Ecclésiaste Deudjui

Le phénomène Nyangono du Sud

À l’heure où je vous parle, la plus grande vedette de la chanson camerounaise se fait appeler Nyangono du Sud. Et ce n’est vraiment pas une bonne nouvelle pour la réputation du Cameroun…

 

Nyangono du Sud en poster
On aime aussi Nyangono du Sud pour ses posters décalés. Image: kamerlyrics.net /CC0

 

Qui est Nyangono du sud ?

Nyangono du Sud est certainement le « musicien » le plus demandé sur toute l’étendue du territoire camerounais. Et pourtant il n’est même pas du Sud hein ! Mais les organisateurs de concerts se l’arrachent depuis quelques semaines, et même les médias se le disputent pour qu’il accepte de venir sur leurs plateaux de télévision.

Sur les réseaux sociaux, c’est grave ! Les publications de Nyangono du Sud font un tonnerre sur Facebook ! Et aussi sur Twitter. Et bientôt sur Instagram. « L’artiste » se considère lui-même comme la méga-star des méga-stars (d’ailleurs il se fait appeler le « Lion du Sud »), et je vous promets qu’on n’aura pas bientôt fini d’entendre parler de ce nouvel épiphénomène…

 

Quelle est sa carrière musicale ?

À vrai dire, pas grand-chose ! Quelques semaines tout au plus. Puisque ce trublion du bikutsi (si on peut appeler sa musique comme ça) a réussi à émerger à partir d’un seul single, intitulé « Minga ma ding ». Et même si les paroles de cette chanson sont totalement décousues et par moments dénuées de sens, c’est à partir de là qu’il a fait le buzz. Avant de produire quelques autres chansons tout aussi fausses, à l’instar de « Foup fap », « Bébé soulard » ou encore « Ça a déjà commencé ».

En attendant qu’il nous produise encore d’autres chansons onomatopées dont lui seul détient le secret…

 

Nyangono du Sud avec Moustik le Karismatik
Nyangono du Sud en compagnie de l’humoriste Moustik le Karismatik. Source: Twitter /CC0

 

Pourquoi fait-il autant le buzz ?

En réalité hein, c’est un peu difficile d’expliquer convenablement le succès de Nyangono du Sud. Puisque les gens ne l’aiment pas parce qu’il chante bien (c’est même le contraire, à vrai dire). Les gens ne l’aiment pas parce qu’il parle bien. Les gens l’adorent plutôt pour tout le contraire, puisqu’il donne parfois l’impression de débarquer d’une autre planète !

Je m’explique : il chante faux, il s’habille et il se coiffe comme un extraterrestre, il se prend pour une superstar, il danse très mal et il ne parle pas correctement la langue de Molière (c’est peu de le dire !). Sans oublier que ses lyrics sont incohérents comme j’ai dit plus haut, car en même temps il semble éducatif et puis subitement il devient pornographique. C’est même à cause de ce dernier point que j’ai pensé que ses chansons pouvaient être assimilées à du bikutsi…

 

Et la musique camerounaise dans tout ça ?

Le pire dans tout ça, c’est que la musique camerounaise se porte bien. Car de mémoire, je n’avais jamais assisté à une époque musicale aussi prolifique ! Je n’avais jamais eu autant de choix que dorénavant avec les Mr Leo, X-Maleya, Longuè Longuè, Charlotte Dipanda, Richard Bona qui ne veut plus se faire produire dans les quatorze États utilisant encore le franc CFA, ou encore les magnifiques divas que sont les chanteuses Blanche Bailly avec sa consœur Daphné.

Alors pourquoi se focaliser sur un « bouffon » tel que Nyangono du Sud, puisque c’est le mot que les gens ne veulent pas utiliser à propos de son personnage. Hein ? Pourquoi faire d’un si mauvais chanteur la plus grosse vedette de l’espace musical actuel camerounais ?

 

dessin représentant Nyangono du Sud
Nyangono du Sud est parfois représenté en super-héros sur ses pochettes. Source: camer.be Dessin: lq photographie /CC-BY

 

Le phénomène de foire Nyangono du Sud

Donc à l’heure où je vous parle, la plus grande star du show-biz camerounais se fait appeler Nyangono du Sud. Et ça ce n’est vraiment pas une bonne nouvelle pour la réputation de notre Cameroun…

 

Nyangono du Sud ! Il n’est pas du Sud comme je vous ai dit (il s’appelle Tatchum Nyangono), puisque c’est un Bamiléké qui a grandi à Ebolowa et qui veut se faire passer pour un Boulou’ou.

Nyangono du Sud ! Il ne s’agit pas d’un musicien en réalité, puisqu’il possède un magasin au marché central de Yaoundé et que son vrai talent normalement c’est le commerce.

Nyangono du Sud est un phénomène qui a quand même réussi à devenir une véritable star, puisque la majorité des Camerounais l’apprécie malgré tout.

 

Puisque son nom est désormais sur toutes les lèvres. Puisque son look atypique est déjà devenu « international ». Puisque ses pas de danse auront bientôt une réputation « dévastatrice », puisque même Pierre La Paix Ndamè a aussi commencé à les exécuter. Mais ce succès en dit plus sur la société camerounaise que sur la personnalité de cet « artiste » qui nous vient certainement d’une autre planète.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je ne suis pas un phénomène

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J’ai participé à une formation sur la migration

Je sors d’un atelier de sensibilisation sur la problématique de la migration subsaharienne. Et je vais vous en livrer la quintessence.

 

repas de groupe à Assinie
Les repas de groupe étaient généralement très animés. Crédit photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Les participants

L’atelier en question a été organisé par la Friedrich-Ebert Stiftung (FES) qui est une organisation allemande. Il s’agissait de regrouper les acteurs des médias sociaux en Afrique de l’Ouest + Cameroun. C’est ainsi que chaque pays a été représenté par deux blogueurs, à l’exception de la Côte d’Ivoire qui en avait six puisque les activités se sont déroulées sur son sol.

La participation était paritaire. C’est-à-dire que sur les 26 participants invités, il y en avait quatorze qui étaient des femmes ! Moi par exemple j’étais accompagné de la blogueuse Minette Lontsie pour le compte du Cameroun. Les autres pays représentés étaient le Sénégal, le Bénin, le Togo, le Ghana, le Nigeria, le Liberia, le Burkina Faso, le Mali, la Guinée et enfin la Côte-d’Ivoire.

 

Les intervenants

Le facilitateur de cet atelier se nommait Ruben Boni. Il s’agit d’un jeune Ivoirien qui est conseiller politique à la FES (à lire sans arrière-pensée), et qui nous a servi de guide, de modérateur, de grand-frère, de moniteur, etc. Mais la formation a été enrichie par la présence d’experts sur les questions migratoires, à l’exemple du sieur Issiaka Konaté qui est le directeur général des Ivoiriens de l’extérieur (je ne sais pas ce que ça veut dire). Il y a aussi eu la Française Aude Emilie Nanquette, qui est chargée de l’information à l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM), bureau d’Abidjan.

Mais ma préférée c’était la Camerounaise Nathalie Yamb. Parce que c’est ma compatriote, mais pas seulement ! Son expertise sur les scénarios de la migration internationale m’a impressionné ! Elle donnait les raisons pour lesquelles les gens peuvent être amenés à migrer d’un pays à un autre, et il y en avait qui ne m’étaient pas apparu de façon évidente. Par exemple, que certaines femmes migrent en pensant qu’il suffit de tomber enceinte en Occident pour que le pays d’accueil les prenne totalement en charge, en sus de leur accorder la nationalité…

Il y a aussi eu une représentante du PNUD (Programme des Nations-Unies pour le Développement) qui nous a parlé de la gouvernance, et enfin une certaine Aïda Ndiaye qui nous a parlé des médias sociaux en tant que responsable des relations publiques de Facebook pour la sous-région de l’Afrique de l’Ouest.

 

séance de travail avec Nathalie Yamb sur la migration
Intervention de la Camerounaise Nathalie Yamb sur les scénarios de la migration. Photo: Geoffroy Eyou /CC-BY

 

Les activités

Déjà, les activités se sont déroulées sur une période de quatre jours, et cela dans un cadre paradisiaque. Nous étions logés dans un hôtel situé en bordure de mer, dans la ville touristique d’Assinie. Il fallait parfois se déplacer en chaloupe pour se rendre d’un coin à l’autre de la zone de formation, puisque nous travaillions à l’hôtel Assinie Beach et que nous déjeunions à l’hôtel African Queen. Nous nagions dans l’une et l’autre des piscines et j’ai même failli me noyer à plusieurs reprises.

La formation s’est achevée dans la ville d’Abidjan, puisque nous y sommes allés et nous avons été accueillis par les plus hauts dirigeants de la BAD (Banque Africaine de Développement). Ces derniers nous ont fait des exposés sur leurs missions, leurs financements, leurs organigrammes, leurs programmes, etc. Et il y a même un directeur qui a promis de nous réinviter à Abidjan afin que nous participions à leur forum annuel qu’ils organisent avec la société civile

 

Les leçons

J’ai retenu plusieurs choses durant cette formation. J’ai d’abord retenu que la migration en elle-même n’est pas une mauvaise chose, mais que c’est la migration irrégulière qui pose souvent problème. J’ai retenu que la mal gouvernance joue un rôle majeur dans la fuite de nos cerveaux et de nos jeunes talents comme Pierre La Paix Ndamè, puisque nos dirigeants ne veulent pas nous construire un cadre de vie épanouissant. J’ai aussi retenu que nous devons dire la vérité sur les souffrances que certains Africains endurent à l’étranger, mais que nous devons surtout valoriser les réussites qui se déroulent sur notre continent. J’ai compris que nous devons travailler nous-mêmes afin d’améliorer notre environnement, que nous devons rehausser notre estime de nous-mêmes, et que nous devons aussi penser à rentrer au bercail même lorsque nous avions auparavant décidé de migrer.

Bref, il faudrait simplement que nos chefs-d’Etat commencent enfin à faire rêver nos populations.

 

les blogueurs à la BAD à Abidjan
Visite institutionnelle à la BAD (Banque Africaine de Développement), à Abidjan. Photo: Sékou Denou /CC-BY

 

J’ai participé à une formation sur la migration subsaharienne

Donc je sors d’un atelier de sensibilisation sur la problématique de l’émigration irrégulière. Et je tenais absolument à vous en livrer la quintessence.

 

J’ai participé à une foire gastronomique. Puisque nous mangions au moins cinq repas par jour : petit-déjeuner, pause-café, pause déjeuner, pause-café, pause dîner…

J’ai participé à un voyage touristique. Puisque non seulement nous étions logés comme des princes, mais mon ami Geoffroy Eyou me présentait la Côte d’Ivoire comme si je l’avais recruté en tant que mon guide personnel.

J’ai participé à un véritable camp de vacances, puisque nous travaillions énormément mais que nous nous amusions aussi suffisamment.

 

Et c’est de cette manière que nous sommes devenus amis, nous, les 26 participants. Nous avons tissé des liens qui resteront dorénavant inébranlables, et d’ailleurs nous avons même déjà commencé à fomenter quelques projets pour le futur. Car l’Afrique ne pourra jamais se développer tant que nous resterons là à ne rien faire contre ce dangereux fléau que représente la migration irrégulière.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je suis un migrant régulier

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J’ai comparé la Côte d’Ivoire avec les camerounaiseries

La semaine dernière je me suis déplacé pour la Côte d’Ivoire. Et j’ai profité pour comparer les Ivoiriens avec les camerounaiseries…

 

La ville de Bonoua
En dehors d’Abidjan, les autres villes sont généralement sous-développées. Photo : Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

J’ai comparé la politique

La première chose qui m’a frappé dès mon arrivée, c’est quand j’ai constaté que les Ivoiriens n’apprécient pas réellement leur président de la République (ils le détestent même, à vrai dire !). Et c’est pour ça que le retour de Laurent Gbagbo est toujours attendu là-bas comme une libération nationale, puisque sa ville natale de Gagnoa est même déjà devenue comme un lieu de pèlerinage…

Les Ivoiriens ont déjà connu cinq présidents différents en 37 ans, alors que le Cameroun n’en a eu qu’un seul (et il sera encore candidat en 2025 !). Et pour les élections présidentielles de 2020, on annonce un duel très serré entre Guillaume Soro qui vient de démissionner de la tête de l’Assemblée nationale, et Alassane Ouattara dont je viens de vous dire que les Ivoiriens ne le portaient pas chaleureusement dans leur cœur…

 

J’ai comparé les infrastructures

Si on ne se basait que sur Abidjan et Yamoussoukro, la Côte d’Ivoire serait très certainement l’une des plus belles nations de toute l’Afrique ! Mais malheureusement le développement de ce pays est vraiment épars, et la plupart des autres villes sont en réalité des villages qui ne sont même pas encore en voie de rurbanisation…

Par contre, Abidjan est fantastique ! C’est une très grande ville qui s’étale sur une dizaine de communes (Adjamé, Cocody, Marcory, Yopougon, Abobo, Treichville, Deux-Plateaux, etc). Toutes les routes d’Abidjan sont parfaitement goudronnées, extrêmement larges et suffisamment éclairées. La ville comporte aussi de nombreux échangeurs, de jolis ponts sur la lagune, des baies aménagées, un métro en construction, un gigantesque palais de la culture, etc.

L’aéroport du pays est ultra-moderne. La basilique de Yamoussoukro est l’une des plus démesurées au monde ! La Côte d’Ivoire abrite aussi des institutions internationales comme la BAD (Banque Africaine de Développement) ou encore la FES (Friedrich-Ebert Stigfund). Les établissements hôteliers sont haut de gamme. Il n’y a jamais de coupures d’électricité dans la capitale, et les rues sont quotidiennement balayées et entretenues. Il est même strictement interdit d’uriner dans la nature comme c’est malheureusement souvent le cas ici au Cameroun…

 

route de Côte-d'Ivoire
Les routes d’Abidjan sont larges et bien entretenues. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

J’ai comparé les ambiances

Je ne pouvais pas rentrer de la Côte d’Ivoire sans me rendre à Yopougon. Je ne pouvais pas ne pas visiter la rue Princesse (il y a aussi une rue des Princes de l’autre côté). Je ne pouvais pas ne pas draguer les Ivoiriennes même si elles ne sont pas aussi jolies ni aussi sexy que les Camerounaises.

Par ailleurs, la chanson préférée des Ivoiriens c’est le zouglou. Et c’est sur ça que les « brouteurs » (escrocs qui arnaquent les gens sur internet) viennent dans les boîtes de nuit pour se déhancher, et pour gaspiller l’argent de l’économie numérique. Et c’est comme ça que les nuits de Yopougon sont interminables, puisque les snack-bars sont situés de tous les côtés de la rue et que les taxis circulent normalement alors qu’il est déjà environ 3 heures du matin…

 

J’ai comparé les modes de vie

Déjà, les Ivoiriens adorent la belle vie. Ils aiment vraiment se détendre. Ils adorent les escapades balnéaires, et d’ailleurs ils ont deux villes paradisiaques en bord de mer qui s’appellent Assinie et San Pedro.

Ils adorent aussi les bons restaurants comme mon ami Pierre La Paix Ndamè. Ils consomment toujours leur bouteille de bière avec un verre. Ils aiment s’asseoir en groupe au milieu de la route. Ils ne savent pas draguer les femmes dans la rue. Ils sont toujours connectés sur WhatsApp. Ils ne vendent pas les préservatifs dans leurs boutiques ni dans leurs magasins…

En fait, ce qui m’a surtout choqué c’est leur nourriture. Car je ne comprends pas comment un être humain peut consommer de l’attiéké environ six jours sur sept ! Jusqu’à on vend ça en sachet dans tous les carrefours, tous les bars, tous les maquis, tous les tourne-dos, etc. Et ce qui m’a surpris c’est quand j’ai vu des gens qui étaient carrément en train de consommer de l’attiéké avec du poisson braisé…

 

plage à Assinie
L’une des plages de la ville balnéaire d’Assinie. Crédit photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

J’ai comparé la Côte d’Ivoire avec le Cameroun

Donc la semaine dernière je me suis déplacé en Côte d’Ivoire pour six jours. Et j’ai profité pour comparer les ivoirienneries avec les camerounaiseries…

 

J’ai comparé les populations. La Côte d’Ivoire compte environ 23 millions d’habitants (contre 25 millions pour le Cameroun), mais 25 % de ces résidents sont de nationalité étrangère.

J’ai comparé les blogosphères. Il existe deux associations de blogueurs en Côte-d’Ivoire. Il y a de plus en plus de start-up numériques, et les Ivoiriens commencent déjà à se lancer dans le développement d’applications mobiles.

J’ai voulu comparer nos compagnies aériennes (Air Côte d’Ivoire et Camair-Co), mais je ne voulais pas que mon cher pays le Cameroun se retrouve aussi fortement distancé.

 

Puisque dans la réalité hein, le Cameroun organisera la Coupe d’Afrique 2021 grâce à la permission de la Côte-d’Ivoire. Nos deux nations sont des nations sœurs. Le Cameroun devance la Côte d’Ivoire sur certains plans, et la Côte d’Ivoire surclasse le Cameroun sur d’autres plans également. Voilà pourquoi je ne souhaitais même pas comparer les camerounaiseries avec nos bons amis et frères de la Côte d’Ivoire.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, merci à Emile Bela

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Cameroun, voici la face cachée de tes adolescentes !

Nous sommes en pleine semaine de la Jeunesse et vos enfants vont en profiter pour aller se divertir. Mais laissez-moi quand même vous présenter la face cachée de toutes ces adolescentes…

 

des filles qui escaladent le portail de leur lycée
Parfois les élèves sèchent les cours en escaladant le portail de l’établissement. Source: afrikmag.com /Image reproduite sous autorisation

 

Cameroun, tes adolescentes ne sont plus vierges !

Je crois qu’il fallait que je commence par là. Car nombreux sont les parents qui regardent encore leurs petites fillettes comme de saintes Nitouches, alors que ces adolescentes-là sont déjà des dévergondées !

La plupart de nos jouvencelles est dépucelée à partir de l’âge de quatorze ans. Et les retardataires à quinze, à seize ou encore à dix-sept ans. La majorité des filles de dix-huit ans et de dix-neuf ans sont déjà tombées enceintes au moins une ou deux fois. Et certaines avaient préféré garder la grossesse […] Mais une chose est quand même certaine hein, c’est que nos adolescentes sont déjà des professionnelles du sexe. Et certaines sont devenues nymphomanes comme la Bonita de Parfait Ayissi, ou encore la fille qui a malaxé le préfet de la Mifi jusqu’à le bon monsieur a été obligé de remettre précipitamment son âme au bon Dieu…

 

Tes adolescentes sont des menteuses !

Les adolescentes camerounaises sont des menteuses, des hypocrites et des manipulatrices ! Elles te donnent toujours l’impression qu’elles ne connaissent rien, alors qu’en réalité elles sont des panthères ! Elles ont toujours un comportement de vierges effarouchées lorsqu’elles sont en présence de leurs aînés et de leurs mentors. Elles appellent toujours les étrangers « Tonton », et pourtant elles flirtent forniquent déjà avec leurs répétiteurs mais également aussi avec les amis de leur géniteur…

Au Cameroun, les filles qui ont la puberté ont déjà fini de planifier la date de leur mariage. Elles ont déjà sélectionné leur Prince Charmant. Elles ne s’affichent pas trop avec leurs vrais dragueurs dans leur propre quartier, et c’est pour cela qu’elles ont généralement des vêtements de rechange dans leur sac à dos. Je pense même que les filles les plus dangereuses sont celles qui sont le plus poli, le plus respectueux et le plus précautionneux lorsque vous les observez en présence de leur autorité académique ou bien religieuse.

 

des élèvent qui étudient
Nos adolescentes sont quand même assez studieuses. Crédit photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Tes adolescentes sont quand même assez intelligentes

Malgré tout, et de ce que j’en sais, on a quand même des adolescentes qui sont quand même assez intelligentes. J’ai le sentiment qu’elles savent vraiment faire la part des choses. Elles s’amusent énormément, bien sûr, bien entendu, elles boivent aussi la bière de temps en temps (la Booster et la Ice de préférence) et elles sont perpétuellement connectées sur les réseaux sociaux (WhatsApp, Facebook, Instagram et SnapChat), mais elles restent quand même assez concentrées sur leurs objectifs scolaires.

J’ai déjà remarqué que les adolescentes camerounaises s’expriment correctement en langue française lorsqu’elles se sentent libres libérées. Elles savent aussi faire la cuisine et le ménage pour la plupart. Elles ne sont pas si naïves qu’elles en ont l’air. Elles peuvent te parler de la psychologie des manies et de la maïeutique socratique avec la même perspicacité que mon ami Pierre La Paix Ndamè. Elles réfléchissent déjà par elles-mêmes, elles « pensent », et elles sont aussi capables de dire Non lorsqu’elles ne sont pas d’accord avec ce que quelqu’un veut leur inoculer. Mais malheureusement nos adolescentes sont très sournoises, et bien souvent elles ne permettent pas aux gens qui les ont vues grandir de pouvoir percevoir la luminosité de leur intelligibilité.

 

Tes adolescentes sont très ambitieuses

C’est la suite logique de l’intelligence. Puisque quand tu discutes sérieusement avec une jeune Camerounaise, elle va immédiatement te parler de ses projets. Elle va te présenter les difficultés qu’elle a rencontrées dans chacun d’eux, et à la fin elle va te déclarer qu’elle rêverait de devenir une demoiselle qui sera complètement autonome (donc qui ne comptera pas sur un homme).

Les adolescentes camerounaises sont très ambitieuses ! Sinon, comment expliquer qu’elles soient déjà capables de se mélanger ꟷsur un même matelasꟷ avec leurs supérieurs ? Hein ? Ou bien de flirter avec des types qui ont deux fois leur âge ? Ou bien de fumer toujours la chicha et de réclamer toujours les grands restaurants ? Hein ? Et c’est à force de les voir traiter avec des gens personnalités qui sont plus matures qu’elles-mêmes, qu’on a fini par édicter ces deux lois ici au Cameroun : 1°) Les filles grandissent plus vite que les garçons. 2°) Un homme doit toujours épouser une femme qu’il dépassera au moins avec dix années d’écart…

 

des adolescentes dans une fête
Nos adolescentes sont métamorphosées pendant les cérémonies. Photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Cameroun, voici alors la face cachée de tes Camerounaises…

Donc puisque nous sommes en pleine semaine de l’Amour, vos enfants vont sûrement en profiter pour aller célébrer la Saint-Valentin. Mais laissez-moi quand même vous présenter la face cachée de toutes ces adolescentes…

 

Cameroun, voici la face cachée de tes élèves : elles couchent déjà avec plusieurs camarades de classe au même moment, comme la partouze qu’on avait retrouvée à Bafoussam et qui avait nécessité l’intervention de la Gendarmerie Nationale.

Cameroun, voici la face cachée de tes étudiantes : elles collectionnent déjà les hommes mariées, elles s’achètent déjà les greffes brésiliennes, et elles flirtent aussi avec le rectorat afin d’obtenir des notes qui seront sexuellement transmissibles.

Cameroun, voici la vraie face cachée de nos Camerounaises, puisque les adolescentes de maintenant ne sont ni plus ni moins que les futures araignées de demain.

 

Et pourtant elles sont quand même suffisamment intelligentes, et j’ai aussi le sentiment qu’elles savent parfaitement distinguer la part des choses. Et pourtant elles sont quand même très entreprenantes ! Mais dans une République où les curateurs n’ont plus le temps de se préoccuper de leur propre progéniture, ces adolescentes se retrouvent souvent livrées à elles-mêmes. Puisque dans les associations de parents d’élèves par exemple, les organisateurs ont délaissé l’éducation nationale pour ne se focaliser que sur l’argent.

Et ce sont ces mêmes parents-là qui vont profiter de la fête de la Jeunesse pour aller se divertir…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je connais la face cachée de tes parents

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Mon carnet de voyage de la ville de Yaoundé

La semaine dernière je me suis rendu à Yaoundé pour affaires. Et j’ai pu remarquer certaines choses qui mériteraient de figurer dans mon carnet de voyage…

 

un habitant de Yaoundé qui fait du sport
Les habitants de Yaoundé pratiquent beaucoup de sport. Crédit photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Yaoundé est une ville sécurisée

C’est la première chose qui m’a frappé lorsque je suis arrivé dans la ville du Nkukumah. Puisque dès les entrées de la ville, il y a des militaires qui vont vous faire descendre de votre véhicule, puis qui vont vous demander exiger de présenter votre carte nationale d’identité originale.

Et dans le centre-ville c’est pareil ! Puisque même quand il n’y avait pas encore les affaires de Kamto et de son MRC qui veut littéralement déstabiliser le Cameroun, il y avait déjà des contingents de policiers dans presque tous les carrefours ! Et j’ai aussi rencontré des cohortes de gendarmes devant certains stationnements. J’ai rencontré des militaires en fusil en train de diriger la circulation. Je suis même tombé nez-à-nez avec certains éléments de la Garde présidentielle et du BIR, puisque ce sont leurs éléments qui sont armés jusqu’aux dents et qui protègent le domicile des ambassadeurs, les ambassades elles-mêmes, la résidence du Délégué général de la Sûreté nationale à Bastos, etc.

 

Yaoundé est une ville d’ambiances

Honnêtement, j’avais toujours considéré Yaoundé comme une ville sous-ambiancée. Mais c’était normal, puisque moi je vis à Douala depuis l’année 2006, et que c’est difficile (voire impossible) de faire mieux que la ville de Douala en ce qui concerne les ambiances ici en Afrique francophone…

Soit. Mais Yaoundé est quand même une ville assez mouvementée. Il y a de nombreux bars là-bas, il y a les snack-bars, il y a les boîtes de nuit, les hôtels, les auberges, les restaurants huppés, etc. Yaoundé est une ville qui tourne presque 24h/24. Et puis j’ai remarqué qu’il y a toujours des vendeurs de nourriture (poulet, porc, chawarma, poisson braisé…) devant les lieux d’ambiance, et que ce sont surtout ces vendeurs-là qui font sortir les Camerounaises […] J’ai aussi remarqué que l’esplanade du stade omnisports est un lieu très prisé puisque les Yaoundéens sont de véritables sportifs. Et puis il y a aussi de nombreux spectacles culturels à Yaoundé, il y a des concerts privés, des foires internationales et des salons, etc. Et je pense donc que je vais cesser de considérer notre capitale politique comme une agglomération qui est dénuée de divertissements…

 

Ecclésiaste Deudjui et Hervé Mambou
J’ai visité les nuits de Yaoundé en compagnie de mon ami Hervé Mambou. Crédit photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Il y a (quand même) de jolies filles à Yaoundé

En réalité les filles de Yaoundé ne sont pas si moches. Mais c’est parce que parfois elles se montrent un peu coincées, fermées, immatures, et qu’elles manquent quelquefois de style ! Elles ne sont pas aussi dégagées que les filles de Douala qui s’habillent toujours sexy et qui sont toujours ouvertes aux propositions indécentes. Mais ça c’était avant ! Puisque durant mon séjour d’affaires, j’ai pu remarquer certaines Yaoundéennes qui mériteraient également de figurer dans mon carnet de voyage…

Yaoundé a de très jolies filles ! Yaoundé a de très jolies serveuses. Yaoundé a de très jolies demoiselles qui se rendent à l’esplanade du stade omnisports. Yaoundé a de très jolies femmes dans les taxis. Et ces dames-là sont de moins en moins coincées, fermées ou encore immatures. Elles sont tellement resplendissantes et tellement séduisantes qu’elles vont te plonger dans les ambiances nuits blanches, et si tu n’es pas concentré comme Pierre La Paix tu risques même de ne plus te souvenir de la date de ton retour…

 

Yaoundé est aussi une jungle

Car même si les routes sont vraiment larges et que les voies sont régulièrement entretenues, j’ai été froissé par les intensités de leurs embouteillages. À toute heure ! Et puisque Yaoundé n’est pas une ville qui laisse circuler les bendskineurs comme bon leur chante, c’est pour cela qu’il y a beaucoup de voitures en circulation et par conséquent d’interminables embouteillages.

Mais ce n’est même pas cela qui m’a refroidi. Puisque quand je suis allé à Ntaba Nlongkak, à Eleveur, à Mendong, à Manguier ou encore dans le fin fond du quartier Messassi (vers le stade d’Olembé), je me suis retrouvé au milieu de milliers de Camerounais qui se battaient pour survivre. Et je vous recommande de vous rendre dans un quartier no man’s land comme Tsinga-Elobi, et vous verrez alors ce qu’on appelle la débrouillardise et la misère ! Vous rencontrerez des Camerounais qui souffrent pour s’en sortir dans un anonymat total, et vous comprendrez comment on gagne vraiment sa vie à la sueur de son front.

Bref, qu’est-ce qui m’étonne même encore ? Yaoundé est comme le reste du Cameroun et la plupart des Camerounais sont obligés de se débrouiller pour maintenir leur bas niveau de subsistance…

 

une petite fille dans la rigole
J’ai fait des incursions dans les quartiers populeux de Yaoundé, comme ici à Elig-Edzoa. Crédit photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Mon carnet de voyage de la capitale du Cameroun…

Donc comme je disais, la semaine dernière je me suis rendu à Yaoundé pour un court séjour. Mais j’ai remarqué certaines histoires qui mériteraient de figurer dans mon carnet de voyage…

 

Mon carnet de voyage sur la géographie. Parce que Yaoundé est appelée « La ville des sept collines », et que ses routes sont montagneuses et sinueuses comme si on se baladait sur un interminable toboggan géant.

Mon carnet de voyage sur la politique. Parce que les habitants de Yaoundé s’intéressent perpétuellement à la vie politique. Ils s’habillent régulièrement en chemise et en cravate. Ils sont majoritairement contre le MRC.

Mon carnet de voyage sur le Cameroun tout simplement, puisque ce que j’ai vu à Yaoundé c’est la même chose que j’avais déjà constatée dans le reste de notre pays.

 

C’est la même chose que j’avais déjà remarquée à Dibombari, à Souza puis à Foumban. C’est le même constat que j’avais déjà effectué à l’Extrême-Nord. C’est la même mentalité qu’il y avait autrefois au Nord-Ouest et au Sud-Ouest, quand il n’existait pas encore de guérilla guerre sanglante de ce côté-là. Car je rêve aussi de faire un carnet de voyage sur la partie anglophone de notre pays, mais Dieu seul sait combien de compatriotes sont en train de mourir là-bas chaque jour pendant que vous êtes tranquillement en train de siroter vos bières à Yaoundé…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, « Quand Yaoundé respire, le Cameroun vit »

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Cameroun: mais que veut le MRC en réalité ?

Samedi dernier dans les villes de Yaoundé, Douala, Bafoussam et aussi un peu la ville de Mbouda, il y a eu des manifestations populaires qui ont abouti à des affrontements avec les forces de l’ordre. Et ce n’est pas la première fois que le MRC organise ce genre de violences…

Maurice Kamto
Maurice Kamto, le leader du parti politique MRC. Source: africatopsuccess.com /image reproduite sous autorisation

Les faits

Samedi dernier dans les villes de Yaoundé, Douala, Bafoussam et aussi à l’ambassade du Cameroun à Paris, il y a eu des manifestions violentes. On a vu des militants du MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun) qui sont montés au créneau, et qui ont organisé des marches en masse. Ces marches avaient pour objectif ꟷofficiel !ꟷ de protester contre le retrait de la CAN 2019 au Cameroun, mais aussi d’exiger les têtes des détourneurs de fonds publics. Mais personne n’est dupe ! Il s’agissait d’un prolongement de l’opération « Non au hold-up électoral », mouvement initié par le MRC depuis les élections présidentielles de 2018 dont les résultats ont été fortement contestés par les thuriféraires de ce parti d’opposition…

La réalité

Sur les réseaux sociaux, ça allait dans tous les sens ! Des images ont circulé sur la toile et sur ces clichés on voyait des manifestants blessés, molestés, couchés par terre, et on accusait les forces de l’ordre de tirer sur les populations avec des balles réelles… C’est faux !

Car si c’étaient de vraies balles, ceux qui les auraient reçues ne seraient plus là pour le dire (ils seraient morts). Et puis c’est bien connu que dans tous les pays du monde, la Police utilise toujours des balles en caoutchouc pour calmer les émeutes. Elle a aussi utilisé du gaz lacrymogène et des canons à eau, avec quelques coups de matraque bien sûr, mais c’était surtout pour préserver l’ordre public. Car dans tous les pays du monde également, aucun Gouvernement ne peut rester tranquille lorsqu’il constate qu’il y a des citoyens rebelles qui organisent des manifestions violentes avec pour seule intention de vouloir le renverser…

Célestin Djamen, militant du MRC, blessé
Le militant du MRC Célestin Djamen, blessé lors des manifestations du 26 janvier 2019. Photo: icicemac.com /photo reproduite sous autorisation

Il faut laisser Paul Biya

Si le but du MRC c’est de renverser Paul Biya par tous les moyens, eh bien moi je pense que ce serait peine perdue. Car l’expérience a démontré que Paul Biya peut tout donner à n’importe quel Camerounais, sauf son pouvoir ! L’expérience a déjà montré que Paul Biya adore son fauteuil présidentiel plus que tout au monde. L’expérience nous a révélé que la seule chose qui va enlever Paul Biya de la présidence de notre République, eh bien ce sera la mort ou bien la maladie, tout simplement !

Et puis je ne sais même pas pourquoi les gens le MRC s’agite beaucoup comme ça, alors que notre président est déjà assez vieillissant. Il faut le laisser tranquille ! Il faut laisser Paul Biya terminer ce qu’il n’a même pas encore commencé. Il faut laisser le père-là tranquille. Il ne faut plus sacrifier la vie de nos enfants pour qu’il s’en aille, car il ne s’en ira jamais. Il faut plutôt réfléchir comment est-ce que nous allons faire quand ce catéchiste-là ne sera plus là, car oui, il y aura effectivement un Cameroun après le règne interminable de Son Excellence Paul Biya.

Il faut préparer les futures échéances

C’est ce que je viens de dire. Car si on veut se baser sur les chiffres, le MRC ne détient qu’un seul représentant sur les 280 que comporte notre Parlement (100 sénateurs + 180 députés) ! Il ne revendique que 19 conseillers municipaux sur près de trois milles. Il n’existe que depuis l’année 2012, et jusqu’ici il n’a participé qu’à une seule élection présidentielle…

Le MRC gagnerait donc à se concentrer sur les futures élections législatives qui arrivent en fin d’année, ainsi que sur les prochaines Municipales. Il gagnerait à améliorer son image car les Camerounais le considèrent déjà comme un parti tribaliste. Il ferait mieux de surfer sur sa nouvelle popularité, sur le charisme de son leader bamiléké Maurice Kamto, et sur le fait qu’il soit désormais le premier parti d’opposition pour essayer de s’installer politiquement.

Le mouvement pour la renaissance du Cameroun n’a pas besoin de se faire respecter par la violence.

le président Paul Biya
Le président Paul Biya, lors de son discours de fin d’année en 2018. Source: actucameroun.com /CC-BY

Cameroun : mais que réclame le MRC en réalité ?

Donc le samedi 26 janvier 2019 dans les plus grandes villes du Cameroun (à l’exception de Mbouda), il y a eu des manifestations de foules qui ont abouti à des affrontements avec les forces de l’ordre. Mais ce n’est pas la première fois que le MRC organise ce genre de pogromes…

Mais que veut le MRC en réalité ? Le MRC veut fragiliser le pouvoir, il veut déstabiliser notre Gouvernement, et il veut sûrement s’accaparer de notre palais présidentiel par la violence.

Mais que veulent les cadres du MRC comme Célestin Djamen et Maître Ndoki ? Ils veulent le départ de monsieur Biya sans condition, et ils veulent renverser le RDPC puis mettre en prison tous les barons qui ont fait partie de cette Administration.

Mais que veut le président du MRC Maurice Kamto en réalité ? Puisque nous ne comprenons pas pourquoi il n’a jamais condamné les nombreux débordements de ses milliers de militants.

Parce que pour vous dire la vérité hein, moi-même je ne suis pas un grand fanatique du président Paul Biya. J’en suis même un contestataire ! Mais quand je vois comment les adhérents du MRC organisent des marches de violence et que cela se multiplie au fil des semaines, j’avoue que j’en deviens quelque peu perturbé. Et je vais demander à Pierre La Paix Ndamè si ce « parti politique » n’est pas déjà en train de vouloir traverser la ligne rouge…

Ecclésiaste DEUDJUI, je soutiens l’ordre public

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Ce que la société ne veut pas vous dire sur le mariage

Je suis très mal placé pour parler de ce sujet puisque je n’ai jamais été marié (je n’ai même jamais habité avec une femme). Mais quand je discute avec certains polygames, ils sont toujours en train de se lamenter dans mes oreilles. Quand je discute avec des monogames qui n’ont même pas encore fait trois mois seulement dans leur mariage, ils sont déjà en train de me demander si je connais un bon avocat.

Car il y a des choses que la société ne leur avait pas avouées sur le mariage…

mari et femme à l'église
Cérémonie de mariage religieux dans une église. Photo: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

L’amour dure trois ans

Ça fait déjà au moins trois ans que je vous répète que l’amour ne dure pas plus de trente-six mois. Puisque quand tu rencontres ta partenaire, il y a d’abord cinquante-deux semaines de Passion. Ensuite il y aura une année de Tendresse. Et enfin, il y aura plus de 365 jours pour vous ennuyer correctement…

L’amour dure trois ans ! C’est le temps que la Nature a jugé nécessaire pour que les amoureux puissent rester ensemble, en attendant que leur nouveau-né devienne capable de se débrouiller tout seul. Et c’est pour ça que si j’étais un acteur majeur de notre société comme mon ami Pierre La Paix Ndamè par exemple, j’allais demander aux Camerounais de ne plus se marier jusqu’à la fin de leurs jours. J’allais leur imposer de se marier pour une durée de trois ans qui serait éventuellement renouvelable, mais uniquement sous réserve de l’accord du mari et de son épouse.

Il y a une différence entre les fiançailles et le mariage

Ce que les femmes ne comprennent pas, c’est qu’il y a une très grande différence entre leur fiancé d’aujourd’hui et celui qui deviendra leur futur époux. Parce que les fiancés ne disent jamais « Mouff ! » Les fiancés ne disent jamais « Fiche-moi le camp ! » Les dragueurs ne te refusent jamais 90 % de ce que tu leur demandes, alors que les maris te refusent plutôt 90 % de ce que tu leur réclames puisqu’ils savent que tu leur appartiens dorénavant

Et ça marche aussi dans l’autre sens ! Puisque dès le lendemain de votre lune de miel, tu vas voir comment ta fiancée va commencer à te tourner le dos au lit. Elle va commencer à te dire que « Je suis fatiguée hein ». Elle ne sera même plus intéressée par tes expériences romantiques. Elle va aussi commencer à te dire souvent que « Mouff, fiche-moi le camp ! »

Et c’est là que tu vas comprendre que la nuit de noces n’avait rien à voir avec la réalité de votre mariage.

l'amour dure trois ans
Le roman de Frédéric Beigbeder, l’amour dure trois ans, a été adapté au cinéma. Capture: amazon.com /Photo reproduite sous autorisation

Votre partenaire ne sera plus formidable comme auparavant

C’est ce que je viens de dire ! Puisque comme les hormones de l’amour ne vont plus fonctionner au bout de trois ans, vous allez commencer à remarquer tous les défauts de votre partenaire. Vous allez constater que votre mari n’était qu’un simple individu banal et ordinaire (il y a au moins dix millions de Camerounais comme lui). Vous allez remarquer que votre tendre épouse ne fait que prendre du poids comme si elle était déjà devenue un hippopotame. Vous aurez certainement envie de flirter avec de jeunes pin-up affriolantes, mais vous serez condamné à mourir avec la vieille mémé qui occupe votre chambre et qui vous oblige toujours à enfiler votre alliance.

Vous n’aurez même plus l’occasion d’aller siroter une petite bière sans sa permission, puisque la bonne dame sera toujours en train de vous téléphoner turlupiner : « Tu es où ? Tu fais quoi dehors ? Tu ne sais pas que ma mère va arriver très tôt demain et qu’il faudra qu’on aille la chercher là-bas à l’agence ? »

 

La monotonie va devenir votre pire ennemi

C’est même la monotonie qui est le véritable meurtrier du mariage. Car non seulement tu vas manger la même-même chose chaque jour, mais en plus tu vas la manger avec la même-même cuillère…

Tu sais déjà que quand tu vas déshabiller ton épouse, tu vas toujours trouver le même caleçon marron ou bien le même sous-vêtement kaki. Tu connais déjà toutes les positions que vous allez adopter sur le matelas (enfin, si elle veut bien se bouger). Tu connais déjà comment elle se réveille le matin, à quelle heure elle va se brosser les dents (au cas où elle se brosse les dents), et tu es même déjà capable de reconnaître son feuilleton préféré puisqu’elle a réussi à te transformer en grand fan de Novelas TV.

Tu peux déjà deviner intuitivement quand elle est en colère. Tu connais déjà toutes ses copines et particulièrement les plus moches. Tu as identifié presque toutes ses vergetures. Tu sais déjà que c’est préférable de l’esquiver sans maquillage. Tu as déjà fini par te fatiguer de sa nourriture, et parfois tu préfères tranquillement te rendre au restaurant.

Wèè’kè, mon Dieu ! Ça sert à quoi de rester avec quelqu’un si on peut déjà prédire tous les gestes que ce quelqu’un-là va effectuer à l’avance ?

dispute de couple
Il y a tout le temps des disputes après le mariage. Source: www.e-ostadelahi.fr /Image reproduite sous autorisation

Ce que la société ne pourra pas vous dire sur le mariage…

Donc je suis très mal placé hein, puisque je n’ai jamais cohabité avec une femme (je n’ai même pas encore fait le « Viens, on reste »). Mais quand je vois le nombre de mariés qui viennent me demander si je peux connaître un bon avocat, je me dis qu’il y a sûrement des choses que la société ne leur avait pas déclarées sur le mariage…

Ce qu’on ne veut pas vous dire, c’est que le mariage est un instrument de consommation pour les supermarchés. Et aussi que ça facilite la docilité des employés qui travaillent dans les entreprises et les usines.

Ce qu’on ne va jamais vous dire, c’est qu’il y a également un intérêt de gouvernance stratégique : car les personnes mariées ne provoquent jamais de rébellion ni de guerre. Elles sont en général très malléables et surtout très manipulables.

Ce que la société ne va jamais vous révéler sur le mariage, c’est que c’est un contrat synallagmatique qui se sert de l’amour comme son principal fonds de commerce.

C’est un marché de dupes qui va vous engager pour le restant de votre vie, et pourtant vous n’allez plus vous aimer au bout de trois ans. C’est une convention politico-religieuse qui a été mise sur pied pour assujettir les populations depuis des millénaires, au détriment de leurs innombrables destins individuels.

Il n’y a qu’à voir norr, regardez autour de vous ! La plupart des personnes mariées sont malheureuses dans leur vie de foyer, mais ces gens-là ne vont pas le dire puisque ce sont des secrets que les Camerounais n’auront jamais envie de vous révéler sur leur propre mariage.

Ecclésiaste DEUDJUI, l’amour dure trois ans

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