique, mais la meilleure décision de sa carrière serait de quitter le pouvoir et d’aller tranquillement se reposer au village.
Les Camerounais n’ont que le dictateur qu’ils méritent ! Car dans un pays démocratique, est-ce que c’est normal d’attendre la mort du monarque pour oser un jour espérer entr’apercevoir le début de l’alternance ?
Les Camerounais n’ont que les dirigeants qu’ils méritent, à vrai dire, parce que chacun d’entre nous ferait exactement la même chose s’il était à la place de Son Excellence Paul Biya.

Chacun s’éterniserait au pouvoir, chacun ignorerait les souffrances de notre peuple depuis dorénavant quarante ans, et chacun chercherait à positionner son propre enfant pour la succession à la tête de notre République.
Bref, les Camerounais n’ont toujours eu que des présidents qui leur ressemblent


Ecclésiaste DEUDJUI, je ne mérite pas Paul Biya
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Mais qu’est-ce qui rend les hommes si infidèles ?

Il y a un adage au Cameroun qui stipule que « Les hommes fidèles n’existent pas ! »
Mais je demande hein, est-ce que vous avez alors cherché à comprendre pourquoi est-ce que les hommes d’ici sont toujours aussi infidèles ?

Il y a d’abord la curiosité

Les hommes camerounais sont trop curieux ! Pas sur le plan scientifique hein, mais sur le plan sexuel ils aiment généralement faire des découvertes et de nouvelles expériences avec de nouvelles femmes.
Les hommes camerounais aiment trop les « expérimentations ». S’ils ont une femme qui est jaune, ils vont rechercher les femmes qui sont plus noires que le charbon. S’ils ont une copine qui est petite de taille, ils vont rechercher une demoiselle qui est longo longo comme le baobab, et qui possède un long cou comme celui de la girafe. S’ils ont une petite amie qui est naturellement naturelle et qui ne s’expose pas au maquillage ni aux piercings, ils vont sursauter devant les araignées des snack-bars qui ont l’habitude de pratiquer le ndjansang et les tatouages. Et même lorsqu’ils ont une épouse qui est taciturne comme la petite amie de mon meilleur ami Pierre La Paix Ndamè, ils vont quand même se coltiner une jeune maîtresse qui est très commère et qui adore pratiquer le kongossa jusqu’ààààààà…

Puis il y a la variété

C’est un peu comme la curiosité mais c’est surtout de la gourmandise à vrai dire. Parce que si tu attrapes un conjoint camerounais en plein délit d’infidélité, il va te rétorquer que « Est-ce que tu peux manger le riz sauté avec les mêmes condiments tous les jours ? »
Donc il y a la variété. Il y a le plaisir de coucher avec une fille squelettique le lundi, et de varier le menu avec une rondelette presque obèse le vendredi soir. Il y a la satisfaction de pouvoir jongler entre plusieurs copines qui habitent dans plusieurs quartiers différents, et généralement leur âge peut varier de dix-huit jusqu’à cinquante-cinq ans. Il y a des hommes ici dehors qui sont génétiquement des omnivores, et qui batifolent avec tous types de cameruineuses. Et puisque nous sommes dans un pays où la sexualité est quasiment monnayée de façon légalisée, quoi de plus naturel que de se payer une entrée et un dessert alors qu’on a pourtant abandonné le plat de résistance à la maison ?

Homme en couple qui se retourne pur regarder une autre femme
Les hommes passent leur temps à convoiter d’autres femmes, même lorsqu’ils sont déjà en couple. Source: sorrocoeur.com /Image reprise sous autorisation

Ensuite il y a le désir de qualité

Certains hommes sont bien conscients que leur compagne n’est pas la plus jolie créature de l’univers. Mais malheureusement, ils ne peuvent plus la quitter. Soit à cause des enfants qu’ils ont eus ensemble, soit par la faute de l’acte de mariage qui est difficile à annuler, ou encore parce que le garçon est reconnaissant envers la fille de l’avoir supporté durant ses interminables périodes de galère…
Le désir de qualité s’exprime par la multiplication des conquêtes à l’extérieur du domicile conjugal. Certains hommes profitent de leur nouveau pouvoir monétaire pour s’autoriser de jolies maîtresses, et satisfaire ainsi leur orgueil et leur égo de mâles dominateurs. Il y a aussi des hommes qui entretiennent carrément un deuxième foyer à l’extérieur du foyer officiel, parce que leur nouvelle conquête est certainement plus affriolante et plus aguicheuse que la dame qui est reconnue par leur propre famille.
Et puis, la qualité s’exprime jusque dans la polygamie : vous n’avez pas encore remarqué que les deuxièmes épouses sont systématiquement plus jeunes, plus jolies et plus intelligentes que la première femme qui était déjà installée dans le foyer ?

Enfin, il y a l’opportunité

Là je m’adresse aux gigolos professionnels. C’est-à-dire aux hommes qui comptent sur les femmes pour pouvoir s’en sortir. Pour se loger, pour s’habiller, pour se nourrir, pour survivre. Parce qu’il y a réellement des hommes ici au Cameroun qui sont devenus infidèles par opportunisme. Ils sont comme des Robin des Bois des cœurs. Ils prennent l’argent aux filles qui sont nanties pour venir le reverser à la maman de leurs enfants ou bien aux femmes que leurs sentiments ont choisies. Ils sont pragmatiques. Ils se servent de leurs concubines du dehors pour obtenir un emploi, une faveur, une recommandation, une enveloppe. Ils sont sans états-d’âme ! Ils seraient même prêts à s’envoyer en l’air avec tous les laiderons de notre planète, mais à condition que cette gymnastique érotique leur permette de pouvoir solder intégralement toutes leurs factures !

Mais qu’est-ce qui rend les Camerounais si infidèles ?

Donc il y a un vieil adage ici qui stipule que « Les hommes fidèles n’existent plus ! »
Mais je dis hein, est-ce que vous avez alors cherché à comprendre pourquoi est-ce que les hommes camerounais sont toujours aussi infidèles ?

Mais qu’est-ce qui rend les hommes si bordels ? Parce que c’est de cela qu’il s’agit, puisque si c’est une femme qui agit de la même manière on va la traiter instantanément de prostituée !
Mais qu’est-ce qui rend les hommes si nymphomanes ? Parce que même si cet adjectif s’adresse particulièrement aux femmes, ce sont surtout les hommes qui sont des insatiables sexuels et qui ont un appétit pornographique quasiment inassouvissable.
Mais qu’est-ce qui rend les amoureux d’ici si frivoles et si incontrôlables, puisque bien souvent ce sont les hommes qui sont les principaux coupables de l’adultère.

Au point que dans notre mentalité camerounaise, les femmes ont déjà accepté que « Les hommes fidèles n’existent pas ! », « Tant que j’ai mon respect et ma tranquillité dans mon foyer, ça me suffit ! », « Même si tu fais n’importe comment avec ton mari et même si tu lui donnes tout l’or du monde, est-ce que cela va alors empêcher qu’il aille se mélanger avec d’autres femmes dehors ? »
Et pourtant hein, la fidélité est certainement le plus beau cadeau qu’un homme puisse décider d’offrir à sa partenaire…


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