Ecclésiaste Deudjui

Peuple camerounais, il vous manque l’Histoire !

Quand j’étais encore tout petit, on nous avait enseigné que « L’Histoire est la connaissance du passé basée sur les écritures ». Mais depuis que j’ai un peu grandi vieilli, je n’arrive pas à comprendre pourquoi est-ce que les Camerounais ne se sont jamais réellement intéressés à leur Histoire.

 

couverture du livre "Les grandes figures de l'Histoire du Cameroun"
Enoh Meyonesse a rédigé un livre sur les grandes figures de l’Histoire du Cameroun. Source: camer.be /Image reproduite sous autorisation

 

Il vous manque les autobiographies

Je parle de l’histoire de monsieur tout-le-monde. Je parle de l’histoire de votre grand-père. Je parle de l’histoire de votre propre père, de votre oncle, de votre cousin, de votre voisin, de votre belle-mère, de votre patron, de votre meilleur ami Pierre La Paix Ndamè, etc.

Je parle de votre propre histoire à vous-mêmes ! Parce que ce qui manque encore ici au Cameroun, c’est surtout que les Camerounais ne racontent jamais leurs véritables histoires. Hormis quand ils sont dans les snack-bars avec de jolies filles, et qu’ils veulent les impressionner. Hormis quand ils sont au carrefour en train de taper leurs commentaires avec les femmes qui sortent du salon de coiffure… Alors que nous devons commencer par avoir des journaux intimes, des blogs, des témoignages manuscrits, des récits autobiographiques, etc.

Car ce n’est que de cette façon que nos descendants pourront comprendre comment est-ce que nous avons pu (sur)vivre à cette époque…

 

Il vous manque l’histoire de la science

Les Camerounais n’ont pas encore la culture de la science, et encore moins la culture de l’Histoire ! Ils n’ont pas encore la culture de l’Héritage. Ils ne savent pas que tu peux commencer un travail aujourd’hui et que le résultat de ton expérience aboutira au bout de 250 ans ! Ils ne savent pas que tu n’es pas obligé de voir avec tes propres yeux le résultat de tes recherches. Ils ne savent pas que le facteur le plus imposant de la science, eh bien c’est simplement l’histoire de la science !

Concrètement, ça veut dire que nous devons encourager nos marabouts à écrire. Nous devons laisser nos tradipraticiens pratiquer l’écriture. Nous devons transformer nos médecins en littéraires. Nous devons fournir un stylo à nos chercheurs afin qu’ils puissent consigner toutes leurs expériences, et que leurs travaux puissent ainsi être poursuivis. Car il ne faut pas qu’on soit tout le temps en train de re-découvrir les mêmes-mêmes choses, au lieu de franchir un cap et d’avancer. Et il n’y a que l’histoire de la science qui va nous empêcher de réinventer la roue comme on a l’habitude de le faire ici chez nous…

 

Marché de Bagangté en 1920
Marché de Bagangté en 1920. Source: Centre national des archives /CC0

 

Il vous manque l’historiographie

L’historiographie, ça veut dire l’histoire du présent. C’est un peu comme l’histoire contemporaine mais ce n’est pas exactement la même chose puisque l’histoire contemporaine ne se projette pas beaucoup dans le futur.

L’historiographie est une science qui a été inventée par Thucydide pendant la Guerre du Péloponnèse (431-404 av. J-C). C’est un peu comme une histoire du passé mais ça se rédige plutôt sur les événements présents. C’est un peu comme si on était en train de raconter l’histoire de ce qui se passe aujourd’hui comme si on était déjà le lendemain. C’est un peu comme si on commentait une actualité comme si cette actualité s’était déroulée depuis l’Antiquité. C’est un peu comme si on prenait du recul avant le temps, et qu’on avait décidé de rédiger minute by minute  la vraie histoire de notre pays le Cameroun.

 

Il vous manque aussi l’archéologie

Là je sais que je rêve ! Car pour qu’un Camerounais s’intéresse à son passé lointain, il faudrait que ça concerne au moins l’une de ses ex !

Alors que l’archéologie hein, c’est certainement le plus beau message caché de toute l’Histoire ! C’est une trace qui nous prouve que des Camerounais avaient habité sur notre territoire avant nous-mêmes.  C’est une preuve qui va nous conforter que notre Histoire n’a pas commencé le 5 juillet 1884 avec le Kamerun des Allemands, ni avec les Néerlandais auparavant, ni avec les Portugais de Fernando Pô aux alentours de 1472…

Si les Camerounais s’intéressaient un peu à l’archéologie et à la paléontologie, on en saurait davantage sur les différentes migrations de nos anciennes populations. On saurait presqu’exactement d’où sont venus les Bamilékés, les Bakas, les M’bororos, les Bamouns, les Fangs, les Bassa’a et que sais-je encore ! On en apprendrait davantage sur nos anciennes traditions, nos anciennes peintures et sculptures (si, si, nos aïeux étaient des artistes), nos coutumes ancestrales et aussi nos préhistoriques chefferies qui, rappelons-le, étaient certainement meilleures que la gouvernance présidentialiste que nous connaissons actuellement depuis 1982…

 

Histoire de la carte du Cameroun
évolution de la superficie du Cameroun depuis 1901. Source: Wikipédia /CC0

 

Peuple camerounais, il vous manque l’histoire de votre pays !

Donc quand je fréquentais encore au primaire hein, on nous avait enseigné que « L’Histoire est la connaissance du passé basée sur les écrits », « La Préhistoire est l’histoire des Hommes avant l’apparition de l’Histoire », « L’Antiquité est la période de l’Histoire qui s’achève au Moyen-Âge »

 

Peuple camerounais, il vous manque l’Histoire ! Car savez-vous qu’il y a eu des émeutes sanglantes ici à Douala au mois de mai 1955, et que le Cameroun a connu des crimes contre l’Humanité pendant les années 1950 et 1960 ?

Peuple camerounais, il vous manque l’Histoire ! Car personne ne peut citer un seul Camerounais qui a vécu à Bagangté durant les années 1816. Et personne ne peut citer un seul Pygmée qui a vécu au Cameroun durant les années 1920.

Peuples du Cameroun, il vous manque vraiment l’Histoire de votre propre pays, puisque même les nationalistes qui ont donné leur vie pour votre Indépendance ont été métamorphosés en maquisards !

 

Puisque Ruben Um Nyobè et Ernest Ouandié ont été métamorphosés en antipatriotes. Puisque les Bassa’a et les Bamilékés ont été victimes d’un gigantesque génocide. Puisque personne ne veut plus nous parler du président Ahmadou Ahidjo. Puisque personne ne veut vous dire la vérité sur les élections frauduleuses de 1992, sur la guerre civile avortée du 25 février 2008, et encore moins sur le coup d’Etat manqué du 6 avril 1984.

Alors que l’Histoire du Cameroun doit être la connaissance du Cameroun basée sur nos propres écritures…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, il me manque l’Histoire !

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Pourvu que 2019 ne soit pas comme 2018 au Cameroun…

Paul Biya a été « réélu » pour sept longues années encore. La CAF nous a retiré l’organisation de la Coupe d’Afrique 2019. Ma copine Marguerite a finalement décidé de me laisser tomber.

Pourvu que l’année 2019 ne soit pas comme l’année 2018 au Cameroun…

 

Ahmad Ahmad, président de la CAF
Le président de la CAF, Ahmad Ahmad, nous a retiré l’organisation de la CAN 2019. Image: journalducameroun.com /Image reproduite sous autorisation

 

Pourvu que 2019 change notre politique

Surtout nos politiciens. Puisque durant cette année 2018 qui vient de s’achever, on a découvert de nouveaux acteurs politiques comme Franklyn Ndifor, Wilfried Ekanga, Jean de Dieu Momo, Cabral Libii qui a profité de sa nouvelle notoriété pour s’enrichir, mais surtout le « tireur de pénalty » Maurice Kamto, qui s’était même autoproclamé président de la République au lendemain des élections présidentielles du 7 octobre…

Paul Biya est resté le même ! Il n’a pas battu campagne mais il a été « réélu » avec 71,28% des suffrages (grâce à la fraude force de l’expérience). Transparency International a dénoncé de faux observateurs israéliens qui ont essayé de blanchir ces élections. Banda Kani a retourné sa veste mieux que personne. Célestin Djamen est toujours obsédé par le départ de Paul Biya qui lui-même vient de procéder à un remaniement ministériel. Le contentieux post-électoral a captivé l’attention de presque tous les Camerounais, et c’est grâce à cela que Clément Atangana est subitement devenu le magistrat le plus célèbre de toute notre administration.

 

Pourvu que les faits divers s’arrêtent en 2019

Im-pos-si-ble ! Parce que si on t’expliquait le Cameroun en 2018 et que tu comprenais hein, hum, ça voulait dire qu’on te l’avait mal expliqué…

Il y a sûrement un scénariste qui imagine les faits divers qui vont se dérouler ici au Cameroun. Comme par exemple l’affaire Dôvv. L’affaire de la femme qui avait traumatisé la ville de Yaoundé parce qu’elle avait promis qu’elle allait nous régler quelques factures… Il y a eu l’affaire du riz qui rebondissait (le riz hein, pas l’affaire !) en fin d’année. C’était une campagne dirigée contre les compagnies alimentaires Broli et Armanti, et finalement c’était un fake ! Il y a évidemment eu des vols de bébés comme à l’accoutumée, il y a eu ce gars de Bafoussam qui a assassiné sa copine parce qu’elle avait refusé de passer les fêtes de Noël avec lui, puis qui a été lynché par les populations. Il y a eu ces rumeurs sur l’arrivée des poupées sexuelles chinoises ici au Cameroun, et tous les hommes qui sont encore célibataires comme moi avaient déjà commencé à rêver…

Il y a eu la MIDA qui a dilapidé l’argent les milliards de tous ses épargnants sans aucun scrupule ! Il y a eu des incendies dans certains marchés populaires comme d’habitude. Il y a eu des accidents de la circulation, des coupures d’électricité qui ont (per)duré pendant plusieurs semaines, des enlèvements d’enfants, des viols, des assassinats, des cambriolages à main armée, etc.

 

Maurice Kamto
Le Pr Maurice Kamto s’était autoproclamé président de la République au lendemain des élections. Photo: journalducameroun.com /Image reproduite sous autorisation

 

Pourvu qu’en 2019, l’actualité se calme

L’actualité n’a jamais arrêté de se bousculer durant cette année 2018. Puisque désormais il y a les réseaux sociaux, et donc que tous les documents officiels, administratifs voire confidentiels, se retrouvent dorénavant exposés dans la rue !

Ce qui signifie que même le contrat de Clarence Seedorf et de Patrick Kluivert qu’ils ont paraphé en plein milieu de la nuit à l’aéroport de Yaoundé, on a eu une copie de ça ! Même le courrier du ministre de la Culture qui veut que le Concours Miss Cameroun redevienne une propriété de l’Etat camerounais, on a eu une copie de ça ! Même le livre de sciences de cinquième qui a fait l’objet d’un débat national parce qu’il contenait des illustrations pornographiques, moi je ne l’ai pas acheté mais je sais que ses pages étaient déjà téléchargeables au format PDF.

Mais le vrai coup de tonnerre, c’était le retrait de « notre » Coupe d’Afrique ! Le vendredi 30 novembre 2018. La CAF a déclaré que nous ne serions pas prêts pour cette fiesta du football en juin 2019, et donc elle Ahmad Ahmad nous a accordé celle de 2021. Et c’est cette modification de calendrier que le président Biya a savamment renommé un « glissement de dates »…

 

Pourvu que ma Marguerite revienne…

Sur le plan personnel, 2018 a quand même été une assez bonne année avec mon ami Pierre La Paix Ndamè. Mais… Mais j’ai perdu ma Pascaline. Pascaline était ma belle-sœur, c’était mon amie, c’était ma complice. Rien que pour sa disparition au mois d’avril, je pourrais penser que 2018 n’a pas réellement été une si bonne année sur le plan personnel…

J’ai aussi perdu Marguerite parce que Marguerite m’avait laissé tomber pendant la saison du mois de mai (et pourtant c’est le mois de mon anniversaire). J’avais aussi perdu deux dulcinées qui se sont mariées à Yaoundé durant la même période. Mais avec Marguerite c’était différent. Marguerite était la seule femme au monde qui ne pouvait pas trouver le sommeil lorsque moi je ne me sentais pas bien. Marguerite était la seule fille au monde qui savait comment me faire l’amour. Marguerite était parfois versatile et capricieuse, elle avait un petit garçon de quelques mois que je considère toujours comme mon propre fils, mais je pense qu’elle m’a quitté parce que je n’avais pas su lui montrer combien je l’affectionnais et combien j’étais amoureux d’elle…

 

une foule devant le supermarché Dôvv à Yaoundé
Tous les habitants de Yaoundé s’étaient rendus au supermarché Dôvv. Image: camer.be /Image reproduite sous autorisation

 

Pourvu que 2019 ne ressemble pas à l’année 2018 ici au Cameroun…

Donc le MRC est devenu le premier parti d’opposition en lieu et place du SDF. Seidou Mbombo Njoya est devenu le président de la Fécafoot avec l’aide de Samuel Eto’o Fils. Amougou Belinga a finalement décidé de ne pas fermer son groupe de médias L’Anecdote.

Mais pourvu que l’année 2019 ne soit plus comme l’année 2018 ici au Cameroun.

 

Pourvu que le tribalisme cesse d’être utilisé comme un instrument politique, et que nous retrouvions la paix puisque c’en est assez de cette guérilla qui se déroule au Nord-Ouest et au Sud-Ouest.

Pourvu que les tontinards* fassent aussi la paix avec les sardinards*. Car ça a l’air d’une blague, mais le devenir de notre pays ne doit pas se transformer en guerre de tranchées entre le RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais, parti au pouvoir) et le reste des Camerounais.

Pourvu que les détournements de milliards prennent enfin fin en 2019, et que le camion de sable ne se retrouve plus facturé à plus de sept cent milliers de nos francs CFA !

 

Car ce qui nous a choqués durant cette année 2018 qui vient de s’achever, c’étaient des histoires révoltantes comme celles-là. Des histoires de détournement, de corruption, de fraude électorale, etc. C’étaient des histoires comme les arrestations de journalistes qui couvraient les manifestations de Maître Michèle Ndoki*. C’était le décès du mastodonte économique Kadji Defosso. Autant de choses qui m’amènent à espérer que 2019 ne soit pas du tout, mais alors pas du tout comme l’année 2018 qui vient de se terminer ici au Cameroun…

 

*tontinard: surnom donné à un militant du MRC.

*sardinard: surnom donné à un partisan du président Paul Biya.

*Michèle Ndoki: avocate militante du MRC. Elle a organisé plusieurs marches de protestation.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, meilleurs vœux pour 2019 !

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Mon hit-parade des blogueurs africains en 2018

Je ne vais pas vous parler des blogueurs camerounais parce que j’en ai déjà plein la vue comme ça ici à Douala. Mais je dois vous présenter ces quelques blogueuses et blogueurs africains qui m’ont marqué durant l’année 2018.

 

Dieretou Diallo et Manon Mella
La blogueuse guinéenne Dieretou Diallo (à gauche) lors de la Mondoformation 2015 Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC0

 

Dieretou Diallo

Son petit nom c’est Dina. Je l’ai connue en 2014 mais je l’ai rencontrée pour la première fois au Sénégal en novembre-décembre 2015.

C’est certainement la plus jolie blogueuse que je connaisse (à égalité avec Samantha Tracy). C’est également la Guinéenne la plus dynamique du 21ème siècle, à égalité avec sa consœur Fatoumata Chérif.

Dieretou Diallo a suivi un brillantissime parcours en journalisme, et je n’oublie pas qu’elle m’avait interviewé lorsqu’elle effectuait son stage au magazine Jeune Afrique. Je n’oublie pas aussi qu’elle m’avait inspiré en janvier 2017, à travers la campagne qu’elle avait initiée en 2016 pour la revalorisation de la femme guinéenne. Mais avant toute chose, je n’oublie pas que c’est d’abord et avant tout une excellente blogueuse. Car le 18 novembre 2015, Dieretou Diallo a rédigé un article qui était si poignant et si touchant, « Papa est parti », que jusqu’aujourd’hui j’ai l’impression que je ne vais plus jamais rencontrer un témoignage d’aussi percutant !

 

Roger Mawulolo

Lui, c’est le « monsieur anniversaire » de tous les blogueurs. Il enregistre nos dates de naissance (y compris celle de Renaud Dossavi) derrière ses lunettes d’intello, mais disons quand même que Facebook lui facilite la tâche un tout petit peu…

Roger Mawulolo est connu pour être le président du comité d’accueil de tous les blogueurs qui arrivent à Dakar. Il est aussi connu pour ses nombreux voyages à travers l’Afrique le monde. Il est aussi remarqué pour son éternelle barbe toujours parfaitement rasée. Il est aussi identifié par son slogan « Ici c’est Paris », puisque c’est un inconditionnel et fervent supporter du Paris Saint-Germain et du Qatar…

Mais, c’est d’abord un bon blogueur ! Ses carnets de voyage sont d’un délice, mais alors d’un délice… Ses observations sur le poisson braisé du Cameroun, sur le langage incompréhensible des Béninois, sur les aspérités de sa propre nationalité togolaise qu’il a parfois du mal à assumer, me fascinent toujours passionnément. Et je pense que Roger Mawulolo est déjà devenu comme mon grand-frère. Je l’avais connu en 2014 à travers son article « Sans vocation, le travail n’est rien », mais depuis lors je l’ai déjà rencontré à plusieurs reprises et je crois que cette belle histoire n’est pas bientôt près de se terminer…

 

Ecclésiaste Deudjui et Roger Mawulolo lors de la formation Mondoblog en 2015
Je suis encompagnie de Mélissa Barra (à ma gauche), Manon Mella (à ma droite) et Roger Mawulolo (derrière). Copyright: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Guy Muyembè

J’admire sa personne. Et avant de parler de son écriture, je crois que c’est certainement l’un des blogueurs les plus humbles et les plus sympathiques que je connaisse ici en Afrique (à égalité avec Benjamin Yobouet et Cypriano Lawson).

Lui, je l’ai connu en 2014 mais c’est en 2015 que j’avais finalement rencontré sa grosse valise (elle est énorme !).  À l’époque il avait créé un blog pour parler de la restauration et de la cuisine congolaises (« Les plats préférés des Lushois »), mais curieusement il s’est retrouvé en train de parler de la politique, du sport, de la géographie de la Moldavie, de l’économie luxembourgeoise, etc…

Guy Muyembè est un Congolais démocratique fantastique ! Il lit presque tous les blogueurs, il pose toujours des questions pour se renseigner, il me donne des conseils de temps en temps, il observe la blogosphère et il a une vision panoramique sur ce qui se passe dans les autres pays de notre continent.

C’est également un « voyageur » qui a déjà fait la moitié de la moitié du tour du monde. Il est le président de Habari RDC qui est un site projet d’information et de sensibilisation de la société congolaise. Je ne sais plus si Guy Muyembè écrit encore des histoires personnelles sur son blog de cuisine, mais ce gars fait partie de ces personnages qui m’ont irrémédiablement marqué depuis que je suis entré dans l’univers du blogging.

Ecclésiaste Deudjui et Guy Muyembè
Je suis en compagnie du blogueur congolais Guy Muyembè lors de la Mondoformation 2015. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC0

Annadjib

Désolé si je ne peux pas vous donner son prénom. Ou son nom, je ne sais plus trop. Mais Annadjib est le seul blogueur personnage tchadien que je connaisse et qui possède plus de dix mille followers sur Twitter !

Donc, c’est un tchadien. Donc, il a un peu vécu au Cameroun mais ensuite il est rapidement retourné vivre à N’Djamena. C’est un grand fanatique de bandes dessinées et particulièrement des personnages de mangas. C’est également un geek hors-pair et un passionné des innovations Androïd au même titre que mon ami Pierre La Paix Ndamè.

Mais il ne faut pas croire ! Car sur son blog aux allures de journal touareg, il nous décrypte tout ce qui concerne la population de son pays : la politique, le blanchiment de la peau, les dessins animés, la connexion internet, la pauvreté, les dessins animés encore, l’intégration sous-régionale, etc.

 

Mon hit-parade des blogueurs panafricains en 2018

Donc je vous avais déjà parlé des blogueurs camerounais en 2017 et j’en ai déjà plein la vue comme ça ici à Yaoundé. Voilà pourquoi je vous ai présenté ces blogueurs africains qui m’ont marqué personnellement en 2018.

 

Émile Bela de la Côte-d’Ivoire. Lui aussi c’est un Magellan car il a déjà fait le tour du monde à plusieurs reprises. Je l’avais connu le 15 juillet 2013 à travers son article « Sur internet, personne ne sait que tu es un chien ».

Sally Bilaly de la Guinée Conakry. C’est mon collègue blogueur mais pas seulement. Nous avons participé au projet « Connexions citoyennes » en 2016 et nous avons ensuite intégré le Réseau des Haut-Parleurs au même moment en juin 2017.

Obed Logos de la République du Togo. Car même si ce gars n’a pas encore atteint la reconnaissance d’un David Kpelly par exemple, je pense sincèrement qu’il s’agit là d’un des tout meilleurs blogueurs de notre continent.

 

Et pourtant ces blogueurs sont si nombreux qu’on ne saurait tous les citer sans en oublier, mais il fallait absolument que je leur déclare que je les aime et que je les respecte. Car il y a eu énormément de bons blogueurs qui m’ont marqué ici en Afrique durant cette année 2018.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, bonne année 2019 !

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Comment une Camerounaise devient une araignée

Toutes les filles que vous voyez ici dehors et qui sont devenues aujourd’hui des araignées et des prostituées, elles étaient auparavant de bonnes petites filles de famille. Mais le premier amour les a trahies, le deuxième amour les a déçues et les amours suivantes les ont littéralement métamorphosées.

Et c’est comme ça qu’elles sont finalement devenues des panthères !

Une femme black qui fume la chicha
Les araignées sont de grandes consommatrices de chicha. Image: Kiwi.com /Image utilisée sous autorisation

Le premier amour

C’est presque toujours la même chose : la fille est encore adolescente, elle est tombée amoureuse d’un garçon pour lequel elle serait prête à consacrer l’intégralité de sa vie(rginité), mais ensuite le gars finira inéluctablement par la laisser tomber.

Le premier amour est pourtant important parce que c’est la première fois que la fille se dévoilera totalement à un individu. Elle lui fera confiance, parce que les filles croient toujours au début que les histoires d’amour se déroulent exactement comme dans les comptines de Cendrillon. Mais malheureusement il y a la rupture qui va survenir, et qui lui fera vraiment-vraiment-vraiment très mal ! Il y a la désillusion sur ses rêves de mariage avec cet individu qui lui paraissait comme étant un homme idéal, il y a la déception d’être rejetée par un amant qui te répétait pourtant tous les jours que « Je t’aime, je t’aime, je t’aime », et à la fin il y a la désillusion et généralement aussi un peu de dépression voire beaucoup de mélancolie…

Le deuxième amour

C’est presque comme le premier. Mais sauf que la fille se méfie déjà quand même un peu de ce second garçon, même si elle croit encore fortement et terriblement au Grand Amour !

Le deuxième amour est certainement le plus doux. C’est presque parfois le plus plein. C’est le premier amour dans lequel la fille (qui est en train de devenir une femme) sait à peu près ce qu’elle peut faire et ce qu’elle n’aura plus du tout le droit de faire. C’est dans cette relation qu’elle s’épanouit véritablement sexuellement. Elle a parfois l’inspiration de prendre les devants, elle n’est plus trop timide comme auparavant lorsqu’on la dépucelait encore, et elle commence déjà aussi à appeler son premier petit ami « Mon ex ». Avec ce deuxième amour, la fille commence déjà à comparer le comportement de tous les hommes. Elle apprend aussi à faire plaisir à son petit ami et donc à le manipuler. Elle se vexe aussi quelquefois, alors qu’elle ne l’avait jamais fait osé avec son précédent compagnon. Elle apprend aussi à vivre avec un amoureux en se préparant constamment et quotidiennement à une éventuelle séparation…

deux araignées sur la piste de danse
Les araignées aiment beaucoup les ambiances. Image: musicinafrica.net /CC-BY

Tous les hommes sont les mêmes

Après deux ruptures inexplicables, quoi de plus logique pour une Camerounaise que de se dire finalement que tous les hommes de notre planète sont indiscutablement et irrémédiablement tous les mêmes ?! Hein ?

Parce que généralement hein, ce sont des relations où la fille aura quasiment tout donné. Elle avait pourtant aimé les deux hommes avec fidélité et loyauté, mais à la fin elle a été copieusement trahie. Elle s’en est sortie avec une grossesse ou bien avec une cicatrice, tandis que ses deux bourreaux ont continué leur vie de leur côté comme si rien de tout cela ne s’était jamais déroulé !

Et puis il y a tous ces dragueurs qui vont lui défiler devant les yeux comme des marionnettistes, et qui vont presque toujours utiliser le même discours : ils vont d’abord te trouver très jolie au début, ensuite formidable et extraordinaire, mais dès qu’ils vont te déshabiller ils vont directement commencer à te trouver envahissante…

Il y a des hommes qui auront l’air sérieux lors de votre premier rendez-vous. Certains te paraîtront très intelligents ou alors très-très riches. Certains te feront croire qu’ils sont congénitalement romantiques et sensibles. Les autres seront un peu timides, certains autres exubérants et bruyants, et les plus lâches commenceront souvent par te baratiner à travers les réseaux sociaux.

Mais à la fin des fins tu vas constater une seule chose hein, je t’assure, c’est que tous les hommes de notre planète sont indiscutablement et irrémédiablement comme mon ami Pierre La Paix Ndamè !

La vie du dehors est plus agréable

Une Camerounaise devient une araignée à partir du moment où elle ne fait plus confiance aux hommes ni à l’amour. Et c’est pour ça que quand un vieux député va l’inviter derrière une auberge, elle ne va plus lui dire non. Et petit à petit elle va commencer à faire le maquillage avec son argent (l’argent du député hein) et à utiliser aussi le ndjansang. Petit à petit elle va commencer à coucher avec des inconnus parce que quand elle couchait avec les gens qu’elle aimait et qu’elle considérait sincèrement, ceux-ci ne la titularisaient pas ! Petit à petit elle va commencer à boire la bière, les vins, les vins mousseux, les champagnes de saison et aussi les grosses bouteilles de whisky qui vous procurent les céphalées. Puisque quand elle va passer quelque part avec son odeur de parfum et avec sa greffe brésilienne sur la tête, il y aura toujours des candidats qui seront prêts à dépenser une fortune et à lui donner de l’argent tout simplement parce qu’ils auront envie qu’elle s’asseye un peu à côté d’eux…

femme black après déception amoureuse
On devient une araignée après plusieurs déceptions amoureuses. Source: cameroun24.net /Image reproduite sous autorisation

Comment est-ce qu’une Camerounaise devient-elle une araignée ?

Donc en réalité hein, toutes les vendeuses de piment que vous fustigez aujourd’hui étaient d’abord de bonnes petites filles de famille auparavant. Mais le premier Camerounais les a trahies, le deuxième Camerounais les a déçues et les Camerounais suivants les ont littéralement rendues méchantes.

Et pour ça qu’elles sont finalement devenues des panthères !

Comment une Camerounaise devient-elle une menteuse ? Je sais ? Mais je pense que c’est parce qu’elles ont vu que la sincérité ne paye pas ici dehors, et que quand tu veux dire la vérité à un homme il ne va plus jamais te donner son argent.

Comment une Camerounaise devient-elle une mangeuse ? Est-ce que moi je sais ? Mais je pense que cette gourmandise est venue après le premier amour, car il faut beaucoup manger le chocolat pour oublier la déception du gars qui venait de leur briser le cœur.

Comment une Camerounaise devient-elle une panthère, une araignée, une lionpantigresse (lionne + panthère + tigresse) qui n’a plus aucun sentiment dans son cœur, alors qu’elle venait souvent chez toi pour te faire la lessive et la cuisine ? Hein ?

Parce que comme je le dis souvent à mes amis qui ne vivent pas ici au Cameroun, toutes les Camerounaises ont un potentiel romantique extraordinaire. Toutes les Camerounaises sont des femmes de foyer fantastiques. Toutes les Camerounaises sont vraiment honnêtes dans le fond de leur cœur, et elles sont naturellement fidèles lorsque tu leur donnes ton amour et lorsque tu leur montres que tu te soucies d’elles.

Mais ce sont les animaux de notre pays qui ont fini par les transformer en araignées.

Ecclésiaste DEUDJUI, il faut comprendre les araignées

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Je ne vais plus prêter mon argent à un Camerounais !

Je ne suis pas riche hein, et d’ailleurs je ne suis même pas encore dans la classe moyenne inférieure. Mais quand je vois comment je donne mes miettes à quelqu’un et que le bon monsieur ne prend même pas la peine de vouloir me rembourser hein, ça me décourage !

Et c’est pour ça que j’ai décidé de ne plus jamais prêter mon argent à un individu ici au Cameroun…

 

 

Moi aussi j’ai mes problèmes

Les gens font toujours comme s’ils sont les seuls à avoir des problèmes ici dehors. Mince alors ! Donc vous croyez que moi aussi je n’ai pas mes propres problèmes ? Vous pensez que je n’ai pas aussi faim parfois, que je n’ai pas aussi envie de m’acheter une nouvelle paire de chaussures, ou bien que je n’ai pas aussi un neveu dans ma famille qui est tombé gravement malade et qu’il faut absolument que je lui envoie un Orange money là-là-là ?

Non, il faut arrêter ça ! Je n’aime pas les gens qui viennent m’emprunter de l’argent en voulant me faire accroire qu’ils ont des problèmes, plus que tous les autres Camerounais. Nôôô, c’est faux ! Il y a des gens comme moi qui ont de vrais-vrais problèmes ici dehors, mais ce n’est pas parce qu’on ne parle pas vous demande pas d’argent que vous allez penser que notre vie est un long cours d’eau sans aucune agitation…

 

Je n’aime pas les « amis d’urgence »

Il y a des gens ici qui peuvent faire plus de deux ans sans te téléphoner hein, alors qu’ils avaient pourtant bien enregistré ton numéro de téléphone. Mais le jour où ils auront un problème, c’est là qu’ils se souviennent de toi : « Euh… Ecclésiaste, comment tu vas ? En fait je voulais que tu me trouves quarante-cinq mille francs CFA pour que je te remette ça la semaine prochaine… »

Et alors ? Donc tu avais même encore mon numéro ? Et d’ailleurs tu es même d’abord sûr que j’ai les quarante-cinq mille francs CFA-là que tu me demandes comme si j’avais gardé ça en bas de ton lit ?

Non, sérieux, ça m’énerve ! Il y a aussi un ami qui m’avait écrit comme ça sur Messenger pour me dire que « Ecclé ! Ça fait des années je n’ai pas de tes nouvelles hein ! Pardon tu peux me prêter un peu d’argent pour que je te le rembourse d’ici vendredi ? »

Et je vous jure que jusqu’aujourd’hui le vendredi-là n’est pas encore arrivé alors que je lui avais donné cet argent il y a déjà plus de dix-huit mois…

 

dessin d'un homme qui donne de l'argent à un autre qui a deux visages
Les gens qui vous empruntent de l’argent ont souvent un double visage. Dessin: famillechretienne.fr /CC-BY

 

Un homme (ou une femme) c’est sa parole

Au lieu de me dire mentir que tu vas me rembourser vendredi alors que tu sais pertinemment que tu n’en es pas certain, c’était mieux de me déclarer la vérité : « Gars, je suis à terre ! »

C’était mieux de me dire que tu es à terre car ça allait me permettre de te prêter mon argent sans véritablement te mettre la pression. C’était mieux de me téléphoner avant la date d’échéance pour me dire de ne pas trop compter sur toi, ou bien que ça n’a pas encore mordu de ton côté. C’était mieux de me révéler que tu es sérieusement en difficulté, et que ton remboursement risque de prendre un peu de temps. Car quand vous voulez emprunter de l’argent à un individu et que vous comptez réellement le lui remettre, c’est mieux de lui donner votre vrai calendrier : « Gars, pardon trouve-moi un peu de sous et je vais te rembourser ça dès que j’en aurai la possibilité. »

Même si c’est dans dix ans, il faudrait que vous appreniez à lui dire la vérité.

 

Je n’aime pas du tout courir derrière les gens

Qui aime courir derrière les gens ? Hein ? En dehors des défenseurs des Lions Indomptables qui sont toujours en retard sur les attaquants adverses… Mais franchement, qui parmi vous aimerait courir derrière les gens ?

Parce que quand moi j’avais prêté mon argent à Pierre La Paix Ndamè parce qu’il m’avait dit qu’il avait eu un sérieux problème à Dibombari, je ne savais pas que j’allais courir derrière lui jusqu’à on allait même presque faillir se séparer (si, si, c’est comme ça que ça se dit). Quand j’avais prêté mon argent à mon ancien camarade de classe qui vit aujourd’hui à l’Extrême-Nord, je ne savais pas qu’il allait ensuite s’évaporer dans la nature. Puisque même quand tu prêtes ton argent à un membre de ta famille en te disant que c’est une personne de confiance, tu vas te retrouver en train de courir derrière cette personne-là jusqu’ààààààà… Jusqu’à on va même te dire que c’est ton cousin et tu vas cracher par terre en disant aux gens-là que ce gars-là ne fera plus jamais partie de ta famille !

 

citation sur l'argent
Il vaut mieux donner plutôt que prêter. Source: citation-celebre.leparisien.fr /CC0

 

Je ne vais plus jamais prêter mon argent à un Camerounais !

Donc ce qui est certain hein, c’est que je ne suis pas un Camerounais riche ! Je ne fais même pas encore partie de la middle class. Et donc quand je vois comment je vide mes poches trouées pour quelqu’un et que le bon monsieur ne fait même pas semblant de vouloir commencer à me rembourser un jour, cela me décourage terriblement.

Et c’est pour ça que j’ai décidé que je ne vais plus jamais prêter mon argent à un individu ici au Cameroun !

 

Je ne vais plus jamais prêter mon argent à quelqu’un ! Mieux on raconte que je suis devenu chiche. Ou bien que je suis pauvre. Ou bien que je suis trop bizarre. Ou bien que je ferais déjà partie de certaines sectes religieuses.

Je ne vais plus jamais prêter mon argent aux gens ! Car quand ils viennent pour demander ils sont très-très gentils et courtois, mais quand toi tu réclames ton argent ils vont t’insulter avec tous les noms d’oiseaux.

Je ne vais plus jamais vouloir jouer les bons samaritains ou bien les sauveurs, et d’ailleurs je vais commencer à rétorquer comme les gens me répondaient auparavant : « J’ai bien envie de t’aider mais je n’ai pas d’argent ! »

 

Parce que ce qui tue réellement les Camerounais et qu’ils ne veulent pas comprendre, c’est que l’homme (ou bien la femme) c’est d’abord sa parole ! C’est que si je te donne dix mille francs et que tu refuses de me les rembourser à notre échéance convenue, est-ce que tu crois vraiment que j’aurai encore la motivation pour te prêter cent mille francs CFA le jour où tu seras véritablement dans la nécessité ? Hein, mon ami ?

Parce que ce qui tue réellement les Camerounaises et qu’elles refusent systématiquement de comprendre, c’est que « La femme qui paye ses dettes s’enrichira ». Mais au lieu de ça vous me tournez comme le couscous tous les matins et tous les soirs, jusqu’à j’ai même finalement décidé que je ne vais plus jamais prêter mon argent à une Camerounaise qui habite ici au Cameroun…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je ne vais plus vous prêter mon argent !

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Au Cameroun, découvrez Dibombari !

Mon ami Pierre La Paix Ndamè nous présente sa ville natale de Dibombari.

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Prises de vue et montage :

Ecclésiaste Deudjui

Musique

Richard Bona (ba senguè)

Lokua Kanza (someday)

Remerciements :

Pierre La Paix Ndamè

Mairie de Dibombari

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Le Cameroun n’organisera pas la Coupe d’Afrique 2019 !

Ce vendredi 30 novembre 2018 aux environs de 19h30, la nouvelle est tombée comme un couperet : le Cameroun n’organisera pas plus la prochaine édition de la Coupe d’Afrique des Nations qui aura lieu en 2019 !

ancien logo Coupe d'Afrique 2019
Le logo de la Coupe d’Afrique 2019 devra être modifié. Source: crtv.cm /Image reproduite sous autorisation

Des retards dans les travaux

Depuis l’année dernière en 2017, Ahmad Ahmad vous avait déjà dit que « En l’état actuel des choses, le Cameroun n’est même pas capable d’organiser une Coupe d’Afrique avec quatre équipes ! »

Mais il faut avouer que les choses avaient quand même un peu avancé depuis qu’il a fait cette déclaration. Puisque pendant cette course contre la montre, Le Gouvernement camerounais a emprunté des milliards et des milliards de francs CFA pour faire venir des matériaux préfabriqués depuis l’Italie. Des ingénieurs occidentaux se sont succédé sur les chantiers. Des passations de marchés se sont multipliées entre de nombreux investisseurs nationaux, mais il n’en demeure pas moins que les stades ne sont toujours pas achevés, les hôtels ne sont pas en nombre suffisant, les routes ne sont pas praticables, les télécommunications ne sont pas satisfaisantes, etc.

Des discours officiels optimistes

Par contre, tous les discours officiels de nos dirigeants étaient invariablement optimistes, en ce qui concerne l’organisation de cette CAN 2019. Dans les médias en tous cas ! Puisque en off, on a entendu certains thuriféraires se plaindre que le cahier de charges de la CAF était devenu trop lourd (il est passé de seize à vingt-quatre équipes). Mais quand on les apercevait devant les caméras, ces grands manitous, ils étaient si optimistes que ceux qui ne partageaient pas leur optimisme étaient immédiatement considérés comme des détracteurs voire des antipatriotes…

On les a aperçus dans les chantiers d’Olembé et de Japoma avec des casques de sécurité sur la tête, et l’un des ministres a même déclaré que « Le Cameroun organisera la plus belle Coupe d’Afrique de tous les temps, et ce sera du jamais vu ici en Afrique ! » On a même vu le président de la Confédération africaine de football se rendre au Palais de l’Unité pendant la campagne présidentielle camerounaise, en compagnie du facilitateur Samuel Eto’o. On avait même déjà entendu notre président Paul Biya au sujet de cette même Coupe d’Afrique 2019 en 2017, et il avait très exactement dit ceci : « La CAN 2019 c’est déjà demain. Le Cameroun sera prêt le jour dit, j’en prends l’engagement ! »

Eh bah il faut croire que notre chef de l’Etat peut aussi se faire contredire en mondovision lorsque ce n’est pas lui qui est à la manette hein…

Le gouverneur Diboua au stade de Japoma
Le gouverneur de la région du Littoral, en novembre dernier, se réjouissant de l’avancement des travaux du stade de Japoma. Photo: zonefoot.net /CC-BY

Un prétexte d’insécurité

Officiellement, la CAF a mis en avant les problèmes d’insécurité qui sévissent ici au Cameroun, pour nous retirer l’organisation de cette Coupe d’Afrique 2019. Puisque pour rappel, le Cameroun a longuement été victime de plusieurs attaques et enlèvements de Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord. Au Sud-Ouest et au Nord-Ouest, il y sévit une « crise anglophone » qui a débuté en novembre 2016 et qui a déjà fait des centaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés parmi les populations civiles.

Sans compter que la CAF a observé de près les récentes tensions post-électorales, lors desquelles le candidat Maurice Kamto s’est autoproclamé vainqueur du scrutin présidentiel. Et c’est sur ces entrefaites que le président Ahmad a déclaré vouloir protéger l’intégrité physique des acteurs principaux que sont les joueurs de football…

Quid de l’avenir ?

Que faire donc de nos stades ? Hein, Pierre La Paix Ndamè ? Doit-on les achever ? Doit-on continuer avec nos infrastructures routières qu’on avait promis à la CAF qu’on allait achever avant les délais ?

Bref, c’est la désolation ! Parce que non seulement politiquement il s’agit là d’un suicide, mais en réalité nous avons emprunté beaucoup-beaucoup d’argent pour la réalisation de tous ces différents chantiers. On parle déjà de mille milliards de francs CFA au minimum !

Et c’est pour ça que la CAF a quand même décidé de nous tendre le bras, puisqu’elle a proposé de nous accompagner pour l’organisation de la CAN 2023 ou 2025 sûrement (2021 étant déjà attribué à la Côte-d’Ivoire). La CAF a proposé que les Camerounais prennent tout leur temps pour terminer tranquillement leurs infrastructures sans pression, et pour être prêts lorsque leur moment sera venu. Mais il n’en reste pas moins que ce retrait ressemble à un gigantesque fiasco, à un camouflet inoubliable et à une sale honte pour un si grand pays de football comme l’est sûrement la république des Lions Indomptables.

trophée Coupe d'Afrique des nations
Le trophée récompensant le vainqueur de la Coupe d’Afrique de football. Photo: nordlittoral.fr /Image reproduite sous autorisation

Le Cameroun n’organisera plus la Coupe d’Afrique 2019 !

Donc le vendredi 30 novembre 2018 à Accra au Ghana, le comité exécutif de la CAF n’est pas passé par quatre chemins : le Cameroun n’organisera pas la prochaine Coupe d’Afrique de football qui aura lieu en 2019 !

Le Cameroun ne recevra pas des touristes étrangers en 2019 ! Car même si nous sommes un pays très accueillant et très hospitalier, nous n’accueillerons plus ces africains qui avaient prévu de venir ici du 15 juin au 13 juillet de l’année 2019.

Le Cameroun ne pourra pas exposer ses diversités culturelle et culinaire en 2019 ! Car c’était aussi cela le but de cette Coupe d’Afrique, c’était de montrer prouver au monde entier que nous sommes véritablement une Afrique en miniature.

Le Cameroun ne sera pas au centre de l’Afrique en 2019 comme cela avait été le cas en 1972 sous la présidence de M. Ahmadou Ahidjo, finalement, mais j’ai presque déjà envie de vous dire malheureusement.

Parce que même si cette Coupe d’Afrique devait nous coûter beaucoup d’argent pour un pays qui est pourtant très pauvre mais surtout très-très endetté, c’était quand même un parfum de bonheur que nous attendions. C’était une opportunité pour nous de faire quelques business. C’était un intermède pour pouvoir faire de jolies rencontres panafricaines, pour côtoyer les grands joueurs de football et pour vivre une effervescence qui devait se répandre sur toute l’étendue de notre territoire.

Mais malheureusement le Cameroun n’organisera plus la Coupe d’Afrique des Nations en 2019.

Ecclésiaste DEUDJUI, j’irai voir la CAN 2019 au Maroc

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