J’ai voté

Pour la première fois de ma vie, j’ai participé à une élection présidentielle en tant que citoyen électeur. Et je peux dire que j’ai vraiment apprécié cette expérience…

carte d'électeur Ecclésiaste Deudjui

Ma carte d’électeur. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

J’avais ma carte d’électeur

J’ai fait ma carte d’électeur depuis le mois de mai 2017 au quartier Bonamoussadi. On ne m’avait pas demandé grand chose. Ils ont juste enregistré mes empreintes, mon nom et mon année de naissance, puis ils avaient vérifié ma carte d’identité. Ils m’ont aussi pris une photographie biométrique pour parachever mon identification, et je suis ressorti de là sans dépenser le moindre centime.

Le seul hic, c’est que j’avais dû repasser là-bas à plusieurs reprises avant de retirer finalement ma carte d’électeur (en mai 2018), puisqu’on ne faisait que me répéter : « Il faudra repasser la semaine prochaine. »

J’ai suivi la campagne électorale

J’ai suivi la campagne électorale de bout en bout. Et je l’ai même commentée à vrai dire. Car il y avait tellement de rebondissements que je me suis même amusé par moments, tellement elle était drôle. Mais j’ai surtout suivi la campagne électorale parce que je voulais comparer les programmes des candidats. J’ai espéré la coalition entre Cabral Libii et Maurice Kamto, mais jusqu’au dernier moment elle n’a jamais eu lieu. J’ai assisté à quelques meetings avec mon ami Pierre La Paix Ndamè. Je me suis dit que puisque je suis déjà un détenteur d’une carte d’électeur, il ne fallait vraiment pas que je gâche ma cartouche. Et que le 7 octobre je devais me rendre dans mon bureau de vote en possédant le maximum d’informations…

Ecclésiaste Deudjui vote

Je glisse mon bulletin dans l’urne. Crédit photo: Anonyme /CC0

J’ai voté

J’ai voté à 14h22 dans la salle M d’un bureau de vote à Makèpè. Je suis entré dans la salle et j’ai ramassé les neuf bulletins colorés, puis je me suis rendu à l’isoloir. Je n’ai même pas hésité pour remplir l’enveloppe puisque je connaissais déjà mon favori depuis un moment. Je suis ressorti de là tout souriant, puis j’ai glissé mon bulletin dans l’urne. J’ai un peu blagué avec la directrice du bureau de vote parce que je lui demandais si elle-même elle possédait une carte d’électeur. J’ai enfin signé le registre de vote, j’ai laissé mes empreintes et puis la dame a trempé mes doigts dans une encre indélébile pour que je ne puisse pas aller revoter ailleurs. Mais je lui ai dit que c’était inutile puisque moi je ne possède qu’une seule carte d’électeur…

J’attends les résultats

Dès la fermeture des bureaux de vote à 18 heures, les résultats (officiels ou pas) ont commencé à pleuvoir sur Facebook : Bagangté, Pékin, Montréal, Saint-Pétersbourg, Washington, Bafoussam, Kuala Lumpur…

Et surtout de faux résultats ! Car n’importe quel internaute s’asseyait devant le clavier de son smartphone, et puis il nous fabriquait des résultats. Jusqu’à Elecam –himself– a été obligé de réagir, puisqu’ils ont pondu un communiqué sur Facebook qui disait que « tous les résultats qui circulent sur les réseaux sociaux et qui ne proviennent pas d’Elecam sont absolument faux ! »

Soit. Mais il y a un événement qui m’a quand même marqué, c’est quand j’ai assisté au dépouillement en direct d’un bureau de vote qui se situait loin en Belgique. C’était sur Facebook. C’était un direct. Et c’est à ce moment-là que j’ai compris que Mark Zuckerberg avait vraiment modifié la face du monde…

doigt imbibé d'encre électoral

Mon doigt a été trempé dans une encre indélébile après mon vote. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC0

J’ai enfin voté

Donc pour la première fois de ma vie, j’ai enfin participé à une élection présidentielle ici au Cameroun. Et laissez-moi vous dire que j’ai vraiment apprécié cette expérience…

J’ai voté ! Car c’est bien beau de bavarder sur les réseaux sociaux et de discuter dans les bars, mais c’est encore mieux lorsqu’on s’exprime dans l’isoloir.

J’ai voté ! Car la citoyenneté n’est pas seulement un droit qui nous confère(rait) des avantages, elle comporte aussi des devoirs.

J’ai voté parce que j’avais le sentiment de participer enfin à la rédaction de l’Histoire de notre Cameroun.

Et même si je ne détiens pas encore les chiffres officiels, je pense que beaucoup de Camerounais ont aussi décidé de voter comme moi. Ainsi que beaucoup de Camerounaises. Ainsi que beaucoup de compatriotes qui vivent là-bas à l’étranger. Car quel que soit le résultat final de cette présidentielle, ce sont les citoyens camerounais qui auront voté qui en seront les grands vainqueurs. Et c’est comme ça que petit à petit nous allons progressivement nous diriger vers le changement.

Ecclésiaste DEUDJUI, j’ai voté

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