Ecclésiaste Deudjui

L’affaire Clinton Njié

Une sombre histoire de sextape a explosé sur les réseaux sociaux samedi dernier, aux environs de quatorze heures. Et la victime de cette affaire n’était autre que le footballeur Clinton Njié !

 

Clinton Njié pendant la CAN 2019
Clinton Njié avec le maillot des Lions Indomptables, lors de la CAN 2019 en Egypte. Source: foot01.com /Image reprise sous autorisation

 

Le début de l’affaire

« L’affaire » a explosé sur les réseaux sociaux samedi dernier aux environs de quatorze heures ! Puisque quand je me suis connecté sur Facebook pour discuter avec ma petite amie, il y avait des gens qui me demandaient que « Tu as vu la vidéo ? », « Tu as déjà téléchargé la vidéo ? », « Est-ce que tu peux m’envoyer immédiatement la vidéo de Clinton Njié ? »

Et moi, curieux comme un Camerounais puisque nous on ne s’intéresse ici qu’à des futilités, j’ai directement commandé cette vidéo à Pierre La Paix Ndamè qui se trouvait pourtant à l’étranger en ce moment-là…

 

La nature de l’affaire

La vidéo est une vidéo pornographique ! Une vidéo « fellationnique » plus précisément. Puisque sur ce court podcast de presque 1min19s, on y voit notre footballeur préféré compatriote en train de se faire tailler une excellente fellation en bonne et due forme, et puis d’enregistrer les prouesses de sa dulcinée avec la caméra de son téléphone androïd…

Sauf que le gars était ivre de bonheur (ou d’alcool, on ne sait pas), puisqu’il venait de signer son nouveau contrat professionnel avec le club du Dynamo Moscou en Russie. Et il paraît que dans le feu de l’action, après avoir contemplé la rotondité des fesses de sa déesse, le gars a appuyé sur « Envoyer » alors qu’il voulait certainement appuyer sur le bouton « Enregistrer ». Et voilà comment cette vidéo s’est retrouvée sur SnapChat et ensuite elle est devenue virale en moins de soixante secondes chrono.

 

Clinton Njié présente son nouveau maillot du Dynamo Moscou
Clinton Njié vient de signer au Dynamo Moscou, en Russie. Image: Twitter /CC0

 

Les conséquences de l’affaire

Quelles conséquences ? Est-ce que c’est lui le premier footballeur à nous envoyer des images enregistrées et qui contiennent des séquences pornographiques ? Hein ? Est-ce qu’on n’avait pas déjà connu ça avec un ancien numéro 9 qui était lui aussi un avant-centre de notre équipe nationale ? Hein ? Est-ce que c’est la première fois qu’on voit une personnalité camerounaise en train de trainailler son bangala devant un objectif qui est tenu par un cadreur amateur, et puis que cette vidéo se retrouve dans tous les smartphones de tous les Camerounais et surtout de toutes les Camerounaises ?

Il n’y aura donc aucune conséquence ! Sauf que les gens vont un peu se moquer de Clinton Njié qu’ils ont même déjà commencé à jeter en pâture (Maahlox s’est moqué de lui jusqu’ààààààà), mais cette histoire finira par se noyer comme les vidéos de Nathalie Koah et celles de Vincent Sosthène Fouda qui avaient également pourtant fait le buzz. Puisque nous-mêmes nous réalisons parfois nos propres POV (private own videos) dans nos chambrettes et dans nos universités, mais heureusement que nous sommes des anonymes sinon cela allait aussi se retrouver au beau milieu d’un nouveau scandale instagramique

 

L’interprétation de l’affaire

Moi j’ai interprété cela comme une sorte de vindicte populaire. Puisque les gens ont bondi sur cette affaire comme des charognards, au point d’en oublier que Maurice Kamto est toujours derrière les barreaux, que la situation en zone anglophone n’est pas encore résolue, et que le repli identitaire gagne du terrain au point de nous rendre le risque de guerre tribale ici au Cameroun non négligeable…

Surtout que les Lions Indomptables gagnent beaucoup-beaucoup de millions pour rien, et donc lorsque nous pouvons les clouer au pilori nous ne nous dérangeons même pas un peu !

Et puis ce que moi j’ai retenu de cette histoire, c’est que nous devons chercher l’argent, les gars ! Sinon vous allez attraper une jolie fille comme la pin-up de Clinton Njié là où ? Hein ? Vous allez la rencontrer comment ? Vous allez même d’abord commencer par où pour lui demander de venir vous administrer une langoureuse petite fellation ? Hein ? Vous avez même bien regardé la jolie métisse qui était sur la vidéo-là ?

Donc un seul mot, les gars : cherchons d’abord l’argent !

 

Alisha Berry
Le mannequin Alisha Berry a d’abord été présenté comme étant la fille sur la vidéo, sans aucune confirmation par la suite. Image: Facebook /CC0

 

L’affaire de la sextape de Clinton Njié

Donc une piètre histoire de sextape m’a déconcentré le samedi 27 juillet 2019 vers 14 heures, alors que je souhaitais discuter avec ma petite amie.

Et la vedette de cette affaire n’était autre que le Camerounais Clinton Njié !

 

L’affaire Clinton ! Pas Monica Lewinsky hein, parce que Bill avait fait sa part au début de l’année 1998, et Njié vient de réaliser pour lui au beau milieu de l’année 2019.

L’affaire Njié ! Ou l’histoire d’un excellent footballeur qui était pourtant très prometteur au départ, mais qui se perd peu à peu parce qu’il n’est pas accompagné par un professionnel de l’image.

L’affaire Njié Clinton nous rappelle que nous sommes essentiellement des voyeurs, nous les Camerounais, puisque cette vidéo s’est retrouvée entre les mains des enfants qui n’ont même pas encore atteint l’âge de dix-huit ans !

 

Et subitement les gens se sont mis à insulter impunément ce footballeur, ils se sont mis à se moquer de lui, et ils se sont mis à le vilipender. Et puis les gens ont compris pourquoi est-ce que nos Lions Indomptables avaient exigé leurs primes de participation à l’avance. Et puis les gens ont vu ce que ces Lions-là aiment souvent faire lorsqu’ils ont un peu de temps libre. Et puis les Camerounais ont saisi la raison pour laquelle on avait été éliminés dès les huitièmes de finale par le Nigeria, lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations en Egypte.

Et puis cette affaire-là a littéralement fait le tour de la toile en une seule seconde, mais elle va bientôt s’estomper puisque le peuple de Paul Biya ne va pas tarder à se focaliser très prochainement sur un énième et rocambolesque fait divers…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, ce n’est plus mon affaire !

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Il y a cinquante ans, les Camerounais marchaient sur la Lune…

Je considère l’exploration lunaire comme la plus grande réussite de toute l’histoire de notre Humanité. Et pour moi c’est comme si des Camerounais avaient également marché sur la Lune…

 

Neil Armstrong, Michael Collins et Buzz Aldrin sont allés sur la Lune
Neil Armstrong (à gauche), Michael Collins (au centre) et Edwin « Buzz » Aldrin sont les trois membres d’équipage de la mission Apollo 11 à destination de la Lune. Source: tajan.auction.fr /CC0

 

Les Américains ont marché sur la Lune

C’est le 16 juillet 1969 que les astronautes Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins ont quitté la Terre en direction de l’orbite lunaire. Seuls les deux premiers ont ensuite posé leurs pieds sur la Lune le dimanche 20 juillet à 20h56 (heure de Houston), avec cette phrase d’Armstrong qui est entrée dans la postérité : « C’est un petit pas pour l’Homme, mais un pas de géant pour l’Humanité. »

Après cette mission réussie qui a été effectuée par la mission Apollo 11 de la NASA, d’autres hommes ont continué à se rendre sur la Lune jusqu’à la fin du projet avec le lancement d’Apollo 17 en 1972. Et au total ils sont douze hommes Américains à avoir marché sur la Lune durant cette épopée, mais depuis 1972 personne n’y est plus jamais retourné !

 

Les Russes avaient envoyé un homme dans l’espace

Il faut rappeler que dans les années 1950, les scientifiques russes avaient énormément pris d’avance sur les ingénieurs aéronautiques américains. Car ils savaient déjà envoyer des missiles dans l’espace, et en 1961 ils ont carrément envoyé le premier humain à l’extérieur de l’atmosphère terrestre, et cet humain-là s’appelait Youri Gagarine !

Les Russes ont ensuite envoyé la première femme dans l’espace (Valentina Terechkova), puis ils ont expérimenté la première sortie extravéhiculaire : ce qui signifie que le cosmonaute Leonov est allé dans l’espace en 1965, et qu’il est sorti de sa capsule aérospatiale pendant environ douze minutes ! Et pendant ce temps-là les Américains ne sont même pas capables de faire naviguer une fusée dans le paysage cosmique correctement…

 

Youri Gagarine
Youri Gagarine (1934-1968), astronaute soviétique, est le tout premier homme a avoir effectué un vol dans l’espace. Source: Wikimedia /CC0

 

Certains Camerounais se demandent si c’était vrai

Moi je me suis longtemps demandé si cette histoire était véridique. Et si oui, pourquoi alors elle ne se reproduisait pas. Parce que c’est quand même bizarre de voir que des êtres humains ont pu marcher sur la Lune avec la technologie des années 1960, et qu’ils n’y parviennent presque plus aujourd’hui. C’est étrange.

Mais en réalité c’est parce que l’objectif des États-Unis avait été atteint, et en fait ils avaient juste voulu impressionner les Soviétiques ou alors repousser leurs propres limites. Car c’était en pleine guerre froide. Et puis ça leur coûtait déjà beaucoup-beaucoup de milliards (jusqu’à 3,5 % du budget fédéral). Puisqu’il fallait mobiliser et payer 400000 personnes pour la réussite d’un projet aussi gigantesque. Et ils l’ont surtout réalisé pour rendre hommage au président John F. Kennedy, parce que c’est lui qui avait fixé cet objectif lors d’un discours mémorable qu’il a prononcé le 12 septembre 1962 : « Nous avons choisi d’aller sur la Lune avant la fin de cette décennie. Nous allons rattraper notre retard sur l’URSS. Nous allons démontrer que ce pays a du talent. Nous allons accomplir cet exploit démesuré non pas parce que c’est facile, mais justement parce que c’est difficile… »

 

Les Camerounais iront sur Mars

Par procuration, bien sûr ! Parce que nous ne sommes même pas déjà capables de réaliser les simples assemblages de voitures. Nous ne sommes même pas encore capables de fabriquer concevoir un moteur. Nous ne sommes pas capables de faire fonctionner une petite compagnie aérienne comme Camair-Co. Nous ne sommes pas capables d’entraîner une simple équipe nationale de football. Nous ne sommes pas capables de nous mobiliser et de travailler en commun. Nous n’avons pas un chef de l’État qui se montre capable de nous fixer des objectifs élevés. Nous n’avons pas d’ambitions collectives. Nous ne sommes ni des pionniers, ni des aventuriers, ni des chercheurs (et encore moins des trouveurs). Nous n’irons sur la planète Mars que par procuration si Donald Trump veut bien y expédier ses propres spationautes, parce que nous les Camerounais nous n’inventons jamais rien et nous n’imaginons jamais rien.

Nous ne sommes que des consommateurs de vestes françaises et de montres suisses, et notre seule mission ici au Cameroun n’est que de s’éterniser au pouvoir…

 

 

Il y a cinquante ans exactement, des hommes comme nous marchaient sur la Lune…

Donc je considère l’alunissage comme la plus grande prouesse technologique de toute l’histoire de la recherche scientifique universelle. Et pour moi c’est comme si personnellement j’avais également marché sur la Lune

 

Il y a cinquante ans exactement, des hommes exceptionnels franchissaient les limites de l’impossible, et leur courage les a envoyés vers une destination que personne n’avais jamais atteinte.

Il y a cinquante ans tout juste, l’Humanité franchissait « un pas de géant » dans la grande histoire de la Découverte, et cela nous a permis de mieux comprendre notre minuscule place dans l’immensité de l’univers.

Il y a cinquante ans le 20 juillet 2019 précisément, et c’est comme si chacun d’entre nous avait réalisé quelque chose d’impensable voire d’inimaginable.

 

Parce que même si Pierre La Paix n’a jamais posé son pied sur la Lune, je continue de penser que l’exploration lunaire est la plus fantastique odyssée de toute l’histoire de notre merveilleuse Humanité. Et j’espère que cet exploit-là ne sera jamais sous-estimé, et d’ailleurs qu’il deviendra même un héritage pour la communauté scientifique qui essaie de se débrouiller tant bien que mal ici au Cameroun…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi j’ai marché sur le Cameroun

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Ne souriez plus hein, vous êtes filmés !

Depuis quelques temps la ville de Douala est truffée de caméras de surveillance sur presque toutes ses artères. Et ce n’est pas la seule méthode que votre Gouvernement a mise sur pied pour vous contrôler…

 

caméras de surveillance
Voici les caméras de surveillance qui sont utilisées dans les rues de Douala. Image: tecacom.com /Photo reproduite sous autorisation

 

Vous êtes filmés dans les lieux publics

Depuis quelques temps donc, il y a des caméras de surveillance dans presque tous les carrefours de la ville de Douala. Ou bien c’est pour quoi oooh !? Toujours est-il que nous sommes épiés du matin jusqu’au soir, et que derrière ces caméras il y a des policiers qui sont en train de nous observer 24/24 pendant qu’ils sont en train de siroter leur tasse de Nescafé…

Nous sommes espionnés partout ! Et même si ce n’est pas votre Gouvernement qui veut toujours jouer les voyeurs, parfois ce sont les caméras de vidéosurveillance qu’il y a dans les supermarchés et les grandes entreprises. Et dans les boutiques informatiques également. Et aussi dans les magasins des Libanais. Et surtout dans les boîtes de nuit de Bonapriso. Et la mauvaise nouvelle c’est que ces enregistrements vidéo sont parfois envoyés aux Renseignements généraux, ou alors stockés dans un ordinateur alors qu’on n’avait même pas sollicité notre consentement…

 

Vous êtes enregistrés dans des fichiers

Pas seulement sur le fichier électoral hein, et d’ailleurs est-ce que les Camerounais se sont même réellement inscrits sur les fichiers électoraux ?

Pas seulement pour les concours administratifs ! Parce que ce que beaucoup de Camerounaises ne savent pas, c’est que nos noms qui sont enregistrés sur les cartes d’identité sont également enregistrés dans des fichiers tenus par les services de l’État. Idem pour nos passeports. Et puis même quand tu voyages pour aller de Bafoussam à Mvo’omeka et que la guichetière se met à enregistrer ton patronyme sur un gros registre, elle va envoyer la liste des passagers à la Délégation générale de la sûreté nationale (et c’est obligatoire pour toutes les agences).

Même chose pour les hôtels lorsque tu vas t’enregistrer pour y effectuer ta nuitée. Même chose pour les déplacements à l’étranger lorsque tu achètes ton billet d’avion. Même chose lorsque tu te rends dans un ministère pour un dossier, dans une grande clinique pour ta cirrhose de foie, dans un institut financier pour effectuer une opération bancaire, etc.

 

Martin Mbarga Nguélé
Martin Mbarga Nguélé, le Délégué Général à la Sûreté Nationale et patron de la Police camerounaise. Source: ouestlittotal.com /Photo reproduite sous autorisation

 

Vous êtes écoutés, suivis et regardés

Moi je ne parle pas pour moi parce que je sais déjà que je suis suivi persécuté sur Twitter. Je sais que je suis surveillé sur mon blog et que si ma bouche essaie un peu de déraper sur Facebook, vous allez seulement entendre qu’on m’a enfermé à côté de la cellule présidentielle de monsieur Maurice Kamto.

Moi je sais tout ça. Et donc je vous demanderai de rester un peu vigilants, mais surtout discrets comme mon ami Pierre La Paix Ndamè. Parce que c’est très facile de localiser quelqu’un qui s’exprime sauvagement sur internet (on peut te repérer grâce à tes identifiants IP, même si tu as utilisé un faux profil). Et puis je vous rappelle que le contenu de vos conversations téléphoniques peut aisément être retraçable ; y compris le listing de tous vos SMS. Je vous rappelle qu’il y a un service au Cameroun qui est chargé de décortiquer tout ce qui se dit dans la presse écrite et la radio, et qui regarde toutes les émissions qui passent à la télévision (même sur la CRTV) afin de collecter le maximum d’informations sur le climat social qui prévaut ici dans notre Cameroun…

 

Vous êtes même contrôlés

C’est ce que je viens de dire ! Parce que tous vos mouvements sont scrutés dans les carrefours grâce à la vidéosurveillance, et en plus on décortique tout ce que vous racontez et ce que vous blablatez sur les réseaux sociaux et dans les médias traditionnels…

Vous êtes contrôlés comme dans le roman 1984 ! Vos manifestations publiques sont verrouillées, et lorsqu’elles sont politiques elles sont tout simplement interdites ! Vos ordres du jour de réunions doivent être connus à l’avance. Vos discussions privées sont retransmises par des antigangs qui s’asseyent à la même table que vous dans les bars, et qui jaugent ainsi votre radicalisme. Votre connexion internet peut être interrompue à tout moment ! Vos intentions sont maîtrisées, vos mouvements sont limités lorsque vous devenez une personnalité politique, et vos opinions peuvent creuser votre propre tombe (cf. Longuè Longuè) si elles ne sont pas en faveur de celui qui occupe le pouvoir suprême depuis l’année 1982.

 

policiers camerounais devant les écrans de surveillance
Il y a des services chargés de contrôler les images enregistrées. Source: chateaunews.com /Image reprise sous autorisation

 

Ne souriez plus jamais hein, parce que vous êtes filmés !

Donc depuis quelques mois les villes du Cameroun sont truffées de caméras de surveillance sur presque toutes leurs artères. Et ce n’est pas l’unique méthode que notre Gouvernement a mise sur pied afin de mieux nous contrôler…

 

Ne souriez plus hein, vous êtes observés ! Car il y a des véhicules de gendarmerie à tous les coins de rue depuis quelques trimestres, et il y a aussi des policiers qui sont en train de faire le kongossa avec leur talkie-walkie.

Ne souriez plus hein, vous êtes intimidés ! Parce que c’est le tribunal militaire qui s’occupe de certaines arrestations politiques de civils. Et c’est le BIR qu’on vous envoie dans la rue lorsqu’il y a certaines revendications.

Ne montrez plus vos dents ici au Cameroun hein, parce qu’il y a des gens là-bas en haut qui ne veulent même pas que vous leviez seulement un peu votre sale petite tête !

 

Alors ils nous ont ramené dans une sorte de Big Brother version 2019, et ils nous ont « offert » la liberté d’expression alors qu’on ne possède même pas réellement la liberté de s’exprimer. Puisque nous pouvons parler de tout ici au Cameroun, nous pouvons tout décrire, nous pouvons tout critiquer, nous pouvons tout trahir et nous pouvons même tout dénoncer sans être forcément menacés de disparition.

Mais nous sommes filmés lorsque nous commençons déjà à regarder vers la chaise de monsieur Paul Biya !

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je sais que je suis filmé

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Je ne suis pas tontinard ni sardinard, je suis un Camerounard !

Il y a parfois des gens ici qui se méprennent ouvertement sur mes publications, et qui pensent osent penser que je serais un partisan de Paul Biya ou pourquoi pas de son adversaire Maurice Kamto.

Et pourtant moi je suis tout simplement un Camerounard !

 

Un Camerounard avec le drapeau du Cameroun
Un Camerounard, c’est celui qui a choisi l’unité du Cameroun. Source: actucameroun.com /Image reprise sous autorisation

 

Je ne suis pas un tontinard !

C’est vrai que je suis un Bamiléké, et alors ? Est-ce que tous les Bamilékés sont donc des tontinards ? Est-ce que tous les Bamilékés sont dans les réunions secrètes du La’akam ou bien du Famlà’a ? Est-ce que tous les Bamilékés se sont alignés derrière l’Américain Patrice Alain Nganang, lorsqu’il a déclaré qu’il y a des tribus supérieures et qu’il y a des tribus inférieures ici au Cameroun ? (sic) Hein ?

Je crois bien que non !

Parce que même si moi je suis originaire de Bafang parce que mon paternel a vu le jour dans les hauts-plateaux de Bandounka, ce n’est pas une raison suffisante pour qu’on m’étiquette directement MRCiste. Ce n’est pas un motif pour qu’on s’imagine que je suis forcément un pro-Kamto. Ce n’est pas un argument recevable devant les juridictions de notre tribunal militaire (ce sont eux qui jugent parfois les civils hein), et d’ailleurs je n’ai jamais participé à ce que les gens organisent en comité et qu’on appelle aussi ici la tontine…

 

Je ne suis pas un sardinard !

Je ne suis pas un sardinard non plus hein, il ne faut pas croire. Tout sauf ça ! D’abord que je déteste même seulement sentir l’odeur de la sardine. Je déteste l’odeur de la corruption. J’exècre la filouterie et la fraude électorale. Je ne veux même pas que quelqu’un vienne me tendre ses maigres 2000 francs CFA le jour du défilé ou bien des élections, et qu’il me demande ensuite de m’aligner ou bien de partir voter en faveur du parti au pouvoir… Tsuip !

Nôôô, je ne suis pas moi dedans. Tout sauf ça ! Je préfère encore qu’on se trompe sur moi en disant que je suis un tontinard. Je préfère encore qu’on me traite de kamtoïste. Je préfère même qu’on me force à avaler une boîte de sardine pimentée avec un pain qui n’est même pas vraiment croustillant, mais jamais vous ne me verrez débiter des insanités comme les experts-sardinards qui sont pourtant très prétentieux là-bas au RDPC.

 

Maurice Kamto et Paul Biya
Les expressions tontinards et sardinards sont nées de l’affrontement politique enre Maurice Kamto (à gauche) et Paul Biya (à droite). Source: lebledparle.com Montage: Ecclésiaste Deudjui /Photos reproduites sous autorisation

 

Je ne suis pas un sécessionnard !

Moi je n’ai rien contre les Ambazoniards hein, et d’ailleurs c’est même pour cette raison que j’aimerais qu’on trouve rapidement une solution à cette crise dite « anglophone ». Moi je n’ai rien contre les Francophones non plus. Mais je milite pour que nous restaurions l’unité et l’unicité de notre Cameroun, et que nous cessions de divaguer sur le fédéralisme, le tribalisme, l’irrédentisme, le séparatisme. Car moi je suis très satisfait de notre pluralité linguistique et culturelle, et je souhaiterais bien qu’on les garde. Je suis émerveillé par la diversité de nos ethnies, par la multiplicité de nos langues vernaculaires et notre bilinguisme, par l’hétérogénéité extraordinaire de notre formidable population hétéroclite, et surtout par le savoir-vivre-ensemble que nous avons si bien entretenu jusqu’à présentement.

Je n’aimerais surtout pas qu’il y ait une quelconque sécession ici au Cameroun !

 

Je suis un Camerounard !

Un Camerounard, ça veut simplement dire que je ne suis ni un tontinard, ni un sardinard, ni un sécessionnard, ni un brigadier anti-sardinards ! Ça veut aussi dire que si c’est bien fait dans un camp, je vais signaler que cela a été bien fait. Et si c’est mal fait quelque part, je vais aussi signaler que cela a été terriblement mal fait.

Je suis pour la paix comme mon ami Pierre La Paix Ndamè. Je suis contre les complots qui visent à déstabiliser notre cher Cameroun. Je me considère comme un patriote. Je félicite Paul Biya quand il s’est bien comporté (c’est vrai que c’est rare) et je félicite Maurice Kamto lorsqu’il s’est bien comporté également.

Je condamne ! J’avais demandé au président de la République d’entamer un dialogue inclusif avec les leaders sécessionnistes anglophones, et il ne fait que traîner le pas depuis-là. J’avais demandé à Maurice Kamto de cesser avec ses marches blanches grisâtres sinon ça allait l’envoyer derrière le ngata (lui-même il a confirmé norr). Mais ce qui m’énerve avec les partisans de ces deux factions politiques qui se détestent à mort, c’est qu’ils sont tellement extrémistes qu’ils ne supportent même pas que tu puisses leur opposer la moindre critique !

 

la carte du Cameroun et la liste des ethnies
La multiplicité des ethnies au Cameroun devrait être une force. Source: Facebook.com /CC0

 

Je ne suis pas tontinard ni sardinard, je suis un simple Camerounais !

Donc il y a parfois des gens ici qui se méprennent régulièrement sur mes publications, et qui m’insultent en public en disant que je suis un partisan de Paul Biya ou pourquoi pas de son adversaire Maurice Kamto.

Et pourtant moi je suis tout simplement un Camerounais hein !

 

Je ne suis pas un tontinard ! Je condamne avec la dernière énergie les militants du MRC (certains hein, pas tous !) qui sont persuadés que le changement au Cameroun s’effectuera inévitablement par la violence.

Je ne suis pas un sardinard ! D’ailleurs est-ce que je suis arrogant comme eux ? Est-ce que moi je suis condescendant ? Est-ce que je suis un opportuniste ou un voleur qui pille toute l’économie de notre Cameroun ?

Je ne suis pas un sécessionnard ni un brigadier anti-sardinards non plus, parce que j’ai toujours souhaité que le Cameroun demeure uni, entier et indivisible.

 

Mais lorsque j’exprime « mon avis » pour partager « mon opinion » sur des affaires qui concernent « ma propre nationalité », il y a des hurluberlus qui vont sortir du bois et qui vont commencer à me vilipender : « Espèce de sale biyaïste ! », « Espèce de Bamiléké tontinard ! », « Espèce de Francophone à deux balles ! »

Okokoloo’o, mes frères ! Donc tous ceux qui ne sont pas d’accord avec vous deviendront automatiquement des salopards ?

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je suis un Camerounard !

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Comprendre l’arrestation de Maurice Kamto

Cela fait cinq mois exactement que Maurice Kamto a été incarcéré dans la prison centrale de Kondengui. Et cette arrestation ne fait que soulever de nombreuses interrogations.

 

protestation contre l'arrestation de Maurice Kamto
Les militants du MRC en pleine protestation devant une cathédrale à Yaoundé. Image:_ agora-mag.net /Photo reproduite sous autorisation

 

Qui est Maurice Kamto ?

Maurice Kamto est un juriste de renommée et de réputation mondiales, né le 15 février 1954. Il a servi comme ministre délégué à la justice pendant sept ans, de 2004 à 2011 (il avait démissionné avant un remaniement). Il s’est notamment fait remarquer lors de la rétrocession de Bakassi à l’État camerounais, puisqu’il était en première ligne lors des négociations devant les juridictions internationales.

Cependant, c’est en créant son parti le MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun) que Maurice Kamto s’est érigé en égérie politique camerounaise, et depuis lors il se revendique comme étant le leader indiscutable de l’opposition. Il est d’ailleurs arrivé en deuxième position derrière Paul Biya, lors de la dernière consultation présidentielle qui a eu lieu ici au Cameroun le 7 octobre 2018.

 

Pourquoi l’a-t-on arrêté ?

À mon avis il n’avait jamais été question de le faire arrêter (c’est aussi l’avis de Pierre La Paix Ndamè). Parce que quoi qu’on dise, et même si Kamto s’est revendiqué vainqueur du scrutin présidentiel, il n’est jamais judicieux pour un régime en place de se faire remarquer par les arrestations de ses contestataires.

Mais. Maurice Kamto a osé franchir le Rubicon : une marche interdite, puis une autre marche interdite, puis une autre marche interdite encore. Et surtout que ces marches interdites-là avaient pour objectif de contester la « victoire volée » du président Paul Biya, et de mettre ainsi en branle sa légitimité. Ces marches interdites ont connu des débordements dans les représentations diplomatiques camerounaises à l’étranger, notamment à Berlin et à Paris. Et ce sont ces casses-là qui ont été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Sans oublier que Maurice Kamto s’est fait entourer par des faucons (Penda Ekoka, Célestin Djamen, Albert Dzongang, Valsero, Paul-Éric Kingué) qui ne rêvent que de la violence, et qui pensent qu’il faut semer la zizanie et le désordre en instiguant un mouvement de rébellion généralisée…

 

Paul Biya en train de votre lors de la présidentielle du 7 octobre 2018
Le président Paul Biya en train de voter lors du dernier scrutin présidentiel. Source: afriqueeducation.com /Image reproduite sous autorisation

 

Va-t-on le libérer ?

À mon avis, pas du tout ! Car Maurice Kamto est devenu beaucoup plus « dangereux » après son arrestation qu’avant son arrestation. Il est devenu plus « important » surtout. Il a été involontairement transformé en martyr. Et sa libération risquera de faire de lui un Nelson Mandela à la camerounaise, ce qui ne serait pas du tout du goût de notre chef de l’État taciturne.

Non. Maurice Kamto fera probablement encore de longs séjours derrière les barreaux, sauf si la communauté internationale France se mettait à accentuer la pression pour sa libération. Car Paul Biya est réputé pour être un monstre froid, sans émotion et sans états d’âme. Il l’a déjà démontré à plusieurs reprises en laissant pourrir ses propres collaborateurs en prison pendant des décennies, à l’exemple de Titus Edzoa qui a passé dix-sept ans au cachot alors qu’il avait pourtant été le médecin personnel de son futur tortionnaire…

 

Qui profitera de ce crime ?

Personne ! Car de jours en jours le MRC ne fait que se radicaliser même s’il s’effrite, et de jours en jours le Cameroun ne fait que se subdiviser en sardinards contre les tontinards.

Personne ne profitera de ce crime. Surtout pas le gouvernement du RDPC, qui n’avait mais alors pas du tout besoin de ce caillou à l’aspect tribalistique dans sa chaussure. Et comme j’ai dit, si Kamto est libéré, il deviendra incontestablement un héros, et s’il reste en prison il continuera de constituer une véritable menace pour la stabilité de notre Cameroun.

 

Que faire alors ?

Parce que si moi j’étais à la place de monsieur Paul Biya, j’allais faire ce qu’il aurait dû faire depuis le début avec les anglophones, avant que la crise du Nord-Ouest-Sud-Ouest ne dégénère. C’est-à-dire que j’allais appeler Maurice Kamto et j’allais le faire assoir devant une table ronde, puis j’allais lui demander de me détailler tranquillement chacune de ses revendications.

 

Maurice Kamto s'adressant à la nation camerounaise
Maurice Kamto s’adressant à la nation en tant que chef de l’Etat élu, puisqu’il continue de contester la victoire du RDPC. Source: ocameroun.info /CC0

 

Comment comprendre l’arrestation de Maurice Kamto ?

Donc cela fait cinq mois exactement que Maurice Kamto a été embastillé dans la prison centrale de Nkondengui. Et pourtant cette arrestation n’arrête pas de soulever de nombreuses interrogations.

 

Comprendre l’arrestation de Maurice Kamto, c’est se demander si c’est normal dans une République qui se veut démocratique, de faire incarcérer la personnalité qui symbolise le leadership de l’opposition.

Comprendre l’arrestation de Maurice Kamto, c’est aussi chercher à comprendre pourquoi le MRC a basé toute sa stratégie sur la déstabilisation et la violence.

Comprendre l’emprisonnement et l’incarcération d’un juriste de renommée intercontinentale comme Maurice Kamto, c’est surtout s’inquiéter pour l’avenir politique du Cameroun qui s’annonce des plus inquiétants.

 

Parce que depuis le 28 janvier 2019 et cette arrestation en grandes pompes, c’est presque l’équilibre du Cameroun qui est sur le point de basculer à tout moment. C’est toute notre stabilité qui est remise en cause. C’est tout le peuple camerounais qui est en train de s’inquiéter et de s’interroger au jour le jour, puisque certains ont même déjà commencé à me demander en tremblotant que « Je dis hein, Ecclésiaste ! Est-ce que tu comprends même exactement pourquoi est-ce qu’ils avaient fait arrêter Maurice Kamto ? »

 

Ecclésiaste DEUDJUI, il faut plutôt comprendre Paul Biya

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Pourquoi est-ce que les Camerounais préfèrent les ex ?

Quand je vois comment je suis retombé amoureux d’une fille que j’avais pourtant déjà abandonnée, moi-même-ci ça me dépasse ! Pourtant je ne l’aimais même plus hein ! Mais c’est parce que parfois dans la vie d’un homme, ou alors d’une Camerounaise, il y a toujours un moment où tu auras forcément envie de te retrouver dans les bras de l’un(e) de tes ex…

 

Dessin d'une femme qui pleure son ex
C’est souvent difficile de se remettre s’une séparation amoureuse. Source: diariste.fr /Dessin reproduit sous autorisation

 

Il y a la solitude

Parfois c’est parce que tu es tout seul. Pas parce qu’il n’y a personne autour de toi hein, mais c’est parce que tu n’as pas de relation amoureuse sérieuse. Il n’y a pas une fille qui peut t’appeler pour te dire que « Pierre La Paix Ndamè, comment a été ta journée ? » Parfois tu retournes vers ton ancienne copine parce que tu es effrayé par la solitude. Parce que tu es fatigué de dormir toujours seul. Parce que tu aimerais aussi que quelqu’un t’attende quelque part comme la merveilleuse Anna Gavalda. Parce que tu as souvent peur de vieillir comme un singleton, et c’est pour cette raison que tu risques retourner définitivement dans les bras de l’une de tes ex !

 

Il y a les périodes de dépression

La dépression n’est pas une maladie honteuse. C’est un état que tous les hommes qui sont normalement constitués devraient ressentir à plusieurs reprises. C’est un mélange entre le pessimisme, la frustration, la déception et le désespoir. C’est comme si tu voyais tout en noir. C’est comme si ta vie n’avait plus aucun sens et que tu t’interrogeais jusqu’à sur l’utilité et la nécessité de ton existence…

Quand moi je suis en dépression par exemple, je repense toujours à l’une de mes ex (pas la même hein). Je lui téléphone et elle me dit que « Ça fait longtemps hein, Clesio ! » Je lui écris et elle me dit que « Je pense souvent à toi, Ecclésiaste ». Je lui fais des message vocaux pour lui demander si elle va bien et si elle a bien dormi, et parfois j’en profite pour lui demander si on se remettra encore un jour ensemble.

 

Couverture du roman "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part", de Anna Gavalda
Couverture du roman « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part », de Anna Gavalda. Source: lillyetseslivres.canalblog.com /CC0

 

Il y a la nostalgie des bons souvenirs

La raison pour laquelle les gens se remettent souvent avec leurs ex, c’est parce qu’ils ne repensent qu’aux bons souvenirs. C’est parce qu’ils ne se rappellent que de leurs bons câlins, de leurs discussions intimes, de leur complicité intuitive et de leurs nombreuses promesses de vie commune… Tsuip !

Quand moi je me rappelle de l’une de mes ex (pas forcément la même hein), je ne repense jamais comment elle me donnait souvent les maux de tête ! Je ne repense jamais comment on se chamaillait. Je ne me souviens que des nombreux moments de tendresse qu’on partageait entre nous deux, et je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi est-ce que nous nous sommes séparés.

Je pense que tous les couples dureraient plus longtemps, si on se concentrait uniquement sur le positif comme nous le faisons si parfaitement après la séparation.

 

Il y a la crainte du recommencement

Vous savez comment c’est difficile d’aborder une fille dans la rue, de gagner sa confiance et ensuite de lui accorder aussi votre confiance en retour ? Hein ? Vous savez comment c’est énervant d’être déjà très avancé avec une Camerounaise, et puis de se séparer et de devoir tout recommencer à zéro avec la prochaine conquête ?

C’est pour cette raison que les Camerounais préfèrent souvent les ex : elles te connaissent déjà bien, elles t’aimaient t’aiment déjà, elles connaissent déjà ton entourage immédiat et elles maîtrisent parfaitement tes performances sexuelles ! Elles te font gagner en temps et en argent. Car au lieu d’aller recommencer ton baratin auprès d’une nouvelle fille dont tu n’es même pas certain qu’elle va finalement accepter de supporter tes sales habitudes, mieux encore tu reviens en arrière et tu pars tranquillement « toquer à la porte » dans la maison familiale de l’une de tes ex.

 

Une femme couchée sur son ex
C’est très réconfortant de se réconcilier avec son ex. Source: afrikmag.com /Image reproduite sous autorisation

 

Pourquoi est-ce que les Camerounais préfèrent toujours les ex ?

Donc quand je vois comment je suis revenu vers une fille que j’avais pourtant déjà complètement laissée tomber, moi-même-ci je suis dépassé ! Et le pire c’est que je ne l’aimais même plus hein

 

Pourquoi est-ce que les Camerounais préfèrent les ex ? C’est parce que celles-ci ne sont plus exigeantes, elles n’ont rien à te cacher et surtout qu’elles se rappellent aussi de vos bons souvenirs.

Pourquoi est-ce que les Camerounaises préfèrent les ex ? C’est parce qu’elles ont compris que tous les hommes camerounais sont pareils, et donc que ça ne servirait à rien de vouloir tous les essayer.

Pourquoi est-ce que les hommes et les femmes préfèrent-ils souvent revenir à leurs anciennes amours, alors qu’ils avaient pourtant divorcé en catastrophe ?

 

Mais c’est parce que parfois dans la vie d’une femme, ou bien d’un homme, il y aura forcément un moment où tu te sentiras tout seul. Il y aura des moments où tu seras complètement déprimé. Il y aura des périodes où tu te souviendras de tous les merveilleux moments passés avec ta dulcinée, et que tu auras vraiment peur de tout recommencer avec une autre personne.

Voilà pourquoi certains Camerounais préfèrent souvent retourner dans les bras de leurs ex.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je préfère l’actuelle

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Revoir le pont de la Sanaga et mourir…

J’avais quitté Edéa en 1997 lorsque je venais d’avoir quinze ans. Et il fallait que je retourne sur les lieux de mon enfance avant de mourir…

 

Ecclésiaste Deudjui au lycée bilingue d'Edéa
Je suis retourné visiter le lycée bilingue d’Edéa, où j’ai fréquenté entre 1993 et 1997. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Revoir le quartier Mbanda

Je suis retourné sur les lieux de mon enfance, dans le quartier Mbanda où j’avais vécu de 1990 à 1997. Mais malheureusement tout a changé. Le quartier est devenu tellement silencieux, certaines maisons sont devenues des broussailles et la plupart des habitants que j’avais connus ont déjà quasiment disparu !

Je suis retourné devant la maison de mon enfance. J’ai retrouvé notre portail, notre véranda et notre jardin… 22 ans après ! Je suis aussi parti vers le stade de football que l’on appelait « Le camp ». Il est toujours là. Et puis j’ai visité la maison de papa Nkouatchang (il était décédé), j’ai visité le bar de M. Maki (il était décédé lui aussi) et j’ai regardé la villa de monsieur Bellè Moundourou qui est complètement tombée dans le délabrement depuis qu’il était décédé…

Je suis enfin retourné dans la vieille cabane d’une vieille grand-mère qui vendait de la pâte frite au quartier lorsque nous étions tout petits, et que nous appelions affectueusement « Mama Bons Beignets ».

 

Revoir mon école primaire

J’ai fréquenté à l’école publique de Mbanda-Bissèkè entre 1990 et 1993. Du CE2 au CM2. Et quand je suis retourné sur les lieux de mon école primaire, je me suis rappelé comment on jouait au football dans la vaste cour de récréation. Comment j’avais une camarade de classe qui était handicapée et boîteuse. Comment je m’asseyais régulièrement au bord de la fenêtre, et tandis que notre maître parlait moi j’étais inconsciemment en train de m’interroger sur le sens ou le non-sens de notre existence…

Je suis aussi retourné au lycée bilingue d’Edéa, où j’ai fréquenté entre 1993 et 1997. À l’époque ce lycée avait la meilleure équipe de handball de tout le département. À l’époque mon père partait souvent nous y déposer en voiture. À l’époque il y avait une femme qui vendait de gros lefombos avec du jus naturel pendant la récréation, et nous ingurgitions ces beignets-là avec une telle délectation…

C’est au lycée bilingue d’Edéa que j’ai fréquenté avec Régis Talla, Ken Nyobè Ange-Edouard, Nzidjouo Clovis Dubois alias « Cocorico », Xavier Mbotè, Goued Claude Yannick Samuel, Cyrille Mananga, Junior Matig, Ndjiki Anne-Marie (j’étais follement amoureux d’elle), Meyo Onana Armelle Babette, Nguimbous Paule Mado, Soulemanou Hamoa et beaucoup d’autres personnes encore. C’est là-bas que j’avais un brillant professeur de mathématiques qui s’appelait monsieur Tedga. C’est là-bas que j’ai pratiqué le théâtre avec monsieur Bayigbedeg qui était en même temps mon professeur de langue française. C’est là-bas que j’avais commencé à interpréter Michael Jackson durant les kermesses. C’est au lycée bilingue d’Edéa que j’avais commencé à forger mon adolescence, et il fallait inéluctablement que j’y retourne au moins une fois avant de mourir !

 

Les amis de mon enfance Vieux Dissongo et Aimé Ntamack
J’ai retrouvé des amis de mon enfance. Vieux Dissongo (à gauche) et Aimé Ntamack. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Retrouver mes amis d’enfance

J’ai aussi revu Aimé Ntamack dans le quartier de mon enfance, à Mbanda. J’ai un peu parlé avec Laure Nkouatchang qui était une fillette auparavant mais qui est devenue aujourd’hui une mère de plusieurs enfants. J’ai rencontré Vieux Dissongo dans la maison où il a grandi, et c’est lui qui m’a informé que son petit-frère Merci était parti s’installer définitivement aux États-Unis…

Les autres, ils sont tous morts pour la plupart : Régis Talla,  Prisca dans un accident de la circulation, Ngan Yves, Mama Julienne qui était la mère de mes amis, TBC, Rambo, Mr Malép, etc. Certaines connaissances ont disparu dans la nature et je suis presque certain que je ne les reverrai plus jamais. Ceux qui sont encore vivants ont sérieusement vieilli, comme Vieux. Pourtant à l’époque c’est lui qui nous emmenait au vidéo-club en ville, lorsqu’il avait un peu d’argent. C’est lui qui nous protégeait lorsque des étrangers voulaient s’attaquer à nous. C’est avec lui qu’on simulait le jeu de football avec des capsules de bière. C’est lui qui nous procurait parfois à manger, lorsque nous lui disions que nous désirions spécialement du pain chargé avec du chocolat… Tsuip !

Et je n’ai presque reconnu personne dans le quartier parce que je n’ai pas revu mes amis Mahop, Nwaha Parfait, Nlend Jean-Ruben, Beaufort, Gary Kelly, Jusquart, Kadhafi, Florence, Laurentine, Ferdinand, Mimbili Stevenson, Nathalie, Maxime Akamba, Thierry Ngoss, Nadège Assongmo, Janvion, Duplex, Ndjapat, Giovanni, Tchatat, Pendolan, Nanou Koumiss, Maki Fils Emmanuel, Kouakou, Henri Bellè, les nombreuses filles de la famille Pombè, etc.

 

Repartir…

Et je suis reparti sur le pont de la Sanaga, avant de mourir. Parce que c’était un pont que nous observions de loin, lorsque nous étions encore tout petits. C’était la carte postale de la ville d’Edéa. C’était en même temps un miroir et un mirage. C’était un pont qui me faisait tellement peur à l’époque et qui me fascinait en même temps…

Je suis reparti de là ! En revoyant le Cabanon, ce snack-bar où je fuyais la maison pour venir me cacher et regarder quelques matches de Champions League. J’ai aussi revu Ciné-Ration qui était notre salle de cinéma à l’époque, mais qui aujourd’hui est devenu un repère de prostituées. J’ai revisité la boutique où j’achetais le magazine Onze Mondial et grâce auquel je suis tombé amoureux de l’écriture la littérature. Et enfin j’ai parcouru le hangar du marché où on organisait nos bals de jeunesse, j’ai repéré l’ancien bureau de mon père puisqu’il travaillait à la Sonel, et je me suis rendu au club de Nanbudo où ma maman nous avait inscrits lorsque je venais d’avoir treize ans.

Je suis nostalgique.

Pierre La Paix m’a filmé devant le pont de la Sanaga et ensuite j’ai décidé de repartir…

 

Ecclésiaste Deudjui à Edéa avec le magazine Onze Mondial
Dans la cour de notre maison, à Edéa, avec le magazine Onze Mondial. Année: 1996 Crédit: Anonyme /CC0

 

Revenir sur le pont de la Sanaga avant de mourir…

J’étais arrivé à Edéa le 8 juin 1990 et j’en suis reparti le 17 juin 1997, lorsque je venais d’avoir mes quinze ans. Donc il fallait que je retourne sur les lieux de mon enfance avant qu’il ne soit trop tard…

 

Revoir le quartier Mbanda avant de mourir ! C’était une promesse que je m’étais faite il y a bientôt dix ans, et désormais je crois que je peux vous dire adieu sans ne plus jamais rien regretter.

Revoir mon école primaire et mon lycée avant de mourir ! Car c’est là-bas que j’ai passé les plus belles années de mon adolescence, et c’est là-bas que je suis probablement devenu l’homme que je suis aujourd’hui.

Retrouver mes premiers amis avant de disparaître, puisque beaucoup parmi eux ont déjà commencé à nous devancer petit-à-petit…

 

Parce que quand je suis arrivé à Edéa la semaine dernière, je me suis retrouvé devant un spectacle de désolation et de dégradation indescriptible. Et j’ai compris comment le temps il avance, et j’ai compris comment il ne retournera jamais en arrière. Et j’ai compris que nous sommes collectivement en train de vieillir. Et j’ai compris que bientôt nous serons finalement tous morts. Et j’ai subitement pensé à vous tous, lecteurs, parce qu’il fallait absolument que je vous parle de la merveilleuse enfance que j’avais vécue là-bas à Edéa avant de mourir…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, j’ai revu Edéa

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