Pourvu que 2018 ne soit pas comme 2017 au Cameroun…

À l’orée de la nouvelle année qui commence, je n’ai pas vraiment envie de vous présenter mes vœux. Mais j’espère quand même que 2018 ne sera pas comme l’année 2017 qui vient de s’achever ici au Cameroun…

 

2018

Je vous souhaite une excellente année 2018. Crédit photo: Andrew-art /pixabay.com CC0

 

Pourvu qu’on ne nous prenne plus pour des idiots

Pourvu qu’on ne nous distribue plus des ordinateurs aussi ridicules ! Et que sans vergogne, un soi-disant professeur d’université vienne se placer devant les caméras, et qu’il déclare en mondovision que « 32 gigas, ça équivaut à 500 gigas dans l’ancienne technologie » (sic).

Pourvu que nos dirigeants ne prennent plus des décisions aussi stupidissimes ! Comme par exemple la fermeture injustifiée de Général Express et ensuite sa réouverture anticipée. Comme de laisser multiplier les supermarchés étrangers qui vont nous apporter les maladies à cause de leurs produits biochimiques. Comme de falsifier les résultats de nos concours administratifs, jusqu’à ce qu’un mort s’en retrouve même major (devant Junior et Brenda Biya) lors de la dernière publication des admissibilités de l’ENAM…

 

Pourvu que nos vies soient dorénavant respectées

Parce que pour vous dire vrai hein, notre vie ici ne compte pas ! Même si tu es un génie, même si tu es sportif comme Zacharie Noah ou musicien comme Lisa T. et Mbarga Soukous, qui nous ont quittés en 2017, ta vie ici ne comptera plus après dès l’annonce de ta disparition…

Même si tu t’appelais Benjamin Massing ! Car le 10 décembre dernier, on a vu comment ce héros n’a même pas bénéficié de soixante secondes de silence en sa mémoire, alors qu’il est mort le dimanche matin et que la finale de la Coupe du Cameroun devait se jouer dans l’après-midi… Tsuip !

Depuis 2014, les Camerounais n’ont jamais rendu hommage aux civils qui meurent tous les jours à l’Extrême-Nord à cause de Boko Haram. Ils ne se préoccupent même pas des innocents qui sont décédés dans le Nord-Ouest et dans le Sud-Ouest à cause de la crise anglophone. Ils sont là ils connaissent seulement organiser de grosses funérailles pour se pavaner et se faire voir, mais personne ici ne va vous respecter si jamais vous veniez à disparaître en 2018.

 

trois jeunes rebelles

En 2017, la crise anglophone s’est transformée en mouvement sécessionniste. Source: Facebook.com /CC

 

Pourvu qu’on arrête avec les faits divers

Il y a eu trop de faits divers superfétatoires en 2017 : Parfait Ayissi contre Bonita, Sosthène Fouda contre Vision 4, Longuè Longuè contre (Tchop Tchop + Lady Ponce + Fingon Tralala), etc.

Il y a aussi eu Orange Cameroun qui a été correctement secouée par Camtel. Il y a eu l’Américain Patrice Nganang qui a insulté Paul Biya jusqu’à ce qu’on l’arrête avant de le réexpulser vers les États-Unis. Il y a eu l’affaire de l’amputation de Bello Ibrahim à Ombessa. Il y a eu la tragédie de l’évêque de Bafia qui se serait « suicidé » contre son propre gré. Il y a eu l’homosexualité présumée de Charlotte Dipanda. Il y a eu la bastonnade infligée à Maahlox.

Mais ce qui devient vraiment préoccupant, c’est la banalisation des actes de violence ! Puisqu’on a vu un type qui est quitté de la Suisse pour venir assassiner ses trois enfants à Nkondengui. On a aussi vu des gendarmes de la promotion 2015 qui sont devenus sérieusement nerveux, et qui tirent à balles réelles sur tout ce qui bouge (en particulier sur leurs supérieurs, sur leurs concubines et sur les éventuels témoins oculaires)…

 

Pourvu qu’on devienne sérieux avec le divertissement

Le divertissement ne veut pas dire l’amusement. Puisque dans les pays sérieux, c’est même devenu une véritable industrie. Alors je ne comprends pas pourquoi nos Miss ne sont jamais belles alors que les Camerounaises sont les plus jolies femmes du monde ! Je ne comprends pas pourquoi on a encore créé la Sonacam, alors qu’il existait déjà plusieurs sociétés qui s’occupaient des droits d’auteur… Tsuip !

Bref hein, c’est la même gabegie qui sévit également dans le milieu du sport. Et c’est pour ça que la Fifa a dissout la Fécafoot pour mettre sur pied un énième comité de normalisation pour notre football. On a remporté la Coupe d’Afrique 2017 par pur hasard. On a été ridiculisés pendant la Coupe des confédérations. On n’a pas pu se qualifier pour la prochaine Coupe du monde et Hugo Broos a été licencié. Le président de la CAF s’est même mis en colère, jusqu’à ce qu’il promette de nous retirer l’organisation de la Coupe d’Afrique de 2019.

 

Parfait Ayissi sur Vision 4

Parfait Ayissi a été vilipendé sur les réseaux sociaux pour une affaire de moeurs présumée. Capture: Ecclésiaste Deudjui /CC0

 

Pourvu que 2018 ne soit pas comme l’année 2017 ici au Cameroun

Donc très sincèrement, je n’ai pas vraiment envie de vous présenter mes meilleurs vœux. Mais si je devais souhaiter quelque chose, c’est juste que 2018 ne ressemble plus à l’année 2017 qui vient de se terminer ici au Cameroun…

 

Pourvu que les ordures disparaissent en 2018 ! Puisque depuis quelques temps, on a remarqué que nos carrefours sont remplis d’immondices parce que la société de salubrité a des difficultés de gestion.

Pourvu que les incendies s’éteignent en 2018 ! Car outre l’Assemblée Nationale qui a pris feu le 16 novembre dernier, il y a aussi beaucoup de marchés et beaucoup de domiciles qui sont partis en fumée en 2017.

Pourvu que les Camerounais s’inscrivent massivement sur les listes électorales en 2018 comme Pierre La Paix Ndamè, puisque c’est la seule manière de participer à notre destin.

 

C’est la seule façon pour que notre jeunesse trouve enfin son mot à dire. C’est le seul moyen pour que nous puissions fabriquer de nouveaux Cabral Libii. C’est la seule solution si nous voulons vraiment transformer notre pays, puisque ce n’est pas en vociférant sur les réseaux sociaux que nous allons empêcher à nos enfants désespérés de se diriger là-bas vers la Libye.

Mais si on ne fait rien au contraire, je vous assure, j’ai bien peur que 2018 ne soit la copie crachée de l’année 2017 que nous venons miraculeusement de traverser ici au Cameroun…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, meilleurs vœux pour 2018

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Déjà 200 articles sur http://achouka.mondoblog.org

Une réflexion au sujet de « Pourvu que 2018 ne soit pas comme 2017 au Cameroun… »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *