Comment fabrique-t-on les intellectuels au Cameroun ?

L’autre jour j’étais moi tranquillement en train de regarder mes émissions du dimanche. N’est-ce pas ce sont les débats ? Vous ignorez quoi ? Le dimanche si tu captes une chaîne camerounaise, tu vas sauf que voir les gens en costume-cravate. Surtout aux environs de midi. Tu vas tomber sur des gens qui portent des lunettes bien nettoyées, sur des gens qui ont des chemises bien carrelées.

Le dimanche, ce qui me plaît dans nos télévisions, c’est que tous les panélistes sont très intelligents. Ils vont te démontrer qu’ils ont fréquenté jusqu’à-jusqu’à, et qu’ils ont tous les diplômes du monde (Bac+40 en général). Ils peuvent même te prouver par B+A que l’Etat a ajouté le nom « Professeur » dans leur acte de naissance…

 

À L’ECOLE PRIMAIRE

Pour comprendre pourquoi nos intellectuels (j’ai du mal à l’écrire sans guillemets et sans guillotine) sont si incohérents dans leurs raisonnements, il faut remonter à leur prime enfance : c’étaient des bagarreurs dans la cour de récréation, c’étaient des gens qui regardaient par la fenêtre quand le maître expliquait la leçon.

Nos intellectuels, c’étaient des adolescents qui visaient les goyaviers pendant les grandes vacances. Ils avaient un jeu favori qui consistait à lancer les cailloux sur les câbles de la SONEL, et ils pouvaient jouer à ce jeu jusqu’à la tombée de la nuit.

 

AU SECONDAIRE

Au lycée ou au collège, nos intellectuels étaient surtout des grévistes. Au lieu de choisir entre la C ou bien la D, ils ont passé leur adolescence à militer pour la suppression du Probatoire. Ils n’avaient jamais ouvert un livre, sauf si celui-ci était inscrit au programme. Et c’est en Terminale, avec la Philosophie, qu’ils se sont dits un jour en se réveillant : « Je connais Descartes, donc je suis intelligent »

 

À L’UNIVERSITÉ

À la Fac, hormis la bourse dont ils ont bénéficiée, nos manitous d’aujourd’hui étaient surtout des flagorneurs et des répétiteurs. Ils ont validé leurs UV en pensant que leurs professeurs étaient des gourous spirituels. Megde ! En plus, le fait de draguer les filles du collège (donc de l’étage inférieur) leur faisait penser qu’ils étaient vraiment brillantissimes.

Qu’est-ce qu’ils étaient naïfs !

 

CONCLUSION

En fait, tout ça c’est pour dire une seule chose, c’est que nos intellectuels du Cameroun ne sont pas des intellectuels ! Ce sont des « intellect-tueurs », c’est-à-dire des gens qui nous tuent l’intellect. Ce sont des gens qui n’inventent rien, qui ne proposent rien, qui n’imaginent rien. Ce sont des gens qui font de long discours pour ne rien dire de bon.

Ce sont des gens qui sont comme des marchandises, parce qu’ils viennent à la télévision pour montrer combien ils ont de cravates. Ou de séminaires. Ou de séjours en Hexagone.

 

QU’EST-CE QUE C’EST QU’UN INTELLECTUEL ?

Un intellectuel c’est quelqu’un qui réfléchit, qui propose, qui invente. Qui cherche à laisser quelque chose à la postérité. Qui ne critique pas pour critiquer.

Un intellectuel, c’est quelqu’un qui concourt pour être prix Nobel de l’Economie, ou de la Physique, ou de la Mathématique, par ses Travaux.

Un intellectuel, ce n’est pas quelqu’un qui s’agrippe à ses postes de fonctionnaire ou bien de salarié, mais plutôt quelqu’un qui est capable de démissionner si ses idées ne sont pas prises en compte.

Un intellectuel, c’est quelqu’un qui est capable de monter lui-même ses propres projets.

Un intellectuel, ce n’est pas forcément quelqu’un qui est riche ou bien habillé. C’est quelqu’un de modeste, qui vit dans le partage, et qui n’est jamais vraiment satisfait de ses connaissances.

 

Et pourtant tu vas les voir dehors, nos pseudos-penseurs d’ici, créer des partis politiques, alors qu’ils cherchent juste la Mangeoire.

Après tu vas les voir dans les bibliothèques, écrire des livres de 450 pages qui ne disent rien à l’intérieur.

Après tu vas les voir à la FECAFOOT, incapables d’établir un simple calendrier du championnat. Ou bien un simple échéancier des primes de matches.

Après tu vas les voir dans nos ministères, se mettre à genoux dès que les petits Blancs arrivent.

Après tu vas les voir dans les carrefours, essayer d’épater les bendskineurs, avec leur long français de la Sorbonne qu’ils ne comprennent pas bien eux-mêmes.

Après tu vas les retrouver au Brésil pendant 30 jours de Coupe du monde, alors qu’ils sont censés avoir du travail ici au Cameroun.

Après tu vas les voir à l’Assemblée Nationale, voter des lois bidons, puis se rebiffer eux-mêmes en moins de quatorze jours.

Après tu vas les tamponner dans les grandes entreprises, en train de pianoter sur internet à la recherche de sites pornographiques.

Et pourtant ce sont des directeurs, et pourtant ce sont des administrateurs.

 

Tsuip ! Les intellectuels Camerounais sont simplement des diplômés illettrés…

 

Ecclésiaste DEUDJUI

8 réflexions au sujet de « Comment fabrique-t-on les intellectuels au Cameroun ? »

  1. Depuis que je cherche un blog intéressant, enfin! Ecclesiaste Deudjui, j’apprécie et crois moi c’est un compliment car j’en suis avare. Au fait, I want you to relate the tale leading to this project, if you don’t mind

    Par ailleurs, je serais flatté si tu me tenais la main pour la creation de mon blog. C’est un projet perso que je nourris depuis un moment car j’aime écrire. Tu peux me lire d’ailleurs dans le groupe que j’administre sur facbook

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