Le Cameroun est un pays tellement dangereux…

L’autre jour en rentrant chez moi dans la soirée, je suis tombé sur deux individus qui roulaient sur une moto. J’ai d’abord pensé que c’étaient mes voisins, mais le type qui conduisait m’a dévisagé avec un regard de tueur. Et ensuite son ami est descendu avec un long couteau tranchant et en se dirigeant vers moi, puis il m’a menacé : « Je vais t’assassiner ce soir, imbécile ! »

Et je vous jure que hein, si je ne savais pas courir je serais aujourd’hui en train de me reposer tranquillement dans un cimetière…

 

bagarre avec couteau

De simples disputes se terminent parfois dans le drame

 

LE CAMEROUN EST UN PAYS D’AGRESSIONS

Ce n’était même pas la 1ère fois qu’on m’agressait comme ça hein ! Puisque le 14 juillet 2014, il y a deux gars qui m’avaient déjà planté un long couteau tranchant dans l’arrière de mon fessier gauche. En octobre 2011, il y a quatre bandits qui m’avaient coincé avec Pierre La Paix à l’intérieur d’un tourne-dos là-bas à Bonabéri. En septembre 2013, il y a un faux policier qui m’avait déshabillé là-bas vers Village. Puis le 18 août 2016, à Bépanda, il y a trois gars qui m’ont étranglé jusqu’à ils m’ont laissé évanoui parce que j’avais déjà complètement perdu connaissance…

Au Cameroun, les agressions physiques ont lieu partout-partout ! Il suffit qu’il fasse un peu noir, et tu vas voir des gens qui vont venir te réclamer ton ordinateur portable. Il suffit que tu roules avec ta moto dans une zone qui est « interdite » (demandez à mon ami Mathurin). Il suffit que tu sois un peu bourré, un peu ivre, et tu vas voir comment les brigands vont te dessoûler avec quelques violents coups de matraque. Il suffit que tu viennes de bouffer à ta tontine et quelqu’un soit au courant de ça. Il suffit que tu sois seul, que tu sois faible, ou alors que tu sois accompagné d’une jolie fille qu’ils sont sûrs qu’ils ne pourront jamais avoir dans leur vie, et là ils vont venir te barricader le passage : « Périka ! Argent-bijoux-portables ! »

 

LE CAMEROUN EST UN PAYS DE CAMBRIOLAGES

Si je vous liste le nombre de cambriolages qui ont lieu ici par jour nuit hein, vous allez penser que je suis déjà en train de dénombrer la population de la Chine !

Dans certains quartiers populeux, on cambriole déjà les boutiques en plein jour (allez demander à mon ami Jaguar) ! Dans certains sous-quartiers de Yaoundé, on « visite » régulièrement nos maisons presque toutes les soirées ! Dans les quartiers administratifs comme Bonanjo, on « perquisitionne » méthodiquement les bureaux climatisés. Et même dans les quartiers résidentiels comme Bonapriso qui sont pourtant sécurisés par les Français, les braqueurs escaladent parfois la barrière avec leur cagoule noire et leur pistolet automatique, et ils viennent chez toi pour te demander de faire l’amour avec ta propre fille !…

 

une casse

On déguerpit régulièrement les populations pauvres. Crédit: Ecclésiaste Deudjui

 

AU CAMEROUN, IL Y A LES CASSEURS DE TOUS LES CÔTÉS

J’ai vu type qui avait investi presque 500 millions de francs CFA sur une maison ici à Makèpè, et on est venu raser la maison-là comme si c’était un simple château de cartes ! Vrai-vrai ! Alors que quand nous on voyait le Caterpillar arriver, nous on se disait que c’est seulement pour le sissia : « Dis-donc ! Même si ce n’est pas son terrain, qui peut avoir le courage de casser une maison qui a coûté plus de 500 millions de francs CFA ? »

Et pourtant ça m’est arrivé à moi aussi, quand je possédais encore mon cybercafé en décembre 2013 (mais il ne valait pas de 500 millions hein). J’avais payé douze mois de loyer chez un type qui était noir comme le charbon, alors que le vrai propriétaire était rouge comme la bauxite. Et c’est la bauxite-là qui était venue détruire mon cybercafé pour y faire construire sa nouvelle villa…

À Yaoundé, Tsimi Evouna a semé sème la terreur en démolissant les maisons des petits Camerounais. On casse les marchés à Bafoussam sans demander la permission des commerçants. On rase les boutiques ici à Douala. On déguerpit les gens de leur domicile sans même les dédommager ici au Cameroun, et dans tout ça on ne cherche même pas à les relocaliser ou bien à les reloger quelque part…

 

LE CAMEROUN EST UN PAYS DE JALOUSIE EXTRÊME

J’avais vu une femme qui avait organisé un grand défilé de mode à Bonamoussadi, et elle avait donné à boire et à manger à tout le monde. Mais lorsque la pluie est venue gâcher la fête, ce sont ses « meilleures » amies qui étaient assises au 1er rang qui ont commencé à dire que « Dis-donc ! Elle croyait d’abord que quoi ? Hein ? Elle voulait épater qui avec son prêt-à-porter-ci ? Hein ? Elle voulait même d’abord nous montrer que quoi ?… »

Le Cameroun est un pays extrêmement dangereux ! Les gens d’ici aiment faire semblant de sourire avec toi, mais tu ne sauras jamais ce qu’ils ont réellement dans le cœur. Les gens d’ici sont prêts à accepter ta bière, à rire avec ton épouse, à accepter l’argent et le travail que tu vas leur proposer. Mais si jamais le Soleil disparaît sur tes projets, si jamais tu chutes ou si jamais tu commences à finir comme les funérailles, ils seront les premiers à se moquer de toi comme s’ils n’avaient jamais bénéficié de tes services auparavant…

 

une main menottée

La population carcérale ne fait que s’accroître d’années en années

 

EN RÉALITÉ HEIN, LE CAMEROUNAIS EST UN INDIVIDU TELLEMENT DANGEREUX…

C’est vrai que j’étais rentré un peu tard ce soir-là, et c’est vrai que j’étais légèrement ivre. Mais je ne savais pas qu’on agressait déjà dans mon quartier. Je savais que quelqu’un peut t’interpeller en route et puis te bousculer parce qu’il veut subrepticement te subtiliser ton portefeuille, mais je ne savais pas qu’un inconnu pouvait apparaître devant moi et me dire que « Viens ici, espèce d’imbécile ! Je te jure que je vais t’assassiner ce soir ! »

Jusqu’aujourd’hui j’en ai encore la chair de poule…

 

Au Cameroun quand il y a la bagarre, les gens ne séparent pas mais ils cherchent plutôt la machette pour te découper comme si tu étais déjà devenu la viande du crocodile.

Dans notre pays-ci qui va accueillir la CAN 2019, on drogue encore les gens dans les taxis. On donne le somnifère aux filles qu’on a envie de violer. On empoisonne quelqu’un quand on est jaloux de lui ou bien quand on a envie de pratiquer les crimes rituels.

Dans le Cameroun de notre Paul Biya le-plus-beau-le-plus-fort, il suffit d’un moindre rien pour que n’importe quel événement bascule dans le drame.

 

Il suffit d’un mot déplacé. Il suffit d’un mauvais regard. Il suffit d’un mensonge qu’une Camerounaise est allée perpétrer sur ton prénom. Il suffit qu’un individu soit un peu affamé. Il suffit d’une dispute tribale ou familiale.

Parce que quand je pense comment j’ai commencé à crier « Au voleur ! Au voleur ! » en accélérant de toutes mes forces comme si j’étais déjà devenu un sprinter, je n’arrive même plus à fermer l’œil de toute la nuit. Et quand je pense aussi à ces Camerounais qui ont perdu leur vie à cause de l’insécurité grandissante, j’ai parfois envie de déposer les deux genoux au sol : « Oh, mon Dieu ! Comment ça s’est passé pour que le Cameroun devienne un territoire aussi dangereux ?… »

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je ne suis pas dangereux

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur http://achouka.mondoblog.org

2 réflexions au sujet de « Le Cameroun est un pays tellement dangereux… »

  1. Yako l’ami. J’ai eu la même expérience le 11 juin 2015 à 21H30. Un individu mal intentionné m’a braqué main armé, au pas de ma porte, dans le dessein d’avoir ma moto. Nulle était l’intervention du voisinage, je serais a six mètres sous terre et dépossédée de mon engin.

    Dès lors, j’ai une peur bleu de sortir a des heures tardive, la nuit. J’ai toujours se sentiment de peur, dès que je croise un inconnu dans la pénombre. Et j’avoue que c’est une expérience assez traumatisante au fond, de voir la mort en face. Encore plus terrible, lorsque tu te retrouve dans une situation d’impuissance.

    A Bamako, c’est pas différent d’ailleurs.

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