Communication de crise

J’ai assisté la semaine dernière à un atelier de sensibilisation sur le traitement de l’information en période de crise. Et le Cameroun était notre champ d’expérimentation…

 

formation sur la communication de crise

En pleine séance de travail pendant l’atelier sur la communication de crise. Crédit photo: Nkafu Policy /CC-BY

 

Le contexte

L’atelier s’est tenu sur un seul jour. Il a été organisé par le collectif « Emerging leaders » qui regroupe les futurs leaders de demain, et il a été chapeauté par la Nkafu Policy qui est un think tank de la fondation Denis & Lenora Foretia basée à Yaoundé.

Les travaux se sont déroulés à l’Institut Panafricain pour le Développement en Afrique Centrale (IPD-AC), sis à Bassa en face du collège Saint Charles Borromée. L’ordre du jour portait sur la « communication de crise » comme je l’ai dit plus haut, et le programme était axé sur la définition de cette communication ; sur son rôle dans la construction du vivre-ensemble, sur les dérives à éviter, sur ses enjeux, ses défis, ses interlocuteurs illégitimes, etc.

 

Les intervenants

Hormis le panel des futurs leaders qui était complété par le représentant personnel de la Nkafu Policy, à savoir Ulrich D’Pola, les intervenants prévus étaient Olivier Kinguè Moli et la présentatrice Carole Yemelong. Mais ces deux-là ont été remplacés au pied levé ꟷet avec brio !ꟷ par un certain Joseph Itotè qui travaille à la CRTV et dont j’ai immédiatement profité pour faire la connaissance.

À part eux, il y avait une bonne quinzaine de journalistes dans la salle (presse écrite, radio, télévision, web). Il y avait une demi-dizaine de blogueurs (dont Junior Haussin, Didier Ndengue et moi-même). Il y avait un commissaire de Police qui était dans l’assistance pour superviser surveiller nos travaux, et aussi un élément des renseignements généraux qui ne faisait que rédiger méticuleusement son rapport. Et quand ce dernier prenait la parole, il demandait aux gens d’éteindre leur smartphone et d’arrêter immédiatement le moniteur de leur caméscope électronique…

 

Ulrich D'Pola Kamdem

Ulrich D’Pola, représentant de la Nkafu Policy durant cette formation. Crédit photo: Emerging leaders /CC0

 

La période de crise

Alors, c’est quoi la période de crise ? Parce que depuis que les Camerounais bavardent sur internet, certains n’ont pas encore compris que l’heure est devenue grave ! Certains n’ont pas remarqué que moi j’avais directement cessé mes plaisanteries tribalistes à la veille des élections, et que dorénavant même j’évite de mélanger des mots comme « Maurice » et « Kamto ». Les gens ne comprennent pas encore que l’heure est devenue gravissime, et que le Cameroun se retrouve actuellement sur des braises ardentes. Car non seulement il y a les histoires de Boko Haram là-bas au Nord, mais en plus il y a la guerre civile (il faut bien l’admettre) dans nos régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Sans compter que toute l’intelligentsia du MRC se retrouve enfermée derrière les barreaux à Nkondengui, et que ses militants qui sont dehors ne cessent d’exhorter le peuple à la sédition et au soulèvement.

Sans oublier que la haine tribalistique est en train de se propager sur les réseaux sociaux, et qu’il suffit d’une petite étincelle (entre les tontinards et les sardinards par exemple) pour que notre pays se retrouve consumé comme la majestueuse cathédrale Notre-Dame de Paris…

 

Les enseignements

Les enseignements que j’ai tirés de cet atelier sont simples : on ne veut pas tout dire en situation de crise. On ne peut pas tout dire en situation de crise. On ne doit pas tout dire en situation de crise…

Parce qu’en tant que faiseurs d’opinions, nous les blogueurs et les journalistes devons apprendre à pratiquer un recoupement de l’information responsable. Nous devons toujours pouvoir confronter et vérifier nos sources. Nous ne devons pas sombrer dans la désinformation comme certains internautes, ni dans la recherche du buzz à travers les fake news, ni dans l’exagération, ni dans la victimisation, ni dans la manipulation politique, etc.

En tant que boussoles comme mon ami Pierre La Paix Ndamè, nous devons restituer les faits lorsqu’ils sont détournés. Nous devons éduquer les populations qui n’ont pas accès à la vraie information. Nous devons soutenir les pouvoirs publics (sans pour autant les encourager) afin qu’ils puissent rétablir l’ordre public. Nous devons toujours condamner ce qui est condamnable, mais surtout défendre ce qui est défendable et systématiquement applaudir ce qui est applaudissable.

Nous devons favoriser la Paix, tout simplement, car c’est d’abord ça la responsabilité citoyenne. Et elle est d’autant plus indispensable en ce moment puisque nous nous retrouvons dans une situation de crise.

 

Ecclésiaste Deudjui reçoit son parchemin

J’ai reçu une attestation à la fin de la formation. Crédit: Nkafu Policy /CC-BY

 

Communications de crise

Donc la semaine dernière hein, j’ai bénéficié d’une formation journalistique sur la communication en période de crise. Et c’est le Cameroun qui était notre champ d’expérimentation…

 

Communication de crise. Avant de publier une information, il faut d’abord vérifier si c’est le bon moment ; ou alors si cette information sera bien correctement interprétée par ceux qui vont la recevoir.

Communication de crise. Les mots ont un sens. Les images sont des armes. La façon de dire les choses est parfois plus importante que le message que l’on veut faire passer lui-même.

Communication camerounaise de crise, car le véritable problème c’est que tout le monde ici pense qu’il possède également le même droit de s’exprimer.

 

Et même si cela peut paraître tolérable dans une situation normale, il en devient critique lorsque l’atmosphère se révèle non-maîtrisable. Et dans le cas du Cameroun qui traverse actuellement une sérieuse turbulence socio-politique, nous devons faire très attention aux mots que nous prononçons et surtout surveiller les informations que nous divulguons.

Et c’est cette vertu-là qu’on appellera alors la communication de crise.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je communique en crise

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur http://achouka.mondoblog.org

Une réflexion au sujet de « Communication de crise »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.