Qui a donc le droit d’aimer ?
La société camerounaise est essentiellement conformiste. Et ne veut pas laisser à ceux qui sont différents le droit de profiter de l’amour.
Je ne suis pas encore une star hein, mais il y a quand même déjà beaucoup de personnes qui me reconnaissent. Comme ce gars que j’avais rencontré dans une station Total là-bas vers Logbaba, et qui m’avait déclaré que « Ecclésiaste Deudjui ? J’adore beaucoup ce que vous faites ! » Et c’est pour ça qu’il faut vous expliquer comment vous devez vous comporter avec un fanatique…
J’ai déjà remarqué que quand je tombe sur un ami que je n’avais pas rencontré depuis quelques temps, il va forcément me dire que « Ecclésiaste ! Tu ne viens pas prendre une bière ? » Et ensuite je vais partager un verre avec lui pour lui faire plaisir, parce que c’est parfois un ami de bières. Et d’ailleurs on a forcément des amis qui ont de nombreux vices ici au Cameroun…
La première fois que je suis allé chez un dentiste, c’était derrière les marécages ! Le type m’a fait asseoir sur une vieille branche qui était déjà rongée par la moisissure, puis il a enfoncé ses deux tournevis rouillés à l’intérieur de mes gencives supérieures… Tsuip ! Et ensuite il m’a promis que j’allais bientôt obtenir la guérison parallèle.
Depuis exactement cinquante-deux éditions depuis le dimanche dernier, le régime de Ahidjo et ensuite de Biya nous ont leurrés qu’il existait une Fête nationale de la Jeunesse ici au Cameroun. Et ils ont aussi réussi à nous faire accroire que ça se déroulait le 11 février…