Au Cameroun, méfiez-vous de la vie des gens !

J’ai eu une sale journée l’autre jour ! Non seulement une amie m’a réveillé pour me dire que « Ecclésiaste ! Qu’est-ce que tu es allé raconter à David sur mon nom ? », mais ensuite quand je suis allé au bar pour me rafraîchir, je suis tombé sur une femme que je remarquais quelque part à Baham, mais elle m’a plutôt menacé de mort : « Monsieur ! Je vous interdis de me répéter que vous me remarquez quelque part ! »

 

un homme qui se bouche le nez, les yeux, les oreilles et la bouche

Les Camerounais adorent les commérages. Source: Twitter

 

Les gens d’ici ne supportent pas les commérages

Pourtant c’est leur sport numéro un hein ! Parce que partout où tu passes, tu vas seulement entendre comment les gens malparlent des uns et des autres, et cela avec un ton si naturel…

En fait, les Camerounais n’aiment pas quand ce sont eux-mêmes qui font l’objet de votre kongossa. Ils ne supportent pas quand ils voient leur partenaire en train de discuter avec l’une de leurs ex. Ils n’aiment pas quand on bavarde derrière leur dos. Ils n’aiment pas quand ils observent les voisins se taire dès qu’ils arrivent, parce que ça signifie qu’on était en train de faire le grand-frère de la calomnie sur ton prénom et sur ton vrai nom de famille…

 

Il faut te méfier de ce que tu vas raconter aux gens

Quand Julienne m’avait réveillé ce jour-là, j’ai seulement entendu comment elle me morigénait au téléphone : « Ecclésiaste ! Tu es allé dire à David que je dressais souvent ton lit ? Hein ? Que je forçais le mariage avec ton ami Fabrice et que c’est pour cela que je te réservais régulièrement les meilleurs morceaux de viande ? »

Malchance !! Surtout que dans ma conversation avec le David en question, on avait surtout parlé de lui-même et de la mère de son enfant qui lui réclamait déjà le mariage. Mais comme Julienne était sa patronne, il paraîtrait qu’il avait voulu la choquer. Et il n’a rien trouvé de mieux que d’inventer que j’avais raconté qu’elle me réservait souvent les meilleurs morceaux de son crocodile…

 

trois femmes qui font le commérage

Les femmes camerounaises aiment trop se mêler de la vie des gens. Source: mboattitudes.mondoblog.org

 

Certains Camerounais n’aiment pas qu’on les remarque

Pour la femme que j’ai croisée au bar et que j’avais l’impression de remarquer quelque part à Baham, c’est pour elle qui m’a alors dépassé ! Puisque quand elle m’a dit « Non, monsieur, je ne vous connais nulle part ! », elle a continué en disant qu’elle n’était pas bamiléké, qu’elle ne connaissait ni Foumban ni Bafoussam ni Baham, et que d’ailleurs elle n’avait même jamais déposé ses deux pieds dans toute la partie occidentale de notre Cameroun !

D’accord ! Mais comme j’étais derrière elle en train de siroter ma Mützig avec mon ami Pierre La Paix Ndamè, elle s’est oubliée à un moment et elle a dit à ses amis que « Ng’hombi ga kalaba, go’o sò Baham d’ici janvier au plus tard » (« dis-lui que hein, je serai à Baham d’ici janvier au plus tard » (traduction du baham vers le français)).

Et donc quand j’ai entendu ça, je me suis étouffé et je lui ai demandé pourquoi elle avait prononcé le mot « Baham » (et en baham en plus) alors qu’il y a plus de 256 villages ici au Cameroun. Mais elle s’est plutôt mise en colère, jusqu’à les trois hommes gorilles qui l’accompagnaient m’ont menacé que si je continuais à la remarquer, j’allais finir par avoir de très-très-très-très-très sérieux problèmes (Massa ! Donc il y a des gens qu’on ne peut même plus remarquer ici dehors ?).

 

C’est pour cela que certaines personnes changent de ville

Il y a des filles ici qui changent de ville pour aller accoucher dans leur village. Il y a des gars gaillards ici qui quittent leur village pour aller fréquenter dans une petite bourgade où personne ne les reconnaîtra (comme au Tchad par exemple). Il y a certains Camerounais et certaines Camerounaises qui s’en vont au Gabon ou bien en Guinée Equatoriale pour se chercher, parce que là-bas personne ne va les retrouver !

Il y a nos jeunes aventuriers qui font tout et tout pour aller là-bas en Hexagone, en Belgique, au Canada, en Azerbaïdjan, et qui sont prêts à faire n’importe quel métier là-bas qu’ils ne pourraient jamais accepter de pratiquer ici sur notre territoire : morguier, éboueur, garde-malade, plongeur, vigile, concierge, militant de l’Ambazonie, etc…

 

Fingon Tralala qui s'explique à Tshello TV

Fingon Tralala (à gauche) se défend contre les accusations de Longuè Longuè. Capture: Tshello TV

 

Méfiez-vous de la vie privée des Camerounais !

Et donc ma soirée-là s’était terminée comme la journée avait commencé. Puisque quand je suis allé à Logbaba pour rencontrer une nouvelle conquête, elle m’avait raccroché au nez : « Je demande hein, qui t’a indiqué ma maison ? Hein ? Donc tu as même mené les enquêtes sur moi ? Pardon ne m’appelle plus jamais ! »

Alors que moi je voulais tout simplement lui faire une surprise…

 

Méfiez-vous ! Ce ne sont pas tous les Camerounais qui vont vous permettre de regarder leur carte d’identité ou bien leur acte de naissance.

Faites très attention ! Quand tu parles déjà trop avec la femme d’un Camerounais, il va commencer à soupçonner que tu as envie de coucher couches avec elle.

Méfiez-vous de tout ce qui concerne la vie privée des gens ici au Cameroun, surtout lorsque quelqu’un viendra pour vous présenter ses larges oreilles.

 

Puisque très généralement, ce sera la même personne qui ira colporter tout ce que vous lui aurez raconté. Ce sera le même gars qui va aller commenter et analyser tout ce que vous lui aurez communiqué. Ce sera la même fille du salon de coiffure qui va aller travestir et traduire tout ce que vous lui aurez murmuré dans la langue des Baham, jusqu’à elle va même aussi ajouter sa part sur ça.

Hein, Longuè Longuè ! Tu dis que Fingon Tralala avait subtilisé volé ta chaîne en or que tu dis que tu avais déposée dans la boîte à gants de sa voiture ?

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je me méfie oooh !

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur http://achouka.mondoblog.org

2 réflexions au sujet de « Au Cameroun, méfiez-vous de la vie des gens ! »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *