Vous voyez comment la langue française déteste les femmes ?

Dernièrement c’était la fête des Mères. Et comme je pensais à la femme qui m’a fait venir dans ce monde, je me suis aussi demandé pourquoi les femmes sont toujours marginalisées. Je me suis demandé pourquoi les hommes les maltraitent autant, alors que ce sont les femmes qui nous ont pourtant donné l’existence…

Parfois j’ai envie de comprendre pourquoi nous les aimons de tout notre cœur, mais que nous ne les respectons même pas un peu. Parfois je trouve un semblant d’explication à tout ce mépris, mais je finis toujours par aboutir à la même conclusion : c’est à cause de notre dictionnaire !

 

3,5 milliards de femmes sont appelées Sexe Faible

3,5 milliards de femmes sont appelées Sexe faible

 

UN MAÎTRE, c’est un homme intelligent qui est là pour dispenser son savoir

Une maîtresse, c’est sa traînée. C’est le genre de femme qui est le 2ème bureau d’un homme qui a déjà un 1er bureau dans son foyer. Alors que si toi la femme tu trompes ton mari, ton gars du dehors sera plutôt appelé « amant », et non 2ème bureau. Vous voyez alors la combine ?

 

UN HOMME À FEMMES, c’est un séducteur sur lequel aucune femme ne résiste

Une femme à hommes, c’est tout simplement une wolowoss. Ça veut dire qu’elle consomme les hommes jusqu’ààààààà… Et d’ailleurs on dit même qu’elle ne les trie pas. On dit aussi qu’elle ramasse tout ce qui passe.

 

UN COURTISAN, c’est un fin stratège qui est très-très proche du pouvoir

Une courtisane, c’est une fille qui a les mœurs très très légères. Elle est toujours avec les grands messieurs, mais n’importe quel petit monsieur peut venir monter sur elle. La preuve, personne parmi ces grands messieurs-là ne s’intéresse même à elle !

 

UN HOMME DE JOIE, c’est un gars qui sait s’amuser et qui sait profiter de l’existence

Une femme de joie, c’est une fille mal maquillée qui traîne dans les faux bars. Elle est toujours en joie devant ses 2 bouteilles de bière, et il suffit que tu ajoutes un morceau de porc pour que tu rentres chez toi avec elle !

 

UN HOMME PUBLIC, c’est un gars qui passe à la télé et que la population écoute attentivement

Une femme publique, mais c’est clair norr ? C’est une femme que tout le monde au quartier (100%) a déjà amenée dans sa chambre, et 99% ont déjà vu son caleçon… Et 98% ont déjà enlevé le caleçon là… Et 97% ont enlevé leur propre caleçon… Eh ! Attention hein, je ne suis pas en train de vous parler des suffrages du RDPC…

Une femme publique, on peut même aussi l’appeler la « femme du peuple » (par opposition à « homme du peuple » qui désigne plutôt un homme très populaire).

 

UN MENEUR D’HOMMES, c’est un leader d’opinion qui montre aux autres le chemin qu’ils doivent suivre

Une meneuse d’hommes, c’est plutôt une entraîneuse. Elle utilise ses atours pour séduire les hommes, et pour les amener à faire tout ce qu’elle désire (surtout de mauvaises choses). Alors qu’un entraîneur c’est plutôt un fin stratège, quelqu’un qui mobilise ses effectifs pour atteindre de grandes réalisations (un peu comme Paul Biya).

 

UN PÉRIPATÉTICIEN, c’est un gars intelligent qui a bien étudié Aristote

Une péripatéticienne, c’est une fille qui fait le poteau. Tout simplement. Elle connaît Aristote où ? Hein ? Tout ce qu’elle sait faire c’est la prostitution. Je ne sais même pas comment les académiciens-là ont fait pour installer un rapport entre la philosophie et la bordellerie !

 

les termes au masculin sont plus valorisants

Les termes au masculin sont plus valorisants

 

MISOGYNIE: VOUS VOYEZ ALORS COMMENT LA LANGUE FRANÇAISE DÉTESTE LES FEMMES ?

Je vous ai dit, quand j’ai pensé à ma mère dimanche dernier pour lui dire que je pense à elle tous les autres jours de l’année, et que je l’aime, j’ai aussi pensé à tout ce mépris envers la femme. Et j’ai fini par aboutir à la même conclusion inéluctable, c’est que c’est le dictionnaire français qui en est responsable !

 

Un séducteur c’est très attirant, une séductrice on se méfie beaucoup d’elle.

Un homme qui fait comme une femme c’est un salopard, une femme qui fait comme un homme c’est une femme valable.

Un vieux sort avec une petite fille c’est normal, une vieille sort avec un jeune garçon c’est une Cougar.

Un homme te dit qu’il part « travailler la nuit » à Akwa c’est un battant, une femme te dit qu’elle part « travailler la nuit » à Akwa c’est une prostituée.

Et puis lorsqu’on dit que tu es parti, faire une partie de jambes en l’air avec une femme, pourquoi ce sont toujours les jambes de la femme qu’on imagine en l’air ?

 

Donc voilà, qu’est-ce que je peux même rajouter ? Il n’y a pas de mot pour savoir si un homme est marié ou bien s’il est célibataire (un mademoiseau ?). Il n’y a pas de mot pour qualifier une femme qui se comporte bien avec un homme (c’est une gentlewoman ?). Il y a le mot AMOUR qui demeure masculin au singulier, mais qui devient subitement féminin au pluriel (donc il n’y a que les hommes qui ont le droit d’avoir plusieurs femmes ici dehors ?)

Il y a le mot « catherinette » qui désigne une fille qui a déjà dépassé les 25 ans, mais qui n’a pas encore trouvé sa part de mari parmi le « sexe fort »… Il y a l’expression « cuisses légères », qui est toujours en train de désigner les cuisses d’une personne de nationalité féminine. Il y a que celui qui porte le « pantalon » dans une maison, même si ce n’est pas lui qui paye la lumière, c’est toujours lui qui est chargé de monitorer le reste de la famille…

 

La langue française, je vous assure, elle déteste merveilleusement les femmes ! Si dans un défilé il y a un petit garçon avec dix mille grands-mères à côté de lui, on ne va même pas chercher si c’est le masculin ou bien le féminin.

N’est-ce pas « ils » sont seulement en train de défiler ?

 

Ecclésiaste DEUDJUI

WhatsApp: (+237) 696.469.637

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6 réflexions au sujet de « Vous voyez comment la langue française déteste les femmes ? »

  1. Claude Derhan dit :

    Une fois de plus Ecclésiaste c’est finement et profondément observé. Et si les préjugés sont si tenaces c’est qu’ils sont enracinés jusque dans les tréfonds de la conscience, via le langage, qui se présente sous un air si naturel ! Je me permettrai juste une petite remarque : le mot « damoiseau » a bel et bien existé, mais pour une raison qui m’échappe il n’a pas survécu dans l’usage. La demoiselle ou damoiselle (du latin dominicella) et le damoiseau sont comme les « petits » de la dame et attention ! cette dame, du latin « domina », est pleinement celle qui domine c’est-à-dire qui gère la maison (domus) qui est son… domaine. Il devait donc y avoir chez les Romains un certaine forme de respect de la femme.

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