Mon histoire d’amour avec David Beckham

Lorsque David Beckham avait annoncé sa retraite sportive, à l’âge de 38 ans, il tournait ainsi la page d’une des plus brillantes carrières du football international…

 

Ça y est, ça fait longtemps, mais David Beckham a mis un terme à sa carrière internationale. J’avais suivi le déferlement médiatique qu’il y avait eu autour : éditions spéciales sur les chaînes d’infos, préparations des Unes de magazines pour les parutions quotidiennes, interviews en boucle à la radio… J’avais eu envie de penser que j’en avais marre de cette déferlante, qu’on en faisait quand même un peu trop, mais je me suis gardé de le dire car sinon ça aurait fait sacrilège voire iconoclasme…

Et puis, David Beckham en ce moment c’était le chouchou du Parc des Princes et de la Ligue 1 depuis son arrivée en France. C’était aussi le chouchou des midinettes, car depuis qu’il était au PSG, beaucoup de filles avaient subitement décidé de commencer à voir les matches de football. En live.

C’était également une égérie pour les grandes marques et les grands émirats ; d’ailleurs il l’est toujours. Il est l’ambassadeur du Qatar, d’Adidas, des slips H&M, et même de Pepsi Cola. Y a vraiment pas moyen de s’attaquer à un mec comme ça que la planète entière adore, avec sa belle gueule et avec son comportement exemplaire. Et pourtant !

En réalité, j’ai cessé d’aduler David Beckham le jour où la planète entière s’en est emparé, c’est-à-dire en 2003 lorsqu’il signait pour le Real Madrid. C’est à cette époque qu’on a arrêté de le considérer comme un véritable footballeur, pour ne le regarder désormais que comme une image. Et c’était logique, Florentino Perez (le président madrilène) avait décidé d’en faire la quatrième étoile de son armada de Galactiques. Et puis il y avait son épouse, Victoria, qui commençait déjà à achever la métamorphose de son bonhomme, à réviser son look, à revisiter ses manières, ses interventions publiques, ses choix sportifs, sa fashionmania, son carnet d’adresses people…

On oublie trop souvent de dire que David Beckham, ça a d’abord et avant tout été un superbe footballeur, capitaine de sa sélection à plusieurs reprises, et portant le maillot national à 115 occasions. On omet de dire que c’est le seul Britannique à avoir remporté le championnat national dans quatre pays différents (Angleterre, Espagne, Etas-Unis, France). On a la mémoire courte, parce qu’on ignore qu’il s’est inscrit dans la lignée des N°7 mythiques de Manchester United, juste après Cantona et juste avant Ronaldo. Et que, pendant cette période mancunienne, il cumulait des saisons à plus de 414 centres réussis, il marquait des buts à la ligne médiane, il délivrait des passes décisives à qui mieux-mieux, il inscrivait des coup-francs avec une précision de chirurgien-réparateur…

J’ai vraiment beaucoup aimé ce David Beckham-là. Je l’ai même adulé et adoré, à vrai dire. Depuis 1999 et la campagne rocambolesque de Ligue des Champions, je suis devenu fou de David Robert Joseph Beckham. D’accord, ce n’était pas le joueur le plus brillant de sa génération, ce n’était pas un joueur spécialement doué dans les un-contre-un, ce n’était pas un féru du jeu de tête ni du repositionnement défensif, mais qu’est-ce qu’il était décisif ! C’était un joueur capable de trouver toutes les zones du terrain grâce à sa capacité de passe courte ou longue, de centre ou de tir. Et surtout, il aimait le jeu. Il aimait le football de tout son coeur, il ne faisait pas semblant. Lui.

Je me revois encore pendant ces années d’adolescence-là quand j’écrivais son nom et son dossard sur chaque coin de mur, sur chaque vitre, sur chaque tableau, sur chaque feuille. Je me rappelle quand ma mère m’avait offert un maillot floqué du numéro 7, avec au dessus : David Beckham ! J’étais ivre de bonheur ! J’étais l’homme le plus heureux du monde ! Et puis, quand je suis allé à l’université, c’était sa photo qu’il y avait sur mes classeurs. Et quand j’allais chez le coiffeur, je faisais toujours la même raie que lui, qui commençait sur le front et qui finissait loin derrière la nuque…

Oui, David Beckham était un monsieur. Professionnel dans tous les clubs où il est passé. Et je suis persuadé qu’au fond de lui il n’est pas ce que les gens pensent, c’est-à-dire une pop-star. C’est un garçon qui a grandi dans une banlieue pauvre du sud-est de Londres, donc les paillettes et les strass, ce n’est pas ce qui le motive.

Enfin bref, ce que j’aimerais qu’on retienne, c’est que c’était d’abord et avant tout un extraordinaire footballeur.

 

Ecclésiaste DEUDJUI

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