Nous devons recommencer la lecture

Il y a un jeune blogueur ici au Cameroun qui s’appelle Junior Haussin, et qui se bat au quotidien pour la promotion de la littérature. Et moi aussi je pense comme lui que nous devons recommencer la lecture.

 

Le blogueur camerounais Junior Haussin

Junior Haussin est un blogueur qui a créé le mouvement #JeLis pour favoriser la littérature au Cameroun. Image: kulturemasteronline.com /CC-BY

 

Nous devons apprendre à lire les journaux

Nous devons cesser de regarder la Une des journaux et de raconter partout-partout que nous avons correctement lu la presse écrite. Nous devons apprendre à acheter le journal (ça coûte seulement 300 FCFA) ! Nous devons nous habituer à lire les articles qui sont en pages intérieures en profondeur, afin d’en comprendre parfaitement la quintessence. Nous ne devons plus nous contenter de suivre les rumeurs et de les relayer sans réfléchir, ou alors de commenter les fake news qui pullulent sur Facebook et que beaucoup de Camerounais considèrent à tort comme la vraie information.

 

Nous devons bien lire les manuels scolaires

Je parle surtout pour nos enfants. Parce que quand je les regarde aller à l’école, ils se contentent de feuilleter les manuels scolaires du moment que ça leur permet d’obtenir la moyenne générale en classe, et puis ils oublient toutes les leçons qu’ils ont apprises dès l’année suivante.

Non ! Nous devons dire à nos enfants que la lecture de leurs manuels scolaires c’est capital, et que ce n’est pas seulement pour accéder à la classe supérieure. Que dans ces outils qu’ils utilisent, ils vont non seulement perfectionner leur lecture, mais en plus ils vont aussi améliorer leur culture. Car c’est dans les manuels scolaires que j’avais découvert la géographie, la biologie et l’histoire. C’est dans les manuels scolaires que nous appréhendons les mathématiques et la physique. C’est dans nos précieux manuels scolaires que nous pouvons expérimenter la littérature, et qu’ensuite nous nous orienterons vers le blogging ou pourquoi pas vers le journalisme d’investigation…

 

DesCamerounais devant les kiosques à journaux

Les Camerounais sont habitués à commenter les Unes des journaux. Source: journalducameroun.com /Reproduction sous autorisation

 

Nous devons exploiter les documents numériques

Ça ne sert à rien de posséder tous les documents en version numérique qui existent dans votre disque dur, si vous ne les ouvrez jamais et à fortiori que vous n’avez même pas encore envisagé de les parcourir…

Ça ne sert à rien !

Car depuis que la révolution digitale nous a emportés, j’ai constaté que tous les Camerounais peuvent désormais accéder à toutes les bibliothèques du monde. Et pourtant ils ont téléchargé ces documents et pourtant ils ne les lisent pas. Et pourtant ils ont des tablettes et des liseuses. Et pourtant ils connaissent généralement le nom de presque tous les auteurs, mais ils ne connaissent nullement et aucunement le contenu de leurs ouvrages respectifs. Et pourtant les documents électroniques sont devenus de plus en plus gratuits et accessibles sur internet, que ce soit au format EPUB, DOC, PDF, HTML, RTF, TXT, etc.

 

Nous devons aussi un peu écrire

Un peu hein, pas beaucoup. Parce que j’ai déjà constaté que les Camerounais n’aiment pas beaucoup pratiquer la lecture. Alors l’écriture…

Nous devons aussi pourtant écrire. Nous devons remplir les blogs, les journaux intimes, les journaux tout court, les sites internet, les librairies, etc. Nous devons devenir des écrivains et des essayistes. Nous devons partager nos connaissances et nos expériences. Nous devons cesser de nous contenter de dire que « On nous avait dit que… », alors que nous pouvons tout simplement écrire nous-mêmes notre propre roman.

Nous devons laisser des marquages sur notre passage, et c’est l’ensemble de ces marques-là que l’on appellera ici l’Histoire. Nous devons aussi faire rêver les autres Camerounais à travers la poésie, et c’est ce que fait parfaitement mon meilleur ami qui vit à Dibombari et qui s’appelle Pierre La Paix Ndamè.

 

Charles Ateba Eyené

Charles Ateba Eyené (1972-2014) était un Camerounais qui lisait et écrivait beaucoup. Crédit: Youtube /CC-BY

 

Nous devons re-commencer la lecture

Donc il y a un jeune journaliste ici à Douala qui s’appelle Junior Haussin, et qui se bat au quotidien pour la progression de la littérature. Et moi aussi je pense comme lui que nous devons dorénavant recommencer la lecture.

 

Nous devons recommencer la lecture ! C’est-à-dire que nous ne devons plus survoler les articles, et que nous devons nous documenter sur un sujet avant de pouvoir en émettre un avis dans un milieu public.

Nous devons recommencer la lecture ! Nous devons cesser de multiplier les citations pour arrondir nos fins de phrases, alors qu’on n’est même pas capables de déterminer les œuvres dont ont été issues ces citations.

Nous devons impérieusement recommencer la lecture, afin de mettre en lumière les quelques rares écrivains qui essaient de se faire un nom ici au Cameroun.

 

Parce que quand nous on fréquentait au secondaire, il n’y avait pas encore toutes ces histoires de mondialisation et de réseaux sociaux. Alors nous on partait à l’école en lisant, on prenait la récréation en lisant et on rentrait à la maison en lisant encore. On découvrait des écrivains majestueux comme Guillaume Oyono Mbia, Ferdinand Oyono, Francis Bebey ou encore Sévérin-Cécile Abega.

De grands auteurs qui constituent le patrimoine culturel de notre Cameroun, et c’est aussi un peu pour eux que je suis absolument persuadé que vous devez immédiatement recommencer la lecture…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, j’ai recommencé l’écriture

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur http://achouka.mondoblog.org

4 réflexions au sujet de « Nous devons recommencer la lecture »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.